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 [Bas Fond: Cimetière] L'Araignée qui se prélasse dans le jardin des morts [PV: Alois Trancy & Lei]

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MessageSujet: [Bas Fond: Cimetière] L'Araignée qui se prélasse dans le jardin des morts [PV: Alois Trancy & Lei]   Mar 13 Déc - 23:50

Les bas fonds de Londres, la deuxième maison de l’adolescent blond à l’allure provocante qui était à lui seul porteur de la famille la plus maudite, la plus mafieuse, la plus ténébreuse de tout l’Angleterre.
L’Araignée de la Reine méritait son nom, dans l’obscurité la plus profonde, elle tapissait sa toile, son expansion se faisant en emprisonnant les mouches attirés par son venin. L’araignée ancienne les aurait dévoré toutes crues, sans aucun remord et sans aucun sentiment, bien que dans l’apparence, personne n’aurait jamais su où se trouvaient les cadavres des mouches. La nouvelle, plus fragile, plus vulnérable, les gardait en suspens, en garde manger. Ouvrant ses crocs pour les dévorer seulement si une des mouches avait un comportement trop suspect, pouvait mettre en péril la survie de la jeune araignée, qui, était voué tristement à rester sur la même toile.
Mais cela demeurait son rôle de rester.
Il y avait du courage, de la noblesse dans cette araignée, car elle était différente de son prédécesseur, auquel ce dernier n’attisait que de la douleur à la mâchoire pour l’héritier.
Tel était l’héritage des Trancy…

Alois regarda l’endroit où il avait atterrit : un cimetière.
Un léger vent glacier fit voler ses cheveux blonds, ses jambes frissonnant légèrement.Il était seul, l’après-midi sonnait encore de plein fouet malgré les températures froides.
L’hiver approchait, la fin de l’automne portait son terme, la couleur des arbres aux feuilles déchus et orangés tombés en masse autour de lui, rendant le paysage mi-décomposé en était la preuve. L’adolescent ne se souvenait plus sur le moment la raison de son départ soudain.
Il releva la tête, découvrant devant lui un terrain où des tombes s’entassaient, alignées, les décorations de ces dernières montrant les classes sociales des habitants qui avaient enterrés leur proche ici. Calmement, il rentra dans la grande demeure ténébreuse, heureux d’être seul, heureux d’avoir que cet endroit pour lui. Le cœur de l’adolescent n’avait pas changé de tempo. Etrangement, être présent dans ce lieu ne le faisait guère trembler d’angoisse morale.
Non, ce que l’adolescent voyait à travers ce paysage macabre était ce qu’il n’aurait jamais quand la vie l’aurait emporté. Et cela lui rappelait Luka.

Alois s’entreprit de gambader gaiement entre chaque tombe, étudiant à chaque fois la qualité de l’ouvrage, regardant avec attention le prénom, les dates, les messages qu’il y avaient inscrit. Ne pas se rappeler de sa raison de sa venue ne le dérangerait guère.
Il n’était pas rare que parfois, l’esprit de l’adolescent réclamait du calme, dans un endroit où la nostalgie pouvait être la seule personne qui puisse lui comprendre, pour qu’il défasse l’être infâme qu’il était devenu pour faire place à un enfant libre.
C’était sûrement ce qui s’était déroulé.
L’adolescent ne pouvait guère le dénigrer, quelques fois, ses domestiques l’énervaient, lui faisaient regretter amèrement de s’être battu autant pour avoir sa place de « noble ».
Ils étaient que des pantins. Des pantins passifs aux yeux d’Alois, mais qui, devaient sûrement prévoir des coups malsains en douce. Il y avait ce point commun entre tous ses domestiques : ils ne parlaient pratiquement jamais de leur plein gré excepté pour leur besogne habituels, quant aux triplés, il avait été vexé d’être autant dénigré dans son dos, de ce fait, il ne voulait plus entendre leur reproches et leur commentaires à voix haute. Bien que son geste, il le regrettait très souvent. Il voulait savoir ce que les autres pensent, chaque seconde leur esprit qui se mettait à bouillir quand il le percevait. Entendre des mots était davantage consistante plutôt que des silences répétées, qui rendait l’ambiance de sa prison similaire à ce cimetière, faisant ainsi persister ses souvenirs terribles de ses anciennes vies. Malgré cela, Alois prenait un risque en réclamant des mots plutôt que des silences exagérés.  

