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 Que le cauchemar commence ─ PV Angelica Gotthelf

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MessageSujet: Que le cauchemar commence ─ PV Angelica Gotthelf   Dim 9 Mar - 22:47


Que    le    cauchemar    commence.


─ PV Angelica Gotthelf.








  • DANS LA NUIT NOIRE, j’avance. J’avance à tâtons sans voir où je vais. Je ne sais pas ce qui m’entoure. Je ne vois rien. Je voudrai qu’une lumière vienne m’éclairer, me guider. Juste une bougie. Une étincelle. Mais non. Mon ancien moi aurait eu besoin de cela. Besoin d’une chaleur. Maintenant, je ne suis plus que froideur. Je suis sombre. Je suis ténèbres. Je suis la nuit. Mais dans cette pénombre, une douce chaleur vient m’ensorceler. Elle s’empare de moi, parcourant mon corps. J’ai froid par endroit. Chaud aux autres. Quelle étrange sensation. Loin d’être désagréable. Je ferme les yeux pour me laisser bercer. J’ai l’impression de ne plus pouvoir toucher le sol. Un songe sans fin. Une larme ruissèle sur ma joue. C’est elle. Ma tendre et sœur bien aimée. Je garde les yeux clos, murmurant à ce spectre :

    « Tu m’as laissée. Tu m’as abandonnée et jetée dans les bras de ton meurtrier, susurré-je. »

    Elle ne me répond pas. Un souffle chaud dans mon cou. Son odeur m’enivre si bien que ma tête me tourne. Je rouvre les yeux. Son ombre. Son fantôme me sourit tristement. Une main caresse ma joue. Je la laisse faire sans mot. A vrai dire, je crois que mes sentiments ont été altérés. Je ressens un amour fraternel pour ma défunte sœur. Mais rien de plus. Je n’ai plus cette complicité. Je lui en veux. Son spectre se met à me tourner autour. De plus en plus vite. La chaleur qui m’entourait a désormais disparu, laissant place au froid glacial. Elle est énervée. Ou triste. Elle sait ce que je ressens. Alina. Pardonne-moi. Toi, et moi. C’est fini. J’ai tourné la page. Tout comme avec Grent.

    Comme en lisant dans mes pensées, son fantôme se fige. Tout autour de moi se glace. Gèle instantanément. Je tourne sur moi-même. Une buée vaporeuse sort de mes lèvres, indiquant ma respiration rendue difficile par le froid. Je me recroqueville en frottant mes bras. Je suis frigorifiée. Alina me regarde de ses yeux vides. Elle hurle et toute la glace se brise. Pète en mille morceaux. Je cris en retour.

    Je tombe de mon lit sous la surprise. Haletante, je comprends qu’il s’agit d’un mauvais rêve. Fichu cauchemar, pesté-je en mon for intérieur. Je ferme les yeux, me relevant en les frottant avant de m’asseoir sur mon lit. Un soupire s’échappe de mes lèvres. Encore une nuit agitée. J’en ai assez. Je remercie ce cher Grent de m’avoir rappelé tant de mauvais souvenirs. Je les avais oubliés. Grinçant des dents, je comprends que la vérité n’aurait jamais dû être découverte. Peut-être même n’aurai-je jamais dû quitter mon chez-moi. Levant les yeux au ciel, je réfléchis. Si je n’étais pas partie, je n’aurai jamais eu ma boutique. Je n’aurai pas rencontré Grent. Je n’aurai pas su me débrouiller seule. Et surtout, j’aurai dû continuer à obéir à mes parents et donc à avoir des domestiques. Comme j’ai horreur de cela. Je grogne. Les domestiques. Des personnes semblables à nous. Des humains. Nous le sommes tous, mis à part les quelques anges, démons, ou shinigamis. Bien entendu. Mais dans tous les cas, je déteste avoir affaire aux nobles. Ces personnes hautaines, et imbues d’elles-mêmes.

    Je secoue la tête alors qu’un rayon de soleil illumine mon visage. Il est déjà si tard ? Je me lève d’un bond. Je suis loin d’être prête. Mais bon. J’ai tout mon lit. J’ouvre la boutique quand je veux, n’est-ce pas ? Mais, en même temps. Si je ne l’ouvre que trop tard et que je ne respecte pas les horaires, mes clients iront dans d’autres librairies ? Je grimace. Les humains. Des monstres sans cœur. Ils passent, prennent des livres, les feuillètent avec leurs mains sales, et les repose. Même pas à leur place ! Matin et soir, je passe le balai dans ma boutique. J’ai la malchance de trouver toujours de la terre, ou de la poussière. Je veux que ma librairie ait une bonne odeur de livres, de vieux livres, de bois. Je ferme les yeux et passe mes doigts dans mes cheveux en bataille avant de les secouer. Direction, la salle de bain.

    Une fois entrée, je passe de l’eau sur mon visage. Histoire de me faire une petite toilette. Une fois ceci fait, je m’habille. Une longue robe assez banale aux couleurs mornes. Je souris tristement en voyant cette teinte. Elle est commune. On en trouve facilement. Je cache toujours mon sang noble. Je le renie. Je refuse de vivre ainsi. J’époussète ma robe avant de soupirer. Cette noblesse est aussi reniée à cause d’Alina. Elle fait partie de mes souvenirs. De mon passé. Tout cela est derrière. Je dois oublier. Je fronce les sourcils. Je me rends à la cuisine, prenant une tranche de pain et la mangeant doucement. Je sais que plus on mange rapidement, et sans mâcher, plus on aura rapidement faim. Cela semble idiot, mais bon. Je préfère prendre mon temps là-dessus.

    Je nettoie et range tout. Il est temps d’ouvrir boutique. Une chance que cette dernière se trouve juste au-dessous de mes appartements. Je souris en trottinant dans les escaliers, avant de prendre le balai qui se trouve juste à côté. Je m’en saisis, et commence à nettoyer le sol. Je ris doucement. La folie me guette-t-elle ? Peut-être. J’ai tout perdu. Tout ? Non. Il me reste ma librairie. Je dois repartir de zéro avec cela. Mon sourire s’étire alors que je fais tournoyer mon balai au sol. Aucune poussière n’est apparente. Mais je veux que tout soit propre. Au fur et à mesure, je m’approche de l’entrée. Je tourne la clé qui s’y trouve, et ouvre la porte. Le tintement de la clochette retentit. Je pousse le peu de poussière ramassée dehors et referme la porte. Enfin, je tourne la pancarte de Fermé à Ouvert. De nouveau, ce sourire commercial me revient aux lèvres.

    Je me poste derrière le comptoir, et prend un livre à ma portée avant de l’ouvrir. Sourire est épuisant. Je soupire en entamant ma lecture. Pourquoi sourire quand il n’y a personne ? Pas un client pour le moment. Il est vrai qu’il est encore tôt. Mais peu importe. J’ai toute la journée devant moi. Je sourirai dès qu’un client rentrera. Cela me sera plus utile.




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MessageSujet: Re: Que le cauchemar commence ─ PV Angelica Gotthelf   Mar 11 Mar - 19:38



Sa majesté n’avait pas dormi, comme à son habitude, elle s’était chargée d’une affaire de la plus haute importance – son fils – et avait tenu à ce que rien de ternisse la nuit de son précieux chérubin lunatique. Cependant, il lui fallait une occupation pour la matinée, juste avant de rejoindre son amie et consœur royale victoria, et quoi de mieux que de se plonger dans les antiquités de Londres en attendant ? Oui, la reine de Finlande avait bel et bien décidé de se mêler aux badauds de la région afin de troquer son ennui. Pour autant, jamais elle ne l’aurait fait sans même être accompagnée d’une escorte digne de son rang, ou encore de sa dignité royale. Ainsi, lorsque six heures sonnèrent sur l’horloge du manoir et que le petit prince Alois Trancy fut levé, la grande Dame se dirigea vers la salle d’eau, où elle s’immergea totalement. Les bains étaient brûlant de senteurs exotiques en tout genre, toutes sortes d’huiles remplissaient les baignoires, mélangées à l’eau parfumée. Elle fit porter ses vêtements de nuit à sa chambre par la servante, et réclama à ce qu’on l’habille de rouge aujourd’hui. Ce fut donc avec un immense tas de tissus rouge dans divers ton que celle-ci revint. La grande Dame sortit nue de l’eau et vint se poser devant la coiffeuse, on s’occupa de la sécher, de la poudrer, de l’habiller et enfin de la coiffer, de sorte qu’elle apparaisse telle la reine qu’elle était.

