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 "Et si on allait voir dans cette librairie ?" [MacKayla Lane]

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MessageSujet: "Et si on allait voir dans cette librairie ?" [MacKayla Lane]   Sam 28 Sep - 13:00

C'est un matin comme un autre. Les deux jeunes filles sortent de l'appartement, prêtes à aller au marché avec l'argent que leur père violent leur a donné.
Aussitôt sorties dans la rue, les deux chats - un blanc et un noir - qui attendaient comme à leur habitude la jeune Calista, vinrent à leur rencontre.


-Ne me dis pas que ces chats t'attendent tous les matins ?

-Ils sont mignons n'est-ce pas ? Lui c'est Angelo et lui c'est Demone...allez, les chats on va au marché. Et pas de bêtises s'il vous plaît ! Chapardez pas quelque chose !

-Tu sais ce que papa pourrait faire à ces deux bestioles si jamais il apprend que tu t'entends bien avec eux ?

-Tu lui diras rien, j'ai confiance en toi Elyon !

Calista commença à courir, les deux chats la suivant en courant avec leurs petites pattes, habitués à suivre leur maîtresse ainsi. Sa soeur soupira et finit par les rattraper, ses yeux vairons - un bleu et un rouge - brillant de joie de pouvoir enfin sortir de l'appartement, puisque d'ordinaire elle passait son temps à faire le ménage dedans.

Les deux jeunes filles courraient, souriantes, presque insouciantes. Du moins pour Calista en tous cas. Puis elles passèrent devant les devantures de boutiques, s'arrêtant pour observer ce qu'il y avait dans les vitrines, de temps à autre.
Puis le regard de la plus jeune se posa sur une vieille façade, et comme attirée, elle s'apprêta à y entrer.


Qu'est-ce que tu fais ? On n'a plus le temps ! Faut qu'on aille au marché maintenant ! dit l'aînée en lui attrapant le bras.

Sa jeune soeur ne lui répondit pas, se contentant d'ouvrir la porte et d'entrer, les deux chats la suivant.
Elyon soupira et entra elle aussi. La première chose que l'aînée remarqua, ce fut le regard émerveillé de sa jeune soeur devant les bibliothèques remplies de livres. Elle-même ouvrit la bouche devant tant d'ouvrages.
Calista s'était sentie attirée dedans, elle ne saurait dire pourquoi, ne saurait expliquer.
Des livres, il y en avait tellement qu'elle ne savait même pas où poser exactement son regard. En fait, les livres, elle adorait cela.
Lire. Ecrire. Comme son père. A part qu'ils étaient deux opposés.
Lui, violent et brutal, machiste et insupportable.
Elle, douce et candide, gentille et honnête.


-Bon, on sort maintenant...

-S'il te plaît, laisse-moi un peu regarder. Tu sais que j'aime bien les livres !

-La lecture, c'est pas fait pour les filles, tu le sais très bien ! Papa ne cesse de le répéter, allons nous-en ! S'il nous voit, il va encore te battre !

-Alors pourquoi il nous a appris à lire ?

-Seulement pour qu'on puisse lire les listes de course. Maintenant on s'en va ! Je te le répète, on est que des filles, on est pas censées être dans un endroit pareil où seuls les hommes y ont accès parce qu'ils sont plus intelligents que nous !

-C'est pas ce que dirait le gentil fossoyeur...

-On s'en fiche de lui !

Les deux filles n'haussaient pas le ton, mais on pouvait les entendre aisément.
Elyon attrapa le bras de sa soeur pour la forcer à quitter la librairie avec elle. Elle ne voulait pas y rester, mais Calista se sentait attirée par autant d'ouvrages.
L'aînée se demandait bien comment sa soeur avait bien pu discuter avec ce fossoyeur de la dernière fois, sans en avoir peur. Un mystère qu'elle éclaircirait plus tard.
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MessageSujet: Re: "Et si on allait voir dans cette librairie ?" [MacKayla Lane]   Sam 28 Sep - 16:55


Les    présentations.


─ PV Calista Moon.








  • CETTE NUIT S’EST DÉROULÉE SANS RÊVE. Du moins, je ne m’en souviens pas. Mais l’ambiance semblait normale à mon réveil. Un sourire se dessine sur mes lèvres. Je devrai remercier Grent de calmer cette profonde colère sommeillant en moi. Inconsciemment, il me fait du bien. Je m’épanouis un peu plus chaque jour à ses côtés. A mon arrivée à Londres, je ne pensais qu’à venger Alina. Mais maintenant, ai-je toujours cette envie ? Venger des fantômes passés. Ils ne sont plus là. Et pourtant, j’ai une étrange sensation au sujet du meurtrier. Est-il si loin de moi ? Ou alors, plus les jours passent, et plus je me rapproche de lui ? Ces questions me poursuivent jour et nuit. Sans relâche. Parfois, j’en ai assez. J’aimerai vraiment pouvoir penser à autre chose, mais le fantôme de ma sœur me suit.

    Je soupire, sortant de mon lit. Dans l’ensemble, j’ai passé une bonne nuit. Je devrai donc être d’assez bonne humeur aujourd’hui. De nouveau, ce sourire parcourt mes lèvres. Mon regard se tourne vers le lit vide. Visiblement, mon jeune borgne est sorti cette nuit. S’est-il défoulé ? Etait-il en manque ? Je lui demanderai à son retour. Pour le moment, il fallait que j’ouvre boutique. Si je voulais apprendre à vivre par mes propres moyens, il fallait bien que je travaille, non ? Cette librairie est comme un rêve. Je ne vais pas dire que je me réjouis de la mort de ma sœur ! Non, loin de là. Croyez-moi. Nouveau soupire. Je suppose que mes pensées sont encore trop floues, ou perturbées. Secouant la tête, je vais de ce pas faire un brin de toilette.

    Une fois ceci fait, vêtue d’une longue robe aux nuances marron. Elle est simple. Je n’ai pas besoin de tenue digne de noble pour prouver que je peux m’habiller. Les plus simples vêtements me suffisent. La noblesse. Un titre qui créé la jalousie, l’hypocrisie. Et tant d’autres que je ne puis citer. Pour ma part, cela me met en colère. La plupart des nobles vous regardent de haut, traitent leurs domestiques comme des esclaves. Ou autre. Malgré mon rang, je tente de me fondre dans la masse. Ce n’est pas chose facile. Détrompez-vous. Je crains que Dani ait découvert ma véritable identité là-dessus. Je n’ai pas pour habitude de nettoyer le linge moi-même, ou de tenir une boutique moi-même. Ma façon de parler semble normale, mais j’utilise quelques formules qui paraissent étranges. Ma façon de me tenir aussi. Il y a tant de chose que je ne peux oublier en si peu de temps. On m’a toujours appris à me tenir droite, à essayer d’être élégante. J’avoue que cela ne me plaisait pas le moins du monde. Un instant, je ferme les yeux. Je repense à mon pays. A mes parents. A mes domestiques avec qui je m’entendais si bien. A nouveau, je souris. C’est plus fort que moi. Par le passé, ce sourire aurait été faux. Il n’aurait laissé paraître aucun sentiment. Je croyais ne plus en avoir. Je pensais être devenue aussi froide qu’une pierre. Mais, à cause de Grent, tout me revient dessus. Tout s’embrouille, s’entremêle. Tout est différent. Je ressens une certaine nostalgie à repenser à ma famille. Aux bons moments passés.

    Je secoue la tête, et, d’un revers de la main, tente de chasser ces sombres pensées. Dans un de mes nombreux livres, j’ai déjà lu une phrase étrange. Mais si véridique ; « Hier est derrière, demain est un mystère. Mais aujourd’hui est un cadeau. Voilà pourquoi on l’appelle le présent. » Je rouvre mes yeux, et descend au rez-de-chaussée. Décidément, je réfléchis trop le matin. J’en oublie même ce que je devais faire. Je m’approche de la porte d’entrée et tourne la pancarte de Fermé à Ouvert. Le matin, j’ai peu de client. Je peux donc en profiter pour faire un peu de rangement. Quand elle peut, Dani m’aide. Bien que je préfère qu’elle se repose le matin. Je m’avance dans une partie de la bibliothèque pour y ranger plusieurs livres de la même catégorie. Sur les romances. De mon coin, j’ai une vue sur la porte d’entrée, ainsi que sur ma vitrine. Je vois alors une jeune fille qui semble intéressée. Son visage s’illumine lorsqu’elle pose les yeux sur ma librairie. Ou plutôt, sur ce qu’elle contient. Une autre fille ─ sûrement sa sœur, puisqu’elle lui ressemble étrangement ─ lui attrape le bras alors qu’elle allait entrer dans la boutique. J’ignore pourquoi, mais son geste m’a interpellée. Devrais-je m’approcher pour écouter leur conversation ? Non. Cela ne se fait pas. Et ce ne sont pas mes affaires. Je me détourne de la scène, et continue mon rangement.