Les mots, les mots avaient ce pouvoir dévastateur de détruire une vie.
La répétition douloureuse de certains termes, de l’énonciation de métaphores fortement travaillés mais aux symboliques dépassant l’éthique humaine, avait la possibilité de briser un cœur d’homme, qu’il soit jeune ou adulte. Mais ceci était davantage dévastateurs et aux effets incurables sur les jeunes innocents déjà maltraités par la vie.
Alois connaissait ce poids des mots, il l’avait supporté.
Les mots de l’injure, de l’humiliation, du bas rang…ce qu’il était autrefois : un voleur, un sans abris, un esclave. Un beau corps qui pouvait lui permettre de subsister, ce que le Lord Trancy, qui dans un acte significatif, tantôt révoquer par des mots, tantôt reproduit, lui avait fait clairement comprendre. Alois en avait retenu deux mots : traînée, objet.
Alois était un objet, oui, il en était un.
On l’utilisait, habilement, et une fois qu’il perdait toute utilité, on le jetait mais pour un but bien précis : le détruire.
L’effacer éternellement du monde.
La vie était la première joueuse, la première reine, elle était la transcendance de toute chose.
Elle était gagnante de ce fait depuis le début, avant même que la naissance de ce jeune garçon avait été décidé. Ce qu’Alois appelait le destin. Il savait, il avait ressentit, il avait frôlé les ambitions de cette existence cruelle, mais ne pouvait rien faire pour la transcender, lui qui était mortel. Il n’avait qu’une arme : tenir. Lui prouver que son destin était erroné.
Malheureusement, l’adolescent était consciencieux que cette lutte contre l’existence même et les épreuves qu’elles donnaient étaient un mélange de hasard et de stratégie bien calculée.
Il ne serait pas le vainqueur s’il ne se donnait pas lui-même les moyens de s’en sortir, s’il continuait de rester aveugle à ce que la vie lui préparait.
De cela, il s’en était rendu trop tard.
Uniquement quand les deux mots qui le hantaient désormais et auquel il s’était battu pour les contre-attaquer dans de manières bancales s’étaient emparés de son être, anéantissant son cœur et son esprit qui, dans un dernier appel désespéré, s’était remit debout au péril d’une dette qui était désormais son fardeau incessant de douleur.

