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 [Ruelles] Le début d'une quête contre un meurtrier [PV: Grent Geinmiin & MacKayla Lane]

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MessageSujet: [Ruelles] Le début d'une quête contre un meurtrier [PV: Grent Geinmiin & MacKayla Lane]   Jeu 26 Sep - 17:49


Il     est     temps.


─ PV Grent Geinmiin.








  • POURQUOI a-t-il fallut que cela tombe aujourd’hui ? Que s’est-il passé ? Je cours. Je me dirige vers la maison. Mais dois-je vraiment l’appeler ainsi ? Vers mon refuge, mon chez-moi. Il faut que je rentre. Les larmes coulent à flot de mon visage. Ma respiration est sifflante. Pourquoi ? Que s’est-il réellement passé ? Ce n’est pas possible. Je vis un cauchemar. C’est faux. Tout cela est faux. Pitié, quelqu’un. Aidez-moi. Réveillez-moi. Secouez-moi. Faites en sorte que je sorte de là. Je m’arrête devant la porte, entre en trombe, la refermant derrière moi, prend ma tête entre mes mains, tire sur mes cheveux et hurle.


    *
    * *




    Quelques heures plus tôt.

    Les premiers rayons de soleil traversent la fenêtre, éblouissant mon visage endormi. Je fronce légèrement les sourcils, quelque peu ennuyée, puis finit par ouvrir doucement les yeux. Mes pupilles s’habituent lentement à la lumière. Une mèche de cheveux me barre le visage. Délicatement, je la repousse. Je tourne alors la tête vers la place de Grent. Je ne suis pas surprise. Elle est encore vide. Mais que fait-il de ses nuits ? Je sais bien qu’il découche souvent, mais pas aujourd’hui. Depuis le temps que j’attends ce jour, il aurait pu rentrer plus tôt. Grommelant, je me relève afin de m’étirer. Dans ce mouvement, la couverture glisse de mon corps, le dévoilant, nu. Je finis quand bien même par me lever, quelque peu ennuyée. De nouveau, je m’étire jusqu’à entendre un craquement. Je me raidis en le sentant, puis ronronne de plaisir juste après. Cela fait toujours du bien le matin.

    Je me dirige d’un pas lent vers la salle de bain pour me passer de l’eau sur le visage. Enfin, je suis bien réveillée. Je me brosse ensuite les cheveux. Ils sont bouclés, et s’emmêlent donc facilement. Après avoir fait ma toilette, je m’habille. Une robe simple. Je réalise que Grent ignore encore mon sang noble. Fort heureusement, il ne les haït point. Je suis donc rassurée. Par ailleurs, il faudra que je parle de lui à mes parents. Dans mes lettres, je mentionne juste ce que je fais, combien cela me rapporte, et que je vais bien. J’ignore comment ils vont prendre le fait que j’ai un amant. Je souris à cette pensée. S’ils savaient que qu’il s’agit d’un démon, ils en mourraient sur le champ. Je pense qu’ils auraient trop peur de perdre leur dernière fille. Peut-on dire que je suis fille unique maintenant ? Je ne crois pas. Alina, tu m’as quittée si vite. Pourquoi a-t-il fallut que tu partes ? Je sais que tu voulais rester à Londres. Mais pourquoi cette ville ? Elle t’a tuée. Et je compte bien te venger. Je te le promets. Une fois ceci fait, je vivrai avec mon borgne tranquillement. Je ne pense pas qu’il souhaite prendre mon âme. Même si mon souhait est exaucé, je voudrai rester avec lui. A ses côtés. C’est difficile à croire, mais il m’a changé. Je suis amoureuse de lui. Je n’ai pas peur de le dire.

    Je me regarde dans la glace un moment. Cette fille qui était froide, distante, et blessée par la mort de sa sœur n’est plus. Même si je regrette mes cheveux blonds, je me suis habituée à ce brun. Maintenant, je suis de nouveau souriante. J’ai l’impression qu’il a changé ma vie. Il me rend si heureuse. Il m’a fait découvrir mon vrai moi. Certes, je semble très sadique. Mais quand je repense à Grent, mon comportement peut changer du tout au tout. Je sais qu’il est immortel, donc il ne peut rien lui arriver. Voilà pourquoi je n’ai jamais peur quand il sort. Cela ne m’ennuie pas. Je sais qu’il ne finira jamais comme ma Alina. Mais, s’il devait lui arriver malheur, j’ignore comment je réagirai. Je pense que ce serait la première fois qu’il me verrait pleurer. Car oui, il ne m’a jamais vu pleurer. Même lors de mes cauchemars, je me retenais. Ou alors, je ne pleure plus. Je dois être vide de larmes. Est-ce étrange ? Oui. J’avoue que lors de moments tristes, je n’arrive plus à me lâcher. Ai-je trop pleuré pour la mort de ma sœur ?

    Je me détourne alors de ce visage. Dans ce miroir, je vois mon reflet sans le voir. Est-ce vraiment moi ? Est-ce vraiment ce que je suis devenue ? Si l’on retire l’amour, que me reste-t-il ? La mort. Je peux tuer. Sans remord. Un soupire s’échappe de mes lèvres. Je détourne le regard, et sors de la salle de bain pour me diriger dans la cuisine. Je fais rapidement le point. Avec mon borgne, les réserves se vident vite. Je devrai lui en vouloir. Après tout, lui ne travaille pas. Il n’y a que moi qui puisse rapporter assez d’argent pour nous nourrir. Et heureusement ! Sinon, il aurait su que je suis noble. Je pense le mettre au courant. Un jour. Peut-être demain ? Histoire de penser à autre chose qu’à ma Alina. Un mauvais pressentiment s’empare de moi. Je sens comme une boule se former dans mon ventre. Je crois surtout qu’il s’agit d’une montée de stresse. Ou d’excitation. Tout dépend du point de vue. Aujourd’hui commence ma quête vers le meurtrier de ma sœur. J’ai conscience que cela risque de prendre du temps. Mais je suis déterminée. Et c’est mon vœu. L’origine de mon pacte. Et sûrement le commencement d’une épreuve difficile.

    Je commence alors à faire la cuisine. Seule. Peut-être que l’odeur allait l’attirer ? J’ignore si Grent a un bon odorat. Mais j’espère qu’il aura faim. Je m’attèle à la tâche, préparant un bon petit déjeuner. Il me tarde qu’il arrive. Non pas pour le revoir, mais plus vite il aura mangé, plus vite on pourra se mettre à chercher des indices. Je mets la table. Une fois terminé, je m’y installe et mange ma partie. Vers la fin de mon plat, j’entends le tintement familier de la porte d’entrée. Sans me lever, je devine qu’il s’agit de mon amant :

    « Ah, soupiré-je. Te voilà enfin ! J’ai cru que tu avais oublié. Viens manger. »

    Je me lève pour l’accueillir.




Bienvenue chez moi.
A suivre...

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MessageSujet: Re: [Ruelles] Le début d'une quête contre un meurtrier [PV: Grent Geinmiin & MacKayla Lane]   Sam 26 Oct - 10:44

LE VENT SOUFFLAIS FORT A CETTE ALTITUDE : Glaciale et transperçant. De ce que j'avais appris de mes quelques heures de vol, c'était un vent qui m'auraient rapidement écrasé contre le vol ou projeté contre l'une des cheminées voisines à celle où je me trouvais. Je me penchais en avant et observais le quartier ouvrier proche de l'usine de métallurgie, si on en croit l'écriteau accroché sur la façade avant. Quelques lumières ,visibles, luttaient, tel des gardes combattant un ennemi, l'obscurité ambiante ; ils se dressaient tous les cinq-six mètres. Quelques ombres se glissaient de-ci de-là : certaines lentement, d'autre titubantes et d'autres encore se pressant dans les bâtiments. Je souris et levai ma tête vers le ciel. Celui-ci était quelques peu dégagé , laissant quelques étoiles apparaître. Un amoncellement de nuage a l'Est annonçait un orage dans la journée. C'était une belle nuit pour mourir.