Ses longs cheveux blancs, méchés d'or étaient noués en un superbe chignon descendant par des perles scintillantes et des étoiles d'or, retenus à l'avant par deux pinces du même coloris. Ses yeux flamboyant semblaient irradiaient d'une lueur de folie et de lucidité étrange, comme si en elle se cachait un autre être, bien plus puissant, et lumineux, tel l'astre du jour. Ses traits fins s'étiraient chaque jour en un grand sourire, rappelant souvent celui du chat dans Alice au pays des merveilles, et il n'en serait que plus crédible en voyant ses délires étranges. Pour cette journée idéale qui allait se dérouler, Elle portait une splendide robe d'un rouge sanglant, avec de multiples voiles rosés sur le devant de celle-ci. Les jupons de tulles faisaient énormément de volume et l'immense ruban pourpre qui prônait sur le bas de son dos lui donnait l'air d'une véritable reine de conte de fée. Son buste était retenu par un corset rouge, filé d'or et de blanc, d'une manière très délicate, et un lion semblait danser sur le corsage. Sa poitrine trop volumineuse était retenus dans de la soie crémeuse où se dessinaient de belles arabesques fleuries dorés et ses bras étaient recouverts par des manches translucide sur trois étage, la première était rouge mais aussi la plus longue, la seconde était dorée, et la plus courte était blanche, comme le col de la robe. Sa cape était d'un rouge extrêmement prononcé, comme le sang, et les armoiries de sa maison la fermaient sur sa nuque pale. On termina sa coiffe par l’ajout du lourd diadème destiné à caché ses oreilles félines.

Il était fort aisé de se dire que cette femme venait d’un autre monde en la voyant, si noble et pourtant si décalée par rapport à la mode de ces temps, surtout à Londres. Parmi ses nombreux serviteurs, Angelica choisit de ne prendre que trois des chats qui composaient sa garde, trois manx qui prirent l’apparence de soldat lorsqu’ils sortirent du manoir d’Alois, trois grands hommes aux allures de combattant du nord, tant leur peau était blanche et leur pilosité noir. L’un d’eux l’aida à grimper dans le carrosse, et grimpa avec elle tandis que le second grimpait à l’avant avec le cochet et prenait les rennes, et que le troisième se postait à l’arrière. Le manoir de son cher petit prince était à l’orée de la forêt, et plusieurs miles le séparait de la ville, ce qui, en soit, permettait d’éviter le brouillard ambiant de la pollution. Rien n’était assez bien pour eux, mais qu’importe, il lui suffirait de retourner un temps en son pays, histoire de ne pas trop laisser celui-ci sans nouvelle et avec pour seul régent un renard boréal. Mais peut-être n’était-ce pas une si bonne idée de retourner chez elle seulement pour se complaire en un lieu où rien n’est impossible, surtout avec Erick dans les parages, elle savait parfaitement qu’il n’hésiterait pas à attaquer une fois sur les terres ouvertes aux esprits. Le carrosse fut annoncé, et partit en direction de la ville. Durant tout le trajet, la grande Dame cherchait quel livre elle pourrait s’offrir cette fois-ci, de préférence les plus vieux ouvrages qu’elle pourrait trouver, et elle ne prendrait que ceux qui parlent de sa propre nature, évidemment.

La voiture s’arrêta devant une allée menant à la citadelle de Londres, et la Reine en descendit, suivit des trois gardes, tandis qu’une légère brise faisait tinter ses perles avec lenteur. Il était encore très tôt, mais qu’importe, le temps n’avait pas d’incidences sur elle, et tout commerce se devait de lui ouvrir si elle le désirait. L’avantage d’être une Reine lui apparaissait ici. Les rares lèvres-tôt se complaisent à la saluer avec force, toutes sortes de révérences furent de mise à son adresse, mais personne ne pouvait l’approcher. Angelica avait le pas lent, mesuré, comme chacun de ses gestes. Même si elle n’était pas très grande, ses talons la rehaussaient, et le reste de son corps semblait être emprunt d’une aura de force, la rendant supérieur à toute autre créature ou personne que ce soit. L’un des marchands ne la vit pas venir, et alors que celui-ci posait un étalage de rose sur son stand, la grande Dame ordonna à ses soldats de payer une somme, et le pauvre fleuriste fut libéré de ses plantes sans comprendre. Toutes les roses furent expédiée à une personne en particulier, une personne qu’elle savait cependant très loin en ce moment même, et qui à son retour, découvrirait un amas de rose sur son sol. Oui, Rindo risquait d’être surprit à son retour de voyage. Elle conserva cependant une rose rouge, qu’elle fit glisser dans le diadème, devenant désormais la reine rouge de tout Londres. Victoria allait surement s’amuser de cette rumeur pour la semaine par la suite, mais qu’importe, après tout, elle lui avait fait courir tout le château en pensant être attaquée.

« Nous nous rendons à la librairie, marchand, peux-tu nous indiquer le chemin ? » Demanda l’un des gardes, faisant frémir le pauvre fleuriste qui n’avait surement jamais entendu une voix aussi féline et douce venant d’un corps aussi puissant.

« C’est… C’est là-bas, juste à coté de la droguerie, non loin des quartiers riches… Merci encore… votre majesté… vous êtes… » Mais Angelica le fit taire d’un geste de la main, avant de lui offrir un sourire malicieux et royal.

L’étrange cortège fila de nouveau en centre ville, ignorant les grands saluts de la populace à l’encontre de la reine, et se dirigea lentement, mais surement dans la direction indiqué par le fleuriste. Lorsque la librairie la plus renommée fut en vue, l’étrange cortège sembla accélérer le pas, et d’un ordre que personne ne put contester, la petite librairie Lane ~ bouquins et bibelots fut investit de toute part. Deux gardes se postèrent à l’extérieur, de chaque coté de la porte vitrée sur laquelle la petite pancarte « ouvert » se balançait, et le dernier ouvrit à sa majesté avant de lui emboiter le pas, de refermer la porte et de se placer devant celle-ci. Oui, la reine savait s’entourer, et elle appréciait que personne ne la dérange dans ses achats. Angelica avisa la propriétaire des lieux, une jeune femme brune avec de grands yeux verts, elle apparaissait innocente et brisée, bien que sans réel intérêt pour l’instant à ses yeux. Une âme utile pour le commerce, puisque très souvent demandée, mais sans réel parfum. Et puis, la Reine n’était pas là pour renflouer son stock d’âmes, mais pour un livre sur sa nature d’hybride. Elle embrassa du regard les premiers rayons, aperçut un petit globe terrestre sur une table, et son ennui revint à la charge. D’un simple regard, elle ordonna à l’un de ses soldats félins de l’annoncer, non pas qu’elle ne puisse le faire elle-même, mais elle ne faisait point partie de la plèbe.

« Sa majesté, la Reine Angelica Vesperina Luthien Gotthelf, commandante des armées de Finlande et allié de la grande Britania ! »
Cria-t-il, et sa voix rauque et suave frappa la salle, résonnant avec force dans toute la bâtisse.

Et la reine eut un sourire humble à l’adresse de la petite libraire qui, malgré son travail ici, lui semblait d’une attention plus noble. Et aux yeux de sa majesté, être maitresse de livre signifiait maitresse de savoir, et celui qui sait détient le pouvoir. Cette jeune fille lisait précédemment un livre philosophique, ce qui signifiait qu’elle réfléchissait d’elle-même, et non parce qu’elle n’était qu’une petite effrontée pleine de bon sentiment et ne s’abreuvant que des pages de romances. Angelica était presque rassurée, elle pouvait donc l’aiguiller légèrement pour ses recherches, surtout que pour l’instant, hormis quelques spéculations, aucun livre n’avait réellement put lui indiquer les réponses précises à ses questions. Et se baser sur des illusions et des songes n’étaient pas dans les cordes de la Reine. Elle travaillait sur du concret, car elle ne pouvait se permettre de vivre de rêve, seulement du vrai, car elle était vrai, même si son existence forcée le mythe lui-même.

« Vous me voyez navrée, mademoiselle, de vous sortir de cette lecture au combien réfléchie et intelligente, mais je désirerais une information que seule, une libraire compétente, puisse me fournir, êtes vous cette libraire ou dois-je m’en retourner dans les rues à la recherche d’une autre? »
Finit par demander la grande Dame, de sa voix mélodieuse et gracile.


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MessageSujet: Re: Que le cauchemar commence ─ PV Angelica Gotthelf   Dim 16 Mar - 17:56


Que    le    cauchemar    commence.


─ PV Angelica Gotthelf.