Ce prix, cette souffrance, n’avait pas été sans retour.
Alois avait une connaissance des choses propre à lui-même, avec un regard extérieur, il n’avait pas vraiment le choix pour savoir lui-même qui n’était plus rien, rabaissé au plus bas point, comment réagir et expliquer avec le plus de preuves possibles les raisons de ses actes.
Il avait la chance et le malheur de n’avoir plus rien d’un enfant.
Il avait les mots pour exprimer le monde adulte, dans toute sa cruauté.
Il savait comment la vie jouait, il en était sa première victime.
Et il savait, avec un pincement de cœur immense, que les mots savaient être manipulatoires.
Amitié, amour…là où le piège tendu par la vie se créait, et devenait invisible.
Les mots pouvaient exprimer de grandes choses dans ses domaines, même sans éducation préalable ou d’expérience assez « normale », Alois avait touché la matière complexe du domaine, et de l’importance des vertus qu’elles mettaient en œuvre : la confiance, la loyauté, la sincérité. Ils les avaient reprit pour d’autres domaines, et en avaient fait ces propres principes. Se démarquant ainsi de la personne qui l’avait emmené dans ses ténèbres, et qui l’avait détraqué, rendant son esprit similaire à celui qu’il haïssait le plus, et qu’il recopiait par ironie des choses, agissant exactement comme lui, à la seule différence notable qu’il essayait d’en apprendre davantage sur ce qu’était « homme » tout en y trouvant du plaisir comme un gamin de bas âge. La confiance, une vertu auquel nul ne pouvait enfreindre.
Ce qui nous liait aux autres, ce qui nous permettait d’ouvrir nos cœurs mutuellement.
La loyauté car la trahison est un péché similaire à un poison d’araignée qui détruit les cœurs de verre, fortement lié à la sincérité, car le mensonge mal utilisé était très déconseillé.  
Dans tous les cas, mots et gestes devaient se lier, s’unir, toujours, tout le temps, et non se contredire. Sinon, les mots ne devenaient qu’un moyen habile de mener l’autre à ce qu’on voulait. Il en usait quelques fois pour des affaires personnelles, mais à ceux dont il avait vraiment confiance, dont il avait noté la sincérité tiré de leur cœur, il laissait son être le guider, optant constamment des mots plutôt d’autres pour leur symbolique.
Les mots étaient représentatif d’une certaine harmonie des éléments de la vie qui nous entourait, à eux-mêmes étaient le corpus d’un art nouveau qui pouvait toucher des cœurs, les faisant vibrer d’émotion.
Une mélodie invisible que notre esprit interprétait à notre place.  

Alois releva la tête, observant ce ciel grisé, s’accordant au lieu d’hécatombe dans cette période humide qui murmurait la venue de la saison morte.

- Amatemi…

Les mots, eux qui avaient la possibilité de traverser les langages, rendant les non érudits incapable de franchir la barrière qui les séparaient de la traduction tant convoitée.
Les mots, un besoin qui s’agrandissait pour les illusionnistes qui se battaient avec leur propre démon. « Aimez-moi », l’un des mots qui manquait le plus à l’adolescent, qui regardait le ciel en songeant à sa propre existence, comme s’il laissait tomber son masque durant quelques secondes avant de redevenir l’éphémère, ce que le monde attendait de lui, non pas ce que lui voulait être. Il aurait aimé le dire dans sa langue natale, mais ce serait révéler aux autres sa fragilité, sa faiblesse, sa vulnérabilité et son comportement trop influençable aux mots élogieux. Il se devait de le dire qu’à ceux qui en méritaient la peine, qui sauraient lui donner le retour, qui seraient le combler de bonheur tout il le ferait pour eux.
La connaissance des mots étaient une aide bien utile dans le malheur.
Alois ne pouvait pas le dénier, il avait eut besoin de ce recul, de cette nostalgie, de cette sortie solitaire dans son propre monde de ténèbres pour mieux y demeurer.
Alois effaça de son visage son expression pensive, triste, désespérée.
L’insouciance qu’il donnait aux autres était de retour.
Il avait dit ce qu’il avait à dire, il avait pensé ce qu’il avait à dire, il s’était défoulé à sa manière. L’adolescent recommença à nouveau sa découverte des tombes, avec un regard critique, oubliant le regard de l’enfant perdu, mais restant toujours ce même garçonnet disparut qui s’enfuyait dans le chemin sans fin sans porte de sortie.
Que sais-je ? La vie était-elle bien joueuse non ?
Rencontrerait-il sûrement une nouvelle rencontre, ou alors, ce serait avec hasard qu’il reverrait ses amis. Il attendait de savoir, sans parier, sans se donner la peine d’y réfléchir. Cela n’avait plus d’importance pour le moment, l’essentiel, c’était que l’esprit se vide.
Il resterait la nouvelle araignée jeune accolée à sa toile dont il ne pouvait plus se séparer. Il restait Alois Trancy.