Des morceaux de briques tombèrent, sous forme de poussière rouge, lorsque mes pieds prirent appuis sur la cheminée. C'est quand même haut comparé aux fois précédentes mais il me faut vérifier.  Je penchai ma masse corporelle en avant. Une légère pression sur mes jambes me fit basculer dans le vide. Je chus dans la nuit. Le vent me percuta le visage avec force. Des lames de froid me laceraient jusqu'à la moelle de mes os. J’observai le sol qui venait à ma rencontre de plus en plus vite. Un badaud, au ventre gonflé par la bière et le whisky bon marché, leva les yeux vers moi. De son point de vue, hébété par l'ivresse, je ressemblais à une longue masse sombre. Un oiseau mort ou alors des morceaux de briques détachée, pensa-t il. Il suivit ma course du regard en s'envoyant une rasade de whisky tiède.

Ma rencontre avec le sol fut moins brutale que j'avais imaginé. Un craquement sinistre retentis au moment de l'impact. Ah ! blóðug helvíti ! Cela a fonctionné. Je suis en vie....Je tentai de me redresser, en vain. Mon bassin avait été fracturé en plusieurs endroits. D'ailleurs, il n'était pas le seul à avoir souffert : au goût métallique et à ma respiration difficile, j'en déduis que plusieurs de mes côtes étaient brisées, deux ou trois si ce n'est plus ; une douleur à l'épaule et l'étrange angle qu'elle formait avec mon bras me laissait à penser qu'elle était déboîtée. Je soupirai avec douleur , laissant un flot de sang coulé de la commissure de mes lèvres avant de se fracasser au sol.Je suis en vie mais pas entier. Mon œil se porta jusqu'à mon ancien perchoir. La résistance de mon corps est impressionnant bien que je me doutais que l'Autre pourrais s'en relever sans problème.

L'homme s'approchait moi avec appréhension, sûrement qu'il n'avait jamais vu de suicide foiré de sa vie. Des effluves d'alcools et de tabacs humides parfumèrent l'air lorsqu'il ouvrit sa bouche sèche :

«  Z'êtes mort, monsieur ou …. »

Le reste de sa phrase s'étrangla dans sa gorge comme celle-ci dans ma poigne. Il tenta d'articuler , en suffoquant, quelques chose mais en vain. Une demande de clémence sûrement ; les humains la demandaient tous quand ils sont dos au mur et face à la mort. Ma main se resserra encore plus et dans un dernier soubresaut , l'alcoolique périt. Je souris en coin lorsque je sentis le plaisir simple d'ôter une vie, qui parcouru chaque fibre de mon être blessé.

Après environ deux minutes, mon bassin fut de nouveau entier et opérationnel. Je me relevai doucement sans prendre trop d'appuis sur mes jambes tant que je n'étais pas sûr qu'elles étaient guéris ; je crachai du sang en même temps. Mon bras gauche pendait pitoyablement contre moi, tordu bizarrement. Un nouveau soupire sortit de ma bouche. Cela avait certes marché mais je suis plus en bonne état. D'un geste preste et précis, je remis l'os de mon bras dans la clavicule et testai ensuite sa mobilité. D'un pas las, je récupérai mon sombre manteau déposé à la base de la cheminée puis sortis ma montre à gousset. Les aiguilles indiquaient sept heures moins dix. Merde, je suis en retard. J'avais dû trop perdre de temps à admirer le paysage  ou alors ma chute m'a sonnée pendant quelques minutes.  Elle va me tuer, surtout qu'aujourd'hui est un jour particulier. Sans attendre, je retirai ma chemise empoissée par la poussière , le sang et la boue ; cela me permis de voir qu'une de mes côtes étaient sorties de ma chaire. Je la remit en place et m'élançai dans la matinée.


Le cuir pourpre de mes ailes se gonflais grâce au vent alors que je goûtais , comme à chaque fois au plaisir que ressente les oiseaux. Un courant chaud me permit de prendre de l'altitude sans problème et me dirigea vers la boutique. Le brouillard quotidien et matinal me camoufla aux yeux des citoyens, tout en me cachant la trajectoire de vol mais j'utilisai d'autres de mes sens pour naviguer. Après quelques délicieuses minutes de vol, j’atterris dans une ruelle déserte. Une fois mes ailes repliées et mon manteau remis, je me dirigeais avec joie vers la librairie. Une odeur de repas me titilla ventre et nez.

La clochette d'entrée tinta quand je passai la porte. Sans atteindre, je me dirigeai vers la cuisine, guidé par mon estomac. Une fois de la cuisine, je retirai mon manteau alors que la jeune femme finissait son petit déjeuner. Sans lever les yeux de son assiette, elle me salua à sa manière :

« Ah, lâcha t-elle dans un soupire, Te voilà enfin ! J’ai cru que tu avais oublié. Viens manger. »

Puis elle se leva de sa chaise et je vint l'embrasser avec passion. Je lui présentai mes excuses :

« Excusez moi du retard, mademoiselle. Ma sortie m'a pris plus de temps que ce que j'avais prévu, déclarais-je d'une voix calme avant d'ajouter « Si vous permettez, je vais manger puis m’apprêter afin qu'on puisse partir »

Sans attendre plus longtemps, je me mit à table et dévorai -voler creuse l’appétit - la nourriture qu'elle m'avait préparée. Habituellement, je fessais le repas du matin quand je rentrais de mes ballades mais là , elle m'avait devancée sûrement impatiente de partir. Une fois le repas terminé, je me rendis dans ma chambre.

Mon œil devint gris malgré la joie que je ressentais.

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MessageSujet: Re: [Ruelles] Le début d'une quête contre un meurtrier [PV: Grent Geinmiin & MacKayla Lane]   Mar 5 Nov - 21:16


Réflexion     .


─ PV Grent Geinmiin.








  • JE ME LÈVE POUR L’ACCUEILLIR. Il s’approche pour faire de même et m’embrasse passionnément. Je réponds au baiser, puis je me détache de lui pour me remettre à table. Etrangement, je mange avec lenteur. A vrai dire, j’ai très envie de partir, de ne pas l’attendre. Il n’aurait qu’à me rejoindre. Je soupire. Mauvaise idée. Le quartier est assez mal famé. Du moins, surtout pour une noble. Mon sang doit m’empêcher de me promener seule dans ce genre d’endroit. Certes, c’est ridicule. Mais je ne puis renier cela. C’est plus fort que moi. Nouveau soupire. Je me sens idiote. J’ai l’impression que mon échine s’hérisse à l’approche d’un de ces lieux. Du moins, seule. Avec Grent, j’aurai une conversation et une protection. Voilà des mois qu’il est à mes côtés en tant que domestique, ─ ainsi qu’amant ─ si je puis me permettre. Il est temps d’avoir des réponses. Nous nous sommes assez reposés. Ou plutôt, je me suis assez reposée. Et, bien que je veuille être avec mon amant pour toujours, j’ai en moi cet éternel esprit vengeur. Il ne sera pas soulagé tant que je n’aurai pas trouvé le meurtrier et que je ne lui aurai pas infligé les mêmes souffrances qu’il m’a causées. Je me demande comment le tuer. D’abord, je trouverai sa famille. Et je les assassinerai tous. Un par un. Lentement, et devant ses yeux. Afin qu’il puisse tout voir. Tout observer. Impuissant face à cela. Personne ne saura que c’est moi, car je n’ai aucun lien avec ma future victime. Je connais peu de gens à Londres. Et je suis ici depuis assez longtemps pour que l’on ne se doute pas qu’il s’agit de moi. Suis-je un monstre pour penser à ce plan machiavélique ? Voire diabolique ? Fort probable. En fait, je ne suis plus moi-même depuis la mort d’Alina. Sa perte a creusé un grand fossé dans la famille.

