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 Le Démon et la Religieuse~ [PV Aleksandr D. Ezequiel] FINISHED

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MessageSujet: Le Démon et la Religieuse~ [PV Aleksandr D. Ezequiel] FINISHED    Dim 7 Juin - 20:25

Le Démon et la Religieuse


La chasse était enfin ouverte. C'est ainsi qu'Evangeline "s'amusait" à nommer ses différentes missions. En effet les créatures qu'elle devait livrer à l'Inquisition n'étaient rien d'autres que des bêtes sauvages privées de toute humanité selon elle. La plupart du temps, elle ne les tuait pas de ses propres mains à part en cas de grande résistance de la part de celles-ci. C'était plutôt ses supérieurs qui s'en chargeaient une fois qu'elle les leur avait remises. Ce n'était donc pas elle qui leur prenait la vie mais la jeune inquisitrice avait néanmoins recours à des pratiques bien spécifiques afin de neutraliser les Impurs. La petite religieuse était fière de ce qu'elle faisait car après tout elle protégeait les fidèles tout comme Dieu le faisait.

Evangeline avait donc reçu un ordre de mission depuis plusieurs semaines déjà et se sentait désormais fin prête. L'inquisition lui avait donné le profil d'un fugitif qu'ils n'avaient toujours pas réussi à retrouver depuis plusieurs années. Il s'agissait ici d'une demande importante car ce démon incube qui se trouvait en liberté pouvait accomplir bien des méfaits. La demoiselle ne pouvait donc pas faire autrement que de la mener avec succès. Elle savait qu'on lui faisait confiance et cela lui suffisait à donner le meilleur d'elle-même. Le seul objectif qu'elle possédait était de réussir. Il ne pouvait en être autrement. Elle était l'une des plus talentueuses dans ce qu'on pouvait nommer la "traque" et croyait dur comme fer en ses capacités. Peut-être un peu trop même.

Quoi qu'il en soit, Evangeline avait fait plusieurs investigations sur le démon recherché afin de mieux se préparer. A vrai dire, elle ne possédait pas beaucoup d'informations de la part de l'Inquisition. On lui avait décrit son apparence d'antan mais il se pouvait que celle-ci ait évolué avec le temps. Elle savait néanmoins qu'il se nommait Aleksandr Ezquiel. La demoiselle avait fouillé dans le passé de cette créature mais depuis plusieurs années, les inquisiteurs avaient presque perdue toute trace de lui. Alors pourquoi s'en préoccuper maintenant me diriez-vous ? Et bien tout simplement car un cas de démon incube avait refait surface à Londres. Certes celui-ci ne correspondait pas à la description physique mais c'était l'une des seules pistes que l'Eglise possédait et c'est pourquoi il avait été décidé de confier cette affaire à leur meilleur élément, c'est-à-dire mademoiselle McDowell. Cela ferait quoi qu'il en soit un Impur en moins.

Evangeline était donc partie en mission. La nuit venait de tomber sur la capitale, la voilant d'une lumière lunaire. La jeune fille se trouvait dans un quartier malfamé notamment pour les trafics en tout genre. En effet, elle savait d'expérience et par les différents témoignages qu'elle avait collecté qu'il fallait mieux opérer de nuit et dans ce genre d'endroits. Certains démons ne se mêlaient pas trop à la foule. La demoiselle était vêtue simplement d'une robe noire et d'une cape de la même couleur afin de passer inaperçu. Elle marchait tranquillement tout en étant attentive au moindre bruit suspect et à tout ce qui l'entourait. Elle faisait particulièrement attention aux coins sombres.

Au bout d'un certain moment, elle passa devant deux hommes qui semblaient avoir bu et qui l'interpellèrent. "Mademoiselle, c'est pas très prudent de trainer par ici" dirent-ils en ricanant. Evangeline avait l'habitude qu'on lui sorte ce type de phrases. Après tout ils avaient raison. Elle était jeune, frêle et sans défense (selon eux) dans un quartier qui restait assez masculin. Mais comme à son habitude, elle les ignora et continua son chemin. La religieuse n'était pas là pour eux et n'avait pas de temps à perdre. Cependant, les deux hommes avaient décidé de la suivre. Ils continuaient à lui adresser la parole alors qu'elle ne leur répondait pas. La jeune fille accéléra donc afin de les semer, tourna à droite et entra dans un café en vérifiant qu'ils ne l'avaient pas vue. Elle salua le propriétaire, qu'elle connaissait bien, et sortit par la porte de derrière qui débouchait sur une petite ruelle sombre.

Evangeline prit donc ce chemin. Elle commença à avancer et ne tarda pas à distinguer une silhouette puis deux dans la pénombre. Plus elle s'approchait, plus elle pouvait distinguer leur position avec l'aide du seul lampadaire qui se trouvait là. Quelqu'un se trouvait à terre et l'autre debout. Une fois arrivée à leur hauteur elle vit que l'homme au sol était dans un sale état. La demoiselle accourut vers lui et s'agenouilla à ses côtés. Elle observa le blessé pour tenter de déterminer la cause de ses nombreuses plaies. Son pouls était faible et il ne pouvait pas parler. Alors qu'elle continuait à examiner son "patient" elle se décida à poser une question à l'homme qui était resté en retrait debout.

"-Que s'est-il passé ?" Demanda-t-elle simplement sans même se tourner vers lui.

Il dégageait une aura bizarre et Evangeline ne se sentait pas à l'aise. En attendant sa réponse elle prit soin de relever un peu le corps afin de le placer contre le mur. La jeune fille regarda ses mains qui étaient désormais tâchées par le sang. Cette vue lui fit l'effet d'un flashback. Elle vit ses parents et son meilleur ami. Elle vit la mort. La petite inquisitrice voulait oublier ce passé souillé qui lui avait développé une sorte de phobie du sang. Mais celle-ci se ressaisit bien vite. Il n'était pas question de se laisser déconcentrer par des enfantillages. La vie d'une personne était en jeu. Pourtant une interrogation demeurait. Quelle était la source de toute cette violence ?


Dernière édition par Evangeline McDowell le Mer 18 Nov - 18:22, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le Démon et la Religieuse~ [PV Aleksandr D. Ezequiel] FINISHED    Mer 10 Juin - 17:53



L'ambition, l'amour, l'avarice, la haine, tiennent comme un forçat son esprit à la chaîne. ▬ Nicolas Boileau ; << Satires >>



Cette nuit était une nuit comme les autres. Une fois qu’il était 22 heures, je sortais de l’hôtel où je logeais depuis quelques jours … J’en changerais certainement demain d’ailleurs.
A cette heure, il y avait moins de monde dehors, et les quartiers ‘’sombres’’ s’agitaient. Et c’était ce dont j’avais besoin, de rencontrer les êtres humains de la pire espèce et glaner le plus d’informations. Eleonore a disparu depuis trop longtemps. J’étais sans nouvelles. Mais j’ignorais totalement où elle était allée, où je pourrais la chercher, par où commencer.
Cela faisait déjà quelques jours que j’agissais ainsi … Mais toujours rien. Pas une info, pas une indication. Rien.

Alors que je marchais paisiblement dans mon accoutrement habituel de noble, je m’assurais que j’avais la photo d’Eleonore dans la poche de ma montre à gousset en argent, ça pouvait être utile en tout cas … Bien que jusqu’à maintenant, elle n’avait fait preuve d’aucune utilité.
Les ruelles étaient particulièrement sombres cette nuit. Et j’entamais ma tournée. Les bars, les boutiques, les casinos, les caves où avaient lieux divers trafics de diverses choses. Je demandais un nom, je montrais la photo : Mais rien. Toujours rien. Mais où était-elle passée ?
On ne pouvait pas disparaître comme ça ! Même avec un démon en tant que serviteur ! Même Aaron était introuvable.
Dans un grognement, je frappais le mur à ma droite alors que je m’engageais dans une autre ruelle. Même si je devais rentrer les mains vides, il était hors de question de m’arrêter maintenant, d’abandonner pour ce soir et de reporter à demain. Elle aurait fait de même, quitte à devoir ramper dans ces ruelles sombres, elle aurait continué de me chercher.

J’arrivais en face d’un énième bar, je fis un rapide tour ; les clients, les chanteuses, les danseuses et le serveur ne savaient rien non plus. Une mine boudeuse au visage, je sortais du bâtiment et les trois personnes qui se trouvaient dehors m’apostrophèrent quant à l’expression de mon visage qui faisait peur à voir. Dans un soupir, je pris tout de même la peine de leur montrer la photo d’Eleonore, expliquant que je cherchais à savoir où elle était passée. Les trois hommes haussèrent les épaules, et répondirent tous que cela faisait un moment que l’on n'entendait plus parler d’Eleonore Von Elrich à Londres.
Alors que je rangeais la photo dans ma poche et que je tournais les talons en soupirant de plus belle, les trois individus se mirent néanmoins à sourire, à la limite du rire. Un rire moqueur.

« Elle s’est certainement rendue compte qu’elle avait berné tous les hommes de la ville et elle est allée faire la prostituée ailleurs ! Ou alors, elle s’est trouvé un pigeon, beau, naïf, mais surtout riche à en mourir. Le parfait pigeon, le roi des pigeons pour la reine des salopes ! »
Le pas que j’entamais s’arrêta net et résonna lourdement au creux de mes oreilles, comme ces paroles que je venais d’entendre dans mon dos. Elle résonnait longuement, bruyamment et perversement dans mon esprit comme les moqueries incessantes d’une armada de bambins qui embêtaient un de leur camarade sous prétexte qu’il était différent d’eux. Et ces rires. Ils résonnaient eux aussi. Et se tordaient.
Ma peau pris une couleur étrangement pâle, mes jambes titubants soudainement pendant un instant alors que mon crâne venait me saisir d’une affreuse douleur. Les trois humains qui rigolaient dans leur coin y firent attention, m’indiquant qu’il ne fallait pas boire si je ne supportais pas l’alcool. Et qu’il valait encore mieux que je ne cherche pas cette femme du même coup.

« Ses paroles sont pires que de l’alcool ! C’est du véritable poison. Ceux qui échangent le moindre mot avec cette femme de joie deviennent ses esclaves et ses jouets, et ne sont bons qu’à la couvrir d’or et de présents ! Une sacrée salope ! »

Ma tête se tourna lentement dans leur direction, suivit du reste de mon corps, et je leurs fis face avec nonchalance. Ils ne semblaient pas comprendre, ils se contentaient de sourire et de rire bêtement, ils devaient me prendre pour un idiot, sûrement en train de tomber des nues parce que la femme qu’il cherchait si fort n’était qu’une ‘’salope’’ … Cependant … Ce qui me faisait tomber de haut … C’était …

   
 
▬ « La stupidité humaine … »

Mon corps n’hésita pas un seul instant et mon sang ne fit qu’un seul tour dans mes veines, mes jambes se plièrent pour me projeter droit vers eux, et à peine me réceptionnais-je devant eux sur la pointe de mon pied droit, je levais ma jambe gauche pour l’envoyer directement au visage de l’homme duquel j’avais reconnu la voix, celui qui venait de prononcer tous ces mots qui aillaient lui coûter la vie, et le projetais alors plus loin dans la ruelle dans un craquement d’os. A peine sur mes deux pieds, je vins frapper plusieurs fois l’homme à ma gauche avant de le laisser s’écrouler au sol et je fixais froidement le troisième de mon regard le plus haineux, un regard qui lui déconseillait de ne faire qu’un seul pas. Il tremblait et était tétanisé sur place.
Je fis volte-face pour marcher dans la direction où j’avais propulsé leur ami qui avait la langue bien pendue, il rampait vers une ruelle adjacente, et respirait bruyamment. Sa mâchoire était couverte de sang, il semblerait que je l’avais brisé dans la rage. Heureusement que nous étions seuls, personne d’autre n’était dehors, il n’y avait que nous quatre, et un pauvre lampadaire pour illuminer ce triste spectacle.

Il rampait plutôt bien pour être humain effrayé, presque aussi bien qu’un cafard. Je vins lui marcher sur la tête pour la lui écraser contre le sol et le fixais avec mépris et dégoût.

   
 
▬ « Ne t’en fais pas … Quand j’en aurais finis avec toi, j’irais voir ta femme, et j’en ferais ma salope avant de lui arracher la tête. Je laisserais tes enfants seuls avec cette vision en tête, et tu en seras l’unique responsable. »

Je retirais mon pied pour lui saisir la nuque et le relever d’une main pour de l’autre griffer profondément sa gorge, mais juste assez pour ne pas le tuer, mais seulement lui faire une belle entaille dans les cordes vocales. A force, j’avais appris beaucoup de choses sur l’anatomie des humains. Ainsi, il n’allait pas mourir trop vite, mais il n’allait pas pouvoir exprimer un seul son. Et la vision de l’horreur et la peur dans son regard me suffira amplement.
Il tenta de me repousser en plaquant une main sur mon visage, mais réagissant au quart de tour, ma bouche vint s’ouvrir pour lui attraper le bout de quelques-uns de ses doigts et les lui arracher aussi sec pour les recracher ensuite. Il était hors de question que je mâche un seul morceau de chair de cette immonde créature. En plus d’être un homme, il était abject.
Je le jetais au sol et me jetais sur lui pour le réduire en charpie : J’arrachais sa peau, je creusais dans sa chair du bout de mes griffes, je tachais ma noble chemise rouge, ma veste noire, ma cravate verte, mon pantalon noir de son sang tout aussi abject. Abject, abominable, dégoûtant, écœurant, infect, nauséabond, répugnant, fétide sang. Je disloquais ses os, arrachais ses membres et creusais toujours plus dans sa chair malpropre. Jusqu’à ne laisser qu’un amas de chair sans forme. Et un tout aussi immonde sourire de dessiné sur mes lèvres. Lèvres qui laissèrent passer un fin, et odieux ricanement malsain.
Je me relevais en titubant et passais mes mains sur mes vêtements, je ne pouvais pas rester dans une telle tenue. Même s’il me restait ses deux compagnons à massacrer pour avoir approuvé les stupidités sans noms que celui que je venais de massacrer avait prononcées. Je soulevais mon couvre-chef de ma chevelure dont il n’avait pas bronché une seule fois ou exprimé une seule fois l’impression de basculer du haut de ma tête, et j’en sortais les même vêtements que ceux que je portais, mais eux au moins ne puaient pas le sang infâme de l’espèce d’animal qui aboyait alors qu’il ne savait faire que ça : Faire du bruit. Je déchirais mes vêtements actuels pour m’habiller de ceux que je venais de sortir de mon chapeau, chapeau qui vint reprendre place sur mes cheveux. Et je fis demi-tour pour rejoindre les deux moutons qui avaient suivi leur ami de l’autre côté de la clôture du verger duquel on les avait pourtant formellement interdit de sortir.

Mais … Ils n’étaient pas seuls. Ils n’étaient plus deux. Il y avait une odeur supplémentaire. Une odeur plus jeune, et plus féminine. Que faisait une jeune fille dans un endroit pareil, à une heure pareille, et à un moment pareil.
Pus je m’approchais, et mieux je les voyais grâce à la lueur du lampadaire qui devait à lui tout seul illuminer, certes faiblement, une bonne partie de la ruelle ci-présente.
Celui que j’avais fixé froidement, à la limite de lui arracher son âme rien qu’avec mes pupilles, était toujours debout, cependant, celui que j’avais laissé s’affaler au sol comme un drap sal était maintenant en position assise contre le mur. Et à ses côtés se trouvaient quelqu’un d’autre, la source de l’autre odeur qui semblait indiquer que ce quelqu’un d’autre était une femme. Une jeune femme. Et elle était vêtue de noir. D’une cape noire, mais ce qu’il y avait en-dessous semblait également noir.

   
 
▬ "Que s'est-il passé ?"

Je pus entendre l’écho de sa voix alors que j’avais commencé à m’approcher silencieusement mais non pas sans dégager une aura violente et emplie de colère. La curiosité est un vilain défaut ma petite, parfois, il y a des questions qu’il ne vaut mieux pas poser. Parfois, il y a des réponses qu’il ne valait mieux pas chercher. Mon regard se porta sur l’homme debout et immobile et je l’assassinais littéralement des yeux pendant quelques instants, et lorsque je le quittais finalement des yeux, il vint se saisir docilement d’un poignard qu’il avait dans sa botte, ses tremblements ayant cessés soudainement, et il se trancha la gorge avant de s’écrouler lourdement sur le sol, pour se vider lentement de son sang alors que je m’arrêtais derrière la demoiselle en cape qui veillait sur le troisième et dernier homme de la soirée à m’avoir manqué de respect sans en juger les conséquences. La troisième et dernière personne à avoir manqué de respect à Eleonore sans en juger les conséquences. Je tapais du pied pour signaler ma présence à la demoiselle qui ne semblait pas prêter attention à ce qui l’entourait, comme le bruit de l’homme derrière elle qui venait de mettre fin à ses jours, et je me raclais la gorge dans un grognement féroce et agacé, très énervé, les sourcils et les traits du visage dessinés dans une mimique sombre et cruelle.

   
 
▬ « Hors de mon chemin. Il doit payer le prix de sa stupidité innommable et de l’affront qu’il a eu l’audace de me faire, de faire à autrui. Hors de mon chemin, gamine. »



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MessageSujet: Re: Le Démon et la Religieuse~ [PV Aleksandr D. Ezequiel] FINISHED    Dim 14 Juin - 22:34

Le Démon et la Religieuse

Evangeline n'avait toujours pas reçu la réponse qu'elle attendait désespérément et celle-ci commençait à s'impatienter. Elle avait besoin de savoir, besoin de comprendre pour mieux venir en aide au blessé. De nombreuses questions se mélangeaient dans sa tête. Et même si elle était en mission, elle ne pouvait se résoudre à abandonner la victime à son triste sort. L'homme derrière elle était comme absent, elle ne l'entendait pas, il ne faisait presque pas de bruit mis à part celui de sa respiration qui résonnait dans la ruelle. Il humait l'air fortement comme s'il cherchait à reprendre ses esprits et à se calmer. L'inquisitrice formula une nouvelle fois sa question avec une voix claire et calme comme pour le rassurer mais après un long silence elle comprit qu'elle n'obtiendrait jamais ce qu'elle désirait. La demoiselle sentait que l'atmosphère était lourde et dangereuse. L'ambiance était macabre et la religieuse restait sur ses gardes. Malheureusement, elle n'avait pas la moindre idée du carnage qui venait en fait de se dérouler ni de la présence du démon qui était à l'origine de cette scène.

