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 Rencontre imprévue avec l'Inquisition, ou désirée. [PV Evangeline McDowell]

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MessageSujet: Rencontre imprévue avec l'Inquisition, ou désirée. [PV Evangeline McDowell]   Lun 15 Fév - 21:54



Le ciel est d'or rouge, les collines d'améthyste ; la mer exhale une buée diaphane, qui adoucit chaque contour et irise chaque nuance. ▬ Claude Farrère ; << L'homme qui assassina >>


Spoiler:
 

Plusieurs jours après cette curieuse course-poursuite dans les ruelles de la capitale londonienne par toute une troupe d’Inquisiteurs commandée par un général assez renommé ces dernières années, un ange et ce totalement par hasard, et beaucoup de malchance du coup j’imagine aussi, mais aussi, et surtout ; une -très- jeune Inquisitrice particulièrement collante, répondant au nom d’Evangeline.
Collante et particulière en son genre. En une seule soirée elle m’en aura faite, des vertes et des pas mûres ; en plus d’être mon portrait craché de quand j’avais 9 ans et au cours de mon premier demi-siècle de vie.
La ressemblance n’était cependant pas uniquement physique, elle avait un caractère fort mais tendre et bon, elle avait l’air d’être curieuse -je ne me suis pas amusé à me remémorer toutes les questions qu’elle m’a posé pour les compter- tout comme je l’étais à son âge, mais elle n’avait surtout plus de famille biologique. Ce n’est pas elle qui me l’a dit, mais son inconscient, le mien s’y étant synchronisé lors de quelques contacts physiques alors que mes souvenirs me jouaient de mauvais tours.

Maintenant que j’y repensais, cette immonde sensation que j’ai ressenti alors que ma tête me faisait souffrir et jouait avec moi avant de prendre ma forme de démon était la même que ce soir-là, quand mon père m’a poussé à bout et forcé à franchir la frontière entre bonheur et malheur.
Mais là n’était pas le problème, de nombreuses familles, qu’importe la race, trouvaient la mort dans ce monde et ce tous les jours. J’avais beau penser à ce qu’elle pouvait bien ressentir depuis toutes ces années, abandonnée seule dans le monde des adultes sans avoir été préparée, je ne pouvais rien faire pour elle ; l’Eglise en avait déjà fait son chien de garde en tirant profit de sa haine pour les êtres de mon espèce au lieu de lui rendre un semblant de vie heureuse, elle avait déjà franchie une autre frontière en plus de la première, et bien qu’il était plutôt aisé de faire demi-tour à la première, ce n’était pas aussi simple pour la seconde. Le pouvoir d’oppression de l’Eglise était immense et son contrôle, total sur ses sujets.
Mais encore une fois, là n’était pas le problème.

Le vrai problème était qu’après toutes ces années, décennies et siècles, l’Inquisition s’intéressait de nouveau à moi. Et aussi surprenant que cela l’avait déjà été il n’y a pas encore 300 ans, c’était l’Inquisition italienne du Vatican et uniquement celle du Vatican. J’avais beau être espagnol mais l’Inquisition espagnole ne s’est jamais intéressée à mon cas, elle ne doit peut-être même pas savoir que j’existe. Et la première fois que le Vatican m’a attrapé, c’était pour me capturer et rien de plus, alors que l’objectif premier de cette organisation était l’extermination des démons et autres créatures diaboliques. Jour après jour, lors de ma capture, c’était torture après torture la journée, et la nuit j’étais dans ma cage, au fin fond des cachots les plus sombres et profonds de leurs sous-sols. Et maintenant, ils se montrent à nouveau ? Qu’avaient-ils derrière la tête, c’était la question que je me posais depuis cette chasse à l’homme dont j’ai fait l’objet avec cet idiot de général Tomas et la petite Evangeline. D’ailleurs, je ne l’avais pas revu celle-là depuis, pourtant cela faisait maintenant presque deux semaines, et elle avait pourtant été claire, je devais savourer le peu de liberté qu’il me restait, parce qu’elle reviendrait. Mais rien. Etait-ce des paroles en l’air ? Mh … Elle avait l’air bien trop obstinée pour faire des menaces sans pour autant les mener à bien. J’imagine qu’il y a eu quelques imprévus et problèmes suite à cette mission couronnée par un échec comme toutes les précédentes, sauf que celle-ci avait été énorme juste pour un impur, même s’il s’agissait de moi. Il y a forcément eu quelques complications administratives et militaires. Des hauts-placés du clergé probablement mécontents d’avoir dépenser beaucoup d’argent dans cette mission pour ne recevoir que des excuses et un général blessé et mutilé en plus. Beaucoup d’argent hein … L’Inquisition devait avoir quelque chose à cacher pour mettre autant de moyen pour me retrouver, autant de moyen pour m’abattre ? Je n’y croyais plus depuis quelques jours à force d’y réfléchir. Ils me veulent vivant pour me ramener en Italie, au Vatican. Mais la question était : Pourquoi ?
Toujours dans la chambre qu’Angelica m’avait gentiment offert dans son manoir, je me tournais vers le grand miroir et y fixait mon reflet ; ce à quoi j’étais en train de penser pour découvrir ce que me voulait l’Inquisition et le Vatican ne me plaisait guère, mais je n’avais visiblement pas le choix. Quelle plaie l’Eglise et la religion, je vous jure.

Durant les trois dernières jours de cette seconde semaine après l’incident, de jours comme de nuits, je partais alors en chasse et en quête d’informations minimes autour des garnisons d’Inquisiteurs présentes à Londres en plus de réfléchir à mon plan pour qu’il soit parfait et sans failles au moins pour la première partie de ce dernier, car une fois ce dernier enclenché je n’aurais plus que la possibilité d’improviser et croire en ma volonté … Ça tombe bien, c’est ce que j’ai toujours fait jusqu’à maintenant pour vivre et survivre, ça devrait être facile alors.
Recueillant les informations dont j’avais besoin, je pus finalement localiser Evangeline, et découvrir qu’elle était visiblement relevée de ses fonctions pour une durée indéterminée … Quand je disais qu’il y avait forcément eu des magouilles administratives et militaires ! Quoi de mieux que de faire porter le chapeau à une enfant en cas d’échec : Devenez croyant et consacrez votre vie à Dieu, l’Eglise vous le rendra. Mhpf. Et on avait le culot ensuite de me demander pourquoi j’avais le clergé en haine.
Mais qu’à cela ne tienne, si elle était relevée de ses fonctions, cela m’arrangeait quelque part d’une certaine manière, après tout, même s’il était injuste que ce fut elle qui paya le prix de l’échec de l’expédition à mon encontre, c’était elle qui avait fait le choix de mettre son capitaine en priorité au lieu de me mettre le grappin dessus. J’allais pouvoir avoir les réponses à mes questions et en plus, récompenser sa gentillesse qui avait le mérite d’être grande. Et la récompense allait être à la hauteur. Ainsi que la supercherie qui ira avec.

Début de la troisième semaine. Et j’allais lancer la supercherie dès le premier jour à peine la nuit tombée. Vêtu d’un manteau long et noir, ma chevelure ébène au vent, je me mis à sillonner les rues de Londres jusqu’à mettre la main sur un Inquisiteur isolé, ce qui ne me prit pas trop de temps car ils étaient nombreux ces derniers temps. Une attaque surprise pour l’assommer, et je prenais soin de le cacher dans un buisson -plus ou moins confortablement pour qu’il passe une bonne nuit- après avoir mémorisé son visage ainsi que sa carrure et ses spécifications physiques globales. Je me faufilais alors finalement jusqu’au quartier dans lequel se situait la réserve et caserne où Evangeline était assignée depuis sa pseudo-condamnation, et dans un coin sombre, à l’abris des regards et des gardes qui faisaient leur ronde, je concentrais mon pouvoir d’illusion et l’appliquais sur moi-même sous la forme d’une fine aura, afin de tromper les yeux des Inquisiteurs de près comme de loin, car pour eux, leurs yeux ne feront que leurs montrer la forme que mon aura leur permettra de voir : Leur camarade que j’avais embusqué. Sans problèmes, je pus rentrer à l’intérieur et me déplacer librement ; infiltration réussite ! Et à l’aide de quelques mensonges et excuses, j’obtenais facilement l’emplacement de la chambre où se trouvait Evangeline. C’était quand même plus facile en étant en pleine forme ! Ça se passe tout de suite autrement. Mais bon, pas comme s’ils pouvaient s’attendre à se faire directement infiltré par le démon qu’ils recherchent tous … Quelle idée stupide aussi … Ne dites rien s’il vous plait je vous entends.