    Alors que je posais le dernier livre à sa place, la clochette de l’entrée retentit. De nouveau, je me tourne vers la porte. Il s’agit toujours des deux mêmes personnes. Au moment où j’allais leur souhaiter la bienvenue, devenu un réflexe, je surprends leur conversation. L’une d’elle, qui semble la plus mal à l’aise, souhaite sortir rapidement de ma librairie. Qu’a-t-elle ? N’est-elle pas attirante ? Ne me montrant pas, faisant mine de regarder les livres intéressants, je continue de les épier sans mot. D’après ce que j’ai compris, la première entrée souhaite rester. Visiblement, elle aime les livres. Je ne dis rien. Sa sœur continue de la convaincre à partir. Seulement, et même si ses intentions étaient pures, je ne peux supporter les mots qu’elle emploie. D’après elle, les femmes doivent être soumises. Elles doivent obéir sans mot dire. Fronçant les sourcils, je serre les poings. Je déteste vraiment l’Homme. Je me mords la lèvre inférieure. Si je le pouvais, je ferai tout pour prouver le contraire. Mais je n’ai pas assez de pouvoir. Heureusement que Grent n’est pas comme leur père. Je ne le supporterai pas. Sortant de ma cachette, je m’avance vers les nouvelles arrivantes :

    « Pardonnez mon impolitesse, commencé-je d’une voix douce. Mais je n’ai pas pu m’empêcher d’écouter votre conversation. Sans vouloir vous offenser, vous avez tout à fait le droit de lire. C’est un moyen de s’échapper de ce monde de rustres. Un moyen de s’enfuir dans le monde qu’est notre imagination, continué-je avec un maigre sourire. Je ne pense pas que les femmes ne soient pas aussi intelligentes que les hommes. Beaucoup d’auteurs sont des écrivaines. J’ignore qui vous a mis cette idée en tête, mais cela est faux. »

    Je me rends compte que j’en dis trop soudainement. D’ordinaire, je ne suis pas si bavarde avec les clients. Peut-être que leur histoire me touche ? Bien que cela m’étonne. Malgré cela, je ne perds pas le sourire. Soudainement, je me rends compte que j’ai oublié le principal :

    « Oh, suis-je sotte ! m’exclamé-je en leur tendant la main. J’allais oublier. Je me présente ; MacKayla Lane. Cette librairie m’appartient. »

    J’espère tout de même que je parviendrai à leur faire changer d’avis sur leur vision du monde. J’ignore où elles vivent, mais ce ne doit pas être la joie.


Bienvenue chez moi.
A suivre...

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MessageSujet: Re: "Et si on allait voir dans cette librairie ?" [MacKayla Lane]   Dim 29 Sep - 12:49

-Pardonnez mon impolitesse. Mais je n’ai pas pu m’empêcher d’écouter votre conversation. Sans vouloir vous offenser, vous avez tout à fait le droit de lire. C’est un moyen de s’échapper de ce monde de rustres. Un moyen de s’enfuir dans le monde qu’est notre imagination. Je ne pense pas que les femmes ne soient pas aussi intelligentes que les hommes. Beaucoup d’auteurs sont des écrivaines. J’ignore qui vous a mis cette idée en tête, mais cela est faux.


La jeune femme était sortie de nulle part - du point de vue des deux sœurs - ce qui eut pour effet de les faire sursauter en entendant sa voix.
Surtout la plus jeune - Calista - qui était très fragile, aussi bien physiquement qu'émotionnellement. Mieux valait ne pas trop la brusquer ou la surprendre; un jour elle finira par faire une crise cardiaque...
 
Bref...
 
Récapitulons.
 
Une jeune femme venait d'arriver et avait entendue leur conversation et s'en était donc mêlée. Bien lui en prit d'ailleurs, mais on verra cela après.
Cette même jeune femme avait donc donné son avis sur la question, confortant l'idée de la plus jeune soeur. Idée comme quoi la femme n'avait pas à être forcément soumise à l'homme et était tout aussi intelligente que lui; leur seule différence, l'anatomie et la morphologie. Au fond, ce n'étaient que des êtres humains, alors à quoi bon dire que l'homme était supérieur à la femme ? Ils étaient dans le même bateau - ou plutôt "dans le même tombeau" pour reprendre l'expression de Calista; et ne me demandez pas pourquoi un tombeau, je ne suis qu'une narratrice pas le personnage.
 
Bref...
 
Pour en revenir à ce qu'avait dit l'aimable jeune femme, lire était un moyen de s'affranchir du monde réel, de s'évader - et j'ajouterai ceci: et ce, sans bouger de son fauteuil, n'est-ce pas magnifique de lier lecture et imagination ? Bien sûr, on se fiche de l'avis d'une narratrice, alors je vais me contenter de relater les sentiments et l'histoire de Calista et d'Elyon, on va s'en contenter...
 
Les deux jeunes filles - Calista a dix-sept années et sa soeur en a vingt - avaient sursauté en entendant la voix de la jeune libraire qui avait donné son avis sur la question. Elles restèrent muettes, la regardant, l'écoutant.
Cette dernière finit par se présenter.


-Oh, suis-je sotte ! J’allais oublier. Je me présente ; MacKayla Lane. Cette librairie m’appartient.

 
Ainsi était-ce elle la propriétaire des lieux ? Elyon en parut surprise, ce qui se lut dans ses yeux et à son expression faciale. Sa jeune soeur, elle, n'en parut pas du tout surprise, pour elle tout lui semblait normal. Calista sourit. Ses yeux vairons pétillaient de bonne humeur et de joie.
 
-Bonjour mademoiselle, je m'appelle Calista Moon, et voici ma soeur aînée Elyon.
 
La soeur aînée acquiesça, faisant un bref signe de tête, tandis que sa jeune soeur s'approchait de la libraire pour lui serrer la main avec douceur; puisqu'était ainsi le caractère de la jeune fille aux yeux rubis et émeraude. Elle avait toujours peur de faire mal à quelqu'un par inadvertance - ce qui était loin d'être le cas, au vu de sa fragilité physique et sa très fine ossature qui la faisait mince et élégante aux yeux des gens.
 
-Et eux, ce sont mes amis. Le blanc aux yeux bleus s'appelle Angelo et le noir aux yeux dorés s'appelle Demone.
 
La jeune fille s'était penchée pour caresser la tête du noir qui semblait faire la tête constamment, tandis que le blanc s'était dirigé vers la libraire, s'asseyant en face d'elle en miaulant joyeusement pour lui quémander quelques caresses, et pourquoi pas quelques câlins.
Angelo et Demone.
Ange et Démon. En italien.
Deux chats physiquement et mentalement opposés qui ne pouvaient pas se passer l'un de l'autre. Et encore moins de leur douce maîtresse qui tentait tant bien que mal de dissimuler leur existence à son père brutal, les nourrissant et les chérissant en allant jusqu'à négliger parfois sa propre santé fragile de jeune fille de dix-sept ans.
 
L'aînée ne disant toujours rien, la plus jeune continua.

 
-J'aime bien votre librairie, elle est jolie. Et elle est grande. Et il y a tellement de livres !
 
-...bon, je reviendrai te chercher plus tard alors, je vais aller au marché toute seule. Les courses ne vont pas se faire seules et papa risque de s'impatienter. Je lui dirai rien, d'accord ? Je suis désolée mademoiselle Lane. Vous avez l'air d'être quelqu'un d'aimable et de gentille, mais je ne peux pas rester longtemps. Au revoir !
 
Elyon s'inclina et sortit précipitamment, laissant sa candide jeune soeur dans la librairie.
 
-C'est notre papa...Il veut pas comprendre. Il veut pas nous aider. Il sait rien de ce qu'on endure. Il veut juste son repas et dépense le peu qu'on peut gagner dans l'alcool. Et puis des filles.
 
Calista baissa la tête, soudainement triste.
 
-Maman, quand je vais la voir, elle entend, mais elle ne voit pas. J'ose pas lui dire ce que fait papa...
 
Si vous vous demandez, vous, derrière votre écran, pourquoi elle commence à parler de cela, c'est parce qu'elle ne sait jamais à qui se confier et pense pouvoir se confier à cette libraire, qui a l'air d'être quelqu'un de bien - selon le point de vue Calista - et qui pourrait éventuellement la comprendre.
Et puis...il faut bien meubler le post, non ?...bon d'accord, oubliez ce que je viens de dire, c'est l'heure de la digestion, la narratrice que je suis divague...
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MessageSujet: Re: "Et si on allait voir dans cette librairie ?" [MacKayla Lane]   Dim 29 Sep - 16:22


Nouvelle    protégée.


─ PV Calista Moon.








  • TOUJOURS LA MAIN TENDUE, J’OBSERVE LES DEUX JEUNES FILLES. Elles semblent quelque peu surprises par mon arrivée. Je les comprends. Ma librairie est surtout vide le matin. Et le fait que je me déplace toujours discrètement a dû les effrayer. Ce n’était pas mon but. Mais il est trop tard pour s’excuser. D’ailleurs, cela n’est pas vraiment une chose que je fais tous les jours. Je déteste prendre des personnes par affection. Je crains toujours d’être déçue par ceux-ci. Pourquoi ? Parce que l’Homme est égoïste et fin joueur. Il aime manipuler. Et par là, j’entends homme, comme femme. Je n’ai confiance en personne. Du moins, je dis cela, mais Grent a ma confiance. De plus, il est différent. Dois-je réellement le considérer comme un homme ? Si les autres apprenaient que c’est un démon, je me demande ce qui lui ferait. Une nouvelle fois, je me rends compte d’une chose. Le fait que mon borgne tue ne me dérange pas. Mais s’il s’agit d’un être humain qui tue ses semblables, là, tout est différent. Je ne supporterai jamais cela. Ma sœur n’avait rien fait de mal. Elle était vraiment une personne des plus adorables ! Des plu gentilles. Elle ne méritait pas de mourir. Dans ses lettres, rien ne semblait suspect. Elle ne semblait pas effrayée. Même dans mes cauchemars elle garde sa beauté d’antan.