Evangeline décida enfin de reporter son attention sur le blessé. Tant pis si on ne voulait pas lui répondre, elle ferait sans. Ce n'était pas comme si cela lui était indispensable. Le bras du patient était en sang et il semblait avoir de nombreuses égratignures un peu partout sur le visage comme si celui-ci avait heurté violemment quelque chose. La jeune fille toucha la jambe de l'homme pour l'ausculter. Il grimaça immédiatement et dégagea violemment son membre inférieur. Ses yeux fixèrent ceux la demoiselle qui déglutit en voyant l'air désespéré et pitoyable de l'homme. Il entreprit alors quelque chose. L'homme dirigea avec difficulté sa main gauche dans la direction de l'inquisitrice qui recula instinctivement. Il arriva tout de même à sa hauteur et poussa son épaule avec le peu de force qui lui restait comme s'il voulait qu'elle parte le plus rapidement possible et qu'elle le laisse là, dans cette état. Evangeline qui se trouvait sur les genoux tomba donc avec une certaine élégance sur les fesses. Celle-ci resta stupéfaite et ne comprit pas pourquoi il voulait la repousser ainsi. Après cette action, l'homme semblait avoir perdu toutes ses forces. Son bras gauche longeait sa silhouette et sa tête reposait contre le mur. Malheureusement ou heureusement pour lui la demoiselle était connue pour son obstination et pas un seul instant elle avait pensé à l'abandonner. Avant de rejoindre ses camarades inquisiteurs, elle avait suivi une formation de "médecine" qui allait surement bien lui servir à ce moment précis. Tout d’abord, elle tenta de le relever afin de le trainer jusqu’à « l’hôpital ». La religieuse passa son bras derrière le dos de l’homme mais changea rapidement d’avis en sentant le poids qu’il pesait. Elle saisit alors sa robe noire et en déchira un long morceau de tissu qu'elle utilisa pour soutenir le membre supérieur droit du blessé en le nouant derrière son coup après avoir pris soin de ne pas le brusquer. Celui-ci ne la quittait pas des yeux espérant qu'elle finisse par comprendre le danger et s'en aller. Mais la fille aux cheveux blancs argentés continua ses soins et arracha de nouveau un bout de tissu pour panser les plaies de l'infirme.

C'est à ce moment-là qu'elle entendit taper du pied derrière elle comme si quelqu'un voulait signaler sa présence avec agacement. "Tiens, serait-il possible que l'homme ait enfin décidé de se manifester ?" se demanda Evangeline. Elle tourna alors lentement la tête pour vérifier son hypothèse. La jeune fille laissa échapper un cri d'abomination. L'homme qui ne lui avait pas adressé un mot depuis le début se trouvait là, allongé sur le sol dans une mare de sang, la gorge tranchée et un couteau dans la main. Il ne fallut que quelques secondes à l'inquisitrice pour comprendre la situation. Il avait mis fin à ses jours. L'hémorragie continuait et le corps se vidait de son liquide rouge. La demoiselle eut un haut le cœur à cette vue. Elle porta sa main à son visage et celui-ci se remplit de tristesse. Elle sortit rapidement son chapelet de sa poche et se mit à prier sur le corps désormais inerte. Son regard se mit alors à divaguer et elle se mit à penser à une vitesse incroyable. L'importance de la vie. Tant de gens la négligeaient. Tant de gens ne mesuraient pas la simple chance qu'ils avaient de vivre et de respirer. Chaque seconde, de nombreuses personnes mouraient injustement dans le monde tout comme sa famille, son meilleur ami et mère Thérésa. C'est pourquoi la religieuse chérissait la vie plus que n'importe qui et ne comprenait pas ceux qui choisissaient d'arrêter de se battre en se sacrifiant.

Un raclement de gorge ainsi qu'un grognement se fit entendre. Une troisième personne était là sur les lieux. Evangeline, qui se trouvait toujours au sol, aperçut sur sa droite une paire de chaussures plutôt luxueuse. Son regard remonta petit à petit pour enfin distinguer leur propriétaire. La demoiselle se mit à le dévisager et à le scruter de la tête aux pieds. Son visage dégageait de la colère, ses sourcils et son expression était sombre et cruelle. Il portait une chemise rouge surmontée d'une veste noire et d'une cravate verte ainsi qu'un pantalon noir et un chapeau haut de forme. La religieuse déduit de son apparence qu'il s'agissait d'un noble. Mais que faisait-il ici ? A cette heure-ci ? Dans un endroit pareil ? Il dégageait quelque chose d'indescriptible qui ne plaisait pas à Evangeline. Elle avait un mauvais pressentiment comme si tout ce carnage était en fait le commencement d'un problème et non la fin. Les yeux de la jeune fille se plissèrent à cause de la lumière du lampadaire. L'homme ouvrit la bouche. "Hors de mon chemin", "payer le prix", "stupidité", "affront", "gamine". Voilà les mots qu'elle retenait de l'intervention du noble. Ils résonnaient dans sa tête qui essayait d'y trouver une logique. L'inquisitrice resta silencieuse un moment. Désormais elle comprenait. Son regard s'assombrit, elle ne faisait pas confiance à ce nouvel arrivant qui était assez méprisable dans sa façon de parler. Il avait quelque chose de fort dérangeant. « Gamine », c’est ainsi qu’il désignait l’adolescente et on ne pouvait pas dire que celle-ci appréciait vraiment qu’on la nomme ainsi. Elle détestait qu’on la prenne pour une petite fille sans défense. Elle n’avait pas eu d’enfance à proprement parler comme tous les enfants c’est pourquoi elle n’aimait pas qu’on fasse référence à cette époque inexistante selon elle. Evangeline fixa l’homme sévèrement et toussota légèrement avant de répondre à l’individu.

« -C’est vous ? Vous qui êtes à l’origine de ce carnage ? Vous désirez faire justice tout seul ? Mais qui croyez-vous être ? Personne ne possède ce droit à part notre seigneur tout puissant qui est aux cieux. Et lui-même ne se permet pas d’agir comme vous le faites ! Regardez ! Ressentez-vous du plaisir à la vue de cette scène ? Vous ne valez pas mieux qu’eux ! Ne vous a-t-on pas appris à contrôler vos sentiments ? Vous qui semblez être issu de la noblesse, ne pouvez-vous donc pas vous tenir convenablement ? C’est intolérable ! Vous pensez pouvoir vous comporter comme vous le souhaitez car vous détenez des privilèges ? C’est faux ! C’est interdit ! Cet homme là qui est presque à l’agonie ne vous fait-il donc aucun effet ? Etes-vous conscient de ce que la mort représente ? On dirait que vous ne connaissez pas le sens de ce mot ! Vous ne pouvez pas vous venger ainsi ! Peu importe le prétexte ! Dieu fera justice lui-même, la roue tourne ne vous en faites pas. Il saura vous soulagez alors soyez patient. Le dialogue n’aurait-il pas été une bien meilleure solution ? La haine et la colère ne mènent à rien ! Le véritable problème ne disparaitra pas pour autant croyez-moi. Votre comportement est tout simplement honteux ! Je ne vais pas bouger de endroit alors calmez-vous, vous ne lui ferez rien tant que je suis là ! »

Voilà. Evangeline avait exprimé son point de vue sans lâcher le noble des yeux. Lui avait-elle fait la morale ? Sans doute. Se sentait-elle soulager ? Pas totalement. L’homme qui se trouvait debout dans cette position ne semblait pas réagir pour l’instant. Après un silence, la demoiselle crispa les points. Un élan de colère la prit et celle-ci se leva furtivement pour gifler son interlocuteur. Sa main était partie toute seule sans qu’elle puisse se contrôler. La demoiselle se rendit compte de son geste inacceptable pour une religieuse. Elle resta là sans réagir ; surprise de sa propre action tout en fixant sa main pleine de sang. La colère. L’un des sept pêchés capitaux. Elle baissa la tête honteuse, ses yeux regardant dans le vide. Il fallait qu’elle s’excuse. Elle ne pouvait faire comme si rien ne s’était passé. La jeune fille n’avait pas contrôlé ses sentiments alors qu’elle avait parlé de cela à l’homme quelques minutes auparavant. L’inquisitrice déglutit.

« -Je suis navrée… Je n’aurais pas dû m’emporter ainsi, déclara-t-elle de sa voix cristalline. »

Evangeline entendit alors une sorte de grondement venant de derrière. Elle tourna la tête dans cette direction et aperçut l’homme blessé. Il toussait, crachant parfois du sang. Il semblait un peu avoir récupéré mais son regard fixait le noble avec peur. La jeune fille s’approcha de lui et se mit à genoux pour être à sa hauteur et reprendre ses soins. Mais l’homme en décida autrement. Il lui prit fermement l’épaule pour la tirer vers lui et chuchota difficilement à son oreille.

« -Ne restez pas là, fuyez ! »

Evangeline resta perplexe pendant un moment. Elle se détacha de l'homme et tourna lentement sa tête vers le noble qui semblait répandre la terreur. Elle n’avait pas peur de lui. Elle n’avait jamais eu peur de personne. Et elle ne laisserait pas l’infirme seul avec son agresseur. Le seul problème était les questions que la demoiselle se posait. Elle avait toujours été curieuse. Et cette situation ne faisait que renforcer ce trait de caractère. Elle s’interrogeait.

« -Qui êtes-vous ? Quel genre d’individu êtes-vous ? Demanda alors la jeune fille. »

Oui. Voilà les réponses qu’elle désirait. Quel genre de monstre était-il ?


Dernière édition par Evangeline McDowell le Mar 27 Oct - 17:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Démon et la Religieuse~ [PV Aleksandr D. Ezequiel] FINISHED    Lun 15 Juin - 13:36



L'ambition, l'amour, l'avarice, la haine, tiennent comme un forçat son esprit à la chaîne. ▬ Nicolas Boileau ; << Satires >>



L’inconnue semblait plutôt avenante par rapport au seul homme qui était encore plus ou moins lucide, blessé mais lucide. En m’approchant je pouvais les voir grâce à la lueur du lampadaire, visiblement, elle devait avoir des bases en ce qui concerne les premiers soins malgré le fait que son ‘’patient’’ ait tenté de la repousser. Pour elle, cela voulait sûrement dire qu’il n’avait pas besoin d’aide, mais au fond, il voulait certainement la prévenir de ma présence, la prévenir du danger, lui faire comprendre qu’elle devait partir. Mais il fallait croire que ce n’était pas suffisant, car après tout, elle était restée.

Au moment où je venais de taper du pied au sol derrière elle, elle se retournait vers ma direction mais son regard n’arriva pas jusqu’à moi cependant : Il resta bloqué sur le cadavre gisant dans son sang derrière moi. Comment avait-elle fait pour ne pas l’entendre s’écrouler ? Etait-elle trop occupée à penser aux besoins du blessé ? Ou était-elle perdue dans ses pensées à se poser moult questions sur ce qu’il s’était passé ici, et pourquoi ?
Quoi qu’il en soit, la réalité l’arracha violemment de sa bulle et elle n’avait pas l’air d’apprécier la scène si l’on se base sur le cri que sa gorge libéra, ce qui me fit pousser un grognement fortement agacé : Manquerait plus qu’une passante fasse trop bruit et attire du monde.
Le regard figé sur le cadavre, elle vint se tenir la tête qui était dévoré par la tristesse, et rapidement, elle se dirigea vers le cadavre sans prêter attention à ma présence … Et se mit à prier en sortant un chapelet ? Que pouvait bien faire une religieuse dehors ? Il me semblait pourtant qu’aux couvents, le couvre-feu était relativement tôt et assez strict, selon mon avis personnel, bien entendu : Je n’avais jamais mis les pieds dans un endroit pareil.

Finalement, elle finit par parvenir à remarquer ma présence, sa tête était inclinée vers mes pieds et se relevait peu à peu jusqu’à atteindre mon propre visage. Elle semblait me scruter dans les moindres détails, mais au moins, je pouvais également voir son visage : Elle était jeune. Beaucoup trop jeune à mon goût. Ou elle était sortie en douce d’un couvent ou de l’abbaye pour se promener dans les rues de Londres en pleine nuit, ce qui reste relativement malsain pour être venue jusqu’ici … Ou alors … Elle n’était pas qu’une simple religieuse.
Ses yeux étaient d’un bleu plutôt profond … Légèrement plus clair que les miens cependant et … Davantage globuleux. Son visage et ses traits étaient encore ceux d’un enfant et même si elle était accroupie, il n’était pas difficile d’évaluer sa taille debout, elle ne devait pas être bien grande. Si ça se trouve, elle n’avait même pas 20 ans ?
Alors que je l’observais tout en réfléchissant longuement, sans pour autant perdre la dureté et sévérité présente sur mon visage, je vins remarquer dans l’ombre de la capuche de sa cape une mèche de cheveux … D’une couleur, délavée ?.. Une interrogation supplémentaire s’ajouta dans mon crâne mais je n’eus cependant pas le temps de faire quoi que ce soit qu’elle toussa un instant, sans doute pour s’éclaircir la voix, avant de se mettre à parler.

   
 
▬ "C’est vous ? Vous qui êtes à l’origine de ce carnage ? Vous désirez faire justice tout seul ? Mais qui croyez-vous être ? Personne ne possède ce droit à part notre seigneur tout puissant qui est aux cieux. Et lui-même ne se permet pas d’agir comme vous le faites ! Regardez ! Ressentez-vous du plaisir à la vue de cette scène ? Vous ne valez pas mieux qu’eux ! Ne vous a-t-on pas appris à contrôler vos sentiments ? Vous qui semblez être issu de la noblesse, ne pouvez-vous donc pas vous tenir convenablement ? C’est intolérable ! Vous pensez pouvoir vous comporter comme vous le souhaitez car vous détenez des privilèges ? C’est faux ! C’est interdit ! Cet homme là qui est presque à l’agonie ne vous fait-il donc aucun effet ? Etes-vous conscient de ce que la mort représente ? On dirait que vous ne connaissez pas le sens de ce mot ! Vous ne pouvez pas vous venger ainsi ! Peu importe le prétexte ! Dieu fera justice lui-même, la roue tourne ne vous en faites pas. Il saura vous soulagez alors soyez patient. Le dialogue n’aurait-il pas été une bien meilleure solution ? La haine et la colère ne mènent à rien ! Le véritable problème ne disparaitra pas pour autant croyez-moi. Votre comportement est tout simplement honteux ! Je ne vais pas bouger de endroit alors calmez-vous, vous ne lui ferez rien tant que je suis là !"

Je rêve ou une enfant venait de me faire la morale du haut de sa voix parfaitement limpide et claire ? Un sermon ? Une enfant ? Une humaine ? Si je le pouvais, j’aurais bien pris un air étonné, cependant j’étais encore bien trop en colère pour changer d’expression, mais je n’en restais pas moins surpris, même si ce qu’il venait de se passer m’agaçait légèrement au fond, certainement dû au fait que j’étais justement énervé. Cependant, encore une fois, je n’eus pas le temps de réagir. La demoiselle s’était levée et avant même que je puisse comprendre son intention, sa main claqua violemment contre ma joue qui fit presque basculer mon couvre-chef de ma chevelure.

   
 
▬ « … »

Elle était immobile. Elle fixait sa propre main qui d’ailleurs était couverte de sang, certainement celui de l’homme qu’elle avait assise contre le mur. Elle était silencieuse. Puis elle baissa la tête. De la honte ? Son geste était irréfléchis, involontaire ?

   
 
▬ "Je suis navrée… Je n’aurais pas dû m’emporter ainsi"

Et maintenant, j’avais droit à des excuses ? Mais, vraiment, où allait le monde ? Qui était donc cette jeune fille ? D’abord, j’avais droit à toute une morale au sujet de la violence, de la colère, de la vengeance et de la justice. Ensuite, je me fais gifler et ce avec force, avec colère, ce qui était en totale contradiction avec ses précédentes paroles. Et finalement, reconnaissant sa faute et la contradiction dont elle venait de faire part, elle s’excusait ? Elle était bien trop pure pour vivre dans un couvent. Ou le couvent l’avait rendue ainsi mais alors elle n’aurait plus rien à y faire car le travail était parfaitement accomplie, c’était certain. Ou presque. Il restait à expliquer pourquoi elle se trouvait ici-même.
Perdu une nouvelle fois dans mes pensées et mes réflexions, le dernier des trois hommes que j’avais attaqué attira l’attention de la demoiselle en grondant. Ça par contre, elle l’entendit et sans perdre de temps ! Je vous jure … Prêter davantage attention aux râles d’un blessé qu’au bruit lourd d’un homme qui s’écroule. Elle s’apprêta à reprendre ses soins mais l’individu n’était pas de cet avis, il l’attira pour pouvoir chuchoter à l’oreille de la demoiselle … ‘’Chuchoter’’ …
Un soupir très clair et profond s’échappa de mes lèvres. La discrétion de cet homme faisait peur à voir. Mais au moins il faisait preuve de bon sens, en lui demandant de s’en aller, même si fuir était un mot un peu gros, après tout, je n’avais rien à reprocher à la jeune fille, si ce n’est un sermon et une gifle bien que cette dernière ait été suivie d’excuses. Malheureusement pour le blessé, elle n’était pas de cet avis et ne comptait pas partir et le laisser, me toisant à nouveau du regard.

   
 
▬ "Qui êtes-vous ? Quel genre d’individu êtes-vous ?"

Je la fixais longuement droit dans les yeux, plongeant mon regard de saphir dans le sien. En quelques instants, elle avait posé un certain nombre de questions auxquelles je n’avais pas encore eu le temps de répondre mais elle en rajouta encore. La jeunesse : Impossible pour eux d’y aller doucement et de prendre le temps de poser une question, d’obtenir une réponse, et ensuite, de poser une nouvelle question, et ainsi de suite. Un haussement d’épaules se laissa distinguer dans ma silhouette et un énième soupir se laissa entendre.
Cependant je pus voir l’homme blessé qui semblait chercher quelque chose sur lui, mais cette fois-ci il était bel et bien discret, la jeune fille ne pouvait pas le voir ça et il en profita pour en sortir une petite arme à feu. Mhpf … Il se figea en remarquant mon regard qui le toisait à son tour et il hésita, cependant, mon visage changea enfin d’expression pour perdre cet air énervé et le remplacer par un fin sourire.

   
 
▬ « Vas-y. Fait le. Après tout, j'ai tué tes deux compagnons. Tes amis. »

Son regard s’illumina brièvement au son de ma voix, comme si chaque instant qu’il avait passé en la compagnie de ses deux amis se déroulait sous ses yeux, comme pour le motiver. Et très vite, il pointa son arme vers moi et fit feu à plusieurs reprises, un léger sourire presque malsain et au bord de la folie sur son visage se dessinant peu à peu entre deux respirations difficiles et bruyantes.
Mais son visage changea très vite pour laisser place au désespoir en ne me voyant pas tomber. Je restais debout, face à lui et à la jeune fille, le torse criblé de quelques impacts de balles qui saignaient. Baissant la tête, je portais une main sur ma chemise et ma veste : Dire que je venais de les mettre. Ça en valait bien la peine ! Je relevais mon regard sur les deux humains, posant une main sur mes hanches, une moue presque boudeuse aux lèvres, mais qui laissait davantage voir de la pitié et de la tristesse. Mais le blessé était déjà ailleurs. Son regard était livide et il transpirait vivement, haletant à ma vue. La déception, le désespoir, la dure réalité de ne pas pouvoir tuer celui qui venait de massacrer ses amis. C’était visiblement de trop pour lui qui décida d’amener le canon de son arme contre son propre crâne de son propre-chef, car pour une fois, ce n’était pas de ma volonté si un suicide se préparait et allait se produire. Cependant … Je n’étais pas d’accord.