  • MA LECTURE EST PLUTÔT INTÉRESSANTE. J’ai tellement de livres que j’ai plutôt tendance à les choisir au hasard. Je veux tout lire afin de renseigner mes clients du mieux possible. Aujourd’hui, j’ai choisis ce livre car j’avais peur de tomber sur un énième roman à l’eau de rose. Je ne veux plus entendre parler d’amour. Du moins, plus pour le moment. Je renie cela. Je rejette. J’efface.

    M’installant confortablement sur mon siège, je poursuis ma lecture, un mince sourire aux lèvres. C’est un réflexe qui me vient quand j’aime ce que je lis. Malheureusement, ce sourire s’efface peu à peu. A mesure que la lecture avance, je fronce les sourcils. Mais que ? Pour l’auteur, je vois que l’Homme est un être supérieur à l’animal. Qu’il est meilleur car il a la parole. Il peut communiquer avec tous. Parce qu’il a bâti une société. Je suis perplexe. Qu’est l’Homme pour se croire aussi supérieur ? Je ne suis pas d’accord du tout ! L’Homme est un animal comme un autre. On a seulement des moyens de communication différents. Et les animaux tuent pour se nourrir. L’Homme tue par plaisir. Je m’amusais bien avec Grent lorsque l’on jouait avec ces humains.

    De plus, l’Homme vit en société en obéissant à des lois. Si ces règles n’existaient pas, nous ferions sûrement ce que l’on voudrait. Les nobles, surtout. Ils se croient si supérieurs aux autres. Cela me répugne. Je grimace en repensant à des cousins éloignés. Ils avaient mis la misère à mes domestiques. Ces personnes étaient des amis pour moi. Je faisais tout pour qu’ils vivent biens. Mais ces enfants … Ces cousins ont été insupportables. Les croches pattes. Le sel dans la soupe. Le vrai lapin sous la cloche, jetant ainsi le lapin déjà mort et cuit. Ce fut une semaine éprouvante. Un sourire se dessine sur mes lèvres alors que je repense où mon père a sermonné mes deux cousins. Ils étaient jeunes. Je pouffe légèrement en revoyant la tête de mon géniteur.

    Du bruit dehors me fait lever la tête. J’étais si plongée dans mes pensées que je n’avais pas vu le carrosse dans la rue. Des gardes pénètrent dans ma librairie, enfin, ils restèrent plantés devant. Je ferme lentement mon livre et le garde sous la main, surprise de voir autant de monde soudainement. Ou plutôt, cet étrange cortège. Cela sent le noble à plein nez. Une porte du carrosse est ouverte. Je manque de montrer les crocs. Il faut que je reste avec ce masque commercial. Cela reste une cliente après tout. Elle est juste … Plus entourée et riche que les autres.

    Riche ? Peu importe à vrai dire. Ce commerce, je le tiens seulement pour le plaisir. J’ai tous les moyens qu’il me faut. Mais j’aime avoir une vie simple. Tant que je mange à ma faim et que j’ai un toit, cela me va. La décoration n’a que peu d’importance. Mais j’aime les livres. Et partager cette passion, si je puis dire, est un honneur. Cette boutique ─ qui, de l’extérieur, paraît si petite mais se trouve être très profonde ─ est décorée au possible. J’aime l’odeur de bois, de vieux livres. Je tiens à ma librairie, et je veux que l’atmosphère y soit conviviale. Et ce, même si tout cela n’a aucun rapport avec mon caractère. A première vue, j’ai toujours tendance à paraître gentille. Surtout derrière ce comptoir. Mais j’ai conscience d’être un monstre. Je n’en suis pas fière, mais je l’assume. J’ai tué pour le plaisir. Alors que j’ai perdu ma sœur dans un meurtre et que j’ai tout fait pour retrouver le meurtrier. Malheureusement, il a fallu que ce soit toi, mon cher Grent. Quel dommage, n’est-ce pas ? Tous ces mois passés avec toi ruinés en une journée. Que dis-je une journée … Une matinée ?

    Je serre le livre entre mes mains. Il m’a donné une semaine. Une semaine avant de récupérer son dû ; Mon âme. Mon pacte était : Retrouver le meurtrier de ma sœur, et me venger. Fort heureusement, mon but n’était pas de tuer l’assassin. Je me serai retrouvée assez bête de devoir tuer un démon. Et je pense que je n’aurai pas pu. Ma vengeance a simplement été de le quitter. Plutôt simple, n’est-il pas ? Cela l’a mis dans une colère folle. A moins que ce soit de la tristesse ? Je l’ignore. Peu importe. Dans une semaine, j’aurai disparu. Alors, autant profiter de mes derniers jours à la boutique.

    Sortir un peu ? Jamais. J’ai horreur de la foule. Même si je tiens une librairie. Dans une boutique pareille, il n’y a jamais grand monde. Et cela reste toujours calme. Oui, il vaut mieux éviter de se disputer dans ma boutique. Car je suis sans pitié. Je me suis attachée à elle, même après tout ce qu’il s’est passé. A qui vais-je léguer la boutique ensuite ? Je ne pense pas la céder. On me retrouvera morte. Sans vie. Je me demande s’il va me donner une mort lente et douloureuse, ou alors une mort rapide ? Ho, et puis, on s’en fiche. Je n’aurai que ce que je mérite. Au moins, je ne crains pas la mort. Je n’hurlerai pas. Je le laisserai faire. Je me demande si je ne devrai pas lui sourire ? Hm. Réflexion à revoir plus tard. Il doit me haïr maintenant.

    Je déteste l’Homme de par ses horreurs. Mais les démons ne sont pas des fleurs non plus. Et pourtant, je ne les hais points. Etrange, n’est-ce pas ? L’explication est en fait toute simple. A mes yeux, les démons, anges, et autres races spéciales, n’ont pas de chances. Certes, elles sont plus puissantes que les humains. Mais elles doivent quand même se cacher parmi eux. Pour preuve, lorsque j’ai rencontré Grent, il voulait me tuer car j’avais découvert ce qu’il était vraiment. Pourquoi se cacher si ce n’est pour ne pas effrayer l’Homme ? Ou ne pas attiser sa colère ? Un humain apeuré serait capable de folies. Ils traitent ceux qui ne sont pas leur semblable de monstres. Mais eux ne se voient pas faire. Si je devais choisir le monstre entre l’homme et le démon, je choisirai l’Homme.

    Un sourire se dessine sur mes lèvres. Je repose mes yeux sur mon livre et grimace aussitôt. Ce livre est au combien ridicule ! Jamais je ne serai d’accord avec cet auteur. Bien que lire cela me permet de voir ce que pensent certains. Je me rends compte que ce n’est pas vraiment la meilleure des choses. En y pensant, je me demande s’il y a des auteurs démons, ou anges, voire autres … Ce serait une bonne expérience ! Fronçant les sourcils, je gonfle mes joues. Suis-je sotte ? Et tous les livres que j’ai sur les démons, les anges, les hybrides, les shinigamis … Ils n’ont pas été écrits tout seul. Je soupire face à ma propre bêtise. Il faut vraiment que je dorme mieux.

    Le tintement de la clochette d’entrée retentit. Je relève la tête. J’avais oublié, j’allais avoir une cliente importante. Il faut que je cesse de plonger dans mes pensées ainsi. Cela me torture vraiment toutes ces questions. Mais peu importe. Le garde lui ouvre la porte. Elle pénètre dans la boutique, et son protecteur lui emboîte le pas. J’hausse un sourcil. Mais mon regard est surtout attiré par ce physique imposant et serein à la fois. Elle est d’une beauté sans pareil. Bon. Je suis moi-même une femme, donc il n’est pas rare que j’envie la beauté des autres. Bien que je pensais que ce moi avait disparu. Elle a de longs, de très longs cheveux clairs. Je ne saurai dire la couleur exacte. Mais cela reste quelque chose qui l’a rend lumineuse. Mes yeux se posent alors sur les siens. Je suis subjuguée par ses iris dorés. Magnifiques. Néanmoins, je secoue la tête. Il ne vaut mieux pas m’attarder sur ses formes non plus. Elle a tout d’une noblesse infinie. Enfin, je me comprends. Le garde parle enfin :

    « Sa majesté, la Reine Angelica Vesperina Luthien Gotthelf, commandante des armées de Finlande et allié de la grande Britania ! crie-t-il de sa forte voix, résonnant dans la boutique. »

    Une Reine ? C’est trop d’honneur ! ai-je faillit rétorquer de manière sarcastique. Mais les remarques cinglantes ne sont pas admises dans ma librairie. Même de ma part. Je me contente donc de faire la révérence. Une révérence plutôt banale. Je n’aimerai pas non plus exagérer le tout. Je savais à quel point cela énervait mes parents lorsque les personnes les exagéraient. La Reine se mit à sourire. Un sourire humble. Et après un temps de pause, elle finit par daigner me parler :