    Maintenant que je réalise, et après ? Au départ, j’hésitais à rentrer pour consoler mes parents, ou alors, mettre fin à mes jours après avoir bien fait souffrir le meurtrier. Je sais qu’en faisant cela, je deviens alors comme lui. Mais je ne puis rester sans rien faire ! C’est ma sœur, tout de même. Ma chair, mon sang. La personne qui était la plus proche de moi. Je ferme les yeux un instant. La seconde option est une mauvaise idée. Cela ne ferait que briser ma famille. Du moins, ce qu’il en reste. Père, Mère, que faîtes-vous en ce moment ? Vos rires, vos paroles, votre affection, même vos punitions me manquent. Nous nous sommes quittés sur une stupide querelle. Père, merci de vos réponses régulières. Elles sont forts agréables à lire. J’aimerai pouvoir vous serrer dans mes bras. Si vous saviez tout ce que je vis, vous ne me reconnaitriez pas.  J’ai bien peur de rentrer un jour, et de vous effrayez. J’ai tant changé. Si vous saviez tout ce que je fais, vous me renieriez. En rentrant de ma journée, il faudra que je vous écrive. Et peut-être, que je vous parle de Grent. C’est une personne merveilleuse ! Bien que je doute que vous l’apprécierez comme je l’aime. Après tout, il fait parti de ma vie. Je doute aussi que vous aimeriez notre relation. Après tout, nous ne sommes ni mariés, ni fiancés. N’est-ce pas là quelque chose de ridicule ? Une noble qui couche avec un démon.  Oh, Père, vous n’aimeriez pas. Dans votre précédente lettre, j’ai appris que Mère était tombée malade. Je sais bien que c’est par ma faute. Mon départ l’a chamboulée. Elle ne veut pas perdre sa dernière fille. Je la comprends. Mais de là à refuser de m’écrire. Elle ne prend pas la peine de répondre aux mots que je lui adresse dans mes lettres. Père, me cachez-vous quelque chose ? Est-elle encore en vie au moins ? Je l’espère. Car je n’ai pu lui dire au revoir. Et je refuse qu’elle meurt alors que nous sommes fâchées. Malheureusement, le trajet menant à chez nous est trop loin et surtout cher. Je ne peux le faire souvent. J’ai une boutique à tenir. Je ne puis laisser ma librairie fermée trop longtemps.

    Je soupire. Je ne compte plus les mois qui s’écoulent depuis que je suis ici. A vrai dire, j’ai envie de tout arrêter. Pourquoi ? Je l’ignore moi-même. Peut-être un mauvais pressentiment. On me dit que parfois, il ne vaut mieux pas chercher à connaitre la vérité. Parfois, il faut se mentir, rester dans une sorte de rêve idyllique. Mais peu importe. Si je suis à Londres, c’est  pour venger ma sœur. Et cela, je le ferai aux côtés de Grent. Je crois que c’est la première fois que je suis heureuse qu’il m’obéisse. Mais après ? Une fois que tout sera réglé, je doute pouvoir retrouver mes parents, ou même avoir une vie avec mon amant. Mon âme sera alors dévorée, meilleure après que mon vœu ne soit réalisé. Je baisse la tête. Ma vie se terminera bientôt. Je n’aurai que peu vécu. Mes derniers jours se passeront dans la haine. Haine ? Et les sentiments que j’éprouve envers mon borgne ? Oh, il risque de m’oublier très facilement. Il se trouvera rapidement une nouvelle femme à chérir. Je serre les poings. Je l’imagine déjà, heureux avec une autre. Cela me met hors de moi. Et s’il en choisissait une qui me ressemble ? Impossible. Je refuse qu’il termine avec un autre. Je regrette de dire cela, mais, Alina, je te remercie en un sens car, sans ta mort, je n’aurai jamais connu l’amour. Mais est-ce bien de te remercier ? Après tout, tu ne vis plus. Tu n’es plus là. Tu m’as abandonnée. Tu m’as laissée alors que tu voulais m’inviter à venir chez toi. Est-ce toi qui as envoyé Grent pour qu’il puisse être à mes côtés ? Je suis si chamboulée que je pourrai le croire. Je pourrai tout croire. Juste pour que tu reviennes. Mais, je sais que tu ne reviendras pas. Jamais. Je ne pourrai plus entendre ton rire, ni ta voix. Cela me blesse. Profondément. Heureusement, Grent est là. Il est apparu à temps. Il a réussi à calmer mon esprit vengeur. Alors que je n’étais plus une humaine, j’étais devenue une personne remplie de haine, de colère, et de sadisme. J’ignore comment tu es parvenu à m’avoir fait changé, mais merci à toi aussi, mon amant. Tu es la première, et sûrement la seule, personne que j’ai aimé. Je souhaiterai pouvoir te le dire plus souvent, mais ce n’est pas dans ma nature. Je suis loin d’être câline. D’être affectueuse. Mais tu dois savoir que je t’aime plus que tout, non .. ?

    Grent déjeune. Parle-t-il ? Je l’ignore. Je ne lève pas le regard vers lui, trop perdue dans mes pensées. A nouveau, je le vois avec cette jeune inconnue. Il sourit. Elle aussi. Elle est brune, mais ce n’est pas moi. Ses yeux sont verts, mais ce n’est pas moi. Ses cheveux sont mi longs, et elle est plus petite que lui, mais ce n’est toujours pas moi. Et ce ne sera plus jamais moi. Je plante mes ongles dans la paume de ma main. Je serre le tout fort. Aucune goutte de sang ne coule. De peur d’attirer la curiosité de mon amant. Aucune larme n’est versée. Mais cela me fait mal. J’ai comme une boule dans la gorge, d’étranges nausées, et mon ventre me joue des tours. Mon cœur se serre. C’est étrange. Je me lève de table sans mot. Je refuse qu’il finisse avec une autre. Je l’aime. Pourquoi cela doit finir ainsi ? Suis-je appelée ailleurs ? Etais-je seulement envoyé pour une mission ? La mort me semble si douce comparée à cette souffrance. Je crois que j’ai mal. Je ne sais plus. Je suis perdue. Devrai-je cesser mes recherches et me consacrer seulement à mon amour ? Non. Je l’ai promis à Alina, à Père, et Mère. Je cache mes mains derrière mon dos. Elles tremblent. Ai-je peur ? Autrefois, je n’avais pas peur de la mort. Je secoue la tête. Mon esprit va de plus en plus loin. Je les imagine alors dans un lit, à dormir ensemble, à se sourire mutuellement, à s’embrasser pour, au final, coucher ensemble. Pourquoi ces images me hantent-elles ? Il a droit d’en trouver une autre après ma mort. Cela vaut mieux même. Je suis certaine de mourir. Et puis, lui restera éternellement jeune. Moi pas. Je finirai bien par périr si ce n’est pas à cause de mon vœu. Je me pince la lèvre. Avec le temps, il m’oubliera. Devrai-je le laisser tomber maintenant ? Peut-être que m’éloigner de lui serait la meilleure solution. Cette idée m’arrache le cœur. J’en ai envie. Pour son bien. Mais, quand je le vois, je ne le peux. Je manque de vomir, plaquant une main sur ma bouche. Aussitôt, je regrette mon geste. Il a dû s’en apercevoir. Il n’a pas à me poser de questions :