   
 
▬ « Tu fuis ? Lâche que tu es, face à la difficulté et à un obstacle, tu renonce à la vie ? Tu me dégoûte. Tes amis sont morts, et comme tu ne peux pas les venger tu préfères fuir et leurs tourner le dos en jetant ta vie aux orties. Au lieu de vivre pour eux qui n'ont pas cette chance, ce choix. Pitoyable. J'ai bien fait de les massacrer et de les épargner d'un tel "ami" ... Tu es le seul en vie, mais tu y as renoncé. »

Je lui lançai un regard sévère et déçu pour ponctuer mes paroles et voir s’il allait changer d’avis et baisser son arme, cependant, malgré la petite étincelle qui brilla dans ses yeux en m’écoutant parler, il reprit cet air vide et déjà mort, prêt à appuyer sur la détente. Mais très vite, je lui laissai un regard très lourd en libérant mon aura pour le faire plonger dans une illusion comme je l’ai fait avec l’homme qui était figé sur place, ayant utilisé pour mes pouvoirs et mes illusions pour l’ordonner de ne pas bouger en lui donnant l’impression qu’il était mort s’il bougeait, et pour qu’il se suicide. Cependant, pour cette fois, j’utilisai mes pouvoirs pour l’arrêter et le faire tomber dans un profond sommeil, soupirant longuement. Même si la jeune fille était bien naïve et que son discours était beaucoup trop beau pour ne pas être faux ou simplement encastrée dans sa mémoire à force de bourrage de crâne par l’Eglise, son innocence et son honnêteté ne me laissaient pas de marbre. Et elle avait des manières malgré le fait qu’elle m’ait frappé. Alors j’avais décidé de laisser l’homme blessé en vie et de faire une exception. Cependant, maintenant que j’en avais finis avec ces derniers, il me restait à élucider le cas de cette demoiselle.

   
 
▬ « Mh … Je vais t’écouter, et pour cette fois, laisser la roue tourner comme tu l’as dit. Même si je n’y crois pas nécessairement. Je ne suis pas du genre à discuter lorsque l’on insulte celle que j’aime comme si elle n’était qu’un objet de perversion et de dépravation qui réduisait les hommes en esclavage pour son unique plaisir et son bien-être. Lorsque l’on juge autrui sans connaître. Ma fiancée n’est pas une simple chanteuse et danseuse de cabaret et pas une vulgaire femme de joie ou courtisane sans fierté. Elle a un cœur grand comme le monde, et plus encore, même si c’est déjà très surprenant chez un être humain de retrouver autant de compassion, de gentillesse, et de bonté. Mais être illuminé par tant de … Perfection ne m’empêche pas de ne pas éprouver le moindre remord après ce que je viens de faire. Au contraire. Ils ont salie cette fameuse perfection selon des idées personnelles d’ignorants. Et pour répondre à l’une de tes nombreuses questions, je me prénomme Aleksandr Dante Ezequiel, Grand, et Infante d’Espagne. Et concernant ce que je suis, je pense que le fait de tenir debout malgré le fait de m’être fait tirer dessus à plusieurs reprises devrait être assez explicite. Mais assez bavardé et à mon tour de poser des questions. Ce n’est ni l’endroit, ni l’heure pour se promener quand on est une petite fille. Jeune, et bien éduquée qui plus est. D’ailleurs, ce n’est pas grave pour la gifle, je suppose que je l’ai mérité même si cela allait en parfaite contradiction avec ton petit monologue. Alors sois sage et polie, et réponds à mes questions à ton tour. Qui es-tu ? »

Je fis un pas en avant, montrant clairement que je voulais des réponses. Sa manière de parler de Dieu m’énervait au fond car cela me rappelait un ‘mauvais’’ souvenir : Ces années de captivité à l’Inquisition en Italie. Ces sermons sans fin, ces morales, ces tortures, ces moqueries ; cette inhumanité de la part de ceux qui se prennent pour les sauveurs de la race humaine et qui se croient supérieurs à elle, et à nous. Mais cela pourrait expliquer pourquoi une jeune fille tiendrait de tels propos. Elle a été bien éduquée … ‘’Eduquée’’
Endoctrinée. Je m’arrêtais devant elle sans exposer la moindre hostilité malgré tout. Mais si elle était un pion de l’Inquisition, sa présence ici pouvait très bien ne pas être le fruit du hasard. Mais elle était seule. Pas un seul autre pion n’était venu depuis qu’elle était dans la rue. Maintenant je me posais une autre question : Si elle faisait partie de l’Inquisition, pourquoi était-elle seule ? A quoi pensaient-ils dans leurs monastères bien trop luxueux pour des hommes de foi ? Etait-elle plus apte à ma capture que tous ceux qu’ils ont envoyé jusqu’à maintenant ? Au point de n’avoir l’aide de personne d’autre ? Pourtant, elle avait paniqué à la vue du cadavre, du sang de l’homme qui s’est suicidé sous mes ordres. Ça n’avait pas de sens. Il devait y avoir une raison à cela.
Soudainement je me mis à genoux face à elle parce qu’elle était vraiment petite, j’étais bien obligé de me baisser autant et même ainsi ma tête restait bien au-dessus de la sienne.

Dans un geste lent et presque doux, je vins me saisir de sa capuche pour la faire basculer en arrière et la découvrir, afin de voir parfaitement à qui j’avais à faire. Et je ne pus m’empêcher d’être surpris, d’être presque figé à la vue de cette chevelure de soie qui s’étala tout autour d’elle.
Même si ses yeux étaient bleus, sa peau était particulièrement blanche, son visage était celui d’un enfant, et ses cheveux étaient longs, et presque blancs … Même si ses yeux étaient bleus … En un instant, c’était comme si je venais de voir mon propre visage en soulevant cette capuche.
Etait-ce là le plan de l’Inquisition ? Envoyer un enfant pour me capturer, un enfant qui était mon portrait craché ? Etait-ce volontaire ? Ou une simple coïncidence ? Je ne pus m’empêcher de plisser les yeux devant elle, je ne comprenais rien et cela m’agaçait fortement. Elle avait intérêt de me répondre, et vite, car j’allais vite perdre patience.



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MessageSujet: Re: Le Démon et la Religieuse~ [PV Aleksandr D. Ezequiel] FINISHED    Ven 19 Juin - 12:02

Le Démon et la Religieuse

Evangeline n'avait pas laissé une seconde de répit à son interlocuteur. Trop de choses lui avaient traversé l'esprit et elle avait besoin de tout déballer sans interruption. Le noble n'avait pas eu le temps de réagir ou de répondre quoi ce soit. Lorsqu'elle avait laissé échapper un cri d'horreur, un grognement agacé était sorti de sa bouche surement parce qu'il ne voulait pas attirer du monde. Après le monologue de la demoiselle, celui-ci garda son expression froide et la claque vint faire basculer son chapeau sans pour autant le faire tomber. Le bruit de la gifle résonna dans la ruelle qui redevint petit à petit calme. Le bourreau resta silencieux, la jeune fille enchainant le dialogue. Lorsque le blessé chuchota à l'oreille de la jeune fille, le noble soupira profondément d'agacement ou d'un autre sentiment. Il avait entendu la mise en en garde. Plus le temps en sa compagnie passait, plus elle l'observait. Ses yeux étaient bleus, d'un bleu particulier comme du saphir. Sa chevelure était brune et il était grand, très grand. Il devait au moins faire deux mètres et la religieuse paraissait tout simplement minuscule. On pouvait dire qu'il l'intriguait fortement.

Après sa dernière question, le noble la fixa dans les yeux. Evangeline n'aimait pas cela. Ils ne reflétaient rien de bon. Finalement il détourna le regard dans une autre direction, celle du blessé et un fin sourire se dessina sur ses lèvres. "Vas-y. Fais-le. Après tout, j'ai tué tes deux compagnons. Tes amis". La demoiselle resta indignée et fronça les sourcils. Comment pouvait-il en parler ainsi, remuer le couteau dans la plaie ? Il était décidément détestable. Elle tourna la tête pour apercevoir l'homme, une arme à feu à la main. Les yeux de la religieuse s'écartèrent de surprise. Celle-ci marmonna comme pour elle-même "Ne faites cela" avec un regard suppliant. Elle ne voulait pas qu'il devienne comme son agresseur, elle ne voulait pas qu'il devienne un monstre. Il tira alors plusieurs fois et elle put distinguer un sourire se rapprochant de la folie sur ses lèvres. Il voulait venger ses camarades. La jeune fille ferma les yeux quelques minutes après les coups de feu. Elle ne voulait pas se tourner, elle ne voulait pas voir une nouvelle fois la mort. Après un long silence elle décida de les ouvrir. L'infirme semblait désespéré et déçu. La demoiselle tourna finalement la tête avec courage.

Le noble était là. Bien vivant. Debout. Evangeline cligna plusieurs fois des yeux. Etait-ce une hallucination ? Non. Son torse possédait les traces des impacts de balle mais il n'en était pas mort pour autant. Il resta là, la main sur la hanche et une moue presque boudeuse qui laissait transparaitre… De la pitié ? La jeune fille esquissa un sourire mauvais. Il n'avait pas le droit de ressentir de la pitié. Pas après ce qu'il avait fait. Il n'était pas humain. Personne ne pouvait dire le contraire. La demoiselle commençait à rassembler toutes les pièces du puzzle. Elle fixa le sol essayant de se concentrer. En quelques secondes toutes les informations découvertes s'emboitèrent les unes aux autres. Elle avait compris. C'était un Impur. Un autre sourire prit forme sur son visage différent que le précédent. La chasse était bonne ce soir-là.

Sa tête fit des aller-retours entre la victime et son agresseur. Le blessé avait positionné l'arme sur sa tempe, prêt à tirer. Le démon (maintenant qu'elle pouvait l'appeler comme cela)  fit une sorte de discours à l'homme suicidaire. Il lui disait qu'il était lâche car il préférait choisir la facilité, il préférait mourir. Il lui dit que ces amis étaient mieux morts et à l'abri d'un tel compagnon qui ne voulait pas se battre pour la vie. Que de belles paroles ! D'habitude, la jeune fille aurait donné raison au noble. Mais pas cette fois. Pourquoi ? C'est tellement évident. Parce qu'il s'agit d'un Impur, et les Impurs ont toujours tort. Au fond il n'avait pas son mot à dire. Comment pouvait-il donner ce genre de "conseils" alors qu'il venait de tuer les amis de l'homme ? Celui-ci devait être désemparé. C'était de la faute du démon s'il réagissait ainsi et il n'avait pas le droit de lui faire la morale. Il ne vivait pas la même chose que lui. Lui qui se croyait tout puissant.

Le démon, après avoir fixé sévèrement l'infirme, dégagea une aura étrange et l'homme tomba dans un sommeil profond. Il essayait peut-être de faire croire qu'il avait épargné sa victime dans un élan de gentillesse mais la jeune fille n'était pas dupe ! Décidément elle les détestait. Tous ces Impurs. Evangeline leur vouait une haine noire. Tout ce qu'elle voulait, c'était les voir morts. Un Impur venait encore du tuer les proches du personne. Tout comme cela avait été le cas pour elle il y a longtemps de cela. Depuis le début de cette soirée, ses réactions avaient été beaucoup trop enfantines et non réfléchies. Il faut dire qu'elle n'avait pas l'habitude de se trouver face à tant de problèmes en même temps. Un agresseur, deux victimes, une qui se suicide et l'autre qui désire faire la même chose. Désormais, elle ne ferait plus de faux pas. Elle était redevenue la jeune inquisitrice prodigieuse et de génie que tout le monde respectait. Elle n'aurait en aucun cas pitié de lui. Depuis qu'elle avait découvert sa vraie nature, elle regrettait même de s'être excusée. Jusqu'à maintenant elle avait fait preuve de tolérance car elle ignorait la présence d'un démon. Mais elle avait repris ses esprits ayant retrouvé un but précis. Depuis qu'elle avait compris sa vraie nature, son état d'esprit avait changé. Son regard reflétait sa détermination.

Le démon reprit la parole. Il disait qu'il allait écouter l'inquisitrice et le laisser en vie. Voulait-il qu'on le félicite ? Mais qu'il arrête de mentir ainsi. Evangeline ne croyait pas une de ses paroles ! Il avait une fiancée. Humaine en plus. Quelle erreur de la nature ! Comment pouvait-elle aimer un monstre pareil ? Avait-elle donc été embobinée par ses belles paroles ? Surement. Tellement de naïveté. Mais enfin, tout cela était la faute de l'Impur. Comme toujours. Il était les ténèbres incarnées. Il était les sept péchés capitaux à lui seul ! Il lui racontait sa vie et sa femme en lui vantant ses mérites. Mais La religieuse n'y faisait presque pas attention, elle faisait semblant d'écouter. Elle commençait déjà à réfléchir à un plan. Devait-elle lui donner son statut ? Non, il fallait mieux ne pas en parler. Après tout elle était une inquisitrice et lui un démon, cela pouvait le faire fuir et c'était la dernière chose qu'elle désirait.          
"Aleksandr Dante Ezequiel".
On aurait dit que le temps s'était arrêté à cette annonce. Ce nom résonna dans sa tête. C'était lui ! L'incube recherché par l'Inquisition. L'esprit malin ! Seuls quelques mots parvinrent ensuite aux oreilles de la demoiselle. "Petite fille", "bien éduquée", "sage et polie" "réponds à mes questions"… "Qui es-tu ?" Voilà ce que le démon voulait savoir. Elle laissa échapper un léger rire accompagné d'un soupir. Croyait-il vraiment qu'elle allait lui répondre ? Cela la fit rigoler intérieurement. Oui elle se moquait de lui avec un sourire enfantin sur le visage. Ce sourire que les enfants font quand ils préparent un mauvais coup.

Le démon fit un pas en avant alors qu'Evangeline recula la fixant toujours de son regard noir. Il s'était mis à genoux afin d'être à sa hauteur mais malgré cela elle le regardait toujours d'en bas ce qui l'agaçait énormément. La religieuse ne réagit pas sur le coup attendant de voir ce que l'être démoniaque allait entreprendre. Ses mains se rapprochèrent alors de son visage et virent finalement retirer sa capuche lentement. Son geste ne montrait aucune hostilité. Le noble semblait stupéfait. Il dévisagea la demoiselle et plissa les yeux comme s'il ne comprenait pas. Elle resta là un moment sans rien dire n'ayant aucune idée de ce qu'il se déroulait sous ses yeux. Pourquoi ? Pourquoi avoir désiré retirer sa capuche et la fixer ainsi ? Elle décida que cette situation s'était trop éternisée. L'inquisitrice dégagea violemment les mains du démon, remit sa capuche et recula frénétiquement. Sa tête cogna alors contre le mur.

"-Aie"

Evangeline se releva et se décala vers la droite afin d'être à une distance raisonnable du démon. Elle frotta l'arrière de son crâne. Celui-ci la faisait un peu souffrir. Elle avait déjà réfléchi à ce qu'elle allait faire. La demoiselle avait décidé de ne pas lui parler de son statut d'inquisitrice et de ne répondre que très vaguement à ses questions. Elle pouvait toujours mentir et se faire passer pour une simple religieuse qui avait connaissance des Impurs. De toute façon il devait déjà avoir vu son chapelet. Même si mentir lui était proscrit par la religion, s'il était nécessaire de le faire durant une mission, personne ne lui en porterait préjudice. Moins il aurait d'informations et plus elle aurait de marge de manœuvre. Elle pourrait le suivre une fois leur entrevue terminée mais avec les capacités qu'il devait avoir, il pourrait se volatiliser en un instant et elle finirait par perdre sa trace comme ses collègues avant elle. Non. Elle devait se servir de l'opportunité qu'il lui était donné et utiliser toutes les techniques qu'elle avait apprises. Elle devait le capturer par tous les moyens !

La jeune fille réfléchit un instant. Elle ne comprenait toujours pas pourquoi le démon l'avait fixé ainsi. Elle chercha alors dans ses souvenirs quelque chose qui pouvait lui faire comprendre. Une information essentielle qu'elle aurait négligée. Et c'est là qu'elle trouva. L'Inquisition lui avait décrit son apparence d'antan. Et selon eux, Aleksandr ressemblait assez à Evangeline. Coïncidence ? Non. Elle ne croyait pas à ce genre de chose. Alors c'était pour cela qu'ils avaient choisi de l'envoyer sur cette mission ? Elle servait d'appas ? Afin d'amadouer la bête ? Peut-être. Mais elle savait aussi qu'elle avait les meilleures capacités de toute l'Inquisition. La meilleure détermination. Et qu'elle était celle qui redoutait le moins les face à face avec ces êtres impurs. Peu importait la raison. Tant qu'elle pouvait les aider et nettoyer le monde de sa noirceur.
La religieuse se tourna vers le démon, avec un regard plein de reproches, afin de prendre la parole.

"-Ne me touche plus jamais. Tu es un être impur. De la pire sorte qu'il soit. Je ne vais pas répondre à toutes tes questions. Tu ne mérites pas de sortir de l'ignorance. Sache tout simplement que je me nomme Evangeline."

Le démon allait surement être stupéfait de son changement de caractère soudain. Mais enfin, elle n'en avait rien à faire. A la fin de son intervention, Evangeline passa ses mains dans les poches de sa cape. A droite se trouvait le chapelet qu'elle avait sorti pour prier un peu plus tôt et à gauche son petit livre de prières. Tout était en place. Elle allait pouvoir commencer. Mais un bruit vint interrompre son élan. Soudain la poignée de la porte du bar tourna légèrement. Evangeline se crispa. Et si quelqu'un venait à sortir par là ? Et s'il voyait ce carnage ? Qu'en penserait-il ? Comment réagirait-il ? Peu de gens empruntaient pourtant cette issue. La porte commença alors à s'ouvrir dans un crissement et la demoiselle accourut dans cette direction. Le gérant du bar sortit alors et se stoppa net en voyant la religieuse juste devant lui alors qu'il ne s'y attendait pas du tout. Elle essayait d'attirer son attention le plus loin possible des blessés. Les deux jeunes gens se connaissaient bien.

"-Est-ce que tout va bien Evangeline ? Demanda-t-il. Il me semble avoir entendu du bruit tout à l'heure.
-Tout va bien ! Répondit-elle dans la seconde qui suivait. Ne vous en faites pas."