    « Vous me voyez navrée, mademoiselle, de vous sortir de cette lecture au combien réfléchie et intelligente, commence-t-elle d’une voix mélodieuse. Mais je désirerais une information que seule, une libraire compétente, puisse me fournir. Êtes-vous cette libraire ou dois-je m’en retourner dans les rues à la recherche d’une autre ? »

    Je l’observe un moment, n’osant faire la remarque sur le livre que je lis actuellement. Cela serait quelque peu déplacé. De plus, elle me complimente. C’est déjà fort aimable. Je pose ma lecture sur le coin du comptoir, et me déplace jusqu’à la fameuse Angelica Vesperina Luthien Gotthelf. Long nom, n’est-ce pas ? Avec doux sourire, je lui réponds :

    « Eh bien, je ferai de mon mieux pour l’être, Madame, dis-je d’une voix sereine. J’espère que vous trouverez votre bonheur. Que cherchez-vous exactement ? »

    J’attends patiemment sa réponse, les mains jointes devant moi. Malgré tout ce que je fais, il y a toujours des traces de noblesse en moi. Cela me répugne, mais je n’y peux rien. J’ai été éduquée pour me tenir droite, porter de grandes robes, me comporter avec le plus de gentillesse possible, mais aussi avec autorité. Tout cela n’est pas pour moi. Et pourtant, voilà que tout me revient quand même. Est-ce le fait de me retrouver avec quelqu’un de haut rang ? Possible. Peu importe.


    [ HRP : Pardon, mon personnage a pour habitude de raconter sa vie, même lorsqu’elle parle avec quelqu’un. Elle parle dans des délires étranges. ]






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MessageSujet: Re: Que le cauchemar commence ─ PV Angelica Gotthelf   Mer 2 Juil - 0:06



La gérante lui offrit une petite révérence, mais tout en elle criait qu'elle n’appréciait pas le rang de la grande Dame. Ce n'était pourtant pas un souci pour la Dame en question qui savait se faire aimer de tout être, même ceux exécrant la plupart du temps la noblesse. Les seuls qui lui résistaient en soit, était les anges, et encore, pas tous, puisque certains n'étaient pas conscient de la trahison de sa mère envers les cieux. Pour autant, ici, tout était différent, pourquoi? La Reine cherchait à le savoir, une odeur dans l'air, une odeur qu'elle comprenait autant qu'elle reconnaissait, celle d'un pacte. Et s'il touchait la jeune fille, la petite noble qui lui faisait face, parce que oui, cette enfant était de facture noble, tout se ressentait ainsi chez elle, de la posture de ses mains à la manière qu'elle avait eut de lever la tête vers elle.

Si cette odeur venait d'elle, cela signifiait donc qu'elle était la cible d'un pacte, et donc, une âme réservée pour un quelconque démon. Même si elle n’appréciait pas qu'un démon empiète ainsi sur la vie, et sur les personnes digne d’intérêt, elle ne pouvais rien dire, tout le monde ne formulait pas des pactes comme elle et Rindo, prônant l'entente mutuelle sur un acte quelconque. Bon, il était vrai que troquer des faveurs de cette envergure était très loin des règles de bonne conduite de leurs époques, mais pour leurs défenses, ils avaient tous deux plusieurs millénaires d'existences derrière eux, et n'avaient strictement rien à faire des règles introduites par des gens bien plus jeunes qu'eux, encore plus lorsqu'ils sont mortels.

« Eh bien, je ferai de mon mieux pour l’être, Madame. J’espère que vous trouverez votre bonheur. Que cherchez-vous exactement ? » Fit elle d'une vois sereine mais qui ne masquait pas son ennui, les mains jointes, elle attendit la réponse de sa majesté.

Une réponse claire cependant, et avenante, ce qui plu à sa seigneurie, l'avait presque sauvée. C'était un fait, l'odeur du pacte était sur elle, et qui disait pacte, disait connaissances des créatures occultes qui peuplent le monde, ange, démon, shinigami, fantômes, tout pouvait être sujet à aborder avec sa majesté, et la jeune fille allait surement ne pas y échapper. En effet, ce genre de connaissance était utile aux recherches de la reine de Finlande, surtout qu'elle ne pouvait se permettre d'impliquer un humain en celle-ci, trop faible, si peu fiable lorsqu'ils ignorent tout de la réalité, et il pourrait ensuite révéler ses secrets sous la torture. Il en était hors de question, évidemment, mais cette jeune femme, cette jeune libraire était de toute évidence au courant des activités surnaturelles, puisqu'elle était détentrice d'un pacte.

Cette jeune femme, dont elle ne tarderai pas à connaitre le prénom, pouvait l'aider, elle le sentait, et c'était réellement ce qui lui plaisait, parce que peut-être, alors, son problème serait enfin découvert et peut-être même, résolu. Un léger sourire heureux se forma sur les lèvres de sa majesté, et elle ordonna à ses gardes de veiller à ce que personne ne les déranges, ni humains, ni démons, ni anges, ni personne. Seul ses quatre ombres pouvaient encore le faire, et le garde sortit et veilla sur la porte d'entrée à son tour, tandis que les trois autres géraient le quartier en lui même.

"En effet... c'est vous." Prononça la Reine d'une voix satisfaite, et elle s'approcha de la jeune demoiselle avec une allure maternelle. "Je peux sentir chez vous la connaissance, ce qui m'annonce que vous êtes celle qui m'apportera son aide, et je vous en remercie d'avance. Tel que l'a annoncé mon serviteur, je suis la Reine de Finlande, pour autant, je préfère me qualifier d'hybride surnaturelle." Et pour confirmer ses dires, elle fit luire d'une lueur puissante ses prunelles d'or. "Ne vous en faites pas, je ne vous veux aucun mal, comme je l'ai dis, je suis à la recherche d'information que seule une libraire des plus qualifiée puisse me fournir, mademoiselle..."

C'était exact, sa majesté recherchait toujours des informations sur son espèce si étrange, cette partie hybride d'elle même, un croisement normalement impossible, puisque les deux espèces étaient bien trop différente, le mélange n'aurait pas pu se faire. Pourtant, elle était là, et pas uniquement l'hybride d'un ange et d'un démon dont les différents dons se seraient unis en un seul, non, elle était le fruit d'un amour interdit, ce qui l'avait mené à être ce qu'elle était désormais. Certes, le concept était parfaitement analysé depuis longtemps, il avait été étudié et cherché, mais à présent, elle avait besoin de trouver les archives les plus étranges de ce lieu, les recensements des naissances sur un niveau surnaturel, depuis le début même de la prise d'archives, ce qui allait donc être un labeur colossale à envisager pour la pauvre petite libraire.

Mais ceci aurait évidemment une durée, puisque sa majesté cherchait en tout points les critères d’affinités qu'elle ne parvenait pas encore à saisir. Il était évident que ses propres gènes en étaient la cause, de même, elle ne pouvait formuler de pactes sans avoir à modifier le sceau de David originel, y glissant une touche divine, comme tout ange qui se respecte, mais elle n'était pas là pour ça, elle devait comprendre un phénomène particulier. La Reine de Finlande se devait de comprendre le pourquoi de sa stérilité improbable. C'était un cas qu'elle ne saisissait pas, à vrai dire, tout ange qui se respecte pouvait donner naissance, tout démon faisait de même, et quand bien même leurs magies étaient divergentes, leurs physiques étaient aussi stables les uns les autres. Alors pourquoi? La reine ne chercha pas plus longtemps dans son esprit, et se contenta de répondre aux interrogations muettes de la jeune fille, lui dévoilant ainsi ce qu'elle recherchait.

"Voyez-vous, en tant que Reine, il est de mon devoir de fournir un héritier royal pour le trône, chose faite, j'ai adopté un jeune enfant que j'élève désormais en ce but, et mon rôle de mère me satisfait, cependant, il est incomplet. Mon rôle de mère est devenu la seule réelle chose qui m'importe, non seulement en tant que femme, mais aussi en tant que créature hybride. C'est pourquoi j'ai tenté par plusieurs moyens d'avoir des enfants, cependant, j'ai due conclure que j'étais stérile, et ce, de par ma nature d'hybride." Dit-elle en guise d'introduction.

La grande dame fit le tour du lieu dans un pas lent et gracieux, et on entendait à peine ses talons claquer sur le plancher, au contraire de la clochette accrochée à sa queue féline, elle même cachée par sa robe. Dans un geste lent et pourtant incroyablement raffiné, elle posa sa main gantée sur l'un des livres qu'elle convoitait du regard, appréciant le touché de sa reliure en cuir. Si son gentil régent était ici, et en état de pouvoir accepter une certaine activité ludique au lieu du gouvernement du pays, ce roublard de kitsune se serait déjà empressé d'en faire une copie de lui même. Pourtant, ce livre n'était qu'un ouvrage sur les découvertes dans les Carpates, très peu instructif à ses yeux.