    « Tout va bien, dis-je en un soupire. Je stresse un peu pour aujourd’hui. Mais qu’est-ce que je raconte ? Je repense à ma sœur. Et à toi. Au temps passé avec elle. Et avec toi. Sa mort m’a brisée. Mais grâce à cela, je t’ai rencontré. Je vais la venger. Et cela, à tes côtés. J’irai jusqu’à tuer son meurtrier. Alors, vas te préparer. Je compte régler cette histoire le plus vite possible. »

    A vrai dire, je retiens mes larmes. Je déteste pleurer. C’est ridicule. Et sans intérêt. Rien ne s’arrange même en pleurant. Cela peut même empirer. Je débarrasse la table sans ajouter le moindre mot. En rentrant, je lirai un livre afin de me calmer un peu. Mais les fictions romantiques se finissent toutes biens. Du moins, la plupart. La vie est, quant à elle, bien différente. Si seulement cela pouvait être plus simple. Je donnerai tout pour cela ! Je donnerai tout pour pouvoir être plus agréable, plus douce, plus gentille. Mais ce ne serait plus être moi. Ce ne serait plus mon caractère. On ne me reconnaîtrait plus.



Bienvenue chez moi.
A suivre...

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MessageSujet: Re: [Ruelles] Le début d'une quête contre un meurtrier [PV: Grent Geinmiin & MacKayla Lane]   Jeu 13 Mar - 18:28

Pendant mon repas, je sentais un regard lourd d'émotion se poser sur moi. Je n'osais pas lever les yeux vers le visage de ma douce amante. A quoi pense-tu ? A la vengeance ? A ta sœur ? Ou alors à moi peut-être ? Je frémit. Elle se lève de table doucement. Depuis mon retour, nul mot n'a été vraiment échangés ; l’atmosphère est lourde et tendue. Je lève enfin mon regard vers elle. Elle est si belle, une telle perfection. Son regard est perdu dans ses pensées et emprunt de tristesse. Soudain, elle porta sa main vers sa bouche. Je me redressai en même pour lui porter assistance mais avant même que je pus ouvrir la bouche pour poser la question, elle me regarde et déclare :

« Tout va bien. Je stresse un peu pour aujourd’hui. Je repense à ma sœur. Au temps passé avec elle. Sa mort m’a brisée. Je vais la venger. J’irai jusqu’à tuer son meurtrier. Alors, vas te préparer. Je compte régler cette histoire le plus vite possible. »
Mes lèvres s’étirèrent en un faible sourire alors qu'elles laissèrent passer un léger soupire un peu content :

« Bien. Je m'en vais de ce pas me changer, je ne serais pas longtemps. Promis »

Sans plus attendre, je monta dans ma chambre afin de mettre des effets plus propres. Mon regard se pose sur un paquet en papier-kraft ; oh ! Tiens c'est vrai que je les ai reçu ! Mais je ne sais comment faire la demande qui les accompagne. Mon esprit réfléchit à divers moyens et situations depuis plusieurs semaines. Soudain, cela m’apparaît clair comme de l'eau de roche. Je fais ma demande ce soir quand tout cela sera fini. Youpi ! Je jette ma chemise en boule dans le coin de la pièce. Cela me semble si simple d'un coup.

Lentement, une pensée tapie au tréfonds de ma conscience vient me taquiner. Elle entre en moi doucement et gonfle petit à petit nourris par mes craintes, mes doutes et mes peurs. Et si elle refuse ? Non elle refusera pas...mais j'oubliais une chose. Une fois le contrat clos, Mackayla mourra et son âme sera mienne. Sa mort....Je reste planté face au miroir de ma chambre ; il ne reflète que l'ombre d'un moi pale dont les yeux sont plus ternes que le métal ancien.

Que serais un monde sans Elle ? Sans mon âme-soeur, si j'ai encore une ? Sans la douceur de son visage près de moi à mon réveil ? Sans l’émeraude de ses yeux au milieu de la nuit ? Je ne sais et ne veux jamais le savoir mais une partie de mon esprit me le montre de force. Je le sens : le vide autour de moi. Cette solitude qui s’empare de moi, qui me ronge, qui me brise. Je ne ressent plus rien. Tout est fade et grisâtre autour de moi. Ce monde est amorphe et sans saveur. J'ai juste envie d'en finir là maintenant mais je ne peux pas. Je dois rester là le temps que cela s’arrête ou qu'on trouve le moyen de me tuer. C'est le pire sort qu'on peux subir que d'être séparer de celle à qui on veux et on a dédié sa vie, son existence entière . Je ferais tout ce que je peux et même plus pour ne pas arriver à ce point terrible. Je donnerai mon âme, je me réduirai en esclavage s'il le faut, j'exterminerai tout être sur Terre juste pour la voir sourire auprès de moi, pour sentir son cœur battre en rythme avec le mien. La perdre serait pour moi la pire des tortures, un tourment sans nom, un châtiment que je ne souhaite même pas aux pires monstres de cette planète.

Je me relève en sueur. Mon corps a cédé son apparence à mon vrai moi. Je sens le goût salé de mes larmes alors que mes ailes sont repliées sur moi. Cela fait encore mal. Mon cœur est serré par un étau alors que je me relève lentement, prenant appuis contre le lit.

Soudain, un éclair retentis non pas à l’extérieur mais en moi, enfin dans ma tête. Oh ! Non pas maintenant. Mon corps chancelle à nouveau puis s'effondre. Le fracas de ma chute retentis de façon exagérer.

Mes yeux sont clos me privant de lumière.


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MessageSujet: Re: [Ruelles] Le début d'une quête contre un meurtrier [PV: Grent Geinmiin & MacKayla Lane]   Mar 25 Mar - 20:26


Mauvais     pressentiment.


─ PV Grent Geinmiin.








  • LES FICTIONS. Les romances. Tout cela n’a rien de réel. Tout cela est inventé. Ce n’est que ce que notre imagination veut, ou souhaite. Mais rien n’est vrai. Ce ne sont que des illusions. Des utopies idylliques. Je ressers le torchon qui m’aide à essuyer les couverts. Mon cœur se sert. J’en ai assez de cette journée. Je viens pourtant à peine de me lever, et j’ai déjà hâte à ce qu’elle se termine. De quoi ai-je peur ? Quel est ce mauvais pressentiment qui m’angoisse tant ? J’en ai assez. Je veux des réponses. Mais d’ailleurs, est-ce ces réponses qui m’effraient ainsi ? Une larme vient s’écraser sur le tissu déjà humide. Je la regarde s’infiltrer dans le torchon. Qu’est-ce une larme parmi toute cette eau ? Ce n’est rien. Pleurer ne sert à rien. Cela ne fait pas revenir les morts. Cela ne répare aucune erreur passée. Nous apprenons de nos erreurs. La vie est un périple jonchée d’obstacles, de ronces, de choses difficiles à franchir.