La jeune fille inclina légèrement la tête sur le côté et lui fit son sourire habituel. Celui qui se voulait rassurant et qui laissait paraître toutes ses dents. Le gérant hocha la tête en signe de satisfaction. Il ne semblait pas avoir regardé plus loin que le joli visage d'Evangeline. Mais au moment de refermer la porte, il tourna une dernière fois la tête pour saluer la jeune fille et ses yeux s'écarquillèrent puis se plissèrent pour mieux voir. Il était désormais au courant. La demoiselle déglutit. Comment allait-elle faire pour gérer cela ?


Dernière édition par Evangeline McDowell le Mar 27 Oct - 17:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Démon et la Religieuse~ [PV Aleksandr D. Ezequiel] FINISHED    Sam 20 Juin - 14:01



L'ambition, l'amour, l'avarice, la haine, tiennent comme un forçat son esprit à la chaîne. ▬ Nicolas Boileau ; << Satires >>




   
 
▬ "Ne me touche plus jamais. Tu es un être impur. De la pire sorte qu'il soit. Je ne vais pas répondre à toutes tes questions. Tu ne mérites pas de sortir de l'ignorance. Sache tout simplement que je me nomme Evangeline."

Son caractère avait bien changé, et me rappelait encore plus ce quasi siècle de captivité dans des cachots, traité comme un vulgaire animal. Mes articulations me piquaient et ma chair me lançait légèrement suite à de nouveaux souvenirs.
Elle avait également pris ses distances, se reculant, et remettant sa capuche pour couvrir sa tête. Pendant quelques instants, elle plongea ses mains dans des poches : Des armes ? De quoi se battre ? Cela ne faisait que confirmer mes soupçons, et ce, encore plus lorsqu’elle me donna son nom. La dernière fois que des pions de l’Inquisition étaient venus à ma rencontre pour tenter de me capturer de plus belle, j’ai retrouvé une missive officielle d’un siège de l’Inquisition qui remerciait la troupe pour m’avoir possiblement localisé, et qu’ils enverraient très vite l’une de leurs meilleures, si ce n’est pas pour dire la meilleure, inquisitrices ; qui répondait au nom d’Evangeline.

Une gamine donc, mais pas une gamine à prendre à la légère ? Ça n’avait pas de sens. A moins qu’elle ne soit qu’à moitié humaine, ou alors … J’avais une fois entendu dire que, l’Inquisition, faisait passer diverses épreuves et rîtes à leurs meilleurs chasseurs, en les faisant goûter à la haine des démons. Aurait-elle subit de tels rîtes ? Peut-être avait-elle goûtée à la peur et à la haine de mon espèce même avant. Mais cela pourrait expliquer cette estime qu’avait l’Inquisition d’elle : Une gamine pourrie jusqu’à la moelle par la doctrine de vieillards avides de pouvoirs et d’autorité, d’argent.

Puis mes yeux vinrent tourner presque en même temps que les siens vers la porte du bar par où j’étais sortis à la base avant ma petite bagarre de rue ; quelqu’un était en train de tourner la poignée de cette dernière. Je ne pouvais pas voir qui cela pouvait bien être, la porte n’était pas suffisamment ouverte pour que je le puisse, mais cela voulait au moins dire que l’on ne me verrait pas non plus. Par contre, la religieuse s’élança dans cette direction pour bloquer l’accès avant de discuter avec quelqu’un. Ils semblaient se connaître, il l’appela Evangeline : Au moins j’étais sûr de son prénom. Elle cherchait visiblement à cacher ce qui se trouvait derrière elle, à faire rentrer son ami à l’intérieur qui avait entendu du bruit. Pendant ce temps, je sortais une missive de ma chemise pour en feuilleter le contenu, il s’agissait de celle que j’avais justement volé et où il était fait mention de cette demoiselle, je voulais voir si je n’avais pas manqué quelque chose, ou si je ne pouvais pas apprendre quoi que ce soit sur elle.
Mais ce fut à peine si j’avais eu le temps de lire quoi que ce soit que du bruit commença à arriver de l’autre bout de la rue, on pouvait entendre des hommes presque hurler : ‘’Il est par là !’’
C’est exaspérant ces personnes qui font un raffut pareil en pleine nuit. Pas moyen de me concentrer. Je plissai les yeux en essayant de lire rapidement la lettre cachetée, cette dernière étant un peu longue, mais en quelques instants, un bruit sourd explosa dans la direction des voix que j’avais précédemment entendues et la feuille se déchira presque instantanément. Un coup de feu ? Encore ? Ma tête se tourna brusquement pour voir ce qu’il en était et je ne pus m’empêcher de me pincer les lèvres : Il y avait pas mal de monde, et je les avais croisé dans une cave plus tôt dans la soirée. Et ils semblaient, mécontents, tout en me regardant, pointant plusieurs fusils dans ma direction. Auraient-ils un reproche à me faire ?

« Rends-nous l’opium que tu as volé ! On va te faire la peau, et te dépouiller espèce de noble arrogant ! »

Mince, je ne m’attendais pas au fait qu’ils le remarquent. Encore moins au fait qu’ils me rattrapent. Moi qui pensais avoir fait une bonne affaire en me servant dans leurs affaires après qu’ils m’aient extorqué quelques pièces d’or pour une information qu’ils n’avaient pas. En tout cas, ils avaient l’air de tenir à leur opium, et qu’ils avaient vraiment envie de la récupérer.

   
 
▬ « Voyons braves gens, ai-je seulement l’air de me promener avec de la drogue ? Il y avait tellement d’opium sur votre table que mon chapeau n’aurait même pas suffire pour en prendre ne serait-ce que la moitié ! Est-ce que mon couvre-chef vous donne l’impression de contenir quoi que ce soit ? D’ailleurs, vous devriez savoir que l’opium c’est mal, et que le fait d’en vendre aussi. Vous êtes sûrs que ce n’est pas quelqu’un de votre petite famille qui s’est servi pour avoir une plus grosse part de votre trafic ? »

Visiblement, le fait d’avoir essayé de les monter les uns contre les autres n’avait pas fonctionné, mais ne leurs avait également pas plu, et je pouvais dire cela en me basant sur un second tire qui vint atteindre ma jambe droite sans sommation. Je commençais à en avoir assez de me faire tirer dessus comme un vulgaire lapin. Ils commencèrent à s’avancer dans la ruelle pour se rapprocher, et quelques-uns portèrent leur regard sur la religieuse et la personne qu’elle tentait d’empêcher de sortir. Mêler des innocents à leurs problèmes d’argent et de drogue ? Ces types là en étaient bien capables car tout ce qui comptait pour eux, c’était le doux son des pièces d’or. Je tournais la tête vers la dénommée Evangeline, elle semblait ‘’coincée’’, son ami avait-il vu le cadavre baignant dans son sang et l’homme couvert de blessures contre le mur juste derrière elle ? Qu’est-ce que je n’ai cessé de dire tout du long de la soirée ? La curiosité mes amis, un bien trop vilain et dangereux défaut.
Puis un ‘’Chopez le !’’, m’alerta facilement qu’il valait mieux partir d’ici, et vite. Mais il était hors de question que le fait d’avoir volé un peu d’opium m’empêche de soutirer des informations de la part de cette Inquisitrice, il était hors de question que l’Inquisition me mette des bâtons dans les roues.

Je lâchai la missive pour balancer un de mes bras dans la direction de cette troupe enragée pour leurs lancer une carte qui s’extirpa de ma manche avant de se révéler n’être que tout un paquet qui se dispersa devant eux, et cela également semblait les énerver, il suffisait de les entendre se plaindre. Mais assez de temps perdu, sans prévenir, j’attrapai le bras d’Evangeline pour la reculer de la porte vers laquelle je lançai un ‘’Fermez cette porte immédiatement’’ avant de la claquer moi-même d’un coup de pied avant de me mettre à courir en entraînant la demoiselle avec moi. Jetant un regard en arrière, je pus constater que je n’avais pas jeté suffisamment de cartes pour les retenir, ça m’apprendra de n’en lancer qu’un seul ! Et cette fille qui trainait !
Grognant, je tirais sur son bras pour la soulever devant moi et la porter, heureusement qu’elle était petite, malgré le fait que j’étais plutôt svelte pour ma taille, elle ne risquait pas de prendre une balle perdue. Manquerait plus que ça.
J’esquivais de justesse plusieurs coups de feu dans ma direction alors que je prenais une autre rue : Ils n’avaient visiblement pas peur, ou ils n’avaient juste rien à faire du fait qu’ils faisaient beaucoup de bruit, si un chat passait par ici il se prendrait certainement, et injustement, plusieurs balles. Même s’il devrait pouvoir les esquiver, car après tout, un chat reste un chat. Et un jour ils gouverneront … Je divague.
Pendant ce temps, ça continuait de râler et de tirer derrière moi : Qui sait, peut-être qu’à force, ils finiront par percer ; haha. Haha. Une balle frôla ma magnifique chevelure d’ébène en sifflant, ce qui me fit glousser et grogner, comme un avertissement presque divin, m’ordonnant d’arrêter ces mauvaises blagues, car ce n’était pas du tout le moment. Ce qui n’était pas entièrement faux, je dois l’avouer.

Rues après rues, j’avais sûrement dû perdre un bon quart d’heure de ma vie à fuir et courir dans des rues qui ne me disaient rien, et ce, à la va vite. Ce expliqua certainement pourquoi au bout de ce quart d’heure ma route s’arrêta dans une impasse ? Je pense que cela devait être lié. Mais je n’étais pas tout à fait sûr. Le doute était permis.
J’étais face au mur d’un bâtiment relativement haut et ancien, et sur les côtés c’était des murs quasi identiques. Après avoir couru il allait me falloir grimper maintenant ? Avec une seule main ? Mais où va le monde je vous jure ! En plus, il y avait eu un peu de pluie en fin d’après-midi, les murs étaient encore humides, cela se voyait, les pierres qui les formaient brillaient comme des galets le long de la mer. Poussant un profond soupir, je pliais légèrement mes jambes en me préparant à sauter pour essayer de prendre un maximum d’avance sur l’ascension qui m’attendait mais … Une étrange odeur attira mon attention. Juste derrière moi, ou nous c’est comme vous voulez. Une odeur … De quelque chose qui brûle, mais une forte odeur. Sans me relever dans une position dite debout convenable, je tournais que très légèrement la tête pour lancer un vif regard dans mon dos : Ils étaient tous là. Aussi, quelle idée que de ne pas avoir cherché à éviter la balle qui s’est finalement logée dans ma jambe ! Je n’ai pas arrêté de boiter pendant toute la course à cause de cela, et je n’ai donc pas pu aller bien, après tout, la jeune fille était très légère : Un perroquet pourrait très bien s’envoler avec elle.
C’est quoi ce qui brille légèrement à leurs mains ? C’est ça qui sent le brûlé ? Des bouteilles ? Ils n’allaient tout de même pas oser ..? Faites qu’ils me rassurent … Je vous en supplie …
Ha non … Des trois bouteilles qu’ils avaient, les trois furent lancer dans notre direction.
Je me disais qu’ils devaient entretenir une relation étrange avec leur opium s’ils allaient jusqu’à utilise des bombes incendiaires … Vraiment particulière … Et qu’ils faisaient preuve d’un je-m’en-foutisme plutôt extrême niveau discrétion et politesse. Est-ce que vous jetez des bombes incendiaires sur le type qui emprunte votre style et oublie de vous le rendre ? Cette vieille dame à qui vous prêtez votre parapluie et qui ne vous le rendra jamais ? Cette enfant a qui vous tendez un de vos livres pour qu’il s’occupe et qui rentre chez lui avec ? Non ? Vous êtes quelqu’un de parfaitement raisonnable dans ce cas : Tout le contraire de ces brigands en manque d’opium.

Tout ce temps perdu à réfléchir en fixant ces fameuses bombes qui volaient droit vers nous dans mon dos. Dans un mouvement de recul, je lâchais la jeune fille de telle manière à ce qu’elle tombe sur le sol sur le ventre, prenant soin de bien placer sa capuche par-dessus sa tête et je fis volte-face en attrapant et lançant mon chapeau par la même occasion vers la religieuse tandis que je vins frapper les trois bouteilles de mon autre bras alors qu’elles arrivaient à ma hauteur, une grande flamme soufflant et brûlant l’air se libéra alors pour m’engloutir, ne laissant alors voir que ma silhouette, et ce, vaguement.
Qu’est-ce qui m’avait pris ? Pourquoi je faisais tout cela ? J’aurais très bien pu la laisser cette fille : Au pire, elle aurait été tuée, c’est tout. C’est une humaine, elle vouée à mourir. Pourquoi perdre mon temps à la protéger ? Pour des réponses ? Des informations ? Si j’avais seulement pu soupirer une fois de plus. J’ai dû le faire instinctivement. Si ça se trouve, tout cela, la drogue, ce gang, cette jeune fille qui me ressemblait quand j’avais son âge, tout ceci n’était qu’une mise en scène, qu’un seul et unique piège, une embuscade pour en finir avec moi. De la part de l’Inquisition, cela ne m’étonnerait même pas … Oui, c’est certainement parce qu’elle était le portrait craché de mon enfance que je n’ai pas pu la laisser. Parce qu’elle était le reflet de ce que je n’avais pas su préserver : Ma propre enfance. Ou peut-être que tout cette succession d’évènements n’avait rien à voir avec l’Inquisition, mais il n’en restait pas moins que je n’aurais pas pu pour autant.

Ils riaient, je les entendais malgré le crépitement des flammes dans lesquelles je me trouvais. Ils semblaient relativement amusés et contents d’eux, et s’en retrouvaient forts, et fiers.
Je fis un faible pas pour extirper une première jambe du feu de joie et ma deuxième jambe suivie pour m’en sortir, partiellement brûlé si ce n’était pas au bras avec lequel j’avais eu la brillante idée de contrer trois bombes incendiaires qui lui, était bien brûlé. Heureusement que j’avais eu le temps de placer mon autre bras devant mon visage pour limiter les dégâts, mais quelques-unes de mes mèches de cheveux n’avaient pas eu cette chance. Je pris une petite inspiration en restant immobile et presque stoïque alors qu’ils pointèrent leurs fusils aussitôt dans ma direction, près à tirer pour m’achever.

   
 
▬ « Hoï .. vous n’en n’avez pas eu ass.. »

De nos jours, en plus de se faire tirer dessus, cela se passait en plein milieu d’une phrase. Les gens n’avaient plus aucun respect pour la politesse et l’étiquette, comme quoi ça ne se faisait pas de couper la parole à quelqu’un, et ce encore moins en lui tirant dessus. Et ce fut bien le cas car une balle fila droit vers mon visage qui se pencha dans la direction de la trajectoire du tir. Mais cette fois-ci, je pu soupirer un bon coup. Je ne vois pas pourquoi j’essayais de les dissuader de faire des ‘’bêtises’’ car après tout ils étaient déjà bien partis pour en faire de plus grosse. Je lançai un regard en coin derrière moi, la petite religieuse était toujours par terre et c’était rassurant en un sens.
Du fait de ma grande taille, ils allaient tirer suffisamment haut pour qu’elle ne puisse toujours pas recevoir une balle perdue.
Tiens, ils ne tiraient plus ? Ah non, ils se demandaient si je n’étais pas mort debout, tout en continuant de rire, et s’ils ne devaient pas tirer encore un peu pour voir si j’allais rester debout ou finir par tomber à cause du poids du plomb.
Je m’étais suffisamment fait tirer dessus pour les cinq décennies à venir.
Je pris la peine de me redresser pour m’imposer de ma grande taille tout en leurs lançant un regard agacé. J’étais à bout. J’avais mal, mais j’étais surtout à bout. Ils firent un pas en arrière en me voyant faire, cependant ils ne baissèrent pas leurs armes, et un air agressif se dessinait sur leur visage.

Malgré le tir précédemment reçu à la jambe, je me mis à courir droit vers eux, alternant entre la gauche et la droite avec une certaine grâce malgré mon état actuel pour éviter les tirs isolés des plus stressés de la gâchette, n’en perdant pas un seul de vue, car je ne comptais pas en laisser un seul s’en sortir cette fois-ci, et ce n’était surtout pas la religieuse qui allait m’en empêcher. Je dû faire plusieurs mètres de cette manière jusqu’à arriver devant, les canons de leurs armes tous pointés vers mon visage ou mon buste, prêts à tirer un véritable barrage de balles en faisant feu tous en même temps. Ce qui me fit ricaner d’amusement, alors que je disparu de leur champ de vision in extremis, des cheveux de soies flottant et retombant plus bas, beaucoup plus bas. Cette apparence pouvait se révéler plutôt utile au final, même dans une situation difficile, j’arrivais à peine à leur taille. J’étais vraiment petit quand j’étais jeune.
Certains remarquèrent la présence de cette chevelure presque parfaitement blanche et la firent signaler, se demandant ce que faisais un enfant pile à cet endroit et où était passé le grand homme. Je relevais mon visage vers eux, ma peau finissant de perdre cet aspect brûlé et devenant particulièrement pâle, les fixant de mon regard rouge d’albinos.
Dans un grognement légèrement aigu, je vins me jeter au milieu de mes agresseurs pour commencer à danser parmi eux, secouant avec précision mes mains griffues et donnant parfois un battement d’ailes avec celles qui se trouvaient dans mon dos pour les griffer profondément plus haut, faisant gicler et voler leur sang tout autour de moi, entremêlé dans une danse endiablée et sanglante avec ma longue chevelure.

Mais contrairement à ce que j’avais fait subir à l’homme qui avait insulté l’élue de mon cœur de damné, je ne faisais preuve d’aucun acharnement et d’aucune colère. Je me contentais de me déplacer pour les frapper et les déchiqueter jusqu’à ce mort s’en suive, pour qu’ils arrêtent de me tirer dessus, pour qu’ils ne me jettent pas une bombe incendiaire de plus, pour qu’ils ne puissent plus avoir un comportement aussi dangereux et nocifs, et ce, pour de l’opium volé, et certainement par envie, par plaisir de faire du mal. Et il valait mieux que des types pareils disparaissent de la surface de ce monde, et ce pour tout le monde, et ça, personne ne pourrait me le reprocher : Pas même cette gamine de l’Inquisition avec ses morales et sermons soporifiques à mes oreilles.