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MessageSujet: Re: [Bas Fond: Cimetière] L'Araignée qui se prélasse dans le jardin des morts [PV: Alois Trancy & Lei]   Sam 31 Mar - 20:48

Un jeune homme avançait à travers les tombes le regard baissé. A quoi pouvait-il penser ? Qui avait-il perdu ici ? Les magnifiques roses qu'il tenait dans ses bras jouait avec le vent au fur et à mesure qu'il avançait sur l'allée. Les roses était rouges comme la couleur de son amour qu'il avait toujours eu pour son père. Il ne faut pas rire de la mort des autres, mais sa mort à lui avait été si bête... Par amour... La mère de Lei avait volé son père et pourtant il n'était pas en colère contre elle, mais plutôt contre cet homme trop lâche pour continuer à vivre.

Lei se planta devant une tombe simple ou seul un nom figurait : Hara. Des orchidées fanées trainaient là, mais Lei s'en fichait complètement. Sûrement un ancien ami de son père venu lui rendre hommage encore une fois même après tout ce temps. Il posa son bouquet de rose sur l'herbe fraîche et se redressa levant la tête vers le ciel étoilé. Que pense son père de lui ? Est-il un fils assez digne ? De toute façon c'était trop tard pour se poser ce genre de questions.

Il faut mieux rentrer, mais ou ? Au manoir de Monsieur Soma et faire toujours la même routine du soir, se mettre en pyjama, se brosser les dents et se coucher ? Non Lei ne veut pas ! Mais qui pourrait l'occuper ce soir pour ne pas qu'il est à partir ? Il recula essuya ses larmes qui coulaient doucement sur son visage et il s'éloigna de la tombe de son père. Mais, quelque chose bougeait là-bas même que c'était une petite tête blonde. Lei alla vers l'objet de sa curiosité.

-Il ne faut mieux pas rester dans un cimetière à cette heure vous savez... Surtout que le temps se refroidit.


Pourquoi lui parlait-il, c'était une bonne question...
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MessageSujet: Re: [Bas Fond: Cimetière] L'Araignée qui se prélasse dans le jardin des morts [PV: Alois Trancy & Lei]   Sam 31 Mar - 23:46


-Il ne faut mieux pas rester dans un cimetière à cette heure vous savez... Surtout que le temps se refroidit.

Cette phrase coupa sa critique sur les mots et ses conséquences, une voix l’avait harpé de sa réflexion sur le sujet, comme un trou noir interne qui lui avait inspiré un court instant les blessures qu’il éprouvait sur le thème. Il n’était plus seul. On avait remarqué sa présence.Une occasion d’utiliser des mots sincères en condition, vu qu’il était en plein dans la pratique. L’avait-il entendu ? Avait-il ouïe son dire en italien, l’avait-il comprit ?
Alois en doutait, ce qui n’était pas plus mal.

Certains mots doivent rester enterrés, par humanité, par respect. Des mots silencieux, prononcés dans la pénombre, dans des larmes luisant sur un visage, quand la douleur était trop forte : les non-dits. Une façon de mentir de façon ingénieuse tout en restant sincère.
Il avait dévoilé son plus grand non-dit, un désir qu’il l’avait déjà malgré tout, mais dont la nostalgie lui avait prononcé ouvertement.
Alois, sentant son cœur doucement s’emballer dans cette pensée d’amour sous-entendu, stoppa sa nouvelle réflexion qu’il venait de faire naître. Un temps pour chaque chose.

L’adolescent aux cheveux soyeux se retourna près de l’individu qui lui avait adressé la parole, un jeune homme. Alois, dans un pas de danse, alla distinguer l’individu en face de lui, qui devait être un peu plus âgé que lui. Une tenue de majordome qui donnait déjà sa classe sociale, l’adolescent un peu plus près, pouvant avoir voir des cheveux noirs dont un œil était caché, ses yeux étant un mélange d’un gris-violet pour un corps frêle.