A force de penser je m’étais retrouvé devant la bonne porte et je ne me fis pas attendre pour toquer avant d’entrer : Elle était seule. Comme je l’espérais. Et probablement en train de réfléchir. Allez savoir par rapport à quoi ! Alors que je poussais la porte derrière moi pour la fermer comme un être parfaitement normal, je profitais d’avoir les mains dans mon dos pour verrouiller la porte, comme un être parfaitement normal. Pardon ? Les gens normaux ne s’enferment pas avec une jeune fille en pleine nuit ? Vous m’en voyez navré, j’aime casser les codes !
Il était temps de passer à la prochaine phase de la première partie de mon plan, mais surtout, cette phase était la phase de la récompense pour la gentillesse d’Evangeline et l’excellente note qu’elle a reçue de ma part pour son humanité. M’approchant d’elle, je brisais l’aura qui m’entourait et trompait sa vue pour lui offrir la vue de mon visage à la peau basanée, mes traits fins et exotiques d’espagnol, et mes cheveux d’ébènes m’arrivant jusque sous les épaules.

   
 
▬ « Surprise ! »

Tel un vrai démon, je ne lui laissais pas le temps de répondre ni même de réagir -un peu pour me venger pour toutes les questions qu’elle m’avait posé lors de notre rencontre et aussi pour les coups de points imbibés d’eau bénite avant de s’occuper de son capitaine- je la chargeais et plaquais une main sur ses lèvres pour l’empêcher d’alerter qui que ce soit, et je plongeais mon regard dans le sien, fixant ses yeux bleus des miens, car il était temps pour elle et pour moi d’avoir des réponses, alors que je la plongeais dans une illusion afin de la contrôler et la faire tomber dans son inconscient, ne pensant alors à rien. Ainsi, je pus me permettre de lui appliquer un charme dans le but de la faire agir comme il le faudrait pour la suite des évènements, ainsi que deux hypnoses à retardement. Une fois terminé, je réappliquais mon aura illusoire afin de tromper tout le monde pour ressortir comme j’étais rentré, et en refermant la porte derrière moi, la première hypnose fit effet pour sortir Evangeline de son état inconscient, sans aucuns souvenirs de ce qu’il venant de se passer, et laisser mon charme faire effet : La pousser à sortir en douce et retourner dans le quartier où nous nous sommes rencontrés car c’était bien connu ; les criminels retournent toujours sur le lieu de leurs méfaits. Et comme par hasard, j’y étais. Je fis le démon surpris et elle m’attaqua comme le charme le voulait, et je fis le démon acculé et pris de court. Je fis semblant de me défendre pour lui faire de fines égratignures pour qu’elle donne l’impression de s’être battue comme un lion, et envoyais un peu de poussières sur ses vêtements pour lui donner l’air d’avoir eu beaucoup de mal à m’avoir, à me capture : ce qui arriva, comme par hasard, parce que j’étais en état de faiblesse et pris par surprise.

Je fus ramené à la caserne où elle était vivement recherchée et elle fut félicitée et acclamée en la voyant revenir avec le démon qui s’était échappé du Vatican il y a 284 ans. Je fus guidé dans une cellule où je fus attaché dans de meilleures conditions pour qu’ils puissent s’assurer que je ne filerais pas, et au moment où Evangeline me lâcha pour que j’entre dans ma cellule, ma deuxième hypnose fit son entrée, la faisant tomber dans l’inconscience, encore une fois pour accentuer le fait que cela n’avait pas été une capture facile, mais aussi pour inscrire notre faux combat comme étant vrai dans sa tête et sa mémoire. A son réveil, elle sera persuadé que les égratignures sont le résultat de coups qui l’auront envoyé au sol, la poussière aussi, et parce qu’elle s’est acharnée et m’a plaqué au sol pour me frapper et tenter de m’immobiliser par tous les moyens, que le combat était bien réel et non une mascarade. Il fallait qu’elle fasse un rapport adéquat. Peut-être sera-t-elle blâmée pour avoir agi seule et sans autorisations, mais allait être retenue pour m’avoir capturé et ramené, seule et triomphante. Et l’Eglise aimait les bons résultats et les bonnes actions, elle allait au moins être réintégrée. Mais je n’étais pas devin, et elle allait mettre quelques heures pour se réveiller de toute façon, et la suite des évènements n’allait pas attendre qu’elle se réveille. Oh non. Même pas une heure après ma capture que je fus sortis de ma cellule dans une tenue assez proche de celles que l’on donne aux pensionnaires d’un asile, sauf que celle-ci était noire et comportait un masque pour ma tête, plus particulièrement pour couvrir mes yeux, seuls mon nez et ma bouche étaient visibles et à l’air libre, et la tenue était extrêmement serrée pour m’empêcher tout mouvement. Et en plus de ça, j’étais enfermé dans une vierge de fer -sans les piques- tout de suite après et que l’on m’ait dit : « Tu vas avoir l’occasion de revoir un endroit que tu n’as pas vu depuis un bon nombre d’années »

Le reste de la nuit a été extrêmement long et mouvementé, et le temps semblait durer une éternité dans ce sarcophage de fer, au début de mon voyage à l’intérieur de cette dernière je pouvais clairement identifier le fait que l’on était dans un train. Plus tard, même si cela fut plus difficile à ressentir, mais grâce à quelques voix je pus comprendre que l’on me chargeait sur un bateau, ainsi qu’Evangeline qui ne s’était toujours pas réveillé. Encore une fois, le temps fut long mais au bout d’un moment je fus déchargé et replacé dans un train, et ce fut la partie la plus longue du voyage. Tellement longue que je n’eue aucun mal à comprendre que l’on était en France et que le convoi allait traverser le pays jusqu’en Italie … Jusqu’au Vatican.

Le convoi mit au total deux jours à arriver au Vatican où reposait le siège de l’Inquisition, dans laquelle je fus transporté toujours dans ma vierge de fer inconfortable, comme la position dans laquelle on m’avait bloqué avec cette tenue ridicule et noire. Mais je pus sentir le sarcophage se redresser pour être droit et entendre le bruit de l’ouverture. Je pouvais alors discerner plusieurs voix qui se mirent à discuter et débattre à ma vue, je devais probablement me retrouver dans une sorte d’assemblée à la con, ou un truc du genre pour qu’ils puissent vérifier la marchandise. Autant faire plaisir à ces messieurs.