Une fois que le corps du dernier trafiquant en quête de son précieux opium s’écroula lourdement et bruyamment sur celui de ses compagnons tombés avant lui pour la même raison, j’eus un petit mouvement de recul avant de tourner les talons à cette scène qui n’était ni atroce, ni belle à mes yeux. Il y avait plusieurs impacts de balles sur le mur juste derrière Evangeline qui devait être en train de prier à même le sol, en tout cas ça ne m’étonnerait pas de la retrouver en pleine prière. Mais au moins, elle n’avait pas l’air blessée, c’était déjà ça.
Je contournai le feu qui était en train de faiblir et de s’éteindre pour me baisser que très légèrement pour attraper mon magnifique haut de forme qui lui aussi, n’avait rien. Je n’avais pas besoin de me plier en quatre pour l’atteindre, pas avec cette forme, rien qu’en visualisant la religieuse debout, je pu constater avec un certain agacement que j’étais même plus petit qu’elle. Mais j’étais bon pour rester ainsi pendant un moment, je n’avais plus beaucoup de force avec tout ce qu’il s’était passé jusqu’à maintenant. Je plongeais une de mes petites mains dans mon chapeau pour y fouiller un peu, avant d’en sortir des sacs en peau qui contenaient le fameux opium qu’il cherchait, et il y en avait quelques-uns. Mais je les laissais tomber pour continuer à fouiller jusqu’à en sortir de nouveaux vêtements, et à ma taille. Après m’être fait brûler, tirer dessus, et avoir en plus pris l’apparence que j’avais dans ma fameuse jeunesse gâchée, je n’avais presque plus rien sur le dos, si ce n’était pas pour dire que j’étais parfaitement nu comme un nouveau-né qui sort du ventre de sa mère. Et ce qu’importe la nature de la mère et de l’enfant.
Je pris la peine, et fis preuve de la décence de tourner le dos à jeune fille qui pouvait très bien relever la tête à tout moment comme il n’y avait plus aucun bruit, si ce n’était celui de sa respiration de la mienne, et les crépitements des flammes qui étaient de plus en plus faibles. Je n’avais aucune raison de lui tourner le dos, mais je me disais que ça ne se faisait sûrement pas d’imposer la vue du corps nu d’un jeune garçon d’apparence, beaucoup plus jeune qu’elle. M’habillant rapidement avec des habits qui laissaient toujours sentir la noblesse que j’incarnais, je pris le temps de m’affubler d’une montre à gousset dans la poche de mon veston rouge à boutons d’or, d’un fin ruban rouge rayé noir autour de mon col et d’un autre bien plus épais et imposant noué en un parfait nœud de papillon à ma chevelure pour me coiffer d’une queue de cheval. Je ne pus empêcher mes petites ailes noires de déchirer très légèrement ma chemise blanche et mon veston pour se montrer, se remuer, avant de se rabattre contre mon dos. Je pris une longue inspiration. Cela faisait du bien de ne sentir aucune balles dans sa chair et plus aucune brûlures … Et d’avoir des vêtements en bon état, pas si comme si on venait de traverser tout un champ de batailles en pleine guerre.
J’avais un peu de sang sur mon visage, mais de simples gouttes, dont une beaucoup trop près de mes lèvres, elle coulait de ces dernières jusqu’à menton, mais j’avais nullement l’intention de le lécher. Mais je n’appréciais guère ce contact sur ma douce, il faut le dire, parfaitement blanche et immaculée en temps normal, en plus d’être douce.

Spoiler:
 

Je me retournais vers Evangeline en enfilant de petites chaussures pas moins luxueuses que celles que je portais avec ma grande taille et, la fixant de mon regard maintenant rouge comme des rubis en fusions, j’entre-ouvris mes lèvres pour laisser s’échapper ma jeune voix, presque aussi cristalline et mélodieuse que la sienne ; heureusement que mon visage avait des traits tout de même plus masculins sinon on aurait pu me prendre pour une fille, tout comme elle.

   
 
▬ « Vous n’auriez pas un mouchoir par hasard, que je puisses essayer ce sang sur ma joue ..? C’est … Particulièrement désagréable et dérangeant … »



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MessageSujet: Re: Le Démon et la Religieuse~ [PV Aleksandr D. Ezequiel] FINISHED    Mar 7 Juil - 13:45

Le Démon et la Religieuse~

Un ’Il est par là !’’retentit. Ceux qui avaient prononcé cette phrase semblaient se rapprocher rapidement mais Evangeline n'y fit pas tout de suite attention. Celle-ci continua de fixer le propriétaire du bar avec insistance mais c'est à ce moment-là qu'un coup de feu se fit entendre. Encore ? L'inquisitrice tourna alors rapidement sa tête dans la direction du bruit et aperçut un nombre imposant d'hommes. Ils ne lui étaient pas inconnus étant donné qu'elle trainait souvent dans le coin. L'un d'eux la dévisagea d'ailleurs avec hostilité. Elle regarda alors le démon qui tenait une sorte de feuille en lambeau. L'un des malfrats demanda qu'on lui rende son opium. Encore une fois, le noble ne créait que des problèmes. L'Impur se défendit comme il put en essayant de remettre la faute sur l'un des leurs ce qui ne plut pas et une balle vint se loger dans sa jambe comme réponse à son arrogance. Bien fait pour lui. La religieuse regarda la scène le sourire aux lèvres. Elle espérait secrètement qu'ils s'occupent de l'affaiblir pour elle. Cela la soulagerait quelque peu. La demoiselle chuchota au propriétaire du bar plusieurs paroles qui se terminèrent par un "Je vous remercie". Celui-ci acquiesça puis elle lui fit un petit signe de tête pour lui dire de rentrer à l'intérieur.

Avant même qu'ils aient le temps de bouger, Evangeline sentit une pression sur son bras puis fut forcer de reculer. Aleksandr ferma lui-même la porte et se mit à courir avec elle. Ayant été prise de court ses pieds s'emmêlaient et elle manquait de trébucher. D'ailleurs elle faisait tout son possible pour se faire lourde, elle ne voulait pas être vue en sa compagnie. Elle ne voulait qu'on l'assimile à lui. Elle était contre lui comme les gens qui les pourchassaient. Mais à cause de cette énergumène qui la tenait fermement les malfrats devaient croire qu'ils étaient de mèche. C'était une sensation plus que désagréable de se sentir ainsi traqué et de fuir. Surtout qu'elle n'avait rien fait. Mais cela personne ne le savait. Le démon finit par tirer sur son bras pour la passer devant et la porter. Elle était plus à l'abri à ce niveau. Les balles ne pouvaient pas l'atteindre et Aleksandr devait le savoir. Mais pourquoi faisait-il cela ? Elle n'arrêtait pas de râler et d'essayer de se débattre en vain."Je te jure que je vais te faire regretter tout ça lorsque ce sera fini !" lança-t-elle. La demoiselle entendait fuser les tirs de toute part et cela l'effrayait quelque peu. Ils étaient comme des cibles à abattre, comme du gibier. Les deux couraient depuis un bon quart d'heure. La jeune fille connaissait bien le quartier et ce qu'elle redoutait arriva.

Le noble tourna dans une impasse. "Super" se dit Evangeline ironiquement. Le démon après avoir analysé la situation voulut "escalader" le mur et se prépara en pliant les jambes. Mais c'est au moment de sauter que sa blessure le stoppa. Pas très doué pour un démon. Il fallait s'en aller d'ici et vite ! A peine le temps de réfléchir qu'une une odeur de brûlé se fit sentir dans l'air. Evangeline regarda par-dessus l'épaule de l'incube. Ils étaient tous là avec des sortes des bouteilles qui allaient servir de bombes. La religieuse soupira lentement. Dans quoi s'était-elle retrouvée ? Rien de bon en tout cas. D'habitude elle aurait essayé de dialoguer avec ce genre de personnes mais ils ne semblaient disposés à parler…  Elle espérait sérieusement que l'Impur avait un bon plan pour s'en sortir. Elle se demandait si cela l'impliquait. Allait-il la jeter comme diversion ou bien s'arranger avec eux ou encore l'utiliser comme monnaie d'échange ? La réponse arriva bien vite. Aleksandr la lâcha brusquement dans un mouvement de recul en ayant pris soin de bien lui mettre sa capuche. Evangeline tomba sur le ventre. Le choc était supportable mais après tout ce qu'elle avait subi dans la soirée celle-ci perdit connaissance un moment.

Evangeline se réveilla doucement avec une douleur atroce à la tête. Ses yeux étaient encore plissés mais elle pouvait entendre des crépitements autour d'elle ainsi que de nombreux cris. De sa main frêle, elle releva légèrement la capuche de sa cape et fut premièrement aveuglée par la lumière qui s'engouffrait. L'inquisitrice ferma presque aussitôt les yeux puis les rouvrit doucement. Elle reporta son attention sur la scène qui se déroulait devant elle. Celle-ci put distinguer une ombre qui se déplaçait d'homme en homme pour les tuer. Aleksandr. Malgré sa quasi-certitude sur l'identité du personnage sa silhouette lui était impossible à distinguer parfaitement, elle était trop floue. En parcourant les lieux du regard la demoiselle put voir un homme agoniser devant elle. Celui-ci la regarda et semblait articuler quelque chose avec sa bouche. Aucun son ne sortait mais la religieuse compris qu'il s'agissait d'un appel au secours. Elle essaya de se relever mais ses bras n'en avaient toujours pas la force. C'est à ce moment-là que le démon vint achever sa victime devant les yeux de la jeune fille. L'homme n'avait cessé de la fixer même pendant qu'il se faisait tuer. Elle n'avait rien pu faire et se sentait incapable de tout. La religieuse remit sa tête en place sous sa capuche et ferma les yeux tout en serrant un bout de sa cape dans la main pour se rassurer.

Plus aucun cri ne retentissait. Il en avait fini avec eux… Evangeline entendit une voix près d'elle, cristalline et mélodieuse comme la sienne d'ailleurs. Celle-ci lui demandait un mouchoir. Aleksandr. Pourtant ce timbre ne lui appartenait. La jeune hésita un moment à regarder son interlocuteur puis elle se releva doucement, prenant appuie par terre puis contre le mur. Ses jambes tremblaient légèrement. Non pas parce qu'elle avait peur mais parce qu'il lui manquait de l'énergie. Ses mains délicates étaient désormais écorchées de partout, ses cheveux avaient un aspect noirâtre à cause de la poussière et ses vêtements étaient déchirés par endroit. La religieuse releva la tête et aperçut un enfant. Oui c'était le mot. Plus petit qu'elle mais celui-ci lui ressemblait étrangement. La demoiselle s'interrogea et plongea son regard dans le sien. Elle était perplexe. Autant de ressemblance était difficile à croire. Celle-ci l'observa longuement et finit par porter sa main à son visage. Elle prit une mèche de cheveux du petit et la frotta entre ses doigts. C'était doux. L'inquisitrice ne lâchait pas du regard cette chevelure d'un blanc immaculé qui ressemblait encore une fois aux siens.  

Evangeline examina celui qui se trouvait devant elle de la tête aux pieds, sans pour autant lâcher la mèche de cheveux qu'elle tenait entre les doigts. Celui-ci avait un visage d'une blancheur parfaite malgré les gouttes de sang qui se baladaient. Il était habillé très élégamment d'une chemise blanche sur laquelle se trouvait un veston. Ses cheveux étaient attachés en queue de cheval par un imposant nœud de papillon rouge rayé noir. Il possédait d'ailleurs le même autour de son col en plus petit. De petites ailes noires avaient légèrement déchiré sa chemise. Quelle étrange chose. Ses traits étaient délicats et très fins. Il paraissait vraiment jeune. Plus jeune qu'elle-même. Il lui ressemblait comme deux gouttes d'eau. Il était la version masculine de la religieuse. La seule chose qui les différenciait était les yeux rouges sang de l'esprit démoniaque. Il devait surement être albinos. Mais la demoiselle se ressaisit. C'était Aleksandr. Ce monstre. Lorsqu'il était jeune. Comme lui avait dit ses collègues, il lui ressemblait atrocement. L'incube avait changé de forme. Les démons en avaient la capacité. La demoiselle eut un frisson en y pensant et laissa tomber la mèche de cheveux de l'enfant avec dégout. Elle s'était salie en le touchant ainsi.

Evangeline regarda de nouveau le démon avec un regard mauvais. Elle fouilla dans ses poches et resta tétaniser un instant. Il n'y avait plus son chapelet. Il avait dû glisser de sa poche lorsqu'ils fuyaient. Enfin non, lorsque qu'IL fuyait. Elle n'avait rien à voir là-dedans, ELLE. Tant pis. Il fallait juste qu'elle l'occupe. La demoiselle examina le sol. Et y découvrit des morceaux qui ressemblaient fort à de l'opium. Lorsqu'elle vivait dans la rue, elle en volait de temps de temps avec son ami pour pouvoir le revendre et survivre. Oui elle avait été une sorte de "délinquante". Mais bon quand il s'agit de manger, l'homme est prêt à faire n'importe quoi… La jeune fille se dirigea donc vers les morceaux, les prit dans sa petite main, se retourna vers l'esprit malin et lui jeta à la figure. Elle était en colère contre lui. On peut dire qu'elle savait viser. L'un arriva sur le front du démon, l'autre sur son œil.

"-Même si j'avais un mouchoir, je ne te le donnerais pas. Je veux que tu gardes la trace de ton pêché sur le visage. Tu n'apprends donc rien de tes erreurs ? Comment veux-tu que notre race vous accepte si vous ne répandez que la terreur autour de vous ? Vous causez propre mort en agissant de la sorte. Nous n'avons pas d'autres choix que de vous tuer pour protéger l'humanité. Enfin cela ne sert à rien de te faire la morale, ton esprit ne peut pas le comprendre. C'est inutile et ton cas est désespéré..."

Evangeline se tourna et regarda les morts étalés sur le sol. Elle se sentit désolée mais garda son sang-froid. Il était hors de question qu'elle montre ses faiblesses à l'incube comme elle avait pu le faire lorsqu'elle ne connaissait pas son identité. La religieuse se dirigea vers l'homme qui lui avait demandé de l'aide avant de mourir. Elle baissa les yeux n'osant pas le regarder. Celui-ci avait toujours les yeux ouverts fixant quelque chose dans le vide. La demoiselle se baissa et elle passa sa main sur yeux afin de les fermer. Ses doigts étaient désormais pleins de sang ce qui fit déglutir la jeune fille. Puis elle enleva sa cape et vint couvrir le corps avec. Maintenant qu'elle ne possédait plus que sa robe noire, on pouvait facilement deviner la silhouette d'Evangeline. Celle-ci était frêle et petite ce qui la faisait paraitre vulnérable. Ces années dans la rue à mourir de faim, l'avaient rendu maigre mais robuste. Elle retourna au niveau d'Aleksandr et se mit à genoux en face du carnage. L'inquisitrice tira sur la manche de l'incube pour le forcer à s'assoir. Elle le tira tellement fort qu'il tomba presque. Maintenant qu'ils étaient tous les deux à même le sol elle se mit à prier. Faire prier un démon mais quelle ironie. Enfin, elle ne s'attendait pas à ce qu'il fasse quelque chose elle voulait juste qu'il se tienne tranquille. Elle pria avec une main, l'autre tenant la manche de l'enfant pour ne pas qu'il "s'échappe". Ces hommes étaient mauvais elle le savait bien mais ils ne méritaient pas de mourir entre les mains d'un messager de Satan. Personne ne le méritait. Et puis pour permettre à l'âme de rejoindre le ciel et de se faire juger, il fallait au moins prier pour cela. Une fois que cela fut terminé, elle brisa le silence.

"-Pourquoi m'as-tu pris avec toi ? Pourquoi n'as-tu pas laissé les balles m'atteindre ? Si tu penses que je vais répondre à tes questions tu te trompes. Même sous la torture je resterais silencieuse ! Tu n'obtiendras rien de moi. Sache-le. Alors pourquoi ? Arrêtons les enfantillages, tu sais très bien qui je suis alors pourquoi tu ne me tues pas ?"

C'est vrai. Pourquoi l'avoir protégée ? Elle n'avait pas peur de la mort. Evangeline n'avait qu'un seul but. Tuer les Impurs. Et cela finirait bien par la tuer elle-même. Sa vie n'avait pas d'importance. La demoiselle regardait droit devant elle. Puis elle reprit.

-"Pourquoi ne pas faire un compromis ? Je te propose de t'aider à retrouver ta bien aimée si tu acceptes quelque chose en échange ?"

Evangeline tourna sa tête vers le démon avec un sourire mauvais sur le visage. Ils étaient toujours assis. Elle attendait désormais sagement des réponses à toutes ses questions car elle n'avait plus d'autres choix que de patienter. Ma foie. Il fallait marchander pour arriver à ses fins. Enfin. Ils n'allaient pas tarder à arriver…

PS : Désolé pour l'attente :3


Dernière édition par Evangeline McDowell le Mar 27 Oct - 17:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Démon et la Religieuse~ [PV Aleksandr D. Ezequiel] FINISHED    Mar 7 Juil - 17:26



L'ambition, l'amour, l'avarice, la haine, tiennent comme un forçat son esprit à la chaîne. ▬ Nicolas Boileau ; << Satires >>



Elle mit un certain temps à se redresser, je l’avais peut être laissée tomber trop brusquement, en paniquant avec ces bombes incendiaires dans mon dos, mais bon, j’imagine qu’il valait mieux pour elle d’être un peu sonnée que d’être brûlée. A moins que cela n’avait aucune importance pour elle. Allez savoir, en tout cas je n’allais pas lui demander pour autant.
Mais je pouvais constater qu’elle avait un peu de poussière sur elle, et quelques écorchures … Oui, ça devait être de ma faute. Bah, comme je l’ai dit plus tôt, c’était certainement mieux pour elle, je doute qu’elle soit capable de se régénérer à moins de se faire traverser par je ne sais quel pouvoir divin, la transcendant en un ange.
Elle mit un autre certain temps à relever la tête pour me regarder, et elle semblait surprise, et perplexe, vue la manière avec laquelle son regard plongea dans le mien. Je devais probablement faire la même tête lorsque j’avais vu son visage pour la première fois. Elle leva une main, cela me surprit légèrement car elle posa cette dernière sur mon visage avant de se saisir d’une mèche de ma chevelure comme pour la caresser. Mais je pouvais la comprendre, du coup je la laissais faire, c’était comme s’il y avait un miroir entre nous mais que l’on pouvait interagir l’un avec l’autre. Seuls nos yeux étaient différents, cela m’a pris plusieurs années pour perdre cet aspect albinos en vieillissant, d’ailleurs, c’était arrivé dans les cachots de l’Inquisition durant ma captivité. Ma peau était devenue basanée, mes yeux d’un bleu profond et mes cheveux d’ébène.

Elle prit le temps de m‘observer de haut en bas pour m’analyser dans mes moindres détails, toujours comme moi je l’avais fait plus tôt. Puis elle relâcha mes cheveux pour se reculer de moi, sûrement en se ressaisissant car je restais un démon après tout, je ne pouvais pas le nier.
De toute façon, rien qu’à son regard je pouvais deviner que du reflet j’étais retourné au simple démon méprisable, ce qui d‘ailleurs me fit sourire naïvement, mais peut-être que le côté naïf de ce sourire venait de mon apparence, je ne pouvais le savoir. Et je ne pus m’empêcher de tousser faiblement alors qu’elle lançait de l’opium au visage : Elle savait viser malgré ses toutes petites mains … Mais je pouvais parler, les miennes n’étaient pas plus grandes dans cet état ; je me contentais de subir pour continuer à l’observer.