    Je me force à penser à autre chose. Mon regard se tourne vers les sœurs. Leurs yeux sont remarquables. Presque hypnotique. Lorsque je me présente, la plus jeune ne peut s’empêcher de sourire. Est-ce si impressionnant que cela que je sois maîtresse de ma propre maison ? Que j’ai une librairie qui m’appartienne ? Que diraient-elles si elles apprenaient que j’ai quelqu’un qui m’obéit au doigt et à l’œil. Je réprime un sourire. Je n’aime pas dire cela, mais dans cette situation, je ne peux m’empêcher de le penser. Bien  que si Grent m’appelle Maîtresse, je ne pourrai me retenir de le frapper. Ou de le gronder. Tout dépendra de mon humeur du moment. La cadette se présente comme étant Calista, avant de présenter sa sœur ainée, Elyon. Tout en parlant, elle me serre la main avec une délicatesse impressionnante. Sa main est douce. Et d’après ce que j’ai compris, son père les fait travailler comme ce n’est pas permis. Mon regard se baisse alors vers la poignée de la jeune femme. Elle semble si frêle. Et dire qu’au moindre faux pas, elles risquaient de se faire battre. Je finis quand bien même par lui rendre sa main. J’ai mis autant de délicatesse qu’elle à la serrer. Bien que cela est dû à mon titre de noble. Je me rends compte que je dois modifier autre chose à mon caractère. Il faut vraiment que j’efface cela.

    De nouveau, Calista prend la parole, me présentant deux chats. Des animaux dans ma librairie ? Je n’ai rien contre eux, mais si jamais l’un des deux finis par faire ses besoins contre l’une de mes commodes,  je ne pourrai le nettoyer parfaitement. L’odeur resterait. Et cela serait insupportable. Voilà pourquoi je n’ai aucun animal. Je voulais que ma boutique garde son odeur de bois, et de livres. C’est une odeur que j’aime humer. Le félin au pelage immaculé s’avance vers moi, et s’assoit. De ses grands yeux bleus, il m’observe. Veut-il des caresses ? Il miaule. Quémande-t-il ? Devant son regard, je craque. J’ai un faible pour les animaux. Je ne pourrai jamais leur faire de mal. Les animaux sont différents des humains. Et, à mes yeux, ce sont eux les plus intelligents. Ils savent tout de nous. Mais nous, nous ne comprenons jamais ce qu’ils souhaitent. Je finis par m’accroupir, et poser avec douceur ma main sur la tête du chat. Je lui adresse un sourire. Il est vraiment adorable. Mais pour moi, un animal ne doit pas appartenir aux humains. Il doit être libre de ses mouvements. Voilà la seconde raison de pourquoi je n’en ai pas. Si jamais un chat, ou un chien, souhaite rester chez moi, qu’il reste. Mais s’il en a assez de moi, qu’il parte. Cela risque de me blesser, c’est certain. Mais je ne leur en voudrai pas. Et je n’irai jamais les remplacer. Je prends le félin dans mes bras pour mieux le caresser, et me relève. La position accroupie n’est pas très agréable. Enfin, moi, je n’ai pas l’habitude de me baisser pour ramasser les choses, ou autre.

    Encore une fois, c’est Calista qui parle. Elle fait l’éloge de ma librairie. Flattée, je ne peux m’empêcher de sourire. Je la remercie poliment. Finalement, Elyon finit par ouvrir la bouche. Elle semblait quelque peu agitée depuis le début. Avait-elle peur de se faire battre elle aussi ? Je sais que si elle sort, je ne la verrai probablement jamais. Elle s’excuse auprès de moi, et me complimente sur ce que je laisse paraître. Aimable ? Gentille ? Je ne pense pas. Avec les humains, je suis surtout froide, et distante. Mais je ne supporte pas les injustices. Et ses jeunes filles vivent dans la pire des conditions. J’ajoute Monsieur Moon à ma liste noire. Peut-être que Grent et moi pourrions remédier à cela plus tard ? Même si perdre un être cher n’est pas la meilleure des choses à faire. Et si jamais elles souhaitaient se venger ? Comme moi avec Alina ? Non. Impossible. Je secoue la tête pour revenir sur Terre. Elyon venait de quitter la boutique. Je fais la moue, quelque peu attristée par son départ. Et une cliente en moins, une ! Mon regard se tourne alors vers Calista. Elle prit encore la parole. Peut-être avait-elle envie de se confier ? Cela peut se comprendre :

    «C’est notre papa, commença-t-elle avant de marquer une courte pause. Il veut pas comprendre. Il veut pas nous aider. Il sait rien de ce qu’on endure. Il veut juste son repas, et dépense le peu qu’on peut gagner dans l’alcool. Et puis, des filles. »

    Je ne peux m’empêcher de sentir une légère colère s’emparer de moi. Comment ose-t-il ? Si l’on a des enfants, ce n’est pas pour s’en servir d’esclaves. Et encore moins pour les utiliser, les rabaisser. Je serre les poings de façon à contrôler ma rage qui commençait à bouillonner en moi. Je ne peux comprendre ce qu’elle endure. Mes parents sont follement amoureux l’un de l’autre. Ils passent toujours leurs journées ensembles. Ils ne se disputent que très rarement. Et ils jouent avec ma sœur et moi. Du moins, jouaient convient mieux.  J’observe Calista alors qu’elle poursuit son discours, la tête basse. Sa mère entend, mais ne voit pas. Est-elle aveugle ? Je manque de soupirer. Et voilà une nouvelle personne que je souhaite prendre sous mon aile. Je ne devrai pas. Elle est humaine elle aussi. Mais, elle semble si innocente. Je la regarde longuement, et lui adresse un doux sourire. Posant ma main sur sa tête, je laisse le chat s’échapper de mes bras. Il a dû lui aussi sentir la tristesse de la jeune fille. Les animaux ont ce don-là :

    « Je vois ce que vous endurez, dis-je sans vraiment savoir ce qui allait suivre. Ce n’est pas facile. Mais la vie est faite ainsi. Sache juste que vous pouvez venir quand vous le voulez dans ma librairie. Vous êtes la bienvenue. Et si jamais votre père vous demande ce que vous avez fait pendant tout ce temps, vous n’avez qu’à dire qu’il y avait beaucoup de monde au marché. »

    Je lui adresse un nouveau sourire. Puis, mon regard se lève vers ma librairie. Elle est remplit de tant de livres. Après une courte pause, je me tourne vers elle :

    « Choisissez n’importe quel livre, continué-je. Je vous l’offre. Vous n’avez qu’à faire un double fond dans votre panier de course. Ainsi, votre père ne verra que les courses. Et vous, vous pourrez retirer le double fond pour en tirer votre livre. Ensuite, vous pourriez le cacher sous lit. »

    J’ai pour habitude de vouvoyer n’importe qui. Même les personnes plus jeunes. On m’avait toujours appris à faire ainsi. Peut-être que cela pourrait me trahir. Mais je pense que les personnes ont du mal à voir une noble travailler et côtoyer tant de civile. Enfin, je me comprends. Quant à Calista, il est trop tard pour reculer. Je l’ai, malheureusement, prise elle aussi sous mon aile. J’aime aider les personnes en difficulté. Mais seulement si elles le méritent. Les deux jeunes sœurs semblent innocentes.


Bienvenue chez moi.
A suivre...

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MessageSujet: Re: "Et si on allait voir dans cette librairie ?" [MacKayla Lane]   Dim 29 Sep - 20:42

« Je vois ce que vous endurez. Ce n’est pas facile. Mais la vie est faite ainsi. Sache juste que vous pouvez venir quand vous le voulez dans ma librairie. Vous êtes la bienvenue. Et si jamais votre père vous demande ce que vous avez fait pendant tout ce temps, vous n’avez qu’à dire qu’il y avait beaucoup de monde au marché. »

Calista acquiesça aussitôt. C'est ce qu'elle avait l'intention de faire. Ou...
En fait elle savait dissimuler la vérité mais ne savait pas mentir. Elle se tairait et sa soeur prendrait le relais. Elle avait confiance en elle.
La jeune fille sourit aux propos de la jeune libraire. Elle était gentille et compréhensive.
C'était si rare !


« Choisissez n’importe quel livre. Je vous l’offre. Vous n’avez qu’à faire un double fond dans votre panier de course. Ainsi, votre père ne verra que les courses. Et vous, vous pourrez retirer le double fond pour en tirer votre livre. Ensuite, vous pourriez le cacher sous lit. »


La jeune fille ouvrit de grands yeux ronds comme des soucoupes. Tout comme les deux chats, comme s'ils avaient compris. Les deux félins se postèrent près de leur maîtresse, de part et d'autre d'elle, fixant avec surprise la libraire.

-...mais...je...je ne puis accepter...

Elle rougissait, gênée.
Depuis quand lui offrait-on un livre ?...ah oui...jamais. A part là.
Les deux félins sortirent de leur stupeur, et se dirigèrent vers les étagères, regardant les tranches des livres, comme s'ils en cherchaient un.
LE livre que Calista prendrait.


-...vous...vous êtes sûre ?

Angelo s'arrêta devant une étagère et Demone se mit à miauler. Ils se contentèrent d'aller voir Calista et de montrer, du bout du museau, l'étagère en question.
Ils savaient que la jeune fille voulait se renseigner sur ce qu'il y a après la mort - même si elle ne savait pas ce qu'était la mort en fait - juste pour savoir dans quel monde sa mère vivait désormais. Si monde il y avait par la suite.
Elle ne savait pas ce qu'étaient les shinigamis, elle n'en avait jamais entendu parler. Eux, ils voulaient lui trouver un livre en rapport avec eux, qui parlait d'eux.
Bien sûr, vous me direz que des chats, pour trouver un bouquin, c'est pas ce qu'il y a de mieux. Détrompez-vous. Ces chats sont spéciaux. Ils connaissent leur maîtresse par coeur, ils sont ses amis et même plus encore. Presque des anges gardiens.
Evidemment, ils n'ont rien de magique - faudrait pas exagérer non plus - mais ils sont spéciaux parce qu'ils semblent être en parfaite harmonie avec Calista.