"Ce que je cherche, ce sont des informations sur ma nature, c'est à dire des ouvrages au contenus relatant des faits et légendes parlant du résultat d'une union possible entre un ange et un démon. Je cherche aussi des parchemins de recensement aux sujets des naissances ayant eus lieux depuis le début de ceci en Angleterre, traitant des naissances à problèmes ou considérée comme œuvre du divin, ou du diable." La grande dame se tut, et se retourna pour faire face à la jeune libraire, un sourire tendre sur les lèvres. "Je n'ai aucun doute sur vos capacités à retrouver ce genre de documents, même affectés par le temps et les âges..."

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MessageSujet: Re: Que le cauchemar commence ─ PV Angelica Gotthelf   Dim 6 Juil - 19:05


Que    le    cauchemar    commence.


─ PV Angelica Gotthelf.









  • J’OBSERVE LA JEUNE FEMME. Du moins, elle semble être jeune aux premières apparences. Je parierai 100 livres que cela n’est qu’une illusion. Une illusion faite par du maquillage. Après tout, elle est reine, non ? Elle peut se payer tout ce que bon lui semble. Bercée, élevée par l’argent. Elle a dû grandir en connaissant un certain bonheur. Elle ne connait pas la misère. Cela se voit. Et, au vue de ses gardes du corps, peut-être évite-t-elle les endroits les moins rassurants ? Cela semblerait logique. Que ferait-elle dans des endroits pareils ? Je réprime un ricanement. Les personnes de haut rang, nobles, rois, reines, tous des personnes exécrables.

    Mais cela reste des clients potentiels, non ? Je m’efforce de lui sourire. Ho, sûrement pas un sourire sincère. Elle doit le remarquer d’ailleurs. Ce n’est qu’un banal sourire commercial. Malgré cela, personne n’a jamais su que je détestais les humains. A part Grent. J’ai toujours été bonne actrice. C’est même plutôt pratique dans tous les genres de situation. Pour vendre de bons produits. Pour sourire alors que l’on a envie de pleurer. Pour sourire alors qu’au fond, la haine nous ronge. Cette haine envers autrui que l’on ne comprend pas toujours. Cette haine que l’on retourne finalement vers nous, pensant que nous sommes seuls coupables. Je réprime un sourire. Il vaudrait mieux éviter de sourire sans raison. Cela pourrait faire fuir le client.

    Client qui est toujours là d’ailleurs. Mais ce qu’ils ne savent pas, c’est que toute personne entrant dans ma boutique se trouve être placée au même rang que les autres. Riche, ou pauvre, il n’y a pas de différence. Je ne vais pas être plus gentille avec l’un sous prétexte qu’il a beaucoup de livres. Et je ne vais pas empêcher des pauvres de lire, de s’instruire sous prétexte qu’ils n’ont pas d’argent pour acheter quoi que ce soit. Ce serait ignoble. Les humains sont ignobles. Ai-je dit que je ne le suis pas ? Si. Bien sûr que je suis moi-même un monstre. Après tout, je sais que cette ville regorge de plusieurs races. J’entends là des démons, des shinigamis, des anges, des hybrides, des humains. Mais, lorsque l’on se penche là-dessus. Où sont-ils ? Où se cachent-ils ? On se rend vite compte que ce n’est pas la question à poser. En effet, c’est plutôt, pourquoi se cachent-ils ? Ils se fondent parmi nous, humains. Et pourquoi ? A mes yeux, nous sommes des monstres. La panique, la peur engendre la guerre, les conflits, la bataille, le sang. Si un Homme a peur, il peut se retourner contre tout le monde. A tout moment. Même ceux qu’il aime. C’est pourquoi il ne faut pas faire confiance à l’Homme. De mon point de vue, les autres races se cachent afin d’éviter ce genre de massacre. L’humain pourrait nuire aux autres ainsi qu’à lui-même. Ridicule, n’est-il pas ?

    L’humain est une créature sans aucune logique. Et peu intéressante. Voilà pourquoi je la déteste. Voilà pourquoi je ne m’y intéresse pas. Et voilà pourquoi, mon premier amour fut un démon. Enfin, là n’est pas le plus important, n’est-il pas ? Cet amour n’aura pas duré. Peu importe. Ma cliente risque de s’impatienter si je semble ailleurs. Remarque, depuis mes mots, elle n’a rien ajouté. Elle se contente de m’observer, de haut en bas. Etrangement, j’ai l’impression que son regard me transperce l’âme. Comme si elle lisait en moi. Comme si quelque chose l’attirait. Bien que j’en doute. Après tout, je ne suis qu’une simple libraire. Certes au sang noble, mais je travaille tout de même. Je gagne mon propre argent. Je me débrouille par mes propres moyens. Pas comme certains. Je grince des dents. Va-t-elle cesser de me dévisager ? Va-t-elle se mettre à parler ? Pas que je m’impatiente, mais je n’ai pas l’habitude que l’on me regarde aussi longtemps. C’est même désagréable. La discrétion est mère de sureté chez moi. En étant le centre d’intérêt d’une personne, cette discrétion disparaît.

    Néanmoins, notre chère Angelica Vesperina Luthien Gotthelf ─ que je vais l’appeler simplement Angelica, c’est plus simple et surtout plus court ─ finit par sourire. Elle semble heureuse. Qu’ai-je fait ? Je n’ai encore rien dit ? Aurait-elle déjà trouvé son bonheur ? Quelle étrange personne. Elle dégage une sorte d’aura apaisante, mais aussi, comme une sorte d’aura surnaturelle. Je ne saurai expliquer. Peut-être est-ce à cause de sa mode vestimentaire ? Elle n’est pas Reine de Finlande pour rien. Et je ne suis pas habituée à voir des tenues différentes de celles que portent les personnes de Londres. C’est sûr que cela peut surprendre à première vue. Elle se tourne vers ses gardes, leur donnant l’ordre de n’être dérangé par personne. C’est trop d’honneur, une fois de plus. Je me retrouve donc en tête à tête avec cette charmante Dame. Bon. Je ne vais pas la rabaisser pour autant. Après tout, je ne la connais pas. Je ne peux me permettre de mal lui parler sur des préjugés. Bien entendu, si elle se montre comme je le pense, là, je n’aurai vraiment aucune pitié. Je la traiterai comme tout le monde. Et je traite chaque personne comme un humain à mes yeux. Vous devinez ce que cela signifie, n’est-ce pas ? C’est exact. Je leur cracherai presque dessus. Ouvertement. Et je n’hésiterai pas à lui montrer ma haine.

    « En effet... c'est vous, commence Angelica ─ oui, en l’appelant ainsi, je ne lui montre aucun respect, et alors ? ─  d'une voix satisfaite, et elle s’approche de moi alors que je lutte contre l’envie de reculer. Je peux sentir chez vous la connaissance, ce qui m'annonce que vous êtes celle qui m'apportera son aide, et je vous en remercie d'avance. Tel que l'a annoncé mon serviteur, je suis la Reine de Finlande, pour autant, je préfère me qualifier d'hybride surnaturel, ajoute-t-elle en faisant briller une lueur dorée dans son regard. Voilà qui est beaucoup plus intéressant. Ne vous en faites pas, je ne vous veux aucun mal, comme je l'ai dit, je suis à la recherche d'information que seule une libraire des plus qualifiée puisse me fournir, mademoiselle... »

    Une hybride donc. Elle n’a pas peur de le cacher. Ni peur de moi. Je comprends alors qu’elle a dû sentir la présence d’un démon qui venait souvent ici. Bien sûr, ces temps-ci, il ne vient plus. Et il n’a pas intérêt à remettre les pieds dans cette boutique de ci-tôt. J’ai besoin de temps. Et lui aussi. De toute façon, mon pacte est terminé. Je peux me permettre d’avoir une dernière cliente importante, non ? Dans une semaine, voire un peu moins, je ne vivrai plus. Il viendra chercher son due.