   
 
▬ "Même si j'avais un mouchoir, je ne te le donnerais pas. Je veux que tu gardes la trace de ton pêché sur le visage. Tu n'apprends donc rien de tes erreurs ? Comment veux-tu que notre race vous accepte si vous ne répandez que la terreur autour de vous ? Vous causez votre propre mort en agissant de la sorte. Nous n'avons pas d'autres choix que de vous tuer pour protéger l'humanité. Enfin cela ne sert à rien de te faire la morale, ton esprit ne peut pas le comprendre. C'est inutile et ton cas est désespéré..."

Je ne bronchais pas. Elle se dirigea vers l’amoncellement de corps et se pencha vers l’un deux, avant de le couvrir avec sa cape. Et très vite, elle retourna à mes côtés pour se mettre à genoux ; pour prier, j’imagine. Mais à ma surprise je fus tiré vers le bas par la manche, ne me laissant pas d’autres choix que de m’asseoir à ses côtés sans me lâcher.

   
 
▬ « … »

Elle commençait à prier, mais, était-elle sérieuse ? Je la regardai un instant pour me dire qu’il n’y avait pas que son visage dont la ressemblance était troublante par rapport au mien, avant de regarder devant moi pour fixer ce que je venais de faire d’un air purement stoïque, sans me débattre de sa main qui ne lâchait pas ma manche. S’attendait-elle ou espérait-elle que je passe preuve de prise de conscience quant à mon acte ? Je ne voyais que ça, pourquoi aurait-elle peur que je m’enfuis ? J’aurais pu fuir depuis le début. Je l’ai amené jusqu’ici, il serait stupide que je m’en aille maintenant. Elle devait bien savoir que ça n’aurait aucun sens, je suppose ?

   
 
▬ "Pourquoi tu m'as pris avec toi ? Pourquoi n'as-tu pas laissé les balles m'atteindre ? Si tu penses que je vais répondre à tes questions tu te trompes. Même sous la torture je resterais silencieuse ! Tu n'obtiendras rien de moi. Sache-le. Alors pourquoi ? Arrêtons les enfantillages, tu sais très bien qui je suis alors pourquoi tu ne me tues pas ? Pourquoi ne pas faire un compromis ? Je te propose de t'aider à retrouver ta bien aimée si tu acceptes quelque chose en échange ?"

Encore et toujours des questions, toujours plus de questions. Et encore une fois, je n’avais pas le temps de répondre qu’il y en avait d’autres qui s’ajoutaient encore ! Décidément, jeune et pressée. Et culotée pour me proposer un marché. Cela cachait quelque chose. C’est pareil avec tous les humains, il vaut mieux se méfier lorsqu’ils demandent un compromis, car généralement, ce dernier les arrange plus que nous. Seuls les marchés passés par le prix de leur âme avec une réelle valeur et un réel intérêt. Et je doute qu’elle allait m’offrir la sienne.

   
 
▬ « J’avais 21 ans lorsque l’Inquisition m’a capturé. Je leurs avais posé les mêmes questions. Pourquoi m’avoir emmené, pourquoi ne pas m’avoir tué, pourquoi me torturer alors que je ne disais rien et que l’on ne me demandait aucune information. Arrête donc un peu de me ressembler davantage. C’est déjà assez perturbant et étrange comme sensation, que d’être face à soi-même physiquement. Va savoir si cela a un sens d’ailleurs, ou si c’est juste une décision hasardeuse du destin. Mais en tout cas, il a fait un beau travail, toi-même, tu n’as pas pu t’empêcher de me dévisager, m’imitant une fois de plus. Huhu … »

Je n’avais pas détourné le regard de ce qu’il restait de mon petit massacre, jusqu’à ce que j’eusse décidé de fermer les yeux, prenant une longue inspiration avant de faire preuve d’un silence total en tirant un peu le bras qu’elle me tenait toujours pour me tenir les mains. Cela allait sûrement la surprendre, voire la dégoûter, qui sait. Ou stupide, venant de quelqu’un comme moi.
Mais cela ne m’empêcha pas de me tenir ainsi, de faire preuve d’une minute pure de silence, étant aussi silencieux qu’un cadavre mort depuis des décennies ; le son de ma montre était le seul et unique bruit qui se dégageait de moi. Pas un mouvement, pas une respiration, rien que qu’un silence plat.
Lorsque ma montre fit claquer son aiguille pour la soixantième fois, je rouvris les yeux sans pour autant briser le silence que j’avais instauré. Je regardais ces corps sans vies qui gisaient par terre.
Je sentais mon esprit partir. A la place des pavés de la rue je voyais un tapis rouge, à la place des murs de bâtiments, des murs couverts de tapisseries ornées d’or et autre pierres et broderies nobles. Encore plus de sang … Encore plus de cadavre … Des visages que je connaissais depuis ma naissance, que je voyais tous les jours. Les yeux exorbitants, les bouches grandes ouvertes, les mains tendues vers moi ; comme s’ils essayaient de m’attraper par le col pour me demander en hurlant avec folie pourquoi, pourquoi. Pourquoi je les ai tués.
J’étais trop jeune … Beaucoup trop jeune pour contrôler ma nature. Beaucoup trop jeune pour supporter. Pour ne pas ressentir de remords.

Je voyais encore les flammes et le sang qui coulait à flot, les cris qui raisonnaient dans la pierre, à travers les murs, les enfants qui couraient, rampaient pour leur vie. Cette ombre menaçante qui trainait derrière eux, grande, imposante, meurtrière, mortelle … Comment un si petit corps pouvait-il dégager autant de colère et de mépris, comment un si petit et jeune être pouvait se révéler être en fait une immense créature, dont rien ne pouvait égaler l’irritabilité …
Je le vois encore, le visage de mon père … Sa colère …
Je le vois encore, le visage de ma mère … Ma chère, et tendre mère …

   
 
▬ « Mère … »

Un gloussement s’échappa de ma gorge, j’étais toujours assis, le regard fixé sur le tas de cadavres, et le silence était rompu alors que je revenais à moi. Je n’avais même pas remarqué ce que je venais d dire avant de revenir à moi. Qu’importe ma nature, qu’importe ma puissance, lorsque je reprenais ce visage, j’étais une proie facile pour mes propres illusions, aussi facile et fragile qu’un être humain. J’étais comme eux, impuissant, faible, fragile … Un enfant dont l’enfance avait été brisée, volée.
Je restais malgré tout silencieux, même si ma respiration c’était légèrement accélérée, et je restais parfaitement immobile, même lorsque je pus sentir quelque chose couler le long de ma joue droite, du côté de la jeune et petite Inquisitrice.
Une larme. Il ne manquait plus que cela. Une larme qu’elle allait voir et dont elle allait pouvoir me soumettre le commentaire avec son discours de misérable gamine endoctrinée par quelque chose qui la dépasse et la manipule certainement. Mais au fond … J’étais comme elle, quand j’avais 9 ans … J’ai été emporté par quelque chose de bien trop fort pour moi, quelque chose que je ne comprenais, quelque chose qui pourtant endoctrinait déjà ma vie … Pour le restant de mes jours. Ce n’est pas comme si je pouvais me débarrasser de ma nature d’un simple revers de la main. Peut-être qu’elle aura plus de chance que moi, même si cela ne sera pas moins difficile.
Malgré la larme qui perlait le long de ma joue avec lenteur, je ne détournais pas le regard et ne vins pas l’essuyer, elle finira bien par sécher toute seule. Cela sera moins visible que le sang sur mon autre joue par contre. Mais pas de mouchoirs à disposition. Triste vie.

Je ne pus m’empêcher de sourire, finalement, je levais mon bras pour sécher le sang avec la paume de ma main, puis cette fichue larme. Mère me manquait.

   
 
▬ « Je ne veux pas de ton aide. De toute façon tu vas me demander de me rendre bien gentiment ou quelque chose de ce style. Ça n’aurait aucun sens pour moi que d’accepter un tel marché. Si je veux la retrouver ce n’est pas pour qu’elle soit à son tour séparée de moi. Je veux juste retrouver celle qui a su panser mes tourments et rester à ses côtés jusqu’à ce qu’elle retourne à ton Dieu. Fichue Dieu si je puis me permettre. Même si habituellement je jalouse votre si facile capacité à mourir et à tout oublier, des personnes comme elle … Ne devrait pas avoir à mourir … »




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Dernière édition par Aleksandr D. Ezequiel le Jeu 16 Juil - 14:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Démon et la Religieuse~ [PV Aleksandr D. Ezequiel] FINISHED    Mer 15 Juil - 21:00

Le Démon et la Religieuse~


Aleksandr n’avait pas montré la moindre résistance. Il s’était assis sans broncher. Il faut dire qu’il était plutôt frêle sous cette apparence. Il était plus simple de lui tenir tête. Evangeline n’avait pas détourné son regard de son visage. Des traits si fins, si enfantins… Si purs… Un démon qui paraissait presque plus innocent que certains religieux. Cela devrait être quelque chose d’interdit. Celui-ci n’avait pas détourné sa tête du massacre qu’il avait lui-même commis. Il semblait neutre. Aucune expression ne pouvait se lire dans ses yeux. Alors quoi ? Cela ne lui faisait rien ? Ah oui c’est vrai, c’était un démon. Il ne pouvait pas ressentir de remords. Peut-être même qu’il était fier de lui ? Qui sait ? L’adolescente en doutait fortement. Personne ne pouvait être fier de cela. Pas même un démon. L’être maléfique décida alors de s’exprimer. Il lui décrit ses années de captivité à l’Inquisition. Comme quoi il se demandait pourquoi on l’avait torturé au lieu de le tuer directement. Il finit par dire que la religieuse lui ressemblait physiquement mais pas seulement. Leur manière d’agir aussi était similaire. La jeune fille ne voulait pas en entendre plus. Elle n’acceptait pas de genres de paroles. Une humaine et un démon, deux être incomparables. Tout les opposait. Et ce n’était pas un vulgaire physique qui pouvait les rapprocher. De plus, il s’agissait de la forme enfantine du démon, alors que la demoiselle était déjà adulte. Il était mauvais, sans aucune conscience ou état d’âme et servait Satan. Elle, était douce, gentille et servait la cause de Dieu. D’ailleurs l’inquisitrice continuait de détailler le démon dans les moindres détails. Elle cherchait des preuves pour se convaincre, se rassurer et se persuader. Non ils ne pouvaient pas se ressembler.

Aleksandr ferma les yeux et prit une grande inspiration ce qui attira l’attention d’Evangeline qui s’était finalement perdue dans ses pensées. Le démon tira sur son bras pour joindre ses mains. Elle le regarda stupéfaite, ses yeux doublant de volume. Que faisait-il ? Un léger sourire se dessina sur ses lèvres. Cette fois-ci il était bon et non pas moqueur. Depuis le début, elle ne cherchait pas à ce qu’il prenne conscience de quoi que ce soit. C’était impossible de la part de ces êtres maléfiques mais elle désirait juste qu’il fasse semblant de se comporter comme un humain. Elle voulait qu’il fasse des efforts. Qu’il fasse preuve d’une sorte de respect. Oui c’était le mot. Cet instant sembla durer une éternité. La religieuse était satisfaite. Pour une fois, elle ne vouait aucune hostilité à la suite d’une action de la part du noble. Elle aurait peut-être du être dégoutée et l’empêcher de continuer, mais cela ne se produisit pas cette fois-ci. Il n’y avait aucun bruit qui émanait de la part du démon si ce n’est que celui de l’aiguille de sa montre. Les secondes paraissaient s’allonger et la demoiselle ne lâchait pas le petit des yeux. Soixante secondes retentirent et virent briser le silence. Aleksandr ouvrit les yeux mais celui-ci ne réagit pas tout de suite. Pourtant la jeune fille le regardait avec insistance, il aurait du le sentir. Elle s’attendait à ce qu’il lui adresse la parole pour expliquer son geste. Mais rien. Son regard semblait perdu, vide même. « Aleksandr »chuchota la demoiselle doucement pour qu’il réagisse, en vain. Il n’y eut pas de résultat.

Un mot sortit enfin de la bouche du démon. « Maman ». Pourquoi pensait-il à sa mère tout à coup ? Une pensée traversa l’esprit de la religieuse. Une famille. Jusque là elle ne lui avait pas attribué de famille comme si les démons n’en possédaient pas. Cela pouvait paraitre bête. Des parents… Ceux de la demoiselle étaient d’une bonté sans égal. Selon les rapports de l’Inquisition, la sienne était morte. Comme celle d’Evangeline. Encore une similitude… Il devait beaucoup aimer sa mère puisque qu’une larme coula le long de sa joue droite. Elle n’avait en aucun cas envie de se moquer ou de lui faire la morale sur ce genre de chose. Elle savait à quel point c’était dur. A quel point cela pouvait blesser. Elle ne compatissait pas mais elle respectait son chagrin. Lui aussi avait grandi sans ses parents. S’il y avait bien une chose qu’elle pouvait comprendre, c’était cela. Et ce même si c’était un Impur. La famille est une chose précieuse. Tous les enfants ont besoin de leurs parents, dans la mesure où ceux-ci sont bons. Le démon avait lui aussi du souffrir. Lui aussi avait été jeté dans le monde adulte avant l’heure sans aucune explication ou directive. Il avait lui aussi du connaitre la solitude et la tristesse. Des sentiments… Humains ? Aleksandr finit par essuyer la petite perle d’eau qui se trouvait sur sa joue. L’inquisitrice se releva et posa instinctivement sa main sur la tête de l’enfant comme pour le consoler. Lorsqu’elle s’en rendit compte, il était trop tard. Alors elle décida de finir son geste en laissant sa main descendre et caresser alors les cheveux blancs du démon.

« -Cette ressemblance dont tu parles n’existe pas. Nous ne sommes pas pareils. Tu es un démon et moi, une humaine. Tu représentes le malheur et moi la bonté. Tout nous oppose. Nous sommes plutôt le contraire de l’autre. Ne me compare pas à toi, nous n’avons rien en commun. Et même si nous pouvons noter quelques similitudes physiques, ma foie nos traits sont différents et ce fort heureusement. Pour le compromis, tant pis, tu aurais pu faire une bonne affaire crois-moi. Pour être honnête je n’avais rien à te demander en échange. Mais maintenant c’est trop tard, celui qui va à la chasse perd sa place. C’est ce qu’on dit. Oh et, tout le monde meurt. Et ceci représente un cycle qu’il faut préserver. C’est parce que des gens meurent que d’autres naissent et que la vie a un sens. Tu ne peux pas comprendre tu es un démon. Vous êtes immortels, c’est pourquoi ceux de ton espèce doivent mourir pour préserver ce cycle. Finalement votre mort rend service à l’humanité. Je peux comprendre que tu ne veuilles pas fermer les yeux et t’endormir à jamais. Après tout ce n’est pas dans ce but que tu es ici. Mais tu dois te faire à l’idée comme nous. Le Salut des humains reste la mort. S’ils ne mourraient pas, leur existence serait livide, ennuyeuse. C’est de savoir qu’il y a un ultimatum, qui nous fait profiter de chaque instant. Elle aussi doit mourir. Et elle aura accompli son destin ici. Celui de te rencontrer, même si ma foie ce ne sont pas ce genre de vies que l’on souhaite pour des mortels. Votre mort a deux effets : elle libère le monde des ténèbres et continue le cycle. N’est-ce pas beau de mourir ainsi ? En servant une race ?»

Sous cette apparence, Evangeline avait l’impression d’initier un enfant à la vie. Mais ce n’était pas un enfant comme les autres. Non celui-là était le descendant de Satan. Il devait surement n’en avoir rien à faire de ses paroles mais pourtant elle continuait à essayer de le raisonner comme une enfant obstinée. Des bruits se firent entendre. Puis des paroles. Scotland Yard était au courant comme prévu. Elle avait demandé au gérant du bar de les prévenir juste avant de se faire embarquer par l’autre fou dans une course poursuite. Ils devaient commencer à enquêter. Elle releva alors Aleksandr en l’empoignant par le col sans aucune délicatesse. Il fallait qu’ils s’éloignent de cet endroit et qu’ils rejoignent le lieu de rendez-vous. La religieuse alla prendre une veste sur l’un des morts et vint la positionner sur les épaules d’Aleksandr afin de cacher ses petites ailes. Elle le tira, toujours par la manche, sans aucune explication et s’engouffra dans les rues du quartier. Plusieurs officiers de police la connaissaient vu que certains criminels n’étaient pas que de simples humains. Ils s’étaient rencontrés sur quelques affaires. Il lui arrivait donc se stopper derrière un mur pour se cacher ou de rentrer par la porte arrière d’une boutique. La jeune fille avait de la ressource. Il ne fallait pas que le démon comprenne que c’était elle qui les avait fait venir. Dans le cas contraire, il risquerait de s’enfuir. Alors qu’elle passait dans une rue plutôt silencieuse deux hommes les interpellèrent par derrière.

«- Hey ! C’est pas toi, la petite de tout à l’heure ? »

Il s’agissait de deux hommes bourrés. Ceux qui l’avaient abordé avant qu’elle ne finisse par s’éclipser. Ceux-ci se rapprochèrent rapidement. Evangeline accéléra le pas mais l’un d’entre lui attrapa le bras l’obligeant à se retourner. L'adolescente examina la situation. Ils étaient grands et baraqués, il était hors de question que le démon utilise de nouveau ses capacités devant des humains. Il était hors de question qu’il tue à nouveau. La demoiselle tira sur le bras d’Aleksandr et se mit à courir. Fuir encore et toujours… Mais cette fois les deux malfrats étaient bien décidés à ne pas les laisser s’échapper. La demoiselle se faufilait partout, rentrant dans des bars pour en sortir par derrière, faisant tomber des tonneaux pour leur barrer le chemin et j’en passe. Les deux hommes étaient plus robustes qu’il n’y paraissait. L’un finit par arriver devant les deux jeunes gens. Ils étaient pris au piège. L’inquisitrice regarda au loin, devant elle. Elle aperçut un enquêteur qui interrogeait des passants. Elle plissa les yeux pour mieux voir. Elle ne le connaissait pas. Tant mieux. Elle se mit alors à crier de toutes ses forces. Toute la rue se retourna dont l’officier de Scotland Yard. La jeune fille se prit une gifle de la part d’un des hommes ce à quoi elle répondit par un regard noir.