Cette dernière n'osait pas s'approcher de l'étagère.
Pas peur peur - je sais qu'elle est émotionnellement fragile, m'enfin tout de même ! - mais par gêne. Elle n'avait pas l'habitude. Mais alors vraiment pas.
En fait...les seules personnes à lui avoir offert quelque chose étaient sa tante, Undertaker - un bonbon, mais pas que cela - et...la jeune libraire. Peu de monde en vérité, dans toute sa vie.
Undertaker. Oui, elle se souviendrait de lui. Toujours. Un bonbon, mais pas que. Bien plus que cela. De l'espoir et du réconfort.
Jamais elle n'oublierait ce visage, ce regard. Ce sourire. Ce rire.
Jamais elle n'oublierait cet homme, ni cette journée.

Oh ! Undertaker, je t'aime ! Oui, à présent je peux le dire ! Je peux l'affirmer ! Je t'aime ! Mon amour, mon adoration pour toi est si fort...je ne veux pas te perdre...Merci, merci d'avoir été là cette matinée-ci...Jamais je n'oublierai...Je n'oserai jamais te le dire en face, tout ceci n'est que dans ma tête, dans mes pensées, dans mon coeur...dans mon âme. Je...t'aime.

Calista savait déjà où cacher le livre. Peut-être accepterait-il après tout ? Si jamais elle le revoyait...
Elle savait maintenant où le trouver.


-Vous êtes gentille mademoiselle...cela change beaucoup de papa. Lui, il me giflerait s'il était là...Maman est partie dans un autre monde l'hiver dernier. Un monde où on y va par l'âme et le corps reste sur place. Vous avez un livre là-dessus ? Maman a dit qu'elle partait vers un monde meilleur...mais moi je sais pas à quoi il ressemble. Vous savez à quoi il ressemble, vous ? demanda t-elle innocemment, personne ne lui ayant jamais expliqué la brutalité de la vérité, la vérité comme quoi ce monde était la mort et qu'il n'y avait plus rien à faire ni à espérer...
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MessageSujet: Re: "Et si on allait voir dans cette librairie ?" [MacKayla Lane]   Lun 30 Sep - 19:51


Une    vérité.


─ PV Calista Moon.








  • JE REGARDE LA JEUNE FILLE. Ma proposition semble la surprendre. Mes yeux se baissèrent vers les chats. Étrangement, eux aussi semblent surpris. Ils me fixent avec leurs beaux yeux écarquillés. Je les observe à leur tour. Un animal ressent les sentiments, les émotions humaines. J’en suis certaine. Je suis même sûre qu’ils peuvent nous comprendre. L’être le plus avancé n’est pas l’Homme, mais l’animal. Du moins, certaines races surtout. De nouveau, je regarde Calista. Eh bien quoi ? J’ai assez d’argent pour m’offrir une seconde librairie. Je pourrai même vivre sans travailler. Alors un livre de plus ou de moins. Elle se met à parler. Je vois ses joues rosirent suite à mon offre. Elle la décline ? Soit. C’est son choix. Mais je ne m’avoue pas pour autant vaincu. Je continuerai d’insister. Bien que je souhaite éviter de l’effrayer. Cette pauvre enfant vit un calvaire. Inutile d’en rajouter une couche. Je souris faiblement. Mais mon regard ne laisse pas paraître la moindre pitié, ou compassion. Je la regarde comme une personne que l’on souhaiterait protéger. Allez savoir pourquoi. Je me demande où se trouve sa mère. Pourquoi ne la protège-t-elle pas mieux ?

    Deux éclairs noirs et blancs attirent mon attention. Je baisse le regard vers eux. Il s’agit d’Angelo, et Demone. Ils semblent avoir compris la situation, et cherchent un livre. Du moins, c’est l’impression qu’ils me donnent. Je suis impressionnée par leur action. Mais je n’en montre rien. Calista prend de nouveau la parole, me demandant si je suis sûre de mon choix. Bien entendu que je le suis ! D’un signe de tête, je lui indique que oui. Suivis d’un sourire. Il y a tant d’innocence dans son regard. Elle semble si pure, si fragile, si délicate. Tant de mots pour une si jeune personne. Un miaulement me sort de mes pensées. Je me tourne vers les félins. Demone souhaite que sa maîtresse s’approche. Ils ont trouvé des ouvrages intéressants ? Je lève les yeux vers le nom de cette partie. Il s’agit de celle où l’on parle de la mort, de ce qu’il y a derrière, des légendes, des shinigamis, des démons, des anges … Ect. Pourquoi un tel livre intéresserait une si jeune enfant ? Je dis « si jeune » mais je n’ai que 22 ans, et elle doit être près de sa 18 ème année je pense. A en juger par sa corpulence. Mais ne nous attardons pas sur le sujet. Les deux chats reviennent et insistent pour que Calista les suivent. Pour ma part, je n’ajoute rien, et me contente de les suivre. J’observe l’énorme quantité de livres. Il y en a tant. De toutes les sortes. De toutes les tailles. De toutes les épaisseurs. Avec la couverture de cuir, ou de papier. Avec ou sans illustrations.

    Autrefois, je n’aurai jamais conseillé ces livres. A vrai dire, tout ce qui concernait le fantastique, les légendes, cela ne m’intéressait pas. Mais maintenant, tout est différent. En sortant de mon monde de noblesse hypocrite, j’ai fait face à Londres. Seule. Pour venger une personne. Je pensais que cela serait plus facile. Mais j’ignorais qu’il y avait tant d’espèce qui vive parmi nous. Dès mon premier jour, je me suis sentie mal dans cette ville. Comme si elle enfermait un lourd secret. Techniquement, ce n’est pas le cas. Je pense que ce que j’ai découvert dans Londres est valable partout ailleurs. C’est seulement l’endroit où j’ai découvert leur existence. Mais elle doit pourtant rester secrète. Je trouve cela quelque peu ridicule. L’Homme ne se croit-il pas déjà assez supérieur ? Les anges, démons, et shinigamis, craignent-ils les humains ? Cela est tout bonnement sans intérêt. Ils sont tous plus forts, plus puissants que les humains. Je réprime un soupire. Je lui conseillerai bien ces livres, mais pourquoi s’intéresse-t-elle à l’Au-Delà ? Et puis, ce n’est pas un peu beaucoup pour une jeune fille ? Cette innocence, cette pureté ne doit jamais disparaître de son regard. Je ne peux m’empêcher de sourire, même faiblement. Elle semble si adorable, et attachante. Voilà que je tombe sous son charme enjôleur. Non, ce n’est pas de l’amour. Mais un certain … Instinct maternel ? Si vite ? Je suis pourtant jeune. J’ignorais que je pouvais ressentir cela. Surtout à mon âge. Je devrai plutôt la considérer comme une sœur, non ? Peu importe. L’important, c’est qu’elle aille bien. Et qu’elle ne perde pas son sourire.

    Finalement, elle se décide à bouger. L’atmosphère qui se dégage d’elle a comme changée soudainement. Je ne ressens plus la gêne qu’il y avait plus tôt. Au contraire. Un autre sentiment. Une sorte de passion intense. Calista ne se rend pas compte à quel point on peut lire en elle comme dans un livre. Cela doit être dû à son innocence. Elle ouvre la bouche :

    « Vous êtes gentille mademoiselle, dit-elle avant de marquer une courte pause. Cela change beaucoup de papa. Lui, il me giflerait s'il était là... Maman est partie dans un autre monde l'hiver dernier. Un monde où on y va par l'âme et le corps reste sur place. Vous avez un livre là-dessus ? Maman a dit qu'elle partait vers un monde meilleur... Mais moi je sais pas à quoi il ressemble. Vous savez à quoi il ressemble, vous ? »

    A ces mots, j’ignore pourquoi, mais j’ai senti mon cœur se serrer. La pauvre enfant. Elle a perdu sa mère. Mais surtout, elle ignore tout du vrai monde. Je l’observe longuement, et tristement. Comme lui expliquer cela ? Pourquoi moi ? Et moi qui ai l’habitude de dire la vérité sans la moindre crainte, pourquoi est-ce que je me sens obligée de lui mentir ? Non. Je ne dois pas. Si elle ne connait pas la vérité, elle ne connaîtra rien de ce monde. Je pose ma main sur sa tête, délicatement, et la frotte avec douceur. Comment cette jeune fille avait-elle réussi à survivre jusqu’ici ? C’est une question qui mérite réflexion. Mais ce n’est pas le moment. D’un signe de la tête, je lui intime de me suivre. Je me mords la lèvre alors qu’elle est derrière moi. Comment vais-je lui annoncer cela ? Je me poste devant les livres. J’attends qu’elle soit attentive à mes paroles, puis, prends une profonde inspiration :

    « Vois-tu, commencé-je doucement, il y a la naissance. Un enfant né d’une mère et d’un père. Ce dernier grandis. Il vieillit à son rythme. Parfois, il trouve un compagnon, ou une compagne dont il tombe amoureux, et vit avec elle jusqu’à la mort. »

    Je marque une courte pause pour l’observer. Cela, elle devait le savoir. Mais j’ai préféré le lui rappeler :

    « Personne ne sait ce qu’il y a après la mort. Tous ces livres que tu vois sont des légendes. Ils racontent l’histoire des shinigamis, des démons, ou des anges. Il y a tant de races différentes qui ont survécu, on va dire, à la mort, annoncé-je en la regardant. Ta mère est parmi ceux qui ne reviennent pas. Mais certaines légendes disent que son âme errent, et te protège. Quand on perd un être cher, il est toujours là. Avec nous. »

    Je lui souris, et indique le cœur en posant ma paume droite sur mon sein gauche :

    « L’entends-tu battre ? C’est le signe de la vie. Tous ceux qui ne sont plus et qui t’ont été cher sont à tes côtés, et sont heureux de te voir sourire, et vivre. »

    Bon Dieu ! Comme ce que je dis peut paraître niais. J’ai du mal à croire que ces paroles sortent de ma propre bouche. Je ne me contrôle pas.