   
 
▬ « Toujours aussi bruyant et accueillant cet endroit même deux siècles plus tard à ce que je vois. Vous auriez pu faire l’effort de me boucher les oreilles, ça m’aurait évité de vous entendre me prendre de haut juste parce que je suis enchaîné et incapable de vous rappeler qui je suis, parce que ce n’est pas vous qui m’avez mis le grappin dessus. ~ »

A peine ma petite salutation achevée que je pus sentir un coup de fouet frapper mon visage par-dessus ma combinaison, me soutirant un couinement mais un faible sourire. Ils n’avaient pas changés, toujours aussi susceptibles. Je fus rabaisser à plusieurs reprises et on ordonna à ce que je sois amené dans la salle ‘’préparée pour mon arrivée’’ ce qui fut chose faite, et ce, assez rapidement. Une fois la vierge de fer à nouveau immobile, je pus sentir mon corps sous pression, une pression douloureuse depuis l’intérieur. Ils devaient utiliser des sorts d’immobilisations. Et c’était bel et bien le cas, car on me retira la combinaison et je pouvais voir des Inquisiteurs en position pour ces fameux sorts, et d’autres qui récitaient des incantations. Mais on me remit rapidement quelque chose par-dessus les yeux, cela ressemblait de l’intérieur à des œillères comme ce que l’on met aux chevaux, je pouvais voir mais ceux qui me regardaient ne pouvaient pas discerner mes yeux, ainsi hors de danger de finir dans une possible illusion. Ingénieux. On me tirait alors vers une chaise qui était placée derrière moi et poussé pour m’y asseoir et je pus immédiatement comprendre ce qui allait se passer : Les tortures allaient commencer. Et c’était la torture de la chaise d’entrée de jeu, une chaise parfaitement accueillante, du bout des petites pointes qui la recouvraient de toutes parts. En plus, ils m’avaient également fait l’honneur de chauffer à blanc le fond de la chaise avant de m’y asseoir et attaché comme des sauvages, me mettant à saigner des cuisses, du dos, et des bras. Ils manquaient cependant d’imagination. Ils me l’avaient déjà fait subir, ce supplice, quand je n’étais encore qu’un gamin. Mais à ma grande surprise, la chaise se mit à bouger et à être légèrement soulevée, puis déplacée dans les airs, et alors qu’elle redescendait, je pouvais sentir mes pieds toucher de l’eau. Et la chaise descendait et s’enfonçait, l’eau atteignant mes hanches, puis mes épaules, puis je fus entièrement submergé, seuls mes cheveux flottaient à la surface avec quelques bulles, et on sang qui remontait et se mélangeait lentement avec l’eau qui n’en n’était pas exclusivement composée, il y avait un peu d’eau bénite là-dedans, je pouvais le sentir, ma peau me brûlait en plus de me faire mal avec ces stupides pointes. Au moins ils savaient faire preuve d’imagination pour mélanger le supplice de la chaise avec celui du puit. En plus, à cause de l’eau, je me sentais un peu plus lourd et j’étais davantage attiré vers le fond, donc planté sur les pointes de la chaise.

Après un bon quart d’heure bien que j’en n’avais aucune idée, je fus remonté et repris mon souffle bruyamment, toussant et recrachant l’eau mêlé à l’eau bénite et mon sang, je devais vous avouer que le mélange n’était pas terrible et la chaise fut remise à sa place. De nouveau, j’entendais de nombreuses voix discuter mais cette fois-ci je ne pouvais pas vraiment y faire attention, j’avais un peu la tête ailleurs, en plus je fus à nouveau immobilisé avec leurs sorts saints. Cependant, au bout d’un moment, une voix plus puissante et vieille s’exprima pour ordonner que je sois emmené dans les cachots du sous-sol. On me détacha de la chaise de Juda mais j’étais incapable de marcher suite à ce que je venais de subir, je fus alors trainer par les bras dans des couloirs, puis dans des escaliers pendant un moment, et finalement nous nous arrêtâmes devant l’entrée d’un cachot, et je me permis de ricaner en apercevant et reconnaissant dans ce dernier la petite cage dans laquelle j’avais été enfermé durant 70 ans, toujours éventrée suite à ma fuite. J’avais envie de demander si c’était une blague qu’ils aient gardé le cachot tel que je l’avais laissé en partant, mais j’étais trop concentré sur le nombre incroyable de chaînes suspendues dans tous les sens. On me traîna à l’intérieur et je fus jeté dans les chaînes dans lesquelles je me retrouvais emmêlé très facilement et même bien coincé, et je pus sentir les chaînes brûler ma peau là où elles me retenaient, elles étaient imbibées d’eau bénite. Soupirant dans une position à nouveau inconfortable, j’écoutais cependant les Inquisiteurs qui m’avaient amené jusqu’ici me dire que tous les jours je serais cherché à l’aurore et torturé jusqu’aux derniers rayons de soleil avant que la nuit ne tombe, puis ramené ici, chose qui me fit ricaner intérieurement. Au moins j’en avais le cœur net, ils n’avaient clairement pas l’intention de me tuer, exactement comme la dernière fois. Je me demandais si cela allait déranger Evangeline, car après tout elle, elle voulait me capturer pour que je sois mis à mort. Même si j’avais trompé son esprit et sa mémoire, je n’avais en rien manipulé son esprit pour le modifier et la pousser à trouver cela injuste. Mais qui sait, peut-être allait-elle être dégoûté de me voir gardé en vie sans raisons, si ce n’est pour me faire torturer tous les jours. Ce n’était même pas comme s’ils pensaient et espérais que j’allais un jour en mourir, après tout … J’ai été captif pendant 70 ans dans ce cachot … 70 ans de tortures et de supplices, tous les jours, et j’étais loin d’être mort. Ils étaient également loin de chercher à me tuer, non, ils essayaient de m’affaiblir et de me maintenir suffisamment faible pour être docile, mais de sorte à ce que la nuit, je me régénère un minimum des tortures de la veille. Cela allait être le même cirque de nouveau, mais au moins, j’étais persuadé que l’Inquisition ou qu’un groupe d’Inquisiteurs avaient quelque chose à cacher.

Alors que je réfléchissais à tout ça, les Inquisiteurs étaient déjà partis et avaient verrouillés le cachot et tout le couloir qui y menait mais qu’à cela ne tienne, contrairement à la dernière fois j’étais plus âgé donc plus résistant, et plus mûr. Je laissais ma tête tomber en avant et fermais les yeux pour réfléchir silencieusement dans ma toile de chaîne bénite, et alors que je pouvais discerner, même difficilement, le son d’une cloche résonner, m’indiquant que l’on était en début de soirée et qu’à peu près une demi-heure s’était passée depuis mon arrivée dans mon ancien cachot, des bruits de pas se firent entendre dans le couloir dans la direction de la porte de ma cellule, les pas d’une seule personne. J’avais déjà de la visite. Probablement un ou une religieuse qui venait pour se moquer de moi, ou me traiter de tous les noms. Aucune idée, je me contentais de relever la tête et de fixer la porte d’un air stoïque, en attendant de voir qui venait.



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Dernière édition par Aleksandr D. Ezequiel le Mer 11 Mai - 21:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Rencontre imprévue avec l'Inquisition, ou désirée. [PV Evangeline McDowell]   Sam 27 Fév - 9:45

Aleksandr D. Ezequiel ∞ Evangeline McDowell
Rencontre imprévue avec l'Inquisition, ou désirée.
LLe temps était agréable, la brise fraiche, il était midi. Les bruits de la ville s'élevaient de toute part. Chacun vaquait à son devoir. L'agitation était à son maximum. Les marchands criaient, les deux bourgeoises s'étaient arrêtées pour parler, des enfants jouaient dans la rue, s'entremêlant aux passants qui râlaient. Une scène banale mais plaisante. Une société coupée de la réalité. Mais étaient-ils tous vraiment heureux ? Derrière les sourires et les rires se cachaient peut-être du désespoir. Parmi cette foule diversifiée devait surement se trouver des malheureux. Pour une raison ou une autre, personne ne les voyait, personne n'y faisait attention. Parce qu'ils étaient transparents. Ou parce qu'ils se cachaient délibérément. Et puis elle était là. Souriante, vêtue de blanc, saluant tous ceux qui croisaient son regard. Un vrai petit rayon de soleil. Le genre de personne qui vous redonne foie en l'humanité. Parce que c'était ça son devoir. Donner la foie. Les cheveux attachés, ses mèches flottaient au vent. Elle paraissait 15 ans tout au plus. Elle en avait en fait 18. Ses petites mains frêles tenaient fermement un chapelet. Elle se baladait. Le boulanger la salua et elle prit la peine de venir lui adresser la parole. Il lui proposa du pain pour les orphelinats dans lesquels elle se rendait régulièrement. Elle accepta volontiers comme d'habitude, satisfaite puis le rassura. Dieu lui en serait reconnaissant. Elle croisa ensuite quelques fidèles et leur rappela qu'il ne fallait pas manquer la messe. Elle diffusait sa bonne humeur et ses bonnes paroles autour d'elle. Elle passa dans plusieurs orphelinats afin de distribuer le pain. La jeune fille se rendit par la suite à l'Eglise pour la messe citée plus tôt et finit par rejoindre sa chambre en fin de soirée. Une journée type où elle avait contribué à apporter la joie dans la ville de Londres voir seulement dans son quartier et pour une poignée d'individus. Mais elle était fière. Step by step, comme on dit. Chaque chose en son temps. Pour l'instant elle devait se concentrer sur sa mission. Eliminer les impurs. Et une fois le monde libéré de cette noirceur, seulement alors un avenir resplendissant se dessinerait. Autant se mettre au travail le plus tôt possible.