    Mais nous ne pouvons rien éviter. Pour fuir tout cela, il y a bien une solution. Mais elle est trop radicale à mon goût ; La mort. Le suicide. N’est-ce pas là quelque chose qui déshonore une famille ? Je ferme les yeux. Je suis hantée par la mort. Où que j’aille, j’y penserai toujours. Rouvrant les yeux, je regarde le ciel par la fenêtre. Il est triste. Est-ce cela qui me rend si morose ? Un soupire s’échappe de mes lèvres. Fort heureusement, je suis seule maintenant. Seule dans cette pièce. Mon regard se promène dans la salle. Elle aussi semble morte. Pas un bruit. Pas un mouvement. Je pose la serviette, un maigre sourire aux lèvres. J’ai l’impression de revoir le moment où Grent accourait dans la cuisine pour avoir à manger. Ou quand il venait m’enlacer dans cette pièce. Mon cœur se serre à nouveau. Pourquoi ai-je aussi mal ? Est-ce parce que nous sommes justement sur la bonne voie ? Ce doit être cela. Car une fois m’être vengée, je mourrai. Mon âme appartiendra à lui. A mon amant. Je réfléchis un moment. Quel aurait été ma vie si je n’avais jamais pensé à me venger ? Du moins, si mon pacte était plus compliqué ? Qu’il était presque irréalisable ?

    J’aurai pu passer ma vie avec lui. Et si j’avais oublié ce vœu ? Ma vie aurait-elle finit pareillement ? Aurai-je été plus heureuse ? Si seulement j’avais fini par oublier Alina. Ma sœur. Mon chère et tendre sœur. Pourquoi m’as-tu quittée si tôt ? Pourquoi es-tu partie pour suivre des études qui ne t’auraient servies à rien ? Tout cela est ta faute. Par ta faute, je me retrouve ici. Tu me connais. J’aurai tout fait pour te venger. Mais maintenant qu’il y a Grent … Je ne sais pas si ta vie est plus importante que la sienne. Que dis-je ? Tu n’es même plus en vie. A quoi bon te venger ? A quoi cela va me servir ? Cela ne te ramènera pas pour autant … Je devrai faire mon deuil, n’est-ce pas ? Mais j’ai l’impression qu’il y a une pièce manquante à ce deuil. Voilà pourquoi je cherche tant à savoir qui t’a assassinée. Je m’en veux de ne pas t’avoir dit au revoir. Je m’en veux de ne pas t’avoir accompagnée. M’as-tu envoyé Grent en tant que lot de consolation ? Je ferme les yeux. Mon cher Geinmiin. Je ferai tout pour toi. Tout pour te voir heureux. Certes, je donne l’impression de ne pas t’aimer. Et surtout, de tout vouloir dominer, ou commander. Mais je ne le fais pas exprès. Tout cela est nouveau pour moi. L’amour. Est-ce que, si j’avais abandonné mon vœu, nous aurions eu une belle vie ? J’aimerai le savoir. L’hésitation me prend le Jour J. Pourquoi ? Pourquoi maintenant ?

    Je passe une main dans mes cheveux. Il est trop tard pour revenir en arrière. Et, s’il faut, il lui tarde ce moment fatidique où il devra récupérer mon âme. Que devrai-je faire ce jour-là ? L’insulter ? Lui sourire ? N’est-ce pas là quelque chose de cliché ? Peu importe. Mon être entier est cliché. Je m’avance, et tire une des chaises pour m’y asseoir. Là, je croise les bras sur la table, et plonge ma tête dedans. Je sens le retour de mon souffle chaud contre les joues. J’écoute le silence. Cela aurait dû être cela s’il n’y avait pas eu Grent. Je réfléchis un moment. Non. Je serai morte avant s’il n’avait pas été là. Quand ? Je l’ignore. Mais le plus important est que je n’ai pas failli à ma tâche. J’ai de nouveau envie de pleurer. Est-ce cet idiot qui me rend aussi sensible ? J’ai l’impression que je vais le perdre. C’est plus fort que moi. Je ravale mes larmes. C’est ridicule. Devenir plus sensible seulement grâce à l’amour ? On se croirait dans un conte de fées. L’amour rend les gens fous. Mais pas plus sensibles. Au contraire. Je relève finalement la tête. Je dois arrêter de penser à tout cela. Je vais finir par perdre devenir folle. Je dois aller de l’avant. Oui. Après cette excursion, si nous ne trouvons toujours pas le coupable, j’arrêterai les recherches. Je me consacrerai seulement à Grent. Je vivrai pour lui.

    Un bruit de chute attire mon attention, me faisant me lever d’un bond. Cela vient d’à côté. Je devine de suite de quoi il s’agit. Renversant la chaise sous la précipitation, j’accours dans sa chambre. Il est là, étendu au sol. Sa véritable apparence a repris le dessus. Un couinement s’échappe de mes lèvres. Que faire ? Il semble en sueur. Est-il malade ? Je pose ma main sur son front. Non, il n’a pas de fièvre. Je ne craquerai pas alors que les larmes me montent aux yeux. Je ne pleurerai pas. Je me jette sur lui, l’enlaçant du mieux que je peux. Je tente de le relever, mais son corps est dix fois plus lourd que moi quand il est ainsi. De plus, ses ailes prennent de la place. Et je n’ai pas la force de faire quoi que ce soit. Je lui tapote les joues, inquiète :

    « Grent, l’appelé-je d’une faible voix. Grent, tout va bien .. ? Que se passe-t-il ?... »

    Je me penche au-dessus de lui, rabattant une de mes mèches qui barrait mon visage.





Bienvenue chez moi.
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MessageSujet: Re: [Ruelles] Le début d'une quête contre un meurtrier [PV: Grent Geinmiin & MacKayla Lane]   Dim 13 Avr - 12:13

Une poussée, puis une seconde puis une autre encore plus violente. Une force,une ombre o je ne sais quoi, me projette en arrière avec violence, lacérant ma chair de tout par. C'est comme voler face à vent glaciale et tranchant. Il vous martyrise pour mieux vous broyer. Je tente de résister coûte que coûte car la finalité de ce courant me terrifiait et me rendait égare et affaibli comme un chiot, à mon réveil. Je détestais cela plus que tout ; ce sentiment de faiblesse, de mélancolie,....
Le courant me balaye tel une feuille dans un cyclone ; j'arrive au bout du chemin.

Le clos de mes yeux se libère progressivement ; mes griffes déchiquetant un torse, l'évidant, emplirent mon champ de vision. Ma victime est un vieil homme à l'aspect colossal et au visage couturé de cicatrices. Si ce que je voyais été réel, cet homme était, sans se tromper, le forgeron du village où ma nature a changée. Mais c'est impossible que cet homme soit mort...je crois. Une femme et sa fille, hurlent en voyant l'homme mort. Mon corps se projette en avant, mû par la pulsion de violence et le besoin du sang. Le plat de ma paume écrase le crâne de la mère, envoyant les débris d'os et de matière grise sur la petite. Elle hurle de terreur en me fixant. Son regard est emplie de la pire horreur. Via mon œil, je vois le reflet de mon apparence démoniaque dedans. Mon être est peint à moitié du sang de mes proies. Je veux que cela s’arrête maintenant. Je débat mais ma chair est devenu ma prison ; je subit ce spectacle atroce comme si quelqu'un me tenais la tête pour m’empêcher de détourner le regard. Quand ma main s'abat, la petite est envoyée contre le mur. Un sinistre craquement retentis quand elle entre en contact avec les pierres grise du mur. Elle s'effondre, désarticulée telle une poupée de chiffon. Un hurlement de plaisir et d'envie quitte mes lèvres et vient couvrir tout les sons d'agonie, quand je sors de la demeure. Un carnage appairait à mes yeux : là un homme se vide de son sang, tout chaire en dessous du nombril semble avoir été broyer. Il trace une longue traînée rougeâtre derrière lui. Mon regard suis son chemin ; il se dirige vers une femme dont une partie de son crâne est renfoncé sur lui-même. Au milieu de la place, un homme remplace la statue de la fontaine ; son cou fait un angle improbable, ne cachant rien de la fin de ce villageois. Là-bas, un couple a jamais unis, tout deux empalés par une poutre en bois, l'amant devant la femme, tentant de faire bouclier contre l'imparable. Cela n'ai qu'une petite partie de l'horreur. L'acide odeur de charnier amplis l'air.