Bienvenue chez moi.
A suivre...

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MessageSujet: Re: "Et si on allait voir dans cette librairie ?" [MacKayla Lane]   Mar 1 Oct - 18:06

« Vois-tu, il y a la naissance. Un enfant né d’une mère et d’un père. Ce dernier grandit. Il vieillit à son rythme. Parfois, il trouve un compagnon, ou une compagne dont il tombe amoureux, et vit avec elle jusqu’à la mort. »

La libraire s'était postée devant Calista et avait commencé doucement à lui parler, faisant une introduction à une vérité plus...comment dire ?...plus...cruelle ? Plus...triste ?
Hum...là j'avoue manquer un peu de vocabulaire...
Mais, d'une certaine manière, c'est vrai. Vérité cruelle. Sa mère est morte et elle ne reviendrait jamais, qu'importe ce que l'a pu lui dire, qu'importe ce que sa mère avait pu dire l'hiver dernier sur son lit de mort pour rassurer sa fille qui pleurait et ne voulait pas s'arrêter de pleurer - une vraie fontaine d'eau salée.
La jeune fille écoutait donc, intriguée. Les deux chats aussi.


« Personne ne sait ce qu’il y a après la mort. Tous ces livres que tu vois sont des légendes. Ils racontent l’histoire des shinigamis, des démons, ou des anges. Il y a tant de races différentes qui ont survécu, on va dire, à la mort. Ta mère est parmi ceux qui ne reviennent pas. Mais certaines légendes disent que son âme errent, et te protège. Quand on perd un être cher, il est toujours là. Avec nous. »

Calista de tout le discours, pour le moment, releva en premier une phrase: "Ta mère est parmi ceux qui ne reviennent pas."
La jeune fille sentit les larmes monter. C'était plus fort qu'elle.
Candide et effroyablement sensible. Bon...après si vous avez l'amabilité de tenir en compte son éducation à cette pauvre demoiselle innocente...
La pauvre n'était même pas au courant de ce qu'était réellement la mort, elle n'en savait que le strict minimum; ce que l'on racontait aux enfants pour les rassurer et pour qu'ils ne soient pas tristes. Un conte de fées auquel ils croyaient pour apprendre tout seul ou par un pu hasard ou par leurs parents ou un proche ce que c'était vraiment que cette chose; la mort. Alors ils savaient par la suite.
Mais elle...jamais. Personne ne lui avait jamais rien dit, ou alors laissé supposer seulement, mais jamais elle n'avait compris jusqu'à maintenant.
Les larmes étaient montées mais elle ne pleurait pas. Pas encore. Mais cela se voyait, qu'elle était sur le point d'avoir une crise de larmes. Déjà elle avait les soubresauts d'une fille fragile qui allait pleurer.


« L’entends-tu battre ? C’est le signe de la vie. Tous ceux qui ne sont plus et qui t’ont été cher sont à tes côtés, et sont heureux de te voir sourire, et vivre. »

Et les larmes coulèrent. Calista porta ses mains à ses yeux, tellement gênée, tellement triste...tellement...tellement...
Elle s'effondra à genoux sur le sol de la librairie.
Sa mère était morte et elle ne reviendrait jamais. Et elle l'écoutait encore moins quand elle lui parlait sur sa tombe.
Même si sa mère était dans son coeur, qu'elle pouvait peut-être veiller sur elle, de là où elle était, sa mère ne pouvait absolument rien faire.
C'était fini.
Le néant. Rien. Plus rien.
Juste des larmes.

Angelo miaula de surprise avant de se blottir contre sa maîtresse en miaulant pour qu'elle le regarde et qu'elle caresse. S'il avait été un humain, Angelo l'aurait pris dans ses bras et l'aurait réconforté comme il aurait pu. Il lui aurait chuchoté au creux de l'oreille que tout allait bien, que tout irait bien parce qu'il était là, que ce n'est pas bien grave. Sa mère était morte, mais qu'un jour elle la retrouverait, après une vie bien remplie. La mort ce n'était pas si grave, c'était triste mais on retrouvait toujours nos proches disparus sur l'autre rive, un jour ou l'autre.
Et puis Demone regarda la libraire d'un air blasé, en miaulant, semblant dire "Bien essayé" d'un ton cynique. Du moins s'il avait été humain, c'est ce qui serait probablement sorti de sa bouche.
Seulement voilà. Ce n'étaient que des chats. Et des chats ne parlent pas.

Et les larmes coulaient toujours.
Sincèrement, vous connaissez son caractère à cette pauvre petiote. Qu'auriez-vous imaginé qu'elle fasse autrement ?
Elle pleurait. Comme la dernière fois au cimetière, où elle aurait bien voulu se blottir dans les bras du gentil fossoyeur - si attirant à ses yeux - mais qu'elle n'osait pas. Cela ne se faisait pas. Absolument pas. Comme avouer ouvertement qu'elle l'aimait.
Et les deux chats se blottirent tous les deux contre elle, tentant tant bien que mal de faire cesser l'inondation de la librairie à venir et la déshydratation de leur amie, miaulant doucement et se blottissant contre elle. L'un qui miaulait doucement, comme pour dire "Arrête de pleurer, cela n'en vaut pas la peine, on est là, fais-nous plutôt des câlins !' et l'autre qui miaulait un peu plus fort, comme pour dire "Arrête de pleurer ou je te griffe !". D'ailleurs ce dernier faillit le faire, et la jeune fille s'arrêta un instant de pleurer, regardant son ami dans les yeux avant d'acquiescer.


-Tu as raison Demone. De toute façon, si je pleure et que cela se voit, en rentrant, papa va encore être en colère et me battre.

Demone semblait lui aussi hocher la tête comme pour dire "Eh bien tu vois quand tu veux !" avant de miauler et de recevoir une caresse sur la tête. Angelo miaulait alors, l'air suppliant pour avoir lui aussi quelques caresses, semblait crier "Mais moi aussi je veux que tu me caresses !", auquel la jeune fille répondit par un câlin qui calma aussitôt le chat blanc.
Elle essuya ses larmes d'une manche et releva une grosse mèche de cheveux pour la placer derrière son oreille, oubliant par le même temps pourquoi il y avait cette mèche à cet endroit de son visage. Un hématome était présent sur son visage, entre la tempe et la joue, que la grosse mèche châtaine claire dissimulait il y a quelques instants à la jeune libraire. Un hématome qui n'avait pu être causé que par un coup violent porté à cet endroit par un coup de poing. D'homme certainement au vu de la grosseur de l'hématome, et l'impact dû être important tellement la blessure pouvait être visible même de loin. Et il n'y a pas trente-six hommes dans l'entourage de la jeune fille qui aurait pu faire cela. Il n'y avait bel et bien que son père pour faire une chose pareille à une fragile jeune fille comme elle.

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MessageSujet: Re: "Et si on allait voir dans cette librairie ?" [MacKayla Lane]   Jeu 3 Oct - 15:30


Des    larmes.


─ PV Calista Moon.








  • JE SAIS QUE CETTE VÉRITÉ EST DURE A APPRENDRE. Tu sembles si innocente, si gentille alors que ce monde est horrible. J’ai moi-même perdu ma sœur. Une personne que j’admirais beaucoup. Une personne aussi adorable et pure que toi. Mais elle n’est pas morte dans un lit. Je n’ai pas pu lui dire au revoir. Je ne pourrai jamais la revoir. J’en ai conscience. Pendant que je parle, je vois tes larmes monter. Tu ne veux pas pleurer. Je comprendrai pourtant. Pourquoi ne pleures-tu pas ? Regard-moi. J’ai cessé de pleurer. Et je suis devenue une autre personne. Je ne te connais que depuis peu, mais, s’il te plaît, reste comme tu es. Ne change pas. Ne change jamais. Tu ne mérites pas de souffrir autant. J’ai tant envie de te mentir, de te dire que tu reverras ta mère un jour.

    Est-ce cruel de tout lui avouer ? Je pense que oui. Mais si elle ne sait pas cette vérité, elle n’apprendra jamais à vivre. Elle ne trouvera aucun mari. Et qui c’est ce qu’il peut se produire le soir. Si jamais elle se faisait violer ? Si jamais elle mourrait sous les coups de son père ? C’est fort probable que cela se termine ainsi. Elle semble si faible. Si frêle. J’ignore pourquoi, j’ai peur pour elle. J’ai peur que ces yeux ne s’ouvrent plus jamais. Ils sont différents des autres. Ils ont quelque chose en plus.  Ils ont quelque chose que j’ai perdu. Etrangement, je n’ai pas envie que Calista grandisse. Je ne la connais pas au point de l’apprécier comme une amie, mais sa présence semble me calmer. M’apaiser. Est-ce cette innocence qui fait cela ? Je pense que oui. Au moment où je dis que sa mère est toujours présente. Dans son cœur. Et bon Dieu, je trouve cela vraiment bizarre de trouver ces mots si niais pour rassurer une enfant qui n’apprend qu’une triste vérité. Malgré tout, je me sens obligée de rajouter cela. A ces mots, je vois ses larmes couler. Elles roulent, perlent, ruissèlent sur ses joues. Je me pince les lèvres. C’est moi qui ai provoqué cela. Je tends ma main vers elle. Je voudrai la rassurer. La prendre dans mes bras. Mais je ne sais pas y faire. Elle s’effondre. Je reste là, sans savoir que faire.