Mais ses plans étaient depuis cette fameuse nuit quelque peu chamboulés. Oui, depuis sa rencontre avec le démon recherché par l'Inquisition et son échec face à sa capture, la jeune fille s'était vue retirée de ses fonctions d'inquisitrice et ce pour une durée indéterminée. Autant dire qu'il fallait mieux qu'elle se tienne au règlement et qu'elle ne fasse pas de vaque. Aucune mission ne lui était assignée. Elle était redevenue cette petite religieuse banale. C'était un peu frustrant en somme pour quelqu'un comme elle. Depuis qu'elle avait découvert l'existence des impurs, elle avait décidé de vouer sa vie entière à leur traque. Toujours cette histoire de salut et de pureté de la société. Mais elle s'était résignée parce qu'elle le savait, elle le méritait. C'était de sa faute alors elle subissait. Evangeline avait choisi de porter secours à son capitaine au lieu de s'occuper du démon. Il avait pu filer à cause de son humanité, quelle ironie. Plusieurs de ses semblables critiquaient son geste tandis que d'autres le valorisaient dans le plus grand secret, de peur d'être à leur tour punis. Alors est-ce qu'elle regrettait son choix ? Non, bien sûr que non. Si c'était à refaire, elle prendrait la même décision. Cette nuit avait été une des plus épuisantes. Des morts. Du sang. Elle avait failli vomir. Pas devant le démon mais une fois rentrée. Après avoir tout assimilé. Après avoir réellement compris l'ampleur des massacres. Tous ces gens. Morts. Elle se sentait tellement désolée. Et cet ange. Elle se souvenait de lui trait pour trait malgré la pénombre qui régnait. Son visage était ancré dans sa mémoire. Elle n'avait rien dit à personne à ce propos. Evangeline ne savait même pas pourquoi elle gardait ça secret. En fait elle n'était même plus sure de rien. Etait-ce bien un ange ? Elle, cette petite orpheline, issue d'une famille modeste, elle avait fait la rencontre d'un ange. Cela lui paraissait presque irréel. Quoi qu'il en soit ces derniers temps, ses journées se résumaient en un mot. Aider. Elle qui avait négligé les fidèles avec toutes ses missions, peut-être que ce n'était pas plus mal d'être suspendue. Et malgré ça, elle gardait ce même sourire sur les lèvres, cette même politesse face à ses supérieures, ces mêmes ondes positions. Parce qu'elle le savait. Il n'y avait pas lieu de baisser les bras.

Troisième semaine après le chaos de cette fameuse nuit. Evangeline regardait par la fenêtre de sa chambre. Elle pensait, une main dans la poche, serrant fermement son chapelet. Chapelet que mère Theresa lui avait offert à son arrivée dans la communauté religieuse. Elle y tenait plus qu'à n'importe quoi. En fait, elle pensait à ça. Son baptême représentait son éveil. Evangeline ne se souvenait plus de ses années avant ça. Ou plutôt elle faisait tout pour les garder enfouies quelque part en elle. Elle ne voulait pas s'en souvenir. Elle était née, le jour de son arrivée à l'Eglise. Et alors qu'une question existentielle lui traversa l'esprit à savoir pourquoi son ventre était-il obligé de faire de tels bruits lorsqu'elle avait faim, elle sentit une présence derrière elle. N'ayant pas entendu la porte, elle se tourna pour accueillir un religieux sans doute. La vérité fut tout autre. "Surprise". Pour une surprise, elle était bien dérangeante. Elle le vit lui. Le démon qu'elle n'avait pas réussi à capturer. Le démon qui avait fait couler du sang cette nuit-là. Aleksandr. Ses lèvres formèrent un "o" de surprise mais elle n'eut le temps de rien dire qu'il plaqua sa main sur sa bouche. Evangeline écarquilla les yeux, saisit le poignet du démon pour essayer de dégager son bras et se prépara à sortir son chapelet. Mais alors que son regard se perdait dans celui de l'impur ce fut comme-ci le temps s'arrêtait. Puis le trou noir. Elle revint petit à petit à elle-même. Mais l'image du démon était effacée de son esprit. Elle se décida alors à sortir de sa chambre malgré le couvre-feu. Elle se sentait comme étrangère à elle-même. Etrange sensation. Elle retourna à l'endroit de sa rencontre avec le démon. Il était là. S'en suivit une violente confrontation. Elle réussit à le capturer. Elle était contente mais une partie d'elle ne comprenait pas. Une partie d'elle était ailleurs. Une fois à la caserne, elle fut félicitée par certains. D'autres la regardaient avec du mépris. Elle guida le démon jusqu'à sa cellule et s'effondra après l'avoir lâché.

Trou noir. Le néant total. Aucunes images n'avaient traversé son esprit durant son sommeil. Rien. Juste du noir. Et du froid. Ce fut au bout d'une durée indéterminée qu'elle se réveilla. Seule allongée sur une sorte de divan. Evangeline se redressa lentement, s'étira et se frotta les yeux. La pénombre régnait. Elle put tout de même distinguer les alentours les paupières mi-closes. Elle ignorait où elle se trouvait. Cependant elle ne pouvait nier que l'endroit en question était en mouvement permanent. Les rideaux étaient fermés. Elle prit donc la peine de les ouvrir d'un geste brusque et vif. Un paysage inconnu se présenta sous le regard ahuri de la jeune fille. Les images défilaient devant ses yeux. Un train ? C'était la première fois qu'elle prenait ce type de transport. Mais que faisait-elle là ? Ses souvenirs se rassemblaient petit à petit dans son esprit. Elle était encore fatiguée et le moindre mouvement réveillait en elle une douleur courbaturée. Alors que la lumière picotait encore ses yeux, la porte de la cabine s'ouvrit brusquement. Elle reconnut un de ses supérieurs. Il s'assit en face d'elle et la toisa un moment. Evangeline baissa rapidement les yeux. Elle se rappelait maintenant. Aleksandr. Sa capture. Elle allait surement se faire sermonner pour avoir agi sans les prévenir. Et c'est ce qu'il fit. Il commença par mettre en lumière son acte irréfléchi alors qu'elle était suspendue de ses fonctions. Cependant il changea rapidement de ton et finit par faire l'éloge de la capture du démon. Elle apprit donc qu'elle s'était évanouie. Il continua en expliquant la destination du voyage. Le Vatican. Le démon allait donc être livré là-bas. Mais Evangeline ne comprenait pas la raison de sa présence ici. Son supérieur lui dit vaguement qu'on voulait la féliciter, le "on" désignant ceux qui étaient là-bas, au Vatican. La jeune fille était à la fois surprise, excitée et anxieuse. L'homme se retira. Evangeline était réaffectée à son titre d'inquisitrice selon lui. Récompense qu'elle accueillit avec une joie manifeste. Première fois qu'elle sortait des frontières de son pays voir même de Londres. Deux jours furent nécessaires avant d'arriver à la direction de l'Inquisition. Elle était au Vatican, bon dieu, et c'était le cas de le dire. Personne ne pouvait être plus heureuse qu'elle à ce moment précis. Et pourtant un sentiment dérangeant la parcourait aussi.