Soudainement, un homme armé d'un bouclier en bois cintré d'acier surgit des ténèbres. Il braille des cris de guerre, de haine et de fureur. Dans sa main gauche, un marteau y est logé. Il lève haut et l'abat sur moi. Trop lent. Mes griffes avaient déjà sectionnées son manche. La masse tombe au sol. J'hurlai intérieurement de fuir mais c'était déjà fini. Mon poing fracassa l'épais bois et se saisit de l'homme. Au même moment , ma seconde main attrapa la tête de l'homme qui hurle. L'acier de son bouclier entre dans sa bouche. Puis d'un geste commun, mes deux mains poussent dans des sens opposés, le crâne et le bouclier. La mâchoire inférieure de l'homme est brutalement arrachée ; il hurle d'agonie et tombe au sol. Sa fin est lente et douloureuse. Le voile noir recouvre à nouveau ma vision.

Je suis projeté violemment en avant, à une vitesse folle. C'est comme avant mais on force à avancer cette fois. Je me débat encore refusant de voir ce que je sais déjà. Je supporte encore moins cette vision que l'autre. Je démène comme un fou. Arrêtez cela maintenant. Stop...s'il vous plaît. Je vous en supplie....


Le voile noir disparaît doucement. Un pluie drue s'abat sur mon corps et le trempe. Je marche lentement dans l'impasse où la jeune femme s'est engagée avant. Je refuse... Un journal vole vers moi. J'ai le temps de lire la date ; il date de deux jours avant mon arrivée en Angleterre. Mais d'où vient cette horrible vision...? J'avance lentement, un de mes pas finis dans l'eau d'une flasque. La jeune femme observe le mur face à elle et comprend qu'elle est piégée. Le blond de ses cheveux est ternis par la pluie. Elle fait volte-face en entendant le bruit de ma botte contre le dallage de la rue. Mes lèvres s'étirent en un sauvage sourire. Fuis. Son visage se redresse vers moi ; il est si semblable à celui de MacKayla. On dirai deux sœurs sauf que celle de la vision n'existe pas. Elle sourit doucement de façon résignée. Mon corps lui fonce dessus, Rosa dans ma main droite. Puis un éclat d'argent, une pluie de pourpre et la jeune femme s'effondre au sol avec lenteur. Je pleure intérieurement. Le noir revient pour la dernière fois.


Tout ce moment semble durer plusieurs heures mais en réalité, je ne suis resté au sol étendu qu'une minute. Mes paupières clignent doucement, chassant en partie mes larmes, alors qu'une silhouette familière apparaît devant moi. Ma vue se précise lentement à mesure que les larmes se dispersent. Mon corps est parcouru de légers tremblements Je souris doucement à ma maîtresse et dis :

« Excusez mon retard mademoiselle »


Mon œil est d'un bleu ou plutôt gris.

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MessageSujet: Re: [Ruelles] Le début d'une quête contre un meurtrier [PV: Grent Geinmiin & MacKayla Lane]   Dim 21 Sep - 16:15


Décision     à     prendre.


─ PV Grent Geinmiin.








  • JE LE REGARDE. Il semble un peu perdu. C’est comme … Comme s’il venait de faire un cauchemar. Des larmes strient son visage. Il a peut-être seulement fait un malaise ? Je ne sais pas. Je dois dire qu’il m’inquiète. Il ne semble pas en forme. Pas bien du tout. Mes yeux glissent vers son corps, encore tremblant. Hm. Je me demande si je ne dois pas repousser notre sortie. Sortie ? Ho, ce n’est pas comme si on allait se balader. Non. On doit essayer de retrouver des indices. Bien que je pense que cela est totalement improbable. Je m’injure intérieurement. Pourquoi a-t-il fallut que j’attende autant de temps entre mon arrivée, et ma décision de rechercher le meurtrier ?

    Je devine que Grent en est la cause. A vrai dire, j’ai longuement hésité à laisser cette histoire. Je n’avais pas envie de vivre dans le passé. C’est compréhensible, n’est-ce pas ? Mais ma sœur était très importante pour moi. C’était la personne que j’admirais. Que je voulais être. Fort heureusement, mes parents n’ont jamais fait de favoritisme entre elle et moi. Sinon, sans hésiter, je dirai qu’ils la préfèreraient elle. Et je les comprends. C’était la fille modèle. Celle que tout le monde voudrait avoir. Mais je ne pouvais pas lui ressembler. Je suis trop différente. Pas assez gentille. Et ce qu’elle faisait, ce n’était pas pour moi. Dans notre quartier, elle était presque admirée de tous. Elle donnait de l’argent aux pauvres. Ho, ça aussi je peux le faire. Mais bon. Faut déjà que je ne les fasse pas fuir. Elle avait cette aura apaisante, douce.

    Ah, je ne dis pas que je n’ai pas cette même aura. Bien au contraire. Avec le temps, j’ai appris à ne plus faire fuir les gens. A avoir un masque. Pourquoi ? Parce qu’il faut bien gagner sa vie, non ? C’est idiot de se demander pourquoi. De toute façon, tout le monde porte des masques. Mais certains sont moins doués que d’autres. Je ne sais pas si je pourrai me classer parmi les plus doués. A vrai dire, j’ai dû mal à garder mon sang froid face à un noble. Surtout quand il ne se prend pas pour de la merde. Avec leurs tons hautains, méprisants, arrogants. C’est tout bonnement insupportable. Pour ma part, même s’ils me menacent de fermer ma boutique, je m’en contre fiche. J’ai tout ce que je veux. L’argent, les amours, et la liberté. Je fais ce qui me chante. Personne me dicte quoi faire. C’est ce qu’il y a de bien lorsque l’on n’est pas noble. Personne ne vous déteste. Et il n’y a pas de parents pour vous dire comment vous tenir, ce qu’il faut faire. Un sourire carnassier étire mes lèvres. Je suis. Non, j’étais noble. Et alors ? Plus rien ne m’y rattache. Seul le rang me suivra jusqu’à ma mort. Mais c’est tout.

    Une voix me ramène sur terre. Je me retourne alors vers Grent, lui souriant un peu. Ce n’est pas si grave si on arrive un peu plus tard que prévu. Elle est morte après tout. Une fois encore, j’ai un mauvais pressentiment qui vient me tordre le ventre. Je n’aime pas avoir peur. J’ai horreur de cette sensation. Je grimace, comme pour essayer de me changer les idées. J’ai l’impression qu’il ne faut pas qu’on y aille. Qu’il faut que j’oublie. Mais non. J’ai promis à Alina. J’ai promis de la venger. Bien que j’ignore tout de son tueur, et qu’il a sûrement déguerpit depuis longtemps. S’il faut, il n’est plus à Londres. Je réprime un grognement. Non. Je sais qu’il y est encore. Et qu’on est proche du but. Je le sens. Je pourrai presque le toucher. Voilà pourquoi je me montre aussi déterminée. Mais au fond, la crainte me prend le ventre. C’est étrange. Vraiment. Je n’ai jamais ressenti cela avant. Enfin, si. Mais est-ce que je dois me fier à mon instinct ? Est-ce que je dois suivre la promesse que j’ai faite à une défunte ? Alors que je pourrai très bien vivre heureuse. Pourquoi tout gâcher ? Et au fond, qui me dit que ça va tout gâcher ?