    Autrefois, lorsque je faisais un cauchemar, ou que j’étais triste, Alina savait me consoler. Elle m’enlaçait, et me berçait. Elle me disait que c’était fini. Elle trouvait toujours les bons mots pour me rassurer. Moi qui ai toujours tendance à être directe, je ne sais que dire dans ces situations. Je veux m’approcher, mais mes jambes ne m’obéissent pas. C’est la première fois que je suis touchée de voir une personne pleurer. Pourquoi ? Je l’ignore. Mon impuissance me rend folle de rage. Je la préférais souriante. Bien que gênée. Je veux la prendre dans mes bras, lui donner une étreinte douce et rassurante. Mais je ne parviens pas à bouger. Je me mords la lèvre. Même ses chats sont plus attentionnés que moi. Le félin immaculé vient se blottir contre elle après un miaulement de surprise. Ne s’y attendait-il pas ? Ou eux aussi m’écoutaient-ils ? Je vois Angelo qui tente d’attirer l’attention de sa maîtresse. Il se met devant elle, quémande des caresses. Comme s’il voulait qu’elle pense à autre chose. Il se blottit contre elle. Comme pour dire « Je suis là. Ne t’en fais pas. Tout va bien. » Pourquoi ne suis-je pas capable d’en faire autant ? Mon humanité est-elle si horrible que cela ? Mes yeux coulent vers Demone. Je suis surprise de voir que lui me fixe depuis un moment déjà. Il miaule de son regard blasé comme pour me parler. Aussi étrange que cela puisse paraître, j’ai l’impression de comprendre ces mots. Je fronce les sourcils, prête à lui répondre. Puis l’ignore afin de ne pas passer pour une folle. Le chat au pelage de jais vient lui aussi se lover contre Calista. Cette dernière ne cesse de pleurer. Et je ne sais toujours pas quoi faire. J’ai une jeune fille effondrée en pleurs sur le sol de ma librairie.

    Je réprime un soupire, et, pendant que les félidés la console, je m’avance à l’entrée de la boutique où je tourne la pancarte de « Ouvert » à « Fermé ». Afin de ne pas être dérangé par d’autres clients. Fort heureusement, le matin, il y en avait peu. Parfois, je me demande si ma librairie est tout sauf un endroit où l’on vend des livres. J’ai rencontré Grent ici. On a failli me cambrioler, et mon démon les a tués. J’ai rencontré Dani en l’empêchant de se faire arrêter par des gardes. J’ai une nouvelle fois failli être cambriolée par une femme déguisée en homme. Et maintenant, je me retrouve avec une enfant qui ne sait rien de la vie. Etrangement, cela ne m’ennuie pas. Je reviens à ma place initiale, devant Calista. Demone se mit presque à feuler pour attirer l’attention. Je le regarde faire, sans vraiment trop comprendre. Puis réalise qu’il lui adresse une menace. Je comprends qu’il tente de lui faire passer un message. Même si cela n’a pas vraiment une signification adorable, je ne peux m’empêcher d’être attendrie par son geste. Jusqu’au moment où il sort les griffes et lève la patte vers elle. Au même moment, la jeune fille s’arrête de pleurer. Je suis surprise par son rapide temps de réaction. Puis sourit de nouveau. Ils sont vraiment adorables tous les trois ensemble. Un trio de choc. Je ne peux m’empêcher d’ajouter :

    « Vous savez, susurré-je, j’ai moi-même perdu quelqu’un de très cher. Mais peu après l’avoir perdu, j’ai rencontré une personne. Cette personne est devenue quelqu’un de très proche. Comment vous expliquer cela ? Hm … C’est comme si elle avait envoyé quelqu’un pour me protéger, pour veiller sur moi, dis-je avec un maigre sourire. Mais cela peut tout aussi être l’inverse. On peut t’envoyer quelqu’un que tu dois protéger. »

    Je dis ce qu’il me passe par la tête. Et surtout, je dis mes impressions que j’ai toujours cachée à Grent. Si je le lui avais dit, aurait-il rit ? Peut-être lui annoncerai-je alors lorsqu’il apprendra que mon sang est noble. Je me penche alors vers la jeune fille. Elle s’essuie les yeux. Je les observe. Ils ne sont pas trop rougis par les larmes. Tout ira bien avec son père alors. Au même moment, elle dégage une mèche de sa tempe, quelque peu humidifiée part les pleurs, je la laisse faire. Puis quelque chose attire mon regard. Un hématome. Sur le haut de la joue de Calista. Mon corps devient soudainement froid. Ou alors, il bouillonne de rage. Je ne saurai décrire ce que je ressens actuellement. Tant de haine envers un humain. Un être répugnant qui ose frapper sa propre fille. Quand on fait un enfant, on lui donne la vie. On devrait être heureux ! Et non les traiter comme des moins que rien, ou comme des esclaves. Je fais un pas en arrière, les yeux écarquillés. Il n’y a pas de doute, je devine que le seul monstre capable d’infliger cela à une si adorable personne est son ascendant. Je me mords la lèvre pour ne pas lui hurler dessus. Je sais que je ne peux rien faire, et cela me rend folle. Je voudrai pouvoir les aider. Je voudrai pouvoir leur donner un peu plus de bonheur. Elles n’en ont pas. Ou du moins plus. J’ignore même si elles l’ont déjà connu :

    « Pourquoi vous laissez-vous faire .. ? demandé-je doucement, tentant de garder mon calme. Pourquoi ne fuyez-vous pas ? Pourquoi restez-vous auprès de lui ? Il y a tant d’endroits où vous pourriez trouver refuge ! »

    Je sens alors quelque chose de chaud rouler sur mes joues. Une larme ? Tiens, cela faisait longtemps. Mais voilà ce qui arrive lorsque je suis en colère et que je ne peux rien faire. Quel rustre ! Quel monstre ! Quel … Humain !


Bienvenue chez moi.
A suivre...

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MessageSujet: Re: "Et si on allait voir dans cette librairie ?" [MacKayla Lane]   Sam 5 Oct - 17:36

La libraire venait de faire un pas en arrière, les yeux écarquillés. Avait-elle deviné qui était le responsable, celui qui avait laissé une trace de sa brutalité sur le visage de sa fille ?
Bien sûr que oui. C'était très facilement devinable. N'importe qui ayant un peu de jugeote l'aurait deviné.
Mais l'on dirait que cela surprend la jeune libraire. Pourtant c'est bien ainsi, le quotidien des deux sœurs Moon. Et encore, vous n'avez pas vu toute l'étendue de la violence du père, et croyez-moi, ce n'est que le calme avant la tempête, vous n'avez encore rien vu. Mais laissons cela de côté un instant pour ne s'occuper que du présent.
La jeune femme semblait bouillonner de rage, comme révoltée par la situation. A raison. Qui ne serait pas révolté par tant de violence sur une enfant aussi candide ? Qui ?
Une personne sans coeur probablement.


« Pourquoi vous laissez-vous faire .. ? Pourquoi ne fuyez-vous pas ? Pourquoi restez-vous auprès de lui ? Il y a tant d’endroits où vous pourriez trouver refuge ! »

Elle avait demandé cela doucement, tentant de garder son calme sûrement. A raison, toujours; il ne faut pas brusquer la petite. Elle prendrait peur. Et la peur la paralysait ou la faisait fuir. Fuir aussi bien physiquement que psychologiquement.

Quelque chose parut couler sur la joue de la jeune femme, comme une larme.
Elle semblait en colère car elle ne savait pas quoi faire pour l'aider, aider l'enfant. En effet, c'était une situation désespérée qu'elle avait sous les yeux. Qui pourrait bien les aider, sa soeur et elle ? Personne. Il n'y avait rien à faire.
Juste à espérer et attendre.

Calista releva la tête vers la libraire, pour lui répondre, tout aussi innocemment que d'habitude. Parce qu'elle pensait que c'était cela la réponse à apporter.
Pauvre enfant naïve.


-...c'est normal qu'un homme se montre violent quand une femme se montre inefficace, non ? Ce matin j'ai oublié son petit-déjeuner...Et puis...fuir où ? Je sais où aller, mais je ne peux pas abandonner ma soeur, cela ne se fait pas...Et notre tante habite trop loin, on ne peut pas traverser la Manche pour la rejoindre à Paris ! On peut même pas lui écrire...

Elle rebaissa la tête. Elle repensa à chère tante Melinda. Douce tante Melinda.
Si gentille, si souriante, tout comme sa soeur. Mariée à un riche bourgeois, ils sont partis s'installer à Paris, et de temps en temps, quelques nouvelles seulement.
Et puis quelques cadeaux. Des robes de dentelles et de rubans, quelques toilettes. Mais jamais elles ne pouvaient les mettre pour faire les élégantes; leur père n'appréciait pas qu'elles sortent, d'ailleurs elles ne sortaient jamais à part pour faire les courses. Et Calista, seule, sortait tous les jours pour aller voir sa mère; et accessoirement pour tenter de le voir, lui. Son fossoyeur aux longs cheveux d'argent. Cet homme si attachant, si attirant.

Vous me manquez monsieur Undertaker. Je vous aime monsieur Undertaker...

Sa douce tante Melinda, semblable à sa chère mère défunte, aurait bien aimé prendre soin des deux jeunes filles, bien qu'elle ignorait tous des mauvais traitements. Si seulement elle savait, elle les prendrait sous son aile, qu'importe ce que dirait son mari. Ce dernier, serait d'ailleurs, en accord avec sa femme. Il est hors de question de violenter de pauvres jeunes filles innocentes comme ses nièces.
Melinda. Imaginez-vous une jeune femme au teint rosé et de courtes boucles brunes encadrant un visage fin, éclairé par un doux sourire serein et bienveillant, deux saphirs en guise d'yeux. C'est une femme de petite taille mais fine, on croirait comme Calista, que ses os se briseraient facilement au moindre choc. Une femme ne s'habillant que de couleurs vives, et toujours riant d'un rire cristallin.
Mais d'elle, nous en reparlerons plus tard, là n'est pas le sujet.