    Je secoue faiblement la tête, afin de chasser ces sombres pensées qui me pourchassent. Quand nous pensons que c’est terminé, que nous sommes enfin soulagés, une autre chose arrive et nous détruit encore plus. Nous croyons avoir touché le fond, mais au final, nous ne l’avons pas encore atteint. Un maigre sourire étire mes lèvres alors que je pouffe nerveusement. Besoin de moi ? Et puis quoi encore ? Enfin, reprenons-nous. Je regagne mon sérieux, observant la Reine sans mot. Je doute qu’elle ait fini son petit monologue. Je l’invite donc à continuer d’un signe de tête. Malheureusement, elle me devance. J’ai l’impression qu’elle peut lire dans mes pensées. Mais je sais que cela est faux. Aucun être, pas même un hybride, ne peut lire dans les pensées d’autrui. Tout est dans le regard. Les yeux ne sont-ils pas la porte de l’âme ? A mes yeux, si. Et c’est ainsi que je peux voir si les personnes mentent ou non. On dit aussi que certaines personnes sont si proches qu’elles se comprennent d’un regard. Mais je ne l’ai jamais encore vécu. Je ne peux qu’émettre des hypothèses là-dessus.

    Peu importe. Tout cela pour dire que notre chère Angelica a deviné mes interrogations muettes ;

    « Voyez-vous, commence-t-elle, en tant que Reine, il est de mon devoir de fournir un héritier royal pour le trône, chose faite, j'ai adopté un jeune enfant que j'élève désormais en ce but, et mon rôle de mère me satisfait, cependant, il est incomplet. Mon rôle de mère est devenu la seule réelle chose qui m'importe, non seulement en tant que femme, mais aussi en tant que créature hybride. C'est pourquoi j'ai tenté par plusieurs moyens d'avoir des enfants, cependant, j'ai due conclure que j'étais stérile, et ce, de par ma nature d'hybride, conclut-elle en me regardant. »

    Je l’observe un long moment. Je vois. Elle voudrait en savoir plus sur ce qu’elle est. C’est vrai. L’important n’est pas de savoir qui nous sommes, mais ce que nous sommes. Est-elle réellement stérile ? Du moins, est-ce à cause de sa nature hybride ? A moins qu’elle soit seulement née ainsi. Rien ne peut le prouver. Rien ne peut me permettre de répondre à cette question. Sans compter que je ne suis pas médecin. Non. Loin de là. Mais ce n’est pas le plus important. Des informations sur sa race ? Cela fait partie des livres que je ne vends pas alors. Ceux de ma collection personnelle, si je puis dire. Je les trouve bien trop intéressant pour les vendre. Ou alors, il s’agit de livre rare, d’objets uniques. Je ne saurai dire exactement lequel pour le moment. Il faudrait que j’aille farfouiller. Mais je crois qu’il y a un livre sur les hybrides parmi ceux que je vends actuellement. J’ai rarement vu des hybrides vouloir en savoir plus sur eux. Généralement, ils savaient déjà tout. Voilà pourquoi une grande partie de leur histoire n’est pas vendue. Elle est juste dans ma bibliothèque personnelle.

    La Reine fait un peu le tour de la boutique. Elle avance comme si elle marchait sur un nuage. On entendait à peine ses pas. Au contraire d’un grelot qui ne cesse de tinter. Je le cherche du regard sur la robe de la femme, mais n’en trouve point. Je devine qu’il doit être dissimulé quelque part dans ses jupons. Mais bon. A quoi bon savoir où ? Là n’est pas la question. Et surtout, elle n’est pas venue pour me montrer son grelot. Je la vois se pencher vers un livre qui semble avoir attiré son regard. Erreur ma chère Angelica. Un livre doit se sentir. Pour trouver le bon, on doit aimer sa couverture, certes. Mais le plus important n’est-il pas ce qu’il contient ? Celui-ci est fort peu intéressant. Et ma boutique regorge de plus beaux livres. Du moins, ils sont tous une part de beauté. Mais je suis certaine que le livre sur les hybrides qui se trouvent dans ma librairie lui plaira. La reliure est d’un bleu profond, orné de belles arabesques dorées. Ce n’est pas le plus intéressant, ni le plus cher, mais il nous décrit pas mal de choses :

    « Ce que je cherche, ce sont des informations sur ma nature, c'est à dire des ouvrages au contenus relatant des faits et légendes parlant du résultat d'une union possible entre un ange et un démon. Je cherche aussi des parchemins de recensement aux sujets des naissances ayant eus lieux depuis le début de ceci en Angleterre, traitant des naissances à problèmes ou considérée comme œuvre du divin, ou du diable, annonce-t-elle avant de marquer une pause, se retournant pour me faire face, un sourire tendre sur les lèvres. Je n'ai aucun doute sur vos capacités à retrouver ce genre de documents, même affectés par le temps et les âges … »

    Je l’observe un moment, une fois de plus. Mais cette fois-ci, je sais qu’elle a terminé. Attend-t-elle une quelconque réaction de ma part ? Croit-elle que je vais lui sauter au cou et la vénérer parce qu’elle me donne du travail ? Non. Ô, chère et douce Angelica, comme vous pouvez vous méprendre à mon compte. Je suis loin d’être gentille, douce, et affective comme vous semblez l’être. Ce ne sont pas vos regards maternels qui vont m’attendrir. Je réfléchis un moment, la fixant. Je pose un doigt sur mes lèvres, les tapotant en fixant soudainement le plafond :

    « Je vois ce que vous cherchez. Il est vrai que ce cas est plutôt rare, ajouté-je en me dirigeant vers le fond de la boutique. Suivez-moi. Je dois bien avoir un livre ou deux. Ceux qui sont vendus dans la boutique restent assez vagues. Tout comme celui-ci, dis-je en me saisissant du livre bleu marine orné de doré. Il décrit les hybrides différents. Mais ne parle pas d’eux en détail. Cela reste vague, mais intéressant. »

    Je lui tends le livre, et attend qu’elle s’en saisisse pour fouiller un peu dans mes livres. Ici, c’est le coin où je range le surnaturel. Malheureusement, les hybrides sont trop peu nombreux à vouloir en savoir plus sur eux. Je ne trouve donc que le livre bleu. Sans me retourner, je me dirige vers l’arrière-boutique, ouvrant une porte tout au fond de la librairie. Là, on y découvre une sorte de sellier avec un escalier qui mène à l’étage :

    « J’ai le regret de vous dire que vous êtes la première à me demander des recherches pareilles. Pour les parchemins de recensement sur des naissances surnaturelles, voire étranges, je vous avouerai que je n’en ai jamais cherché. Mais il me semble avoir acheté une copie d’une partie d’un parchemin sur des naissances étrange ayant eu lieu en Angleterre. Mais tout cela est rangé dans mon chez moi, ricané-je en insistant bien sur les derniers mots, sans but précis. Suivez-moi, je vous prie. J’ai probablement quelques livres sur les hybrides, vu que personne en achetait, je me suis permise de les garder pour ma … Consommation personnelle, si je puis dire. »

    Je souris. S’il y a bien une chose que j’aimais montrer, c’est ma collection de livre. Il y en a de toute sorte. J’aime lire. C’est un hobby, non … Une passion.  


Bienvenue chez moi.
A suivre...



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MessageSujet: Re: Que le cauchemar commence ─ PV Angelica Gotthelf   Mer 27 Aoû - 16:27



La grande Dame eut un sourire amusé en voyant les gestes presque imperceptible venant de la libraire, peut-être pensait-elle qu'elle faisait partie de ces nobles avares et complétement orgueilleux, mais sa majesté n'avait que très peu était ainsi, elle avait parcourue le monde, aidé les plus faibles, surtout s'ils étaient lunatiques, et s'était amusé de par les cultures à se créer un mythe. Elle se doutait bien que ses demandes allaient être complexe à réaliser, notamment parce que la plupart des hybrides étaient un parfait mélange des deux races, quand elle, ses deux moitiés se combattaient sans cesse. Elle avait déjà tenté d'assembler quelques fois ses deux natures, et le résultat avait été plus que dangereux, soit elle était démoniaque, avec les oreilles, les griffes, les crocs et la queue d'un félin, soit elle était angélique, avait les plumes sur sa chevelure, et deux grandes ailes.

Et la seule et unique fois où elle était parvenue à unifier les deux, la puissance qui avait déferlé dans son être lui avait fait peur. Elle avait eut peur de ce qu'elle était devenue, ce monstre couvert de fourrure tachetée, avec ces grandes ailes décharnées, ces griffes plus qu'acérée, ses longs crocs stylisés tigre à dent de sabres, elle n'avait pas eut l'air d'une démone supérieur, mais d'une créature des enfers pire encore que le cerbère. Et sa seule et unique envie avait été de vider de leurs sangs et de leurs entrailles tous ceux qu'elle avait croisé, plus particulièrement les gens à qui elle tenait. Elle délaissa ses pensés funestes et se concentra sur la petite libraire, celle-ci se tapotait la lèvre du doigt, probablement un moyen pour elle de réfléchir.