« -Si tu crois que tu me fais peur. Baisse le regard petite impolie. C’est qui lui ? Ton petit frère ? Comme il est mignon. Si tu ne voulais pas de problème, il ne fallait pas trainer dans le coin. Je me demande ce qu’on va bien pouvoir faire de vous. Vous vendre ? »

Ils se ressemblaient donc vraiment… L’autre homme qui était derrière eux agrippa le bras d’Aleksandr et le tira vers lui. Elle se tourna presque immédiatement et vint lui donner un coup de pied dans le tibia ce qui le fit lâcher prise. Celui-ci hurla de douleur. L’autre la prit par les cheveux et les tira fortement. L’officier arriva à ce moment là surement alerté par tout le raffut. Enfin. Ce n’était pas trop tôt. Il demanda aux deux hommes ce qu’il se passait puis tourna sa tête dans la direction de la jeune fille. Il aperçut sa joue rougit et fronça les sourcils. « Je crois qu’il va falloir qu’on discute. » dit-il aux deux malfrats. Evangeline en profita pour prendre le démon par le poignet et le tirer loin de ce petit attroupement en lançant un « Merci monsieur ». La politesse. Personne ne se mit à leur poursuite cette fois-ci. Après avoir parcouru encore plusieurs rues, la religieuse s’arrêta dans un coin sombre près d’une pharmacie et d’un salon de thé. Salon où elle avait l’habitude d’aller avec quelques bonnes sœurs. Ils étaient au bon endroit. L’inquisitrice lâcha donc Aleksandr et tenta de reprendre son souffle. Elle posa ses mains sur les genoux. Sa respiration était irrégulière. Ses jambes tremblaient toujours. Elle était fatiguée, épuisée même. Ses jambes l’abandonnèrent d’un coup et elle se trouva accroupit sur les pavés. Le sol était légèrement humide. Sa robe était maintenant mouillée. Ses mains étaient toujours pleines de sang. Elle avait beau avoir dix-huit ans, son corps était celui d’une enfant de dix ans. Elle avait désormais froid. Il fallait tenir encore un peu. Ils n’allaient pas tarder à arriver. La jeune fille resta là un moment sans bouger. Elle passa sa main sur sa joue endolorie, la tâchant par la même occasion de liquide rouge. Quelle violence ! Contre une enfant en plus ! Honte à lui ! L’adolescente tourna lentement la tête vers le démon qu’elle avait complètement oublié pendant un moment et sourit de manière enfantine.

-Quelle aventure n’est-ce pas ? Alors dis-moi. Tu n’as pas répondu à l’une de mes questions tout à l’heure. Pourquoi m’avoir protégé ? Serait-ce par acquis de conscience ? Ou pour ton propre intérêt ?


Dernière édition par Evangeline McDowell le Mar 27 Oct - 17:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Démon et la Religieuse~ [PV Aleksandr D. Ezequiel] FINISHED    Jeu 16 Juil - 14:16



L'ambition, l'amour, l'avarice, la haine, tiennent comme un forçat son esprit à la chaîne. ▬ Nicolas Boileau ; << Satires >>


Spoiler:
 

Tout se passa très vite. Tout arriva beaucoup trop vite pour que je puisse seulement le supporter. Tout était hors de contrôle, jusqu’à moi-même, emporté dans un flot d’évènements incontrôlables.
Je n’en pouvais plus. Je voulais seulement me boucher les oreilles, fermer les yeux, ne plus rien voir, ne plus rien entendre. Que tout s’arrête.

Une main se posa sur ma chevelure de neige, une petite main, et elle se faisait douce, et compatissante, consolante. Je ne tournai pas la tête pour voir de quoi il en s’agissait, car la seule personne aux environs avec des mains aussi petites n’était personne d’autre que la petite Inquisitrice. De la pitié ?
Non, les religieux de l’Inquisition trouveraient cela insultant, et même elle ; elle était comme eux après tout. Il n’y avait pas besoin de réfléchir très longtemps pour se dire que la seule explication envisageable n’était rien d’autre que le fait que cette larme qui perla de mon œil après avoir prononcé le mot ‘’mère’’ lui avait rappelé quelque chose qu’elle a ou déjà vu chez quelqu’un d’autre, ou qu’elle a elle-même vécu. Malheureusement, pour qu’une fille aussi jeune fasse partie intégrante de l’Inquisition, que les Pères de l’Inquisition lui fassent suffisamment confiance pour m’approcher et me capturer seule, rien n’était moins sûr que la sous-option numéro 2 lorsque l’on y réfléchissait. Elle aussi, avait perdu sa mère, ou plutôt, sa famille, sinon elle ne sera pas là aujourd’hui, sinon, elle n’aurait pas la même aversion pour ma race.
Encore un point commun. Décidemment, je me sentais de moins en moins à l’aise, ma forme enfantine ne m’y aidait pas en tout cas.

   
 
▬ "Cette ressemblance dont tu parles n’existe pas. Nous ne sommes pas pareils. Tu es un démon et moi, une humaine. Tu représentes le malheur et moi la bonté. Tout nous oppose. Nous sommes plutôt le contraire de l’autre. Ne me compare pas à toi, nous n’avons rien en commun. Et même si nous pouvons noter quelques similitudes physiques, ma foie nos traits sont différents et ceux fort heureusement. Pour le compromis, tant pis, tu aurais pu faire une bonne affaire crois-moi. Pour être honnête je n’avais rien à te demander en échange. Mais maintenant c’est trop tard, celui qui va à la chasse perd sa place. C’est ce qu’on dit. Oh et, tout le monde meurt. Et ceci représente un cycle qu’il faut préserver. C’est parce que des gens meurent que d’autres naissent et que la vie a un sens. Tu ne peux pas comprendre tu es un démon. Vous êtes immortels, c’est pourquoi ceux de ton espèce doivent mourir pour préserver ce cycle. Finalement votre mort rend service à l’humanité. Je peux comprendre que tu ne veuilles pas fermer les yeux et t’endormir à jamais. Après tout ce n’est pas dans ce but que tu es ici. Mais tu dois te faire à l’idée comme nous. Le Salut des humains reste la mort. S’ils ne mourraient pas, leur existence serait livide, ennuyeuse. C’est de savoir qu’il y a un ultimatum, qui nous fait profiter de chaque instant. Elle aussi doit mourir. Et elle aura accompli son destin ici. Celui de te rencontrer, même si ma foie ce ne sont pas ce genre de vies que l’on souhaite pour des mortels. Votre mort a deux effets : elle libère le monde des ténèbres et continue le cycle. N’est-ce pas beau de mourir ainsi ? En servant une race ?"


   
 
▬ « Tu vois le cycle de cette manière parce que tu n’as jamais envisagé comment serait ta vie si jamais elle ne s’arrêterait. Lorsque l’on peut vivre indéfiniment, on peut se trouver une infinité de raisons de vivre, pourquoi ? Parce que c’est ce qu’il faut faire lorsqu’il n’y a pas d’ultimatum précis. Lorsque l’on n’a pas de véritable destiné. Il faut savoir alors guider son destin, s’en créer un d’une certaine manière. Mais la vie éternelle n’est pas de tout repos, c’est malheureusement un fait qui vous dépasse vous les humains. Beaucoup la demande, cette immortalité. Beaucoup ne nous écoute pas lorsque l’on leur dit, que l’immortalité, c’est difficile. Que ce n’est pas … Le fait de vivre éternellement, porté sur une rivière sans fin, et calme, toujours calme. L’immortalité, c’est une mer infinie, et les tempêtes sont monnaie courante, les changements de météo sont le quotidien de l’immortel. Il suffit de baisser sa garde quelques instants … Et ton bateau coule. C’est ça, l’immortalité. »

J’ignorais le reste de ces dires, la seule chose qui m’avait véritablement dérangé c’était cette attribution de l’importance de la mort dont elle avait fait preuve. Etait-ce parce que j’avais cette forme que je n’ai pas su m’en empêcher ? Etait-ce parce que j’avais cette forme que j’ai présenté l’immortalité ainsi ? Mhpf … Au fond, cela ressemblait davantage à la vision que j’avais de ma propre vie. Car c’était bien ainsi que je la voyais.
Un long soupir s’échappa de mes lèvres, je retournais à mes pensées. Ces visions d’horreurs, de tourments qui me ramenaient sans cesse en 1524. J’avais toujours l’impression que c’était encore hier que mon cœur et mon esprit basculèrent sans crier égards dans le mortuaire torrent des morts … Du ‘’Mal’’.
J’étais tellement perdu dans mes pensées que je n’entendais pas ce qu’il se passait autour de moi, de nous. Je n’entendais pas ces bruits de pas, ces paroles qui s’approchaient. Je ne bronchai pas lorsqu’Evangeline posa une veste sur moi pour une raison qui m’était alors totalement incompréhensible. Je ne me débattais pas lorsqu’elle me prit la manche une nouvelle fois pour me tirer avec elle, dans une direction inconnue. Je n’étais plus là. Physiquement j’étais bien là, mais à l’intérieur j’étais vide, mes souvenirs m’ayant ramené en Espagne, me rappelant en boucle à une vitesse incroyablement sadique et malsaine cette triste nuit.

«- Hey ! C’est pas toi, la petite de tout à l’heure ? »

Puis Evangeline se mit à courir, à se presser. Mon corps suivit telle une lourde marionnette que l’on trainait avec soi. Je courais docilement, sans savoir pourquoi. On coupait à l’intérieur de bâtiments, elle poussait des meubles, et divers objets. Je ne voulais plus courir.
Je n’arrêtais pas de courir, mais mon allure était clairement en train de faiblir malgré tout. Peut-être était-ce la raison pour laquelle la religieuse s’arrêta, bloquée par un homme plus proche d’une armoire en termes de silhouette et de masse ? Devant, et derrière, on était coincé.

Puis Evangeline se mit à crier, ce qui me fit sursauté au plus profond de moi. Ce crie continua de retentir au fond de moi. De résonner, encore, et encore. L’écho de ce hurlement était tellement lourd que je me sentais pris d’un soudain vertige, alors que ce cri disparu dans une vision de flammes, et d’autres hurlements, tous plus stridents les uns que les autres.
Puis une main fila sur la joue de la jeune fille. Le violent bruit de la claque, le son de sa joue giflée se mirent également à résonner, vibrer dans mes oreilles. Une perle de sueur coula le long de mon front, mes pupilles rouges sangs brillaient, tremblaient, comme la flamme d’une bougie prête à s’éteindre à la rencontre d’un coup de vent, fort et froid.
Cette gifle se répéta en boucle dans mon regard, et par moment, ce n’était plus Evangeline que je voyais, mais moi-même, giflé par mon père sous la colère et l’impatience.

« -Si tu crois que tu me fais peur. Baisse le regard, petite impolie. C’est qui lui ? Ton petit frère ? Comme il est mignon. Si tu ne voulais pas de problème, il ne fallait pas trainer dans le coin. Je me demande ce qu’on va bien pouvoir faire de vous. Vous vendre ? »

Cette appellation de petit frère me fit sourire nerveusement et en silence. Je n’avais pas de sœur, ni grande ni petite, mère et père n’avaient eu que moi. Je n’avais que des cousines, plus ou moins éloignées. J’ignorais parfaitement ce que cela pouvait vouloir dire, avoir une sœur. Je ne m’étais pas suffisamment rapproché d’elles pour essayer de me trouver, de me créer une sœur de substitution. La seule personne avec laquelle j’étais véritablement proche … C’était ma mère … Et personnes d’autres. Il m’aurait été difficile de la voir comme une sœur. Elle était tout ce que j’aimais, tout ce que je voulais protéger. Tout ce que je ne voulais jamais perdre. La seule raison que j’avais pour apprécier cette vie éternelle que nous avions ; l’avoir avec moi, pour toujours.
On m’attrapa le bras, ce qui me fit couiner de peur, mais j’étais beaucoup trop perdu dans ma tête pour avoir la force ou l’idée de me débattre. C’est Evangeline qui m’aida à me dégager, en frappant cet homme que je regardai droit dans les yeux, et pendant quelques instants, je vis le visage de mon père. Il avait le même regard cette nuit-là … Ce regard m’effrayait, ne m’inspirait rien de bon, juste de la peur, et du danger, de l’incompréhension …
On attrapa les cheveux d’Evangeline, il les tirait tellement que s’il avait ma force, il lui aurait tout bonnement arraché la tête des épaules … Là encore, plusieurs fois, je me voyais, moi, et mon père, inlassablement, avec ce même sentiment de terreur qui s’installait en moi, une nouvelle fois : Exactement comme cette horrible soirée dans le château familial … Ma gorge me brûlait, j’avais les mêmes mots sur le bout de la langue, mais je n’arrivais pas à les prononcer : « Arrêtez » « Pourquoi » « Je vous en supplie »
Ces mêmes paroles, ces mêmes supplications que j’avais adressé à mon père, étendu par terre, à ses pieds, son regard me rabaissant, m’apportant encore moins d’importance, d’intérêt qu’un animal. Je n’en pouvais presque plus, je sentais mes poumons qui s’affolaient doucement dans ma poitrine.
J’entendais mes hurlements et mes pleurs, criant et implorant pourquoi j’avais les mains couvertes de sangs, pourquoi les membres de ma famille étaient autour de moi, démembrés, défigurés, pourquoi tout brûlait. Pourquoi moi.

Quelqu’un arriva pour intervenir … Mais je ne comprenais pas ce qu’ils se disaient. Je n’en n’avais peut-être pas envie au fond. Je n’en sais rien. Mes souvenirs étaient beaucoup trop forts, beaucoup trop présents, beaucoup trop lourds.
Puis une petite main me prit par le poignet, mon poignet qui était plus fin, et plus petite. Sa peau était chaude … La mienne aussi, habituellement, mais sa main me brûlait presque ; j’étais gelé.
On se remit à marcher, dans plusieurs rues, puis on s’arrêta, dans un coin de rue sombre et isolé. La jeune fille se laissa tomber sur les genoux après m’avoir lâché, elle ne semblait plus tenir sur ses jambes, et essayait de reprendre son souffle. Elle se toucha la joue, y étalant du sang. Elle se mit à me regarder, me souriant comme une enfant à qui l’on venait de dire que les poneys pouvaient voler, après qu’elle ait posé cette question à son père un millier de fois.

   
 
▬ "Quelle aventure n’est-ce pas ? Alors dis-moi. Tu n’as pas répondu à l’une de mes questions tout à l’heure. Pourquoi m’avoir protégé ? Serait-ce par acquis de conscience ? Ou pour ton propre intérêt ?"

Avant même de prêter attention, et de réfléchir à ce qu’elle me demandait, me disait, je m’approchai d’elle malgré mon état. De toute façon … Je ne me sentais pas capable de m’arrêter, j’avançais parce qu’il en était ainsi. Mon corps le voulait. Une fois devant elle, profitant de ma taille qui était, il faut le dire, ridiculement petite, je penchais mon visage vers le sien. Il n’était pas bien bas par rapport à moi.
Une fois mon visage face au sien, je pris le temps de la regarder avant d’amener mes lèvres contre les siennes sans prévenir mais sans pour autant faire preuve de la moindre violence, et ce contact ne dura que quelques instants, que quelques petites secondes, le temps que je puise dans mes forces, dans ma propre énergie pour lui en faire don et l’aider à se reprendre. Ceci étant fait je me reculais d’elle aussi doucement que je m’étais approché, manquant de trébuché et me ramasser par terre sous un lourd vertige. Un jour, à force de donner ma propre énergie en étant déjà faible, j’allais vraiment finir par me tuer. Surtout qu’elle allait sûrement m’en vouloir. Si seulement j’avais pu rire, ou au moins sourire, nerveusement encore une fois. Je ne pourrais pas lui en vouloir.
Je savais que l’Eglise considérait et traitait d’hérétiques et de traîtres les humains qui avaient le don de soigner aussi bien les humains que les démons. Pendant quelques secondes, et pour la première fois, je me demandais ce que l’on penserait de moi, si l’on savait que je me servais de ma propre capacité à pouvoir ‘’soigner’’, revigorer quelqu’un en échange de ma propre force, uniquement sur les humains, pour les humains.

҉҉⃝҉҉҉҉҉҉҉҉҉҉҉҉҉҉҉҉҉҉

Revenons-en à sa question. D’ailleurs, c’était quoi, cette question ? Je n’avais tout simplement pas envie qu’il lui arrive quelque chose. Elle n’avait rien fait. N’importe qui aurait fait la même chose que moi, l’aurait aidé, l’aurait protégé. J’avais beau le penser, je n’arrivais pas à répondre ; je n’étais certes pas essoufflé, mais moi aussi, j’essayais de reprendre mon souffle, ou plutôt, de le calmer. Je n’étais pas bien. J’avais beau avoir la peau habituellement blanche, je l’étais encore plus en ce moment-même, si j’avais un miroir pour me voir de la tête aux pieds, je dirais que je ferais peur à voir … Un vrai cadavre vivant …
J’haletais, m’agrippais le veston et la chemise au niveau de la poitrine qui me donnait l’impression qu’elle allait exploser avec mon cœur et mes poumons. Je n’arrivais pas à retrouver mon calme.
Ma vision de la rue elle-même devenait instable. Les murs étaient ceux de mon ancienne demeure. Comme le sol. Des flammes étaient là, tout autour de moi. Et des cadavres, des morceaux de cadavres, partout autour de moi. Je relevais mes mains, elles étaient couvertes de sang. Mes bras, mes jambes aussi. Je sentais ce liquide rouge couler sur moi, et de ce fluide s’échappaient des hurlements par centaines, à l’unisson de mes propres cries. J’avais envie de vomir avec tout ce sang et tous ces corps.
Je couinais, je gloussais, je fis un pas en arrière et manquai de perdre l’équilibre en regardant l’Inquisitrice, même si mon regard ne semblait pas véritablement la regarder.

Un énième crie résonna dans ma tête. Quelque chose me tenait le poignet. C’était la main d’Evangeline qui me tirait pour m’attirer ici. C’était son cri. Celui pour attirer quelqu’un lorsque les deux espèces d’humains méprisables s’en prenaient à nous … Je me concentrais sur cette main qui m’avait touché. Son cri se répétait, encore, et encore en fond, mais … Il semblait changer … Il semblait, plus réel à chaque fois que je l’entendais … Plus lourd … Plus déchiré que jamais …
Les murs étaient différents. Ce n’était pas la ruelle, mais ce n’était pas chez moi. Ce n’était qu’une maison, parmi tant d’autres. Et tout était en bazar, comme si une tempête était passée par là.
La sensation de la peau d’Evangeline sur la mienne était encore là. Cela me brûlait atrocement le poignet, et la tête.
Puis les cris d’une petite fille me firent me retourner vers une autre pièce également en bazar. Une jeune fille était là, qui hurlait et pleurait devant quatre cadavres, baignant dans une mare de sang, résultat d’un véritable massacre, d’une véritable boucherie. Ce n’était pas chez moi. Ce n’était pas ma famille. Ce n’était pas moi, mais presque. Evangeline ?
Un frisson de dégoût escalada mon dos jusqu’à mon échine. Mon poignet me brûlait encore et toujours, ma tête me faisait mal, mes poumons et cœur s’emballaient plus que jamais.
Je hurlais « Assez ! » face à ces visions, elles s’alternaient. Chez moi, chez elle. Elle, moi. Ma famille, sa famille. Ses pleurs, mes pleurs. Mes cris, ses cris.