Où fuir avec sa soeur ? Elyon avait peur du cimetière et du fossoyeur, son rire lui faisant froid dans le dos et elle s'était jamais sentie à l'aise dans les cimetières, ni dans n'importe quel endroit où peu de personnes passaient. Et ce pour une bonne raison qui vous sera expliqué en un RP ultérieur. Ou plus tard sur le même; no spoilers.
Où se rendre alors qu'elles ne connaissent personne de suffisamment amical et bien intentionné envers elles ? Calista serait bien allé chez ce vieux voisin qui avait si gentil avec elle quand elle était petite, mais sa soeur lui a depuis quelques mois déjà, défendue d'aller le voir; surtout si elle était toute seule. Et sa soeur avait ses raisons.

Calista serra quelque chose dans une poche. Une bague.
Elle s'en souviendrait toujours. Cette bague offerte par Undertaker. Elle aurait voulu la mettre, mais sa soeur lui a conseillé de la cacher dans une poche et de la redonner au fossoyeur dès qu'elle le reverrait, juste pour mettre en sécurité cet objet de valeur.
Elyon avait certes peur du fossoyeur, comme de n'importe quel homme en vérité, mais elle avait surtout très peur de son père. Qui sait ce qu'il aurait pu arriver à Calista si leur paternel avait su pour la bague ? Surtout qu'elle était en argent. "Cogito ergo sum" était gravé dedans. La bague lui porterait chance que si elle se trouvait loin d'elle, juste le temps que les choses s'apaisent...

La porte de la librairie s'ouvrit. C'était la grande soeur qui était revenue, avec son panier plein.


-Excusez-moi, je viens rechercher ma soeur, il faut que l'on rentre. Ou qu'au moins l'une de nous deux rentre.


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MessageSujet: Re: "Et si on allait voir dans cette librairie ?" [MacKayla Lane]   Lun 21 Oct - 14:06


Un    choix.


─ PV Calista Moon.








  • JE NE SAIS QUE FAIRE. Je la vois ainsi, avec un énorme hématome. Elle le cachait. Elle craignait son père. On ne devrait pas. On ne doit pas craindre sa famille. Un père doit savoir s’occuper de ses enfants, de les faire rire. De les rendre joyeux. Comment celui-ci ose-t-il ? Il s’agit de son sang. De ses filles. Peut-être est-il en colère car il voulait un fils ? Dans ce cas-là, il devrait apprendre à connaître Calista et sa sœur. Je suis certaine qu’il serait finalement ravi d’avoir eu deux filles. Cet humain doit être bien égoïste pour penser que ses enfants ne sont que des esclaves. Oui, quand on apprend à ses filles de lire seulement pour qu’elles aillent faire les courses, je trouve cela ridicule. Et irresponsable. Ma haine envers l’Homme ne fait que grandir. Je serre les poings, je grince les dents. Si seulement je pouvais les lui enlever. Les sauver. Je crains qu’un jour, un des coups ne leur soit trop fatal. Et qu’elles ne se réveillent plus jamais. Je regarde Calista. Tant d’innocence dans son regard. Elle doit sûrement bientôt atteindre la maturité et n’a peut-être jamais connu le bonheur. Elle le devrait pourtant. Elle le mérite. Elle devrait être heureuse. Mais rien. Son père doit l’empêcher de vivre cela.

    Je tente de rester calme. Après tout, je pense que si je lui faisais part de toute ma colère, ─ même si elle ne lui est pas destinée ─ la petite prendrait peur. Je me rends que ces douleurs doivent rapprocher les deux sœurs. Mais si l’une d’elles mourrait. L’autre, que ferait-elle ? Demanderait-elle tous les jours où est-elle partie ? Pleurerait-elle chaque jour ? Se laisserait-elle inconsciemment mourir ? Déprimerait-elle ? Leur vie est un enfer. Vu ma réaction face à la mort de ma sœur, je n’ose pas imaginer la leur. Mais pourquoi est-ce que je pense cela ? J’observe la frêle jeune fille. J’ignore si j’éprouve de la compassion ou de la pitié. Je me sens si impuissante. J’aimerai pouvoir lui être plus utile. Je plante mes ongles dans la paume de ma main pour ne pas m’énerver encore plus. Je manque de me mordre la lèvre. J’ai envie de pleurer. Pourquoi ? Je pensais ne plus rien ressentir. Je pensais que je ne reverrai jamais ces larmes. Je secoue la tête afin de les refouler, encore une fois. Son histoire ne peut me toucher au point de pleurer. Je ne verserai aucune goutte.

    Calista se met à parler. De sa petite voix, elle m’apprend qu’elle trouve cela normal qu’un homme doit punir une femme s’il n’a pas eu ce qu’il voulait. Donc l’hématome est dû à une erreur de l’enfant. Une erreur qui aurait pu lui être fatale. Frêle comme elle est, je crains qu’un jour, un coup ne lui brise sa vie. D’ailleurs, n’est-elle déjà pas en train de se dépérir ? Elle me fait part qu’elle n’a aucun endroit où fuir. Donc elle y pense. Au fond d’elle, peut-être n’est-elle pas d’accord avec ce que fait son père. Cela me rassure un peu. Elle dit avoir une tante à Paris. Il est vrai que cela fait un peu loin. Mais, et les lettres ? Ne savent-elles pas écrire ? Peut-être pas. Je la regarde longuement, sans donner de réponse. A vrai dire, je ne saurai que dire face à cela. Je cherche une solution. Mais je ne trouve rien. Que faire ? Que faire ? Je l’ignore. Je refuse qu’elles retournent chez elles. Ce n’est pas parce que c’est votre enfant que l’on doit en faire un objet. Quel égoïsme. Je me pince la lèvre.

    Au même moment, la cloche de l’entrée retentit, et Elyon entre. Le panier qu’elle tient en main est maintenant rempli. Je l’observe. Je le fixe avec intensité. Elles sont utilisées. Battues. Tristes. Du moins, j’en ai l’impression. Elles méritent tellement mieux. Ma noblesse me permet de tenir cette boutique. Mais j’ai toujours plus d’argent que je ne devrai. Surtout avec ce travail. Je pourrai facilement en engager :

    « J’ai une chambre de libre à l’étage si vous le souhaitez, dis-je après une courte pause. Quant à votre tante, je peux lui écrire. Votre père n’en saura jamais rien. Et vous ne fuirez pas. Je peux vous donner un travail dans ma librairie. J'ai toujours besoin de bras. Vous serez payées, logées et nourries. Et ici, vous n’avez rien à craindre. »

    Je les observe sans mot, elles et les félins. Je n’ai pas envie qu’elles partent. Non, je n’ai pas peur. Mais je crains de ne plus jamais les revoir si je les laisse partir. De plus, ai-je l’air méchante ? Non. Mais je pense que si elles restent, je devrai alors calmer mes activités monstrueuses avec Grent. Du moins, seulement dans ma librairie. J’ajoute :

    « Et si vous restez, vous pourrez lire autant que vous le souhaitez, annoncé-je en montrant les étagères qui m’entourent. Mais si vous ne le voulez pas, prenez un de mes livres quand même. Et revenez tant que vous le voulez. »
    J’attends leur réponse. Et je me rends compte que cette attente devient rapidement insupportable. Je stresse légèrement ; Mes entrailles semblent se tordent.


    [HRP : Pardonne-moi pour cette courte réponse, je n'avais pas tellement le temps.]


Bienvenue chez moi.
A suivre...

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MessageSujet: Re: "Et si on allait voir dans cette librairie ?" [MacKayla Lane]   Dim 15 Déc - 16:56

« J’ai une chambre de libre à l’étage si vous le souhaitez. Quant à votre tante, je peux lui écrire. Votre père n’en saura jamais rien. Et vous ne fuirez pas. Je peux vous donner un travail dans ma librairie. J'ai toujours besoin de bras. Vous serez payées, logées et nourries. Et ici, vous n’avez rien à craindre. »

Elyon et Calista levèrent la tête vers MacKayla, ainsi que les deux chats.
Que disait-elle ?! Un travail, payées, logées, nourries ? Rien à craindre, pas même leur père ? Si dans les yeux de Calista brillait une vague lueur d'espoir, celle qui brillait tantôt dans les yeux de sa soeur aînée à l'annonce de la jeune libraire disparut tout aussitôt. Qu'espérer de plus ? Elyon était totalement désillusionnée quant à ce qui se passait dans ce monde, tout autour d'elle.
Il n'y avait plus rien à espérer, c'était trop tard. Si jamais l'une ne rentrait pas sans l'autre, c'en était fini. Elles ne pouvaient pas rester, bien que ce n'était pas l'envie qui leur manquait.


« Et si vous restez, vous pourrez lire autant que vous le souhaitez. Mais si vous ne le voulez pas, prenez un de mes livres quand même. Et revenez tant que vous le voulez. »

Elyon eut l'air désolé.
 
-Nous reviendrons certainement, merci beaucoup...mais nous ne pouvons pas rester, ni emprunter un de vos livres; où pourrions-nous le cacher de toute façon ? Nous habitons dans un si petit appartement que nous ne pouvons rien cacher car notre père finit toujours par tout découvrir et nous battre jusqu'au sang pour nous punir...
 
-Mais c'est normal, non ? Il a toujours fait cela...
 