« Je vois ce que vous cherchez. Il est vrai que ce cas est plutôt rare, Elle annonça tout cela en se dirigeant vers le fond de la boutique Suivez-moi. Je dois bien avoir un livre ou deux. Ceux qui sont vendus dans la boutique restent assez vagues. Tout comme celui-ci, dit-elle en se saisissant d'un livre bleu à la reliure dorée Il décrit les hybrides différents. Mais ne parle pas d’eux en détail. Cela reste vague, mais intéressant. »

Sa majesté se saisit de l'ouvrage qu'elle me tendait, et le feuilletait quelque peu, elle lisait en diagonale, observait les quelques croquis. Pour l'instant, les rares hybrides de créatures se trouvaient parmi les loups et les humains, les vampires et les humains, ou encore, tel Lycaon, qui était un mélange des vampires et des loups-garous. Il y avait aussi quelques croisements étranges, tel que des humains et des créatures animales, soit né d'une zoophilie, soit d'un étrange fait. On ne relatait qu'une naissance provenant d'un ange et d'un démon, et le résultat avait créer un être difforme dont on avait pas eut de nouvelles. Bref, très léger comme information, il n'y avait pas grand chose, juste des suppositions, mais pas d'explication à ce sujet. Sa majesté referma le livre, le conservant cependant entre ses mains gracieuse, et suivit d'un pas très léger et silencieux, bien que toujours accompagné du grelot, la commerçante.

Son immense robe trainait derrière elle, et sa cape de fourrure semblait elle aussi flottait comme sur un nuage. La petite libraire se dirigea vers l'arrière boutique, et la grande Dame la suivit jusqu'à une sorte de sellier, proche d'un grand escalier. De toute évidence, ce qui était entreposé dans la boutique n'était pas les seules réserves de la petite libraire contractante de pacte.

« J’ai le regret de vous dire que vous êtes la première à me demander des recherches pareilles. Pour les parchemins de recensement sur des naissances surnaturelles, voire étranges, je vous avouerai que je n’en ai jamais cherché. Mais il me semble avoir acheté une copie d’une partie d’un parchemin sur des naissances étrange ayant eu lieu en Angleterre. Mais tout cela est rangé dans mon chez moi, a-t-elle ricané bizarrement. Suivez-moi, je vous prie. J’ai probablement quelques livres sur les hybrides, vu que personne en achetait, je me suis permise de les garder pour ma … Consommation personnelle, si je puis dire. »

Le sourire offert par la jeune commerçante était bien suffisant pour que sa majesté comprenne à quel point elle estimait les livres et leurs savoir. Et comme précédemment, la reine se rappela que, qui détenait le savoir, détenait le pouvoir. Il était encore tôt, mais sa majesté Angelica souhait découvrir tout cela rapidement, elle voulait connaitre sa nature, comprendre pourquoi les deux parties d'elle-même ne pouvait s’enchevêtrer sous peine de créer un monstre assoiffé de sang qu'elle ne pouvait se permettre d'être. De plus, elle espérait découvrir autre chose, un moyen de se contrôler sous sa forme pleine, un moyen de devenir tout aussi forte, sans perdre le contrôle de son esprit, car un être démoniaque pensait l'avoir prit comme servante en usant des mots pour la tromper, et bien qu'elle ait cédé, elle avait plus d'un tour dans son sac, et s'il se rebellait en apprenant la supercherie, elle espérait pouvoir le tenir en joute avec cette forme.

Mais autre chose, quelque chose de plus étrange était maintenant dans l'air, comme si sa majesté serait non seulement la cliente la pus importante de cette librairie, mais aussi la dernière. L'odeur de la résignation avait flotté quelques instants dans la boutique, et celle du pacte était toujours présente. Alors, une idée germa, une idée de trouble, puissante et amusante à la fois. Une idée qui risquait fortement de causer du tords à un autre de ces démons, du moins, si elle réussissait. Angelica pensa à la manière de la formuler, si cette petite humaine avait cet air de résignation, c'est que son pacte arrivait sur sa fin, mais sa majesté connaissait un moyen très plaisant de la garder en vie, elle pouvait encore lui être utile, et ce n'était pas un démon, même puissant, qui pouvait l’empêcher de garder une humaine en vie. Alors, tout en suivant la petite commerçante de Noble sang, un sourire manipulateur fleurit sur les lèvres de sa majesté avant de disparaitre derrière une apparence de pure neutralité.

"Vous êtes victime d'un pacte n'est-ce pas? Je le sens autour de vous... Votre vie ne tient plus qu'à quelques fils, et de mon point de vue, c'est un pur gachi... Comment en êtes-vous arrivé là?" Demanda sa majesté, un air compatissant sur le visage.



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MessageSujet: Re: Que le cauchemar commence ─ PV Angelica Gotthelf   Jeu 30 Oct - 17:03


Que    le    cauchemar    commence.


─ PV Angelica Gotthelf.









  • LA LECTURE EST, POUR MOI, LA CHOSE LA PLUS IMPORTANTE QU’IL SOIT. Elle permet de nous instruire. Bien entendu, il faut apprendre à lire avant tout. Mais tout le monde peut aider les autres à cela, non ? Inutile d’être noble, ou simple civil. Les rangs n’ont pas de place dans ma boutique. En y pénétrant, toute classe sociale disparaît. Du moins, à mes yeux. Certes, les personnes s’en fichent pas mal de ce que je pense. Et alors ? Ils ne savent pas qui je suis. Ils ne savent pas à quel point je peux être dangereuse. Après tout, qui s’y attend ? Je ne suis qu’une femme dans ce monde cruel. Une humaine sans intérêt.

    Un instant, je m’arrête, me laissant guider par ma réflexion. Comment cela se fait que je sois encore en vie après tout ce que j’ai traversé ? Ho, je ne m’en plains pas. Mais mon caractère pourrait m’être mortel. Lorsque vous faites face à un démon, voire à un quelconque être vivant dans cette fichue ville, et que vous déblatérez tout ce que vous pensez, cela risque de vous être fatal. Une parole de travers, et hop, il vous manque un bras. Ou une jambe. La torture est généralement lente. Mais si la personne est simplement énervée, ou ennuyée, elle vous tuera en vous assénant un coup funeste. Dans tous les cas, vous finirez détruit. Mort. Sans vie.

    Pardon ? Suicidaire ? Ho, non. Je ne le suis pas. J’abhorre ce genre de comportement. Mais je n’ai pas peur de la mort. Je me battrai s’il le faut. Et n’avez-vous pas remarqué que supplier un être de vous tuer augmente vos chances de mourir ? Stupides êtres humains … N’avez-vous jamais remarqué que lorsqu’un individu veut vous assassiner, il adore vous voir pleurer. Vous entendre le supplier. Au contraire. Vous ne ferez que retarder votre mort. Vos souffrances ne feront qu’empirer. J’ai trouvé un moyen qui m’a permis de rester en vie jusque-là. Je sais que cela ne marche pas toujours, mais bon. J’ai le temps de perturber mon assaillant au moins. C’est assez amusant de voir son visage se déformer sous l’interrogation. Il suffit de le pousser à vous tuer. De l’insulter d’incompétent lorsqu’il vous torture. Leur tête est tellement divertissante à voir.

    Je secoue la tête. Non, voyons. J’ai une cliente. Il ne vaut mieux pas partir dans ce genre de pensées. J’ai souvent du mal à en sortir, et mon côté commercial s’efface alors. Vaut mieux que je reste concentrée. Une fois arrivée dans mes appartements, je m’avance vers une salle remplie de grandes étagères parsemées de vieux livres. Aucun d’eux n’est poussiéreux. Faut dire que je n’apprécie pas tellement cela. La poussière. Elle est agréable sur les bouquins pour leur odeur. Mais pas pour le désagréable toucher. Je déteste retrouver cette fine couche de poudre grise. Cela chatouille le nez.

    Une fois dans la salle, je me dirige vers l’une des bibliothèques les plus éloignées. Pendant mes jours de congés, et lorsque j’en ai fini de lire, je fais le ménage. Quel que soit l’endroit. Face à ce mur de livre, et à ma taille, je vois bien que ceux qui m’intéressent ne sont pas à ma portée. Un soupire franchit mes lèvres alors que je monte une sorte de petite échelle, collée à la paroi et munies de roues, me permettant de me déplacer de droite à gauche en fonction de l’endroit voulu. J’arrive au barreau le plus haut, et me penche pour regarder les livres intéressants. Penchant la tête pour lire les titres inscrits dans les tranches, j’en trouve un assez … Curieux. Clignant des yeux, mes doigts viennent saisir le bouquin, le tirant alors de son emplacement. Tiens, tiens. J’ignorai que j’avais celui-ci. Un sourire étire mes lèvres alors que je lis silencieusement : Les hybrides insolites, oubliés. Je descends de ma petite échelle, qui grince sous mon poids. Hm ? Ho, je ne suis pas grosse, vous savez. Elle est juste un peu âgée.