Jamais elle n'aurait pu imaginer se retrouver en Italie. Elle savait à peine placer plus de 3 pays sur une carte. Elle était complètement ignorante de tout. Elle osait à peine regarder les gens. Tous ces grands inquisiteurs qui devaient la prendre pour une débutante malgré son pseudo "exploit". Elle était intimidée et les regardait avec admiration. Elle visita les lieux, on lui assigna une chambre et enfin elle put rencontrer quelque uns de ces grands inquisiteurs qui une fois la traduction faite, semblait la féliciter. Par la suite on la tint informée de la condition du démon. Elle le vit même quelques minutes, enfermé dans une vierge de fer. C'était une atteinte à notre sainte mère que de l'utiliser pour tenir un démon tranquille. Enfin il s'agissait là de pratiques courantes et nécessaires. Lorsqu'elle vit son visage, bien que ses yeux fussent cachés, le souvenir de sa capture resurgit. Elle quitta alors la pièce et rejoint sa petite chambre pour s'allonger sur son lit. La haine. Un sentiment qui devrait être banni des cœurs. Tous les plus importants massacres de l'histoire ont été guidés par la haine. Et pourtant cela n'a jamais servi à l'homme qui ne cesse de reproduire les mêmes erreurs. La nature humaine est malheureusement bornée. Il n'y a rien à faire. Des intérêts seraient toujours plus importants que la tolérance. Elle ne savait même pas pourquoi elle était énervée. Il était capturé, inoffensif et pourtant elle n'était pas satisfaite. Il manquait quelque chose et ce depuis le début du voyage. Evangeline se sentait privilégiée d'être ici mais si elle avait eu le choix, elle se serait restée à Londres. Avec les fidèles, sa famille. Elle ne voulait plus rien avoir à faire avec ce satané démon. Un agent vint la chercher. Ses supérieurs la demandaient. Ils discutèrent un moment, lui expliquant quels supplices subissait le démon à ce moment précis. Mais rien ne la satisfaisait. Elle en voulait toujours plus. Il ne méritait pas qu'on lui porte autant d'attention. Il méritait la mort. Purement et simplement. Bien qu'il n'y avait absolument rien de pur en lui. Elle ne comprenait pas. Décidemment cet épisode ne faisait que brouiller son esprit.

Evangeline avait pris sa décision. Il fallait qu'elle lui parle. Qu'elle comprenne. Elle était déterminée. Puisqu'elle ne pouvait pas poser de questions à ses supérieurs sous peine d'être remise à sa place. Elle leur avait demandé la permission de le voir. Bien que ce soit elle qui fut à l'origine de la capture du démon, elle ne pouvait plus faire de faux pas. Ses fonctions fraichement réattribuées, il était hors de questions qu'elle les perde pour une futilité. De plus elle risquait d'être surveillée pendant un moment. C'était là la contrepartie. Parce qu'il y en avait toujours une évidemment. Cependant on lui accorda un droit de visite et à sa grande surprise seule. Peut-être parce que le démon ne représentait plus une menace et peut-être parce que c'était elle qui avait permis son rapatriement au Vatican. Quoi qu'il en soit, on lui était reconnaissant. Certains disaient même "redevables". On la conduit jusqu'aux cachots, partie bien gardée d'ailleurs et cachée au plus profond du bâtiment. On la laissa à l'entrée. Elle parcourut alors le couloir jetant un coup d'œil à chaque cellule. Ce fut en tournant la tête vers la gauche qu'elle se stoppa net. Il était là, enchainé comme un malpropre, comme un démon quoi. Elle tenait un bâton de bois imbibé d'eau bénite dans sa main droite. Son chapelet autour du cou. Elle devrait être heureuse, voir satisfaite mais ce n'était pas le cas. Evangeline déglutit puis prit une grande inspiration avant de prendre une expression froide et dure. Quelque chose recouvrait les yeux du démon. Ainsi elle ne pouvait pas croiser son regard. Il était en piteux état, emmêlé dans une multitude de chaînes imbibées d'eau bénite. Il était simplement pathétique. Vraiment. Et pourtant ce n'était pas assez. Evangeline fit alors glisser son bâton sur les barreaux du cachot, faisant ainsi résonner un bruit quelque peu dérangeant. Elle le fit plusieurs fois de suite, observant une quelconque réaction de la part du démon. Elle le fixait avec haine. Le silence régnait mais les respirations de la jeune fille agissaient comme un métronome. La tension était palpable.

"Même avec le plus grand respect que je leur dois, je t'avoue que je ne comprends pas pourquoi ils s'obstinent à te garder en vie. Si ça ne tenait qu'à moi, tu serais déjà mort. A ta place je prierais pour qu'on abrège mes souffrances."

Cordialité ? Qu'est-ce que c'est que ça ? La jeune fille était directe, pas de superflus, juste l'essentiel. Evangeline restait derrière la porte du cachot. Elle n'allait surement pas rentrer à l'intérieur et partager un espace destiné à un criminel, à un impur. Elle le détaillait de toute part. Il était bien amoché. Tant mieux.

"Quoi qu'il en soit, je trouve ça étrange. Enfin je veux dire, tu as fait exprès, avoue ? De te laisser attraper."

Le ton employé était assez ironique bien qu'une part d'elle était plus que sérieuse. Oui, parce que quelque chose clochait. Elle n'allait pas lésiner sur les questions. Et elle l'autoriserait à parler seulement pour répondre à celles-ci.

"Et sinon, ça te rappelle des souvenirs d'être ici, non ? Pas trop dur à supporter ? Tu as été plutôt bien accueilli il me semble, ça devait surement te manquer ?"

Encore de l'humour. Plutôt noir. Voir cynique. En vérité elle s'en fichait royalement.
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MessageSujet: Re: Rencontre imprévue avec l'Inquisition, ou désirée. [PV Evangeline McDowell]   Mer 11 Mai - 21:24



Le ciel est d'or rouge, les collines d'améthyste ; la mer exhale une buée diaphane, qui adoucit chaque contour et irise chaque nuance. ▬ Claude Farrère ; << L'homme qui assassina >>


Spoiler:
 


   
 
▬ « Même avec le plus grand respect que je leur dois, je t'avoue que je ne comprends pas pourquoi ils s'obstinent à te garder en vie. Si ça ne tenait qu'à moi, tu serais déjà mort. A ta place je prierais pour qu'on abrège mes souffrances. Quoi qu'il en soit, je trouve ça étrange. Enfin je veux dire, tu as fait exprès, avoue ? De te laisser attraper. Et sinon, ça te rappelle des souvenirs d'être ici, non ? Pas trop dur à supporter ? Tu as été plutôt bien accueilli il me semble, ça devait surement te manquer ? »

Moi qui me demandais qui pouvait bien faire tout ce vacarme contre les barreaux de la porte : Quelle surprise. Si seulement mes pensées pouvaient laisser paraître l’ironie de ma surprise. Il était évident qu’elle allait venir, elle allait bien finir par essayer de se souvenir et se rendre compte que quelque chose clochait avec sa mémoire. Mais j’étais particulièrement amusé par le ton qu’elle employait à mon égard. C’était adorable de sa part. Ce regard haineux, ce cynisme. Ha … L’humanité pouvait véritablement être déplorable de nos jours. Un soupir s’échappa de mes lèvres, je me contentais de relever la tête vers la porte, malgré mes œillères j’avais un peu de mal de la voir d’aussi loin derrière les barreaux de la pièce.

   
 
▬ « Sans vouloir t’inquiéter jeune fille, ou te menacer évidemment, je te rappellerais que j’ai déjà réussi à fuir cette pièce il y a de cela quelques bonnes années, en étant plus jeune, et donc plus faible, moins futé. Une cage ne m’a pas arrêté malgré tout, des chaînes ne feront pas mieux maintenant. »

Comme pour affirmer mon propos, je vins me tordre légèrement dans mes chaînes malgré la douleur qu’elle infligeait à ma peau en la brûlant à cause de l’eau bénite, avant de faire un mouvement brusque dans le sens inverse et me décoincer, m’étalant au sol, sur lequel je vins rester quelques instants, silencieux. Puis, je me relevais, m’étirant les bras, les jambes, la nuque, et finalement je retirais les œillères qui m’empêchaient de voir, tout en m’approchant de la porte lentement.