Alois s’effigia d’un large sourire, correspondant à son âge physique, d’une petite naïveté qui trainait par ici afin d’accueillir comme il se doit cet inconnu. Le noble élargit son sourire en passant outre ce détail, légèrement surprit que cet inconnu s’intéresse à son cas solitaire dans ce cimetière, qui devait certes être peu fréquenté par des enfants de son statut sauf cas exceptionnels. Un nouveau regard s’en suivit.

- Merci de t’en soucier, fit l’adolescent sur son ton naturel sans pour autant contrôler ses mots comme ceux des nobles. Il m’arrive d’aller dans cet endroit pour m’aérer l’esprit, poursuivit Alois en regardant pendant un court instant les tombes avant de reporter son regard vers le majordome. Contradictoirement à ce que représente ce lieu, c’est avec gaieté quand je vais avoir la tombe en question, lâcha t’il dans un petit rire amusé. Pour être ici, tu as perdu quelqu’un de très cher, fit il sur un ton plus compatissant avant de reprendre son ton habituel et de répondre vis-à-vis du temps en tournant sur lui-même dans un air insouciant. Hum, je ne pense pas qu’un orage va se pointer ou de la flotte.
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MessageSujet: Re: [Bas Fond: Cimetière] L'Araignée qui se prélasse dans le jardin des morts [PV: Alois Trancy & Lei]   Lun 9 Avr - 11:32

Lei soupira doucement et leva les yeux vers le ciel noir. Le petit avait raison, le temps paraissait plutôt beau ce soir malgré le vent qui se levait. Il regarda l'adolescent et se pinça les lèvres. Oui, il avait perdus un être cher...

-C'est mon... père... Mais, je pense que c'est mieux ainsi pour lui comme pour moi. Et puis j'ai Monsieur Soma maintenant et il est si gentil avec moi.



Lei sourit en repensant à son maître. On ne pouvait espérer mieux comme début de majordome. Monsieur Soma ne haussait jamais la voix, elle était toujours douce. Monsieur Soma n'avait jamais de demande égoïste ou impossible à réaliser comme certain, il avait les pieds sur terre. Et enfin Monsieur Soma prenait Lei comme son fils et ça le rendait encore plus heureux. Alors, il a peut-être perdu son père, mais il a trouvé quelqu'un d'encore plus gentil que lui.
-Mais je ne vais pas vous ennuyer avec ces histoires sans intérêts... Vous avez perdus quelqu'un de... enfin que vous n'aimiez pas ? C'est plutôt étrange d'aimer un endroit comme celui là... Moi il me donne des frissons quand je voit toutes ces tombes grises avec ces fleurs fanées...
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MessageSujet: Re: [Bas Fond: Cimetière] L'Araignée qui se prélasse dans le jardin des morts [PV: Alois Trancy & Lei]   Mar 28 Aoû - 17:22


C’était une sensation étrange qui amenait de ce milieu. Sa question avait touché profondément le majordome en question qui s’était présenté devant lui. L’esprit de l’adolescent s’était engloutit dans sa folie : moquerie, envie d’humilier, sang…ces aspirations démoniaques attisaient le monstre terré dans Alois. Néanmoins, il devait se contrôler. S’il tenait quelques instants, il pourrait alors laisser éclater un visage déshonorant à son égard. Le regard du majordome lui fit adresser, en y sentant l’émotion dans ses yeux. Il reçu une réponse :

-C'est mon... père... Mais, je pense que c'est mieux ainsi pour lui comme pour moi. Et puis j'ai Monsieur Soma maintenant et il est si gentil avec moi.

Alois demeura insensible, impassible. Oh, il avait perdu son père ? Soit. Il avait eut conformation de l’identité du majordome, c’était bien celui de Lagi. De ce fait, il avait une raison de moins de se dissimuler. A quoi bon ? Il pouvait tout autant laisser éclater son monstre tout en étant sincère jusqu’à la syllabe prêt. N’étais-ce pas la meilleure solution pour se dévoiler sans peine sous une autre forme ?