    Trop de questions. Je secoue la tête. Une partie de moi, l’ancienne Mac veut approfondir les recherches. Elle veut venger sa sœur ! Mais la nouvelle. Mac primitive. Elle, elle refuse de bouger. Elle préfère rester dans le luxe qu’elle possède actuellement. Deux formes qui se livrent à un combat ultime. Je ferme les yeux quelques instants, tentant de faire le vide alors que je bouillonne intérieurement. Les rouvrant, mon regard glisse vers Grent :

    « Ne me vouvoie pas, annoncé-je dans un soupire. Aller, viens. Il faut y aller. Plus vite on ira, plus tôt ce sera terminé. On en sera vite débarrassé, et on retournera chez nous. »

    Je lui souris, et l’aide à se relever. D’un signe de la tête, je lui intime l’ordre de me suivre, sortant de la chambre. Je descends les escaliers, et arrive au rez-de-chaussée. Une fois-là, je sors de la boutique, fermant derrière moi. Je pense que Grent doit terminer de se préparer. Je suppose qu’il me rejoindra en moins de deux. Je marche d’un pas lent, donc, c’est pratique pour lui.




Bienvenue chez moi.
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MessageSujet: Re: [Ruelles] Le début d'une quête contre un meurtrier [PV: Grent Geinmiin & MacKayla Lane]   Jeu 9 Juil - 0:04

Mac parle ; sa voix si pure disperse mon chagrin comme le vent souffle la poussière, comme la pluie lave le sang des rues. Je me redresse fièrement et époussète mes vêtements. Je me dois d’être prêt pour cette sortie qui est si cruciale à Mac’ même si une petite voix me souffle que je devrais pas. Que je devrais la saisir dans mes bras et nous emportaient par de là le ciel, grâce à mes ailes. Mes ailes de cuirs déchirés, dont le pourpre évoque le sang sec, nous soulèveraient facilement du sol. Je souris seul dans ma chambre en pensant à la tête que feras Mac quand je lui montrerai cela. Seul ? Je balaye du regard la pièce : la jeune libraire semble s’être volatilisée de ma chambre –de la maison d’ailleurs- Elle est si pressée ?
Sachant parfaitement par où elle passe, j’ouvre la fenêtre et me place sur le rebord avant de bondir dans le vide puis marchais pour la rejoindre. Elle a parcourue cinq mètres que je suis à nouveau son ombre puis son amant à ses cotés :

« Sublime journée. Espérons qu’il ne pleut pas, dis-je banalement pour signaler ma présence.
Ma main vient se glisser dans la sienne avec un naturel surprenant. Après plusieurs minutes de marche dans la ville, nous arrivons bientôt sur le lieu de l’incident. Mon regard se perd un instant dans une vitrine. Mes yeux durent me jouer un tour car j’y cru voir mon reflet, avec des dents allongés, me sourire avant de croquer dans un gros fruit rouge et juteux puis rire. Un battement de paupière et il n’y eu plus rien, en dehors du gout amère et métallique du sang. La main de Mackayla ne permet pas de m’attarder plus longtemps que cela. On passe le coin d’une rue et à peine cela fait, je me sens projeter ; non plus dans une horde de cauchemars mais plutôt un souvenir.

*****
Je vois ce coin de rue à travers mes yeux et dans un angle différent : comme si j’étais assis adosser contre le mur qui fait le coin de la rue d’où on vient d’entrer. Autour de moi, la populace passe et semble ignorer ma présence sauf quelques rares coups d’œil vers moi l’air offusqués. Pourquoi me regarde t-il ainsi ? Je me souviens pas être venu ici. Que se passe t-il ? Une pièce de monnaie passe devant mes yeux et finit sa course à mes pieds. Mon double du passé murmure dans un souffle grave et rauque :

« Takk »

M’entendre parlé dans ma langue maternel me surprend tout comme le reste de la scène. Suis-je en train de mendier ? N’ai-je le temps d’y penser que ma langue se fait entendre. Mais de façon plus écorchée et hésitante ; mes yeux se lèvent et découvrent une jeune femme aux cheveux d’un blond délicat qui lis difficilement un morceau de papier :

« - Góðan daginn. Eg…Eg hei-ti Alina Lane. Hvað heitir þú ?

- Eg heiti Grent Ar Geinmiin
», répondis-je en donnant mon nom complet avant de reprendre en anglais, « Heureux de vous rencontrer mademoiselle Lane »

Elle souris, sûrement contente que je parle finalement la même langue qu’elle. Elle porte une robe simple bleu turquoise qui permet aux yeux verts de ressortir. Elle me tend une main vers moi :

« Puis-je vous inviter à diner ? », demandât elle sans retenir son charmant sourire qui me fit accepter et qui me fait fondre quand sa sœur le porte.
Je lui tend ma main crasseuse donc les griffes sortent. Elle l’a prend sans soucier de cela, n’y du reste de mon physique inhumain.


*****

Le temps défilent autour de moi. Je nous vois chez elle ; elle s’occupe de moi et je l’aide aux taches ménagères. On choisis des costumes à me mettre. Je fais des petits boulots pour l’aider avec l’argent. Elle me parle de sa petite sœur, à qui elle écrit. La belle blonde lui propose de quitter le domaine familiale pour venir un moment à Londres. On s’entendrais bien selon elle. Je fixe cela en moi sans rien paraître à l’extérieur, où le temps s’écoule infiniment plus court. Je cligne des yeux et souffle :

« Je….je connaissais Alina…..Ta sœur. Mon regard se tourne vers le sien. Tu viens d'une famille noble des Etats américains, n’est-ce pas ? »

Puis un vertige me prend quand je vois la ruelle où Elle est morte. Ce coin de rue sombre que mes cauchemars –enfin mes souvenirs- me montrent. Je comprend lentement ; un haut-le cœur me prend. Non cela peux pas être moi . Elle m’a sauvée. Pourquoi aurais-je fait cela ? MacKayla, malgré tout continu d’avancer dans la ruelle. Le dernier souvenir me revient encore plus brutalement que jamais. La course sous la pluie. Alina en proie à a terreur. Cette Faim de violence et de sang qui domine tout le reste chez moi. Le goût de mon sang entre mes lèvres. NON !!!! Fuis. Cours. Mon esprit hurle cela mais le filet rouge suit, comme à chaque fois, le mouvement de Rosa. Je reviens à moi et tombe au sol sous ma vrai apparence. Ma peau se teint lentement en pourpre alors que je pleure :

« ALINAAAAAAAAAAAAAA ! NON. Je voulais pas……c’était pas de ma faute….REVIENS MOI »

Mes yeux virent au blanc froid alors qu’il se réveille lentement en moi.

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MessageSujet: Re: [Ruelles] Le début d'une quête contre un meurtrier [PV: Grent Geinmiin & MacKayla Lane]   Jeu 9 Juil - 23:08


Dégage


─ PV Grent Geinmiin.