   
 
▬ « Si j’étais réellement mis ici pour être emprisonné, enfermé, crois-moi que l’Inquisition ne se contente pas de chaînes, et pas seulement les démons, j’espère que je ne t’apprends pas que tes pères font subir les mêmes supplices à des humains, juste parce que ces derniers ne sont pas catholiques, et ce depuis de nombreuses années. Et puis … Si j’étais vraiment un prisonnier voué à mourir … »

Je passais lentement mes mains sur mes bras et mes jambes, la douleur commençait à partir, et mes plaies se refermer, avec les blessures du précédent supplice que j’ai eu à subir plus haut avec la chaise et le puit, soupirant un : « Je doute que je me régénèrerais aussi facilement, non ? »

Je lui tournais le dos, m’étirant une nouvelle fois. La pièce n’avait vraiment pas changé même après tout ce temps, comme si elle n’avait jamais été utilisée depuis mon évasion. La cage était toujours là, éventrée sauvagement, les murs étaient couverts de griffures, tout comme le sol, et de diverses marques de coups, ça-et-là. J’étais probablement trop jeune pour le remarquer la première fois que j’étais venu ici, mais en me baissant, je pouvais constater que le sol était légèrement incliné et parcouru de petites veines taillées dans la pierre, comme pour faciliter l’écoulement. Pourtant, l’humidité dans ce cachot était aussi inexistante que l’intelligence chez les Inquisiteurs, la seule chose qui avait pu couler ici, c’était mon sang. Il y avait de petites griller par endroit pour que cela puisse couler. Mais où est-ce que ça pouvait mener ? Dans quel but ? Je réfléchissais en restant accroupi au sol, le dos toujours tourné à l’Inquisitrice.

   
 
▬ « Oui, j’ai fait exprès. Et alors ? Qu’est-ce que ça change, je suis ici après tout. Et je pensais que la colère, ou la haine, était … Mh … Comment on dit déjà … Ha oui ! Prohibé dans votre ordre, enfin, pardon ! Dans votre religion. Excuse-moi cette petite erreur, j’avais oublié que vous, les Inquisiteurs, écoutaient largement plus vos propres désirs, vos propres ambitions que ce qui est inculqué dans votre religion, et dans la Bible, par votre Dieu. Le pauvre, à sa place, avec des enfants aussi malhonnêtes et stupides, arrogants, je me serais suicidé, ou je vous aurais tous tués. Dans les deux cas je n’aurais plus eu à devoir supporter vos conneries. »

Mon ton se faisait particulièrement froid contrairement à mes habitudes, même avec des êtres humains parfaitement lambda qui auraient très bien pu m’agacer, ou même avec la plupart des Inquisiteurs ; j’ai toujours préféré leurs prouver qu’un démon pouvait être plus amical et poli qu’eux. Mais pour une fois, je faisais fi de mes principes pour parler sans retenues, en toute franchise, dans le but d’exprimer en partie le dégoût que j’éprouvais pour l’Inquisition. Je me relevais pour retourner dans sa direction, la fixant de mes yeux couleur saphir, et m’avançais peu à peu jusqu’à me retrouver face à la porte, face à elle, la regardant de haut, puisque je n’avais de toute façon pas le choix, avec sa taille minuscule.

   
 
▬ « Dis-moi, humaine et Inquisitrice Evangeline Mcdowell, ne ressens-tu pas de la honte et du dégoût quand tu te regardes dans un miroir ? Ne vois-tu pas, dans ton reflet, le reflet d’une monstruosité, d’une aberration ? Ne ressens-tu pas, au fond de toi, que tu te mens, que tu Lui mens, à Lui, ton Père, ton Dieu, ton Créateur ? Ce regard que tu me porte, il est écrit nulle part que tu en as le droit, pas même dans la Bible, et nulle part ailleurs. Laisse-moi t’expliquer une chose, enfant irrespectueuse que tu es. De nous deux, tu es le démon, tu es la pire. Aurais-tu oublié le cinquième de tes dix pitoyables et inutiles commandements, puisque vous ne les appliquez pas déjà vous-mêmes, qui dit que tu ne commettras pas de meurtres. Tu es souillée par le pécher du meurtre. Mais est-ce là bien le pire ? Non. Le pire, c’est que toi, et les autres Inquisiteurs, vous bafouez le deuxième commandement, en invoquant le nom de Dieu pour tuer, pour commettre le mal, pour vous adonnez au pécher. Tu salis l’amour qu’il a eu pour toi en te donnant la vie, en te donnant une chance de t’en sortir malgré les affres de la vie, tu salis le respect qu’il avait pour toi et pour ton espèce, et tu salis son propre nom en tuant en son nom. Corrige-moi si je me trompe Evangeline, mais est-ce qu’à un seul moment, Dieu vous a demandé ou autorisé de tuer ? Est-il écrit quelque part dans la Bible que tu as ce droit ? Ce devoir ? Est-ce qu’un archange t’es apparu et t’en a donné l’ordre ?! A toi, ou à tes idiots de frères souillés et mauvais ? Est-il écrit dans la Bible que les humains ont été conviés à se mêler des affaires des anges, et des démons ?! Tu n’es rien d’autre qu’un monstre, qu’un enfant pourri gâté qui n’en fait qu’à sa tête, qui fait ce qu’il veut, et qui ne trouve rien d’autre de mieux à dire, lorsque l’on lui demande pourquoi ‘’Papa m’a dit j’avais le droit’’. Alors que non, ton Père ne te l’a jamais demandé, ne t’a jamais donné le droit de tuer. Tu tues pour aucunes raisons, comme les autres. Ha mais non ! Suis-je bête. Tu en as une. Tu tues par plaisir et par vengeance. Par colère. Tu obéis aveuglément aux ordres de l’Inquisition alors que tu devrais savoir que tuer, c’est mal. Mais si tu continues d’obéir, c’est seulement parce que tu veux continuer de tuer. Tu aimes ça. Et le pire dans tout ça, c’est que tu n’assume même pas, et tu mets cela sur le dos de ton Créateur. Tu es une fille indigne, comme tous les autres. Une terroriste. Des gens comme toi, comme vous ont déjà vu le jour par le passé, et ont disparu. Vous disparaitrez aussi. Et d’autres personnes comme vous apparaîtront dans le futur, pour disparaître. Et tu sais pourquoi ? Parce que justement, vos actions sont égoïstes, n’ont aucun intérêts si ce n’est les vôtres. Les terroristes sont voués à mourir, et ceux qui invoquent le nom du Tout Puissant pour faire le mal aussi, c’est bien ce qui est stipulé dans le deuxième commandement comme tu devrais le savoir. A moins que l’on ne vous fasse lire un autre livre, ou une Bible retravaillée, histoire de servir à votre cause, et je dis bien votre cause, car vous n’agissez pas le bien des autres. Mais uniquement pour vous. Tu n’as qu’à te regarder, tu n’agis que pour toi. Tu ne tues que pour toi. Tu cherches à assouvir ta colère et ta vengeance pour le pécher, et tout le monde sait comment on appelle ton actuel train de vie : La descente aux enfers. Car c’est bien là-bas que tu finiras, même si tu dis que c’est pour la grâce de Dieu que tu tues, pour protéger la veuve et l’orphelin ! Tu ne protège personne si ce n’est toi, et encore, ce n’est pas moi qui t’ai attaqué le premier, au contraire. Je t’ai protégé et empêché de finir trouée comme une vulgaire passoire d’italien ! Et tuer, c’est mal. C’est un péché. La colère aussi. Et quand on n’assume pas ses péchés, ses erreurs, que l’on s’obstine sur cette voie-là, il n’y a qu’une seule destination qui t’attend ; un monde d’éternel souffrance, où tu apprendras de force que tu ne vaux pas mieux que moi, que tu es pire. Contrairement à toi, j’assume mes péchés, car n’étant pas humain, je n’ai pas le même rapport avec ça. Ce n’est même pas un péché en ce qu’il me concerne, mais j’assume, et moi, je retiens le nom et le visage de ceux que j’ai tué. Et je traîne cela avec moi, dans mon immortalité, qu’au passage je n’ai jamais demandé. Toi, tu tues sans chercher à comprendre, à savoir qui est la personne à qui tu retires la vie. Tu es tellement mauvaise, tu pues tellement la souillure et le mal qu’en fait, je n’ai même pas besoin de te toucher pour savoir ce que tu as vécu ! Je n’ai qu’à regarder dans tes yeux, et je lis en toi comme dans un libre ouvert, où absolument toute ta vie tient sur deux misérables pages côtes à côtés. Et tout ce que je vois, c’est une fille qui tue. Ça ne te rendra pas tes parents. Ni … Mère Theresa. Surtout que c’est l’Inquisition qui t’a dit qu’elle a été tuée par des impies. La même Inquisition qui te dit de tuer au nom de Dieu. Votre vocation est un mensonge, votre ordre une supercherie. Je ne vois qu’un autre mensonge dans cette révélation. Mais tu es trop conne pour le voir. Tu n’as que la vengeance en tête, et le goût du meurtre dans la bouche. Quand j’y pense, il y avait un arrière-goût de corruption et de péchés quand je t’ai embrassé, et encore une fois … Dans le seul but de te soulager, et de te rendre tes forces après les avoir dépensées pour moi, même si ce n’était que dans le but de me faire tomber dans une embuscade, n’est-ce pas ? Je suis plus humain que toi, je suis plus de bonté que toi. Quand tu tues en salissant le nom de Dieu, moi je suis dehors dans les rues de Londres, et je tire de la misère des enfants qui comme toi n’ont rien demandé. Depuis quand les humains et les démons ont inversé leurs rôles ? Ou devrais-je plutôt dire la religion ? Ça ne devrait pas être toi, qui devrait être actuellement dehors, en train de chercher des gamins qui vivent les mêmes misères que toi, pour les prendre par la main, leurs donner un toit, une vie, une éducation, et le désir de vivre, de grandir, d’aller de l’avant ?! Non. Tu es trop conne et aveugle pour ça, tu ne vois pas plus loin que le bout de ton nez et de tes misères desquelles tu devrais pourtant être sortie, comme tu dis que l’Eglise t’a sauvé. Mais non, elle t’a aveuglé, enfermé dans ton passé. Tu me dégoûte. Tu me rends malade ! »