-Mais je ne vais pas vous ennuyer avec ces histoires sans intérêts... Vous avez perdu quelqu'un de... enfin que vous n'aimiez pas ? C'est plutôt étrange d'aimer un endroit comme celui là... Moi il me donne des frissons quand je vois toutes ces tombes grises avec ces fleurs fanées...

L’ennuyer ? Ce mot se répéta dans l’esprit de l’adolescent comme une mélodie mise en boucle. Oh non, il avait connu le goût tueur de l’ennui il y avait cela bien longtemps…il fallait corriger : récemment. Trois ans d’ennui, trois ans où il s’était questionné sans cesse : « pourquoi ». Pourquoi vivait-il ? Pourquoi avait il tué le vieux dans l’espoir qu’il serait entièrement libéré ? Pourquoi était il maudit à ce point ? Pourquoi devait-il crouler sous l’ennui, sans jamais pouvoir vraiment accueillir comme il se doit la pomme de la vie ? Pourquoi ne voyait-il que l’avenir au travers de la mort ? Pourquoi ne s’était il pas tué sous l’occasion bien avant de passer son pacte ? Pourquoi n’était il pas mort avec Luka ? Enfermé dans le silence de son manoir, détesté par tous, encore objet sexuel pour bon nombre de nobles, malheureux en silence…qu’avait il à vouloir continuer à se battre dans de telles conditions ? Il en était venu à penser que jamais il serait aimé, qu’il était un simple fléau. L’ennui l’avait poignardé tellement intensément qu’il avait finalisé son cas.

Un sourire narquois malsain apparut sur son visage face aux dernières interrogations de Lei. Brusquement, il se mit à rire, sadiquement, dans un rictus glacial. Sa posture avait changé, son regard était devenu épineux, toute son expression l’avait rendu malsain. Un craquement de ses doigts donnait l’impression qu’il avait cassé un cou sans le moindre sentiment. Ce rire qui avait duré pendant quelques secondes s’atténua dans le désespoir, dans son profond regret d’existence aussi profond soit il. On entendit un sanglot être ravalé en vitesse pour continuer à laisser paraître cette posture malsaine. Délicatement, le visage de l’adolescent se baissa, ses mèches allant dissimuler ses yeux sombres. Une voix froide impénétrable sortit de ses lèvres, la haine engloutissant chacun de ses mots :

- Oui, j’ai perdu quelqu’un que je n’aimais pas. Le vieux. Mon Père, du moins, vu que tu es le majordome de Lagi, tu dois exactement comprendre de qui je veux parler. Pourquoi j’aime cet endroit ? Oh, mais c’est tellement simple. C’est l’endroit où j’aurais dû être depuis longtemps. C’est l’endroit où je n’irais jamais après ma mort. C’est l’endroit où je veux envoyer toute l’humanité entière, à la fois mortelle et immortelle. Si j’étais un démon, je détruirais l’intégralité de ce monde, tellement que je le hais, tellement qu’il me rejette. C’est dramatique de regretter d’être né, hein ? C’est regrettable de devoir cacher son malheur aux autres, n’est-ce pas ? Je ne suis qu’un monstre associé à un gamin perdu qui n’a rien pour l’attacher, et qui s’est brisé au long des années…ma vengeance est une excuse pour vivre, ma haine est ce qui me tient debout et me détruit. Ce cimetière, vous voyez, c’est un peu comme mon cœur. Qui ira me déterrer ? Qui ouvrira ma tombe ? Qui aimera mon cadavre encore pâle, mort récemment, mais qui oh jamais ne se décomposera ? Répondre à ces questions correctement, sans faille, avec certitude, avec des preuves, est-elle accessible à un mortel, à un immortel ?
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[Bas Fond: Cimetière] L'Araignée qui se prélasse dans le jardin des morts [PV: Alois Trancy & Lei]

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