L'aînée prit sa petite soeur par le bras, lui répondant par la négative en secouant la tête.
Pauvre petite enfant innocente qui ne sait rien de la vie, absolument rien. Toujours ayant vécu sous les coups et les brimades, les insultes, jamais de bonheur, seulement de vagues espoirs, quelques rayons lumineux.
Les deux chats avaient compris, eux. Ils se dirigèrent lentement vers la sortie, d'une démarche si lente qu'on aurait dit qu'ils ne voulaient pas quitter ces lieux rassurants.
Les deux soeurs seraient bien restées, hélas ! Leur père les auraient retrouvées et tuées dans tous les cas...
C'est le coeur lourd que les deux sœurs empruntèrent la sortie, saluant et remerciant une dernière fois MacKayla Lane, cette jeune et charmante libraire qu'elles n'oublieraient pas de sitôt. Calista lui sourit une dernière fois, Elyon lui jeta un dernier regard où brilla furtivement une lueur d'espoir mêlé à un regard triste et perdu.
L'aînée ne s'en doutait pas, mais c'est la dernière fois qu'elle la verrait, la gentille jeune femme qui tenait la librairie.
 
****

 
Un matin gris où le soleil ne brillait pas, ses rayons ne transperçaient pas même les nuages. Il était juste absent et seuls un manteau gris de nuages couvraient le ciel, mais il ne pleuvait pas pour autant.
Calista était fatiguée et son pas était lent. Angelo et Demone la suivait comme d'ordinaire, miaulant comme s'il lui demandait sans cesse si elle allait bien.
La jeune fille était habillée tout en noir, et une sorte de voile quelque peu transparent recouvrait son visage et cachait des yeux rougis par les larmes. Oh, la discussion avec le fossoyeur lui avait fait du bien, mais elle n'oubliait pas sa soeur pour autant, ni sa mort tragique.
 
Elle poussa tout doucement la porte de la librairie, entrant d'un pas timide. L'hématome sur son visage avait disparu, comme si elle n'avait jamais rien eu. Les soins prodigués par le gentil fossoyeur avaient été miraculeux; ou alors c'est sa peau qui cicatrise vite, malgré la fragilité de son corps et de ses os.

 
-Mademoiselle MacKayla Lane ?
 
Le ton de sa voix trahissait sa tristesse et le fait qu'elle avait pleuré.
Calista attendit que la libraire soit là pour lui annoncer. Elle avait le droit de savoir.

 
-C'est papa et Elyon. Ils...sont...
 
Les larmes se déversèrent et elle ne put stopper le flot d'eau salée qui s'écoulait de ses yeux.
Elle n'avait pas fini sa phrase, mais on pouvait deviner ce qui s'était passé.
Ils étaient morts et elle était seule. Et orpheline. Bien que pas si seule que cela compte tenu du fait que tante Melinda ne devrait pas tarder à arriver, et qu'elle vivait depuis chez le gentil fossoyeur...
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MessageSujet: Re: "Et si on allait voir dans cette librairie ?" [MacKayla Lane]   Mer 12 Mar - 20:25


Au revoir.


─ PV Calista Moon.








  • POURQUOI EST-CE QUE JE LES AIDE ? Je l’ignore. Je n’aime pas les humains, mais j’abhorre les injustices. Etrange, n’est-il pas ? Ce n’est pas mon genre. Avec tout ce que je fais avec Grent. Si ces jeunes filles le savaient, je suppose qu’elles fuiraient ma boutique et n’y mettraient plus jamais les pieds. Si elles savaient sur quoi elles marchaient. Ce parquet a subi pas mal de meurtre. Au fond de la librairie, on ne trouve plus la moindre goutte de sang, mais il y en a eu.

    Je les regarde une à une. J’avais presque oublié Grent. Comment devrai-je le lui expliquer ? Voici deux jeunes femmes qui vivront avec nous. Elles ne sont pas là pour être sacrifiées ou autre. Tu ne dois pas les blesser. Ni les toucher. Maintenant, nous devrons tuer en toute discrétion. Je me rends compte du pétrin dans lequel je me suis mise. Comment tuer et faire taire les hurlements de nos victimes si deux innocentes vivent sous le même toit. Je réprime un soupir. Je suppose que nous ferons avec.

    Je leur souris. Mais l’ainée s’avance d’un air désolé. Je la regarde sans trop comprendre. Elle parle, et explique que tout cela serait impossible. Que leur appartement est, de plus, trop petit pour cacher la moindre chose. Elle m’explique que leur père n’hésiterait pas à les battre jusqu’au sang pour cela. Je sens mon échine s’hérisser. Quel monstre peut mettre au monde deux si jolies filles et les battre à mort parce qu’à ses yeux, elles ne sont que des esclaves ? Je me retiens de grogner, et de frapper un mur. Calista ajoute à ces mots que tout cela est normal. Je ferme les yeux. Non, cela est loin d’être normal. Mais j’ai beau le dire, je suppose qu’elle ne m’écoutera pas. Elle est trop habituée aux coups de son père pour entendre une inconnue ─ qui travaille et qui ne se fait pas battre ─ lui dire que ce n’est pas normal.

    Sa sœur la prend par le bras, lui répondant ce que je souhaite entendre. Du moins, elle lui fait signe de la tête que cela n’est en rien normal. Et je suis on ne peut plus d’accord avec elle. Calista semble être vraiment le genre de fille niaise, qui ne comprend rien à la vie si je puis dire. Mais surtout, qui a vécu dans l’innocence. Elle ne sait rien. Du bonheur. De l’amour. De la joie. Du rire. Elle ne connait que désespoir, tristesse, pleurs, larmes, coups et mort. Je suis Mort. Je suis Agonie. Mais contrairement à elles, je ne subis pas. Je fais subir. D’ailleurs, je sais qui mettre sur ma liste de victimes. Je n’en ai jamais eu, mais je sais déjà que deux noms apparaissent ; Le meurtrier d’Alina. Et le père de Calista et sa sœur.

    Des miaulements me ramènent sur terre. Je baisse le regard sur les deux félins qui se dirigent vers la porte d’entrée. Je remarque leur marche lente. Ils ne veulent pas quitter la boutique, et en sont forcés. Les deux sœurs me sourient et me remercient une dernière fois. Calista emprunte la sortie alors qu’Elyon se retourne vers moi. Dans son regard apparaît une once d’espoir, mêlé à de la tristesse. Je lui adresse un sourire.

    J’ignorai que ce serait la dernière fois que je verrai l’ainée …

    *
    * *


    Comme tous les jours, j’ouvre ma boutique de mon éternel sourire habituel et commercial. Mieux vaut éviter de les faire fuir, n’est-ce pas ? Je donne un dernier coup de balai à l’entrée avant de me poster derrière le comptoir, lisant un livre. Je me rends compte que je ne fais que cela de mes journées. Lire. Mais après tout, n’est-ce pas là quelque chose d’intéressant ? Une culture apportée par soi-même. Les nobles pourraient engager des domestiques afin qu’ils leur lisent les histoires qu’ils veulent. Je souris, ravie de voir que je ne fais plus partie de ceux-là.

    Je me rends compte que le temps n’est pas à son heure. En effet, avec ce ciel gris, j’ai tout d’abord cru qu’il était encore tôt. Mais non. C’est juste le soleil qui refuse de se montrer. Les nuages sombres sont gorgés d’eau, mais il ne pleut pas pour autant. L’atmosphère est chargée, lourde. Je frémis en reposant mon livre, retenant la page où je me suis arrêtée. J’ai un mauvais pressentiment. Une boule se forme dans mon ventre. Que va-t-il se passer ? Scotland Yard aurait-il retrouvé enfin le meurtrier de ma sœur ? Impossible. Ils ont cessé les recherches. Je me mords la lèvre.

    Le tintement familier de la porte d’entrée retentit. Je lève la tête en sa direction ; Calista. Voilà un moment que je ne l’avais plus vue. Je lui adresse un sourire alors qu’elle m’appelle. Néanmoins, je suis surprise de la voir de noir vêtue. Un voile cache ses yeux. Est-ce des vêtements mortuaires ? Je ne l’espère pas. Angelo et Demone sont toujours là, miaulant sans cesse autour de la jeune fille. Je me souviens alors de sa voix à son entrée. Elle était tremblante, comme si elle avait pleuré. Aussitôt, je sors de derrière le comptoir et me dirige d’un pas pressé vers elle :

    « Que se passe-t-il ? demandé-je.

    ─ C’est papa et Elyon, a-t-elle commencé. Ils … Sont … »

    Elle se met à sangloter, l’empêchant de terminer sa phrase. Je devine très bien ce qu’il s’est passé. Heureusement que l’on est le matin, car j’ai peu de clients. Instinctivement, je la prends dans mes bras. Ce n’est vraiment pas ce que je fais habituellement, mais je ne veux pas qu’elle pleure plus que cela. Elle a vécu assez d’horribles choses. Et elle a perdu sa seule vraie famille. Sa sœur. Fort heureusement, ses chats ont survécus. Je sais que sa famille est bien morte. Et j’ignore ce qu’il s’est passé. Malgré cela, je ne lui demanderai rien. Je ne la forcerai pas. Dans mes bras, je berce la jeune fille. Inutile de lui demander si tout va bien. Ni de lui dire que tout ira bien ;

    « Voulez-vous vous installer ici en attendant que vous alliez mieux ? »

    Je la regarde dans les yeux, tentant de lui adresser un sourire chaleureux, et rassurant. A vrai dire, je ne suis pas douée pour cela. C’est plutôt Alina qui s’en occupait. Elle veillait si bien sur moi. Peut-être est-ce à cause de cela que je suis si tendre avec Calista ? En effet, je déteste les humains. Et pourtant, je m’occupe de cette jeune fille. Peu importe. Je comprends ce qu’elle a vécu. Je dépose un baiser sur son front. Si jamais elle a besoin de quoi que ce soit, je serai là.





Bienvenue chez moi.
A suivre...


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