Je vins mettre un coup dans la porte, me retenant tout de même pour ne pas attirer l’attention de gardes, mais je frappais suffisamment fort pour affirmer une nouvelle fois mes propos, et la violence de ces derniers, tandis que je la fusillais du regard, la jugeais. A mes yeux, elle ressemblait davantage à une traîtresse pour son espèce et une gamine toujours en train de pleurer la mort de ses parents, se demandant pourquoi, mais plus pour demander pourquoi ELLE, une gamine capricieuse, un monstre ; qu’à une fille qui a su relever la tête de l’eau, et avancer, aller de l’avant.

   
 
▬ « Dégage. Ou je sors de cette cellule pour te traîner par les pieds ou par les cheveux jusqu’à ta chambre et t’y enfermer, après t’avoir botté le fessier à la place de tes parents qui, à côté de ton Dieu, doivent ressentir autant de honte que lui, si ce n’est pas plus ! Et Mère Theresa … La pauvre. Elle doit être morte de remords en te voyant ainsi détournée de la voie sur laquelle elle a essayé de te guider, pour te sauver ! Hors de ma vue ! »



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MessageSujet: Re: Rencontre imprévue avec l'Inquisition, ou désirée. [PV Evangeline McDowell]   Ven 10 Juin - 10:55

Aleksandr D. Ezequiel ∞ Evangeline McDowell
Rencontre imprévue avec l'Inquisition, ou désirée.
Il ne faisait pas spécialement chaud dans les cachots de l'Inquisition. C'était silencieux. Une impression d'étouffement et malsaine se dégageait de l'endroit. Evangeline n'était pas particulièrement à l'aise. Elle n'aurait jamais imaginé se retrouver en Italie au siège de l'Inquisition mais dans le cas présent, elle n'arrivait pas à être complètement épanouie dans ce lieu puisque quelque chose clochait véritablement. Un petit courant d'air vint effleurer la joue de la jeune fille, procurant par la même occasion un frisson le long de son corps. Une fois devant le démon et ses questions posées, elle attendit. Le temps semblait s'éterniser et les minutes se rallonger. Elle fit à peine attention aux mises en garde du démon celles-ci ne répondant pas à sa question. Mais lorsqu'Aleksandr commença à se mouvoir dans ses chaines, l'Inquisitrice arqua un sourcil puis les fronça. Elle passa alors une main devant sa bouche, stupéfaite par ce qui se produisait. Le démon se tordit dans tous les sens et finit par se détacher de ses chaines pour se relever peu de temps après. Aleksandr laissa à peine le temps à la jeune fille de se ressaisir qu'il régénéra ses plaies avant de se tourner découvrant son environnement. Evangeline ramassa un petit gravier sur le sol et le lança contre le démon. "Aleksandr" se contenta-t-elle simplement de dire comme pour l'appeler. Tourner le dos à une inquisitrice ? Quel mal élevé. Il s'avança vers elle avec un air menaçant. N'avance pas plus" ordonna la jeune fille. Alors que son discours débutait, elle tentait de garder une expression froide et détachée.  

« Dis-moi, humaine et Inquisitrice Evangeline Mcdowell, ne ressens-tu pas de la honte et du dégoût quand tu te regardes dans un miroir ? Ne vois-tu pas, dans ton reflet, le reflet d’une monstruosité, d’une aberration ? Ne ressens-tu pas, au fond de toi, que tu te mens, que tu Lui mens, à Lui, ton Père, ton Dieu, ton Créateur ?"  Le regard de la jeune fille se fit encore plus sombre. Elle fronça les sourcils. De quoi parlait-il ? Elle désirait presque se boucher les oreilles pour éviter d'entendre les mensonges du démon. Elle ressentait la haine, le dégout et la colère dans ses propos. Alors pour le laisser parler dans le vide, elle décida de ne pas le couper et de répondre dans sa tête à toutes ses accusations. « Tu n’es rien d’autre qu’un monstre, qu’un enfant pourri gâté qui n’en fait qu’à sa tête, qui fait ce qu’il veut, et qui ne trouve rien d’autre de mieux à dire, lorsque l’on lui demande pourquoi ‘’Papa m’a dit j’avais le droit’’. […] Tu tues pour aucunes raisons, comme les autres. Ha mais non ! Suis-je bête. Tu en as une. Tu tues par plaisir et par vengeance. Par colère. Evangeline ne réagit pas mais ce passage attira son attention. Elle, un monstre ? Une enfant pourrie gâtée ? Elle ignorait presque ce que "gâtée" signifiait tellement les premières années de son existence ont été chaotique. Elle était passée par le sang, la rue et le vol. Et ce démon, noble détestable se permettait de genre de réflexion. Un démon qui a connu l'opulence, l'abondance et la richesse. Un véritable récit comique.«  Des gens comme toi, comme vous ont déjà vu le jour par le passé, et ont disparu. Vous disparaitrez aussi. Et il disparaitrait avec elle. Aleksandr et toute son espèce de vauriens dénués de sentiments. Tous ces monstres vivant comme des nobles parmi la population, exprimant une forme de supériorité contre la race humaine. Pourquoi ? Leur immortalité évidemment. Leur immortalité leur donnait tous les droits si on suivait leur raisonnement. Ils la dégoutaient. Elle les haïssait.