  • JE COMMENCE MA MARCHE, impatiente de terminer cette journée. Attendant Grent, mon regard se lève vers le ciel. Je fronce les sourcils. Je n’apprécie vraiment pas cette sensation qui me parcourt. Ces nuages sombres et menaçants, m’indiquant que ce n’est pas le jour pour sortir. Un vent frais vint faire virevolter ma chevelure ainsi que le pan de ma robe. Une brise pourtant à la fois froide, et lourde, chargée d’émotions s’entrechoquant.
    Un frisson me parcourt, alors que mes bras vinrent se croiser pour se frictionner. Le temps se rafraîchit. Je commence à marcher, ne quittant pas ce ciel de coton des yeux. Une boule vient me tordre le ventre. Je ne comprends pas. Ce pressentiment qui me prend. Ce sentiment qui me coince. Qui me tiraille. Qui me brûle. N’y va pas, tu vas le regretter, me susurra une voix au creux de l’oreille. Je pouvais presque sentir la chaleur contre mon cou. Ce souffle brûlant qui me glaçait les os.
    Ai-je peur ? Non, cela ne me ressemble pas. Pourtant, plus j’avance, plus j’ai envie de reculer. Que m’arrive-t-il ? Je fronce les sourcils alors que la brume se lève. Par ce temps, les passants préfèrent rester chez eux. D’ordinaire, j’aime passer mon temps à m’imaginer tout ce que ce brouillard pourrait me cacher. Comme s’il y avait une seconde vie parmi ce temps. D’habitude, j’apprécie ces instants. J’aime m’y aventurer. Mais pas aujourd’hui.
    J’ai l’impression que …
    Je vais regretter…
    Pour la première fois.
    Perdue dans mes pensées, j’en ai oublié la présence de Grent. Il venait de me rejoindre. Je secoue la tête, comme pour me faire redescendre sur terre. Je ne supporte pas cela. J’abhorre ce sentiment d’angoisse qui me saisit. Qui me tord. Dans mes tempes, je sens mon sang circuler. Il garde un rythme régulier.
    Je n’ai pas peur.
    La main du démon vient se glisser dans la mienne. Je réprime un sursaut. Non, il ne doit pas voir ce que je ressens. Maîtrise-toi, idiote. Mon cœur se serre pourtant tandis que je suis prise de haut les cœurs. Pourquoi une envie de vomir ? Je vais enfin connaître toute la vérité ! Du moins, je l’espère. Je ne peux en être certaine.
    Inconsciemment, je serre la main de l’homme à mes côtés. Aurai-je enfin une réponse à toutes mes questions ? Ou devrai-je vivre dans le doute encore longtemps ? Mes rêves me hurlaient de ne pas m’y rendre. Mais ils se transformaient bien vite en cauchemars.
    Nouveau frisson.
    Que dois-je faire ?
    Le cœur battant, je sens que nous sommes proches du but. Nous touchons à cette fin. Mais … Que deviendrai-je après ? Je ne sais pas. J’ignore tout ce qui pourrait toucher à l’avenir maintenant. Mon regard se tourne alors vers le démon. Pense-t-il à la même chose que moi ? Puis-je penser à construire un avenir à ses côtés ? J’en doute. Du moins, j’ai un très mauvais pressentiment. Cela me laisse perplexe.
    Je détourne le regard. Que puis-je faire d’autre ? Un soupir franchit mes lèvres alors que je déambule dans les rues, observant les murs crasseux. Plus j’avance, et moins je me sens rassurée. La brume gagne la ville. Je regarde autour de moi :
    ─ Nous y sommes presque, susurré-je faiblement.
    Je me tourne vers la rue qui mène à ce fameux lieu ; l’endroit où ma sœur y a laissé la vie. Je plisse les yeux. Peut-on vraiment parler de vérité ? Après tout, je me rends seulement dans la ruelle. Les indices, les traces, tout a dû être effacé depuis le temps.
    Alina …
    Alina, je t’ai oublié pendant ces instants de bonheur avec Grent. Je t’ai mise de côté alors que mon but est justement de te retrouver. Du moins, de te venger. J’ai failli à ma tâche. Je n’aurai jamais dû.
    Je continue d’avancer alors que je sens ma main être tirée vers l’arrière. Ce démon me ralentit, c’en est agaçant. Je me tourne vers lui, sourcils froncés, prête à l’engueuler, avant de réaliser qu’il semble ailleurs. Son corps est bien là, mais son regard non. Il fixe un point au loin. Je grogne doucement :
    ─ Grent ? Grent, nous n’avons pas le temps de jouer. Bouge-toi un peu. Je voudrai rentrer au plus vite, je n’ai aucune confiance en cet endroit.
    A nouveau, je plisse les yeux, irritée par son soudain mal être. Je sais bien qu’il a parfois des visions, mais à ce moment-là, je n’apprécie pas cela. Je sais bien qu’il ne le fait pas exprès. Mais nous sommes si proches du but. Je le sens.
    Décidée à continuer la route, je lâche sa main et le saisis par les épaules. Dans un énième grondement, je le secoue, comme pour le faire redescendre sur terre :
    ─ Oï, Grent ! J’ai besoin de toi, là !
    Soudain, il semble revenir à lui. Je le regarde, sourcils froncés, vexée de le voir agir ainsi. Je me vexe rapidement trouvez-vous ? Eh bien, soit. Si cela ne vous plaît pas, tant pis. Je n’ai que faire de vos reproches. Après tout, je veux simplement essayer de faire le travail de Scotland Yard. Ces incapables n’ont pas retrouvé le meurtrier. Mais j’ai un démon avec moi. Cela ne peut être que bénéfique.
    Je croise les bras, attendant son explication ─ car oui, il y a toujours une explication après ses visions, quel ennui ! ─ tout en l’observant. Il semble perdu. Que lui arrive-t-il ? Je l’écoute alors. Peu à peu, je comprends ce qui s’est passé.
    Mes yeux s’écarquillent alors que j’imagine la scène. Alors que je vois l’homme avec qui je passe des nuits torrides qui n’étaient en fait qu’une personne détestable, comme tous les autres. Je recule, sourcils froncés alors qu’il semble se plaindre. Son corps se transforme peu à peu, retrouvant sa forme d’origine. Je déglutis avec difficulté. Pourquoi l’a-t-il tué ? Pourquoi lui ? Pourquoi cet individu pour lequel je nourris des sentiments ?
    Non.
    Nourrissais…
    Mon cœur se serre alors que je suis prise de nausées. Je savais bien que je n’aurai jamais dû faire cela. Je n’aurai jamais dû lui faire confiance. Je n’aurai jamais dû éprouver des sentiments. Les émotions humaines… Quel gâchis. L’homme n’aime pas. Il détruit. On reconnait bien là un ancien humain. Tch. Tous des êtres sans cœur.
    Je ne sais plus que penser. Je recule, encore. Je ne suis pas effrayée, mais simplement sous le choc.
    On dit souvent qu’il n’y a qu’un pas entre l’amour et la haine. Eh bien, là, il vient de franchir la ligne. Et donc, de confirmer cette théorie. Je tente alors de retrouver ma froideur :
    ─ Maintenant que j’ai retrouvé l’assassin, notre pacte consistait à me venger de lui, annoncé-je si froidement que l’ambiance semblait mourir à mesure de mes mots. Je ne veux plus jamais te revoir. Tu pourras récupérer tes affaires avant que je ne les brûle. Mais pour l’instant, ne mets plus les pieds chez moi. Je te hais. Je ferai tout pour te voir mort.
    A ces mots, et tout en parlant, je m’avance vers lui, le regard noir. Si les yeux pouvaient tuer, ils l’auraient déjà fait. Je le devance, non sans le bousculer. Au diable les manières nobles que j’ai pu apprendre jadis. Je continue mon chemin, mais attend d’être en dehors de son champ de vision pour pouvoir courir jusqu’à la librairie.
    Il ne manquerait plus que la pluie ne tombe. Et, lors de ma course, et parmi les larmes que j’avais tenté de retenir, quelques gouttes vinrent s’écraser sur mon visage. Il pleut alors. Une pluie qui me fouette la peau. Une pluie chaude qui me prend à la gorge, m’empêchant de respirer. Je n’en pouvais plus. Je ne voulais qu’une chose ; la mort de tous.
    La confiance ? Elle n’existe plus. Que ce soit chez les humains comme chez les démons. Je les hais tous. Anges, Shinigamis, Démons, humains, tous ! Je les éradiquerai. Je les tuerai tous ! Ils mourront à petit feu. Il venait de détruire la seule et infime part d’humanité qu’il me restait.



Bienvenue chez moi.
A suivre...

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