    C’est le sourire aux lèvres que je retourne face à la reine. Non, cette fois-ci, il ne s’agit pas d’un sourire commercial, ou autre. Je suis simplement satisfaite. J’ai trouvé ce que je voulais. J’ai trouvé ce qu’il me fallait. Comme quoi, tenir une librairie, c’est plutôt simple. Ah. Non, non. Je ne suis pas heureuse de pouvoir trouver le bonheur de cette femme. Je suis plutôt contente de pouvoir satisfaire mon égo. Quoi de mieux que de prouver que j’ai tout ce qu’il faut ici ?

    Mais une fois devant la reine, j’en perds mon sourire, plissant les yeux alors qu’elle parle :

    « Vous êtes victime d'un pacte, n'est-ce pas ? commence-t-elle avec un air compatissant. Je le sens autour de vous... Votre vie ne tient plus qu'à quelques  fils, et de mon point de vue, c'est un pur gâchis... Comment en êtes-vous arrivé là ? »

    Je la regarde de haut, m’approchant d’elle en me tenant le plus droite possible. De quoi elle se mêle ? Est-ce que je lui demande de me raconter sa vie ? Non. Parce que je m’en contre fous. Un sourire en coin vient étirer mes lèvres :

    « Et alors ? rétorqué-je d’un ton acerbe. Si j’ai fait ce pacte, c’est que je le voulais. J’assume mes responsabilités. Et je ne vais pas me confier à une noble qui se prend pour la personne la plus gentille du monde. »

    Je grimace en parlant, posant mes poings mes hanches, le livre toujours dans la main. Sourcils froncés, je la dévisage de haut en bas. Tch. Pour qui se prend-t-elle ?  Je me penche un peu, l’observant longuement, avant de me redresser dans un profond soupire ennuyé :

    « Quoi qu’il en soit, j’ai trouvé ça, ajouté-je en lui tendant l’épais livre. En espérant que cela vous soit utile. »

    Mes mots ne sont pas en harmonies avec mon corps. En effet, je tiens le bouquin entre deux doigts, le tendant vers elle comme s’il me dégoûtait. Je me permets ouvertement de fixer cette femme avec un regard emplit de dédain. Certes, elle n’est pas humaine. Pourquoi ferait-elle ce genre de recherches sinon ? Je pourrai ne pas la détester. Mais son rang social me montre tout le contraire. Qu’elle paye, et qu’elle s’en aille de ma boutique le plus vite possible. J’ai été bien gentille jusqu’à lors. Elle n’avait pas à me poser cette question. Stupide noble… 





Bienvenue chez moi.
A suivre...

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MessageSujet: Re: Que le cauchemar commence ─ PV Angelica Gotthelf   Dim 20 Déc - 4:28




Sa majesté continua de feuilleter l'ouvrage qui se trouvait entre ses mains gantés, jusqu'au retour de la jeune libraire, mais alors qu'au commencement, l'attitude de celle-ci était désagréable, elle en devint insolente. Les propos de sa majesté avait fait mouche, elle s'était montrée acerbe, et lui avait dit ne pas vouloir se confier à une noble se prenant pour l'être le plus agréable au monde. Un sourire franc se dessina sur les lèvres pâles de sa majesté, qui entrevit quelques vestiges de son passé tumultueux. Les meurtres, les combats, les tricheries, mais aussi l'aide apportée à ceux qu'elle croisait, l'adoption d'Alois, le piège de Claude, et ses querelles hebdomadaires avec sa consœur Victoria. Sa majesté était loin de se croire la plus douce, mais elle se savait intelligente, et reconnaitre les atouts de chacun. Et cette jeune femme, cette vendeuse, était un prodige du savoir et de la lecture, savoir qu'elle était condamnée par un démon avide était frustrant. Le regard hautain que sa majesté sentie sur elle lui rappela immédiatement l'orgueil dont certaines personnes faisaient preuve, même en sa présence. Et un mince sourire amusé vint alors fleurir sur ses lèvres alors qu'elle se saisissait de l'ouvrage proposé par la jeune vendeuse.

Tandis que la jeune libraire fulminait dans son coin sur les propos royaux que Madame avait tenue à son égard, Angelica se permit de feuilleter le second livre qu'elle tenait entre ses mains. Le titre lui avait paru étrange insolite même. Intriguée, elle se focalisa d'abord sur le sommaire, préférant éviter de perdre son temps en recherches inutiles. Et surprise, son regard mordoré se focalisa sur l'un des derniers titres Damnation des anges pêcheurs. Les sourcils froncés, elle ignora superbement la vendeuse, et feuilleta l'ouvrage jusqu'à la page concernée. Avide de connaissance, les quelques propos qui la firent frémir étaient inscrit en rouge Damnée sera l'engeance des anges percheurs, et leur progénitures, et elle sut que l'ouvrage était celui qu'elle recherchait. Le seule véritable problème à présent, était l'impatience et l’inquiétude qui naissait au creux du ventre de sa majesté. La Reine fit quelques pas, reprenant rapidement son stoïcisme naturel et son regard impérial emplit de douceur.

"Cet ouvrage me sera en effet bien plus utile que le premier que vous aviez trouvé, je vous le prends..." Elle était restée froide, mais la violence avec laquelle elle se retenait de crier était encore palpable.

Si l'ouvrage disait vrai, alors, de par sa mère, elle était désormais maudite. Était-ce là la dangerosité macabre de son pouvoir lorsqu'elle unissait ses deux natures? Finalement, elle l’espérait, car cet effet pouvait encore être neutralisé ou du moins, réprimé, tandis qu'une stérilité due à une malédiction divine, ne pouvait s'effacer. Un profond soupir de douleur s'échappa d'entre les lèvres de l'hybride, alors qu'elle s'approchait du comptoir. Mais rapidement, un souvenir récent lui vint en mémoire. Cette odeur de résignation qui avait embaumer l'air quelques instant, cette odeur annonçant la fin d'un pacte, la mort de cette jeune libraire à l'intelligence si raffinée. Elle s'était jurée de la sauver, pour son bien être à l'humaine, mais aussi pour ses affaires, et le peuple en soit. Qui détenait le savoir, détenait le pouvoir, et vu l'ignorance humaine, perdre un être de connaissance devenait une véritable plaie. Plissant ses lèvres pâles, Sa majesté embraya la conversation de nouveau sur le sujet du pacte, mais cette fois-ci, avec bien plus de franchise et de froideur, puisque l'humaine réagissait mal à sa "compassion".

"Pour ce qui est de votre pacte arrivant sur sa fin... Je ne doute pas de la prise de vos responsabilité, et les raisons qui vous ont poussée à le commettre m'importe peu, mais je continue de songer à cela comme un pur gâchis. Le monde est ignorant par nature, et si les rares savants disparaissent les uns après les autres, alors autant faire une croix immédiate sur l'avenir..." Elle fit une pause, en profitant pour sortir la petite bourse qui était accrochée à l’intérieur de sa cape. "C'est votre choix, et en soi, je ne puis que vous influencer sans vous ordonnez, mais sachez simplement que j'ai les moyens de rompre un pacte démonique, et que je serais ravie de le faire pour vous, quand bien même vous n'aimez pas mon rang. Et à vrai dire, j'ai tendance à me rebuter de certaines convenances de l'époque et à favoriser l'existence d'une élite, mais si vous préférez mourir, je ne puis m'interposer." Elle lui offrit alors un sourire parfaitement naturel, à la fois tendre et amusé. "Combien vous dois-je?"

En attendant une réponse - que ce soit le prix de son achat ou bien pour sa proposition - La Reine se perdit dans ses pensées. Certes, elle devait fournir un Héritier, et Alois était tout à fait digne de ce rôle, c'est pourquoi son statut de Lunatique avait été immédiatement honoré, mais son désir de pouponner était devenu de plus en plus fort avec le temps. Instinct félin d'avoir sa propre portée, dirait Rindo, mais elle ne pouvait pas l'expliquer. Peut-être était-ce là le désir de pouvoir transmettre ses gênes et ses connaissances? Alois était déjà bien grand, et elle ne pouvait réellement l'éduquer, seulement l'aimer plus que tout. Et ensuite, son précieux petit prince ne partageait pas sa nature, ce qui était parfois un sérieux problème, il ne pouvait pas la suivre partout, ne pouvait pas se permettre certaines choses - quand bien même il le fasse, au péril de sa vie.

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Que le cauchemar commence ─ PV Angelica Gotthelf

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