« Contrairement à toi, j’assume mes péchés, car n’étant pas humain, je n’ai pas le même rapport avec ça. Ce n’est même pas un péché en ce qu’il me concerne, mais j’assume, et moi, je retiens le nom et le visage de ceux que j’ai tué. Mais qu'on décerne une médaille à ce brave gaillard. En voilà une personne remarquable. Il assumait ses pêchés. Merveilleux. Evangeline lui cracherait à la figure si elle le pouvait. Son discours l'amusait presque. Elle était consciente qu'elle n'était pas parfaite. Elle était consciente qu'elle ressentait un sentiment prohibé par l'Eglise. Mais sa haine pour les démons ne pouvait être considérée comme un pêché impardonnable car n'étant pas humains, les inquisiteurs ne possédaient pas le même rapport avec ces êtres maléfiques. Les règles s'adaptaient, c'est ce qu'il venait de confirmer avec ses propos. Dieu était bon. Les hommes moins. « Tu es tellement mauvaise, tu pues tellement la souillure et le mal qu’en fait, je n’ai même pas besoin de te toucher pour savoir ce que tu as vécu ! Je n’ai qu’à regarder dans tes yeux, et je lis en toi comme dans un libre ouvert, où absolument toute ta vie tient sur deux misérables pages côtes à côtés. Et tout ce que je vois, c’est une fille qui tue. Ça ne te rendra pas tes parents. Ni … Mère Theresa. Son poing se serra et pourtant elle ne devait pas intervenir. Ce serait satisfaire le démon. Evangeline n'écoutait qu'à moitié son interlocuteur. Seuls quelques points attiraient son attention. Elle se focalisait alors sur ceux-là pour débattre intérieurement. Mère Theresa.. Sa deuxième mère. En repensant à elle, Evangeline esquissa un sourire. Une représentation humaine de la bonté sur terre, ça ne faisait aucun doute. Elle se rappelait quand elle essayait d'apprendre à coudre à la petite fille des rues. Des heures à essayer de montrer comment broder. Aujourd'hui Evangeline ne gardait rien de cet apprentissage. Ce n'était pas une jeune fille destinée à rester au couvent. Evangeline était toujours cette petite fille des rues. Les espaces clos ne convenaient pas à ses attentes. C'est pourquoi elle passait le plus clair de son temps dehors avec les fidèles. Le visage de la jeune fille se tordit pour exprimer le dégout. Le nom de Mère Theresa prononcé dans la bouche d'un démon ne pouvait être qu'intolérable à ses oreilles.

« Je suis plus humain que toi, je suis plus de bonté que toi. Quand tu tues en salissant le nom de Dieu, moi je suis dehors dans les rues de Londres, et je tire de la misère des enfants qui comme toi n’ont rien demandé. Devrait-on le récompenser pour sa bonté ? Evangeline eut un rictus. Foutaise. Alors quoi ? Parce qu'il aidait quelques enfants pour un but surement détourné, on devait le considérer comme bon ? C'était des paroles de démon ça. Et tous les gens morts par sa faute ? Et ces familles qu'il a détruites ? Ah mais non, puisque monsieur apportait son aide à des enfants égarés à ses heures perdues, il était lavé de ses pêchés voyons. Belle connerie. « Tu es trop conne et aveugle pour ça, tu ne vois pas plus loin que le bout de ton nez et de tes misères desquelles tu devrais pourtant être sortie, comme tu dis que l’Eglise t’a sauvé. Mais non, elle t’a aveuglé, enfermé dans ton passé. Tu me dégoûte. Tu me rends malade ! » Le coup que vint donner Aleksandr dans la porte fit tressaillir la jeune fille. Toutes les paroles du démon se mélangeaient dans sa tête et semblaient décidées à la tourmenter. Sa tête était douloureuse ; résultat du chaos qui régnait à l'intérieur. Il la jugeait du regard mais il ne possédait aucune légitimité pour le faire. Il n'était rien. Juste un monstre qui tentait de lui retourner le cerveau. Evangeline releva la tête et fixa le démon avec une expression neutre presque enfantine. Elle ne tomberait pas dans son piège, elle ne rentrerait pas dans son jeu. Il mentait. Il voulait la déstabiliser mais elle serait plus forte que ça, elle ne céderait pas. Evangeline applaudit le démon à la fin de son monologue. Belle preuve d'égocentrisme et de purs mensonges. L'Eglise apportait du réconfort. Dieu était un peu comme un fauteuil confortable, même si la comparaison ne fut pas très glorieuse. Lorsque l'homme est fatigué, il s'en va s'assoir dans son fauteuil. Dieu accueillera toujours les bras ouverts. Rendre justice sur terre ne fait partie de ses occupations. C'est pourquoi certains hommes ont pris cette responsabilité. Comme les Inquisiteurs. Continuant ses applaudissements, elle se décida à intervenir, un sourire moqueur aux lèvres.

"Tu as terminé ? Je commençais sérieusement à m'ennuyer. Quel discours émouvant mais je n'aime pas les accusations que tu portes. Tu as du profiter de ton séjour dans cette cellule pour rassembler toutes tes idées. Tu peux me trouver abominable, être dégouté de ma personne, je ne peux qu'être ravie de ne pas plaire à un démon. Tu mens. Tes paroles ne sont que mensonges alors économise ta salive."

« Dégage. […] tes parents qui, à côté de ton Dieu, doivent ressentir autant de honte que lui, si ce n’est pas plus ! Et Mère Theresa … La pauvre. Elle doit être morte de remords en te voyant ainsi détournée de la voie sur laquelle elle a essayé de te guider, pour te sauver ! Hors de ma vue ! » Evangeline vint agripper le cou du démon par les deux mains à travers les barreaux. Elle bouillait intérieurement. La rage prenait le dessus. Et pourtant, elle s'était promis de ne rien faire paraitre, de ne pas lui offrir la satisfaction de la voir s'énerver. Elle resta un instant comme ça, fixant les yeux maudits de l'impur. Evangeline détourna finalement le regard se rappelant des leçons reçues jadis. Un démon pouvait vous avoir par le regard. Ces créatures étaient tellement mesquines, dépourvues d'honneur. La jeune fille lâcha le cou du démon et prit une grande inspiration. Elle s'était faite avoir mais elle comptait se reprendre rapidement. Il devait surement être fier de sa personne. Avoir réussi à faire tanguer l'inquisitrice constituait son but depuis le début de leur échange. Evangeline tapota sa tunique pour la défroisser et offrit son plus beau faux sourire au démon.

"Tu vas trop loin démon. Je t'interdis de parler de ce que tu ne connais pas. D'ailleurs il me semble que tu es très mal placé pour évoquer l'argument de la famille. Ce n'est pas toi qui as tué tes propres parents ? Les pauvres. Quel fils indigne. Un monstre. Ils doivent avoir honte de toi depuis les profondeurs des Enfers. Je dois t'avouer que les archives du Vatican sont assez barbantes mais on y trouve des choses intéressantes." Evangeline s'arrêta un instant et reprit. "Recule"

Il était beaucoup trop près. Elle ne comptait pas entrer dans sa cellule mais il fallait qu'elle prévienne les gardes pour qu'ils s'occupent de l'enchainer de nouveau. La jeune fille passa ses mains dans les poches de sa tunique. Elle ne possédait qu'une gourde d'eau bénite dont elle commença à enlever le bouchon. Son chapelet était autour du cou. D'un geste assez vif elle vint s'emparer du récipient et jeta le contenu au visage du démon. Evangeline s'élança ensuite rapidement dans le couloir pour rejoindre les gardes à l'entrée des cachots afin de leur dire de se tenir prêts, leur expliquer rapidement la situation et leur demander d'appeler du renfort. La jeune fille revint ensuite lentement jusqu'au cachot du démon sans adresser un seul regard à celui-ci. Elle versa le reste d'eau bénite juste devant l'entrée de la cellule d'Aleksandr et rangea finalement sa gourde dans sa poche. Evangeline détourna la tête sur la droite, fixant le fond du couloir avant de s'adresser au démon.

"On doit avoir une réunion bientôt. J'évoquerai de nouveau ton cas et tenterai de faire changer d'avis mes ainés. Alors en attendant, rafraichis-moi la mémoire et explique-moi comment j'ai pu t'attraper cette nuit-là ?"
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MessageSujet: Re: Rencontre imprévue avec l'Inquisition, ou désirée. [PV Evangeline McDowell]   Aujourd'hui à 5:23

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Rencontre imprévue avec l'Inquisition, ou désirée. [PV Evangeline McDowell]

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