   
 
▬ « Assez ! Assez assez assez assez assez assez assez ! »

Je me jetais contre le mur le plus proche de moi pour m’y agripper du bout des griffes, et y écrasais mes poings et ma tête en hurlant, les larmes aux yeux. Je revoyais Evangeline se faire gifler plus tôt, sauf que c’était moi à sa place. Je me revoyais, frappé par mon propre père, saut que c’était elle à ma place.

Tout se passa très vite. Tout arriva beaucoup trop vite pour que je puisse seulement le supporter. Tout était hors de contrôle, jusqu’à moi-même, emporté dans un flot d’évènements incontrôlables.
Je n’en pouvais plus. Je voulais seulement me boucher les oreilles, fermer les yeux, ne plus rien voir, ne plus rien entendre. Que tout s’arrête.

Je revoyais le visage de ces deux hommes gras et grands, qui puaient l’alcool. Je les détestais. Je les haïssais. Mon aura devenait de plus en plus sombre autour de moi, mes ailes déchirèrent la veste que la jeune fille avait posé sur moi, tant elles s’agitaient. Mes griffes lacéraient la pierre du mur que j’avais frappé sous un élan de folie et de terreur. Je revoyais Evangeline se faire frapper, attraper par les cheveux. Je les entendais rire. Se moquer. Des rires mauvais. Je détestais les personnes comme ça. Qu’ils soient humains ou non, ces personnes me mettaient hors de moi.
Je rejetais ma tête en arrière, laissant s’échapper un grognement mêlé d’un cri parfaitement inhumain, je tremblais. Je continuais de voir ces cadavres. De voir ce sang. De voir ce petit garçon, et cette petite fille.

Des cornes firent exploser mon crâne et tachèrent ma chevelure de sang. Je ne pouvais pas les laisser vivre. Je n’en n’avais pas envie. Je fis un pas en arrière tandis que mes cheveux prirent une teinte noire proche de l’ébène, déchirant mon ruban. Ma peau vira au gris. Mes os craquaient et mes muscles se tordaient. Mes yeux redevinrent aussi bleus que les tréfonds des océans. Je tournais la tête vers Evangeline, ayant toujours plus de mal de respirer, mais je ne la voyais pas comme elle était, je voyais cette petite fille qui pleurait chez elle. J’étais hors de moi. Cela me mettait hors de moi. Je lui tournais le dos, me mettant à marcher puis à courir alors que je repris une taille impressionnante, plus grande que je ne l’étais lorsqu’elle m’avait rencontré. Mes ailes étaient devenues toutes aussi grandes et impressionnantes. Une longue queue se distinguait derrière moi. Mes pieds étaient des pattes, des sabots de boucs, de satyres. Mes mains des griffes d’oiseaux mythologiques, de griffons.

Spoiler:
 

Je pris mon envole avec rage, filant dans les airs comme une étoile ; une sombre et funèbre étoile. Je pris suffisamment de hauteur pour avoir une bonne vue sur la ville, mon regard inquisiteur et emplit de tristesse et de colère à la fois cherchait, traquait. Ils étaient là, quelques rues plus loin. Toujours accompagné des personnes qui étaient intervenues. Des policiers. Qu’à cela ne tienne, tout ce que je voulais, c’était les deux malfrats. Dans un grognement, je fis battre mes ailes avec force pour fouetter l’air et fendre vers eux, les faisant tous basculer et tomber à mon atterrissage. J’ignorais royalement les forces de l’ordre, et mon regard se posa sur les deux imbéciles, que j’attrapai successivement au col à l’aide de mes mains qui n’en n’étaient plus. Je les regardais à tour de rôle, puis je vins lancer celui qui m’avait attrapé le bras droit vers le mur plus loin, avec force et violence, regardant et écoutant son corps s’écraser et craquer contre la pierre. Ce n’était pas suffisant pour le tuer sur le coup, mais il allait mourir. Oh oui.
Je reposais mon regard sur celui qu’il me restait. Celui qui avait giflé Evangeline, et tiré ses cheveux comme un vulgaire animal. Lui, je n’allais pas le laisser s’en tirer comme ça. Oh non. Mon regard luisait et le transperçait comme des lances, et lui tenant le col de mes deux mains, je repris mon envole. Beaucoup plus haut que toute à l’heure. Je continuais de monter toujours plus. Il me suppliait. Il pleurait. Il criait en regardant la hauteur à laquelle il se trouvait. Une hauteur qui n’était pas sa place.

« Pitié ! »

   
 
▬ « Ta gueule. »

Je me remis à le tenir d’une seule main pour le tirer derrière moi avant de le lancer aussi loin que possible dans la ville en hurlant de rage, l’écoutant hurler quelques instants avant de filer sans bruit je-ne-sais-où. Pitié. Tch. Quelle blague.
Je tournais le dos et fouettais à nouveau l’air pour filer vivement là où j’avais laissé Evangeline, atterrissant néanmoins aussi doucement et silencieusement qu’une plume, étant déjà revenu à mon apparence de petit garçon, les vêtements en lambeaux.
Le souffle court, je me laissais tomber dos contre le mur qui avait dû supporter mes coups de tête, et de poings. J’avais toujours aussi mal. J’étais toujours aussi triste. J’étais toujours aussi hors de moi. Mais au fond, au fond de mon être, cela m’avait fait un peu de bien. C’était mauvais. C’était purement et exactement ce qu’était être un démon signifiait. Être mauvais. Mais cela avait été plus fort que moi. Je ne pouvais pas laisser passer cela. Jamais je n’aurais pu. Jamais.
J’imagine que la vision, l’illusion que j’ai eu, venait du fait que sa peau avait été directement en contact avec la mienne alors que j’étais dévoré par le remord et mes tourments, ainsi que lorsque j’ai posé mes lèvres contre les siennes.
Mon esprit devait être sacrément malsain, tout comme ma nature, pour m’infliger cela … Juste au moment où je me disais que je pourrais lui faire un ‘’cadeau’’ pour la remercier de m’avoir tiré d’affaires, trop apeuré pour réagir par moi-même … Juste au moment où je veux faire quelque chose de bien que mon esprit m’enfonce et décide de me tourmenter encore plus en mêlant les souvenirs d’autrui aux miens.

Dans un soupir, non pas bruyant, mais faible, je m’écroulais doucement au sol, et je me roulais en boule en reniflant faiblement, les yeux me piquant fortement comme si j’allais me mettre à pleurer une incroyable quantité de larmes que j’aurais retenu toutes ces années, toutes ces décennies. Tous ces siècles. J’avais mal à la tête, mes cornes étaient restées, cela m’énervait. Je levai une main pour en agripper une des deux et l’arracha violemment de mon crâne dans un horriblement craquement d’os avant de la jeter loin de moi, avant de faire de même avec l’autre, la jetant tout aussi loin, le plus loin possible de moi, afin de pouvoir me remettre en boule à même le sol.

Tout s’était très vite passé. Tout était arrivé beaucoup trop vite pour que je puisse seulement le supporter. Tout avait été hors de contrôle, jusqu’à moi-même, emporté dans un flot d’évènements incontrôlables.
Je n’en pouvais plus. Je me bouchais les oreilles, fermais les yeux, ne voyais plus rien, n’entendais plus rien. Tout s’était arrêté.

   
 
▬ « Désolé … Evangeline … »

[HRP] PS : Mon avatar se fait BOUFFER. J'ai abusé, je suis désolé, c'est la dernière fois que cela arrive. Gomen xD [HRP FIN]




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MessageSujet: Re: Le Démon et la Religieuse~ [PV Aleksandr D. Ezequiel] FINISHED    Jeu 16 Juil - 18:39




Le Démon et


la Religieuse...



Ainsi que l'Ange...








Trouver et tuer des démons. Une mission banale, facile. La mission que doivent remplir les anges purificateurs. La mission que Evan doit remplir. Alors chaque nuits, du moins quand il n'a rien à faire d'autre, il sort. Il prend son envole avec ses ailes si blanches, si pures que les humains rêveraient de pouvoir ne serait-ce que les toucher. Mais ces ailes ne sont pas la seule chose que Evan possède en temps qu'Ange. Non, en lui donnant une seconde « vie », en lui accordant la mission de faire disparaître toute trace d'impureté dans ce monde, c'est aussi un regard de juge, une aversion pour les démons qui est apparut chez Evan. Les anges sont ainsi. Ce sont le contraire des démons, leur ennemi si l'on pourrait dire, naturel. Car rien n'est naturel des deux côtés. Les anges étant au dessus, étant divins ; et les démons étant autre. Des ennemis de la nature, dotés de pouvoirs monstrueux qui bouleversent le cycle établit par la nature, par notre Seigneur. Rien que leur immortalité est un danger pour l'équilibre naturel. C'est pourquoi les anges doivent les éliminer.

Evan les avait vu, alors qu'il volait. Il avait vu le démon au départ. Il allait se décider à l'abattre du ciel mais intervint la petite. L'inquisitrice. Cette jeune fille fit la morale au démon, ne sachant pas sa véritable nature. Ce spectacle amusa l'ange. Voir une haute représentent du Clergé , une chasseuse de démons, faire un cours de morale à un monstre de leur espèce, à un démon. Alors Evan les avait laissé s'expliquer, tranquillement. Il n'était pas pressé. Il avait vu avec quel prudence l'inquisitrice repoussait le démon. Mais d'autres humains entrèrent en jeu. Des humains bien aussi repoussant que des démons. Des drogués avares d'argent.

Il avait décidé de patienter encore et avait suivit de près la fuite des deux. Une dizaine d'homme était à leurs trousses. Alors, afin de soulager le monde de tels esprits et afin de pouvoir observer la suite des événements – peut être pour voir la réaction de la jeune inquisitrice – , Evan usa de son feu divin pour purifier les corps de quelques toxicomanes, leur conseillant d'aller en enfer afin de ne pas polluer d'autres lieux sous une peut être forme ectoplasmique. De ce fait, il rata les explosions mais n’eut pas beaucoup de mal à retrouver les traqués et les traqueurs. Il était étrange que le démon avait protégé la petite inquisitrice. Peut-être la voulait-il en otage ? Ou alors peut-être afin de lui soutirer des informations ? Les démons sont tellement tordus.

Quand Evan les rejoignit, le démon avait changé de forme. Avait-il été assez fin pour repérer l'ange ? Et était-ce alors pour se protéger ? Etait-il assez crédule pour croire qu'un tel tour pourrait berner un ange ? Rien n'était moins sûr. Mais ce qui l'était plus, par contre, c'était le fait que l'inquisitrice n'avait décidément pas peur du démon. Elle n'avait pas essayé de fuir ; il fallait tout de même avouer qu'il aurait été simple de passer inaperçue en passant un peu plus loin du combat. Heureusement, l'inquisitrice reprit ses esprits et, suite à la demande du démon, refusa pour lui une faveur. Elle lui posa ensuite quelques questions, questions qui taraudaient également Evan. Comme pourquoi l'avoir sauvé des malfrats ? Ou encore pourquoi ne pas l'avoir tué ? Et puis après ces questions reflétant une accusation, à la surprise de l'ange, elle lui proposa un compromis. L'inquisition était donc aussi faible contre la menace des démons ? Aussi faible qu'elle put faire des « compromis » ? Evan avait la main sur la garde de son épée et s’apprêtait de la tirer. La petite inquisitrice venait de commettre un délit grave. Très grave. Pouvant être puni de la peine de mort.

Cependant, Evan se calma. Il voulait observer la suite des choses. Bien que celles ci furent assez ennuyeuses. En outre une petite comédie de la part du démon, pour se faire passer sensible sans doute. Surtout qu'avec la forme qu'il avait revêtu, il paraissait moins offensif. Mais encore afin de couper leur conversation, et donc l'amusement – voir même la curiosité –  d'Evan, un homme les interpella. Cet homme ne valait pas beaucoup mieux que les autres qui gisaient maintenant à terre. Il violenta la jeune inquisitrice ; Evan n'agit pas, une inquisitrice est censé se débrouiller seule, non ? Décidément, celle ci descendait de plus en plus dans la petite estime que c’en était fait Evan. Pour se libérer des deux hommes contrôlés par l'alcool, elle dut appeler à l'aide par un cri. Un cri pas très mélodieux. Mais qui interpella tout de même l'attention de quelques gardiens de la loi. Evan, lui, était perché sur le toit, il ne risquait pas de se faire repérer.

Les deux hommes perturbés par l'interpellation du policier détournèrent leur attention quelques secondes des deux enfants en apparence, et ceux ci en profitèrent pour filer. Cette fois-ci, ce fut la jeune inquisitrice qui conduisit. Passant par des maisons, des boutiques, des bars, bousculant les gens, dégageant des meubles. Elle emmenait derrière elle le démon qui, comme l'avait fait remarqué l'homme saoul, aurait facilement pu être prit comme son petit frère. Il était difficile de savoir pourquoi maintenant, la petite essayait de sauver le démon. Evan en restait rebuté. Le démon avait d'abord sauvé l'inquisitrice et maintenant cette dernière sauvait le démon.

Les deux s'arrêtèrent dans un coin, après avoir traversé plusieurs rues. Ils étaient à bout de souffle. Et après quelques instants de silence mort, le démon se mit à crier et déambuler. Que lui prenait-il, encore ? Evan serait resté passif si ce n'était que ça, mais le démon changea encore de forme. Cependant, cette dernière forme, ce n'était pas celle d'un enfant albinos, non. Le démon prenait sa véritable forme, sa forme de démon, de créature funeste et répugnante venue tout droit des enfers. Des cornes lui poussèrent, ainsi ses ailes se virent devenir plus noires que jamais et ses pieds prirent la forme de sabot… Ce n'était pas acceptable. Evan se devait de l'arrêter. Il ne les avait pas suivit pour rien, il devait tuer ce démon, il en était bien conscient et il allait le faire.

Le démon prit son envole, répandant sur tout le quartier où ils se trouvaient une odeur répugnante. Seuls les anges ou encore les shinigamis ne pourraient la sentir, mais elle était bien là. Et avec elle c'était toute l'impureté que contenait le démon qui s'échappait. Evan ne put malheureusement pas agir, le démon alla directement chercher les deux hommes qui les avait menacé, pour en balancer un dans la rue et pour en emmener un plus haut en altitude, afin de le jeter ensuite plus loin dans la ville. Puis il revint, l'air de rien et continuant dans son concerto de choses répugnantes de démon, il corrompit l'inquisitrice, il lui insuffla une partie de son énergie diabolique. Là, ce fut trop. Evan ne pouvait plus se permettre de se distraire en les regardant. Son visage exprimait un dégoût profond, une haine sans commune mesure contre le démon.

- Tu as osé libérer ta forme originelle, démon. Tu as tué une dizaine d'humains rien que ce soir. Tu as corrompu cette jeune inquisitrice avec tes paroles. Tu as corrompu son corps avec ton énergie puante. Pour ces crimes, ainsi que pour celui d'être dans ce monde, moi, ange purificateur, je te condamne au nom de notre Seigneur. Quant à toi, jeune inquisitrice, tu as échangé avec un démon. Il t'as sauvé la vie et tu lui as sauvé la vie. Pour cela, tu seras également jugée, mais ce n'est pas à moi de faire cet tache encombrante. Alors, c'est un ordre, écarte toi de cet être malsain sur le champs.

Evan était catégorique. Et pour appuyer son ordre, il sortit de son fourreau son épée. Il sortit son épée si brillante, même dans l'obscurité pour, quelques pas plus loin, l'appuyer contre le démon rasant le sol sous sa forme hideuse. Sa forme si impure. L'impureté doit disparaître.




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MessageSujet: Re: Le Démon et la Religieuse~ [PV Aleksandr D. Ezequiel] FINISHED    Lun 20 Juil - 18:23

Le Démon et La Religieuse~ Sans oublier l'Ange !


Le petit démon s'approcha lentement de l'inquisitrice malgré son état plus que déplorable. Il semblait avoir quelques difficultés à se déplacer. Arrivé à sa hauteur il pencha la tête vers la sienne. Il la regarda un instant comme s'il attendait quelque chose. Celle-ci ne bougea pas afin de voir ce qu'il allait entreprendre. A vrai dire, elle pensait qu'il allait simplement s'exprimer. Le visage d'Aleksandr ne s'éloigna malheureusement pas du sien et une légère pression vint se faire sentir sur les lèvres de la demoiselle. Un baiser. Mais celui-ci n'était pas comme les autres. La jeune fille sentit une douce chaleur l'envahir. C'était comme s'il lui transmettait de l'énergie. Son énergie ? Celle-ci ne réagit pas ou n'en eu pas le temps. Elle était beaucoup trop stupéfaite. Cela ne dura que quelques secondes qui parurent une éternité aux yeux de l'adolescente. Elle se sentait mieux, elle n'avait plus froid et ses jambes ne tremblaient plus. L'incube se retira doucement en manquant de trébucher. C'était la première fois qu'on l'embrassait et elle ne savait pas quoi penser. Le noble avait tenté de l'aider par ce biais. Encore une fois. Mais il y avait tant de choses négatives qu'elle ne pouvait pas oublier. Premièrement elle était une religieuse et recevoir ce genre de geste lui était interdit. Proscrit même ! Dieu voyait tout. Allait-il lui en vouloir et la punir ? Elle commençait à s'inquiéter énormément. Elle ne voulait pas le décevoir. Son Dieu tout puissant. Qu'elle chérissait tant et admirait. Elle vivait pour lui et pour l'honorer. Recevoir ses foudres était la dernière chose qu'elle désirait. Et si l'Inquisition l'apprenait ? Tant d'inquiétudes lui traversaient l'esprit. De plus Aleksandr était un démon. Il venait de la salir, elle, une inquisitrice. Désormais, elle possédait de l'énergie démoniaque en elle. Eux qui étaient ennemis. Non. Elle ne pouvait pas le remercier. Elle lui en voulait. Elle le détestait.

Evangeline gênée, ne voulait pas croiser le regard du démon. Ses yeux fixaient les pavés de la rue. La respiration soutenue d'Aleksandr résonnait. La demoiselle releva finalement la tête pour vérifier l'état de son "ennemi". Son visage était pâle, d'un blanc presque livide comme celui des malades. D'ailleurs la jeune fille avait remarqué la froideur de son poignet lorsqu'elle l'avait tenu. Il haletait, gloussait, agrippa son veston et sa chemise et tituba en regardant l'inquisitrice. Regard qui semblait véritablement plus perdu dans le vide qu'autre chose. Ce qui lui arrivait ressemblait à une crise. Il commença à hurler. "Assez" voilà ce qu'il disait. Il voulait que cela s'arrête. Quelque chose se passait dans son esprit. Il se dirigea vers le mur pour y cogner sa tête. Il semblait presque fou ou plutôt torturé. Il tremblait. Des cornes commencèrent à lui pousser. Son aspect changea avec l'apparition d'une peau grise, de cheveux couleur ébène ainsi que des yeux bleus saphirs comme lorsqu'elle l'avait rencontré. Ses ailes étaient devenues immenses, une queue monstrueuse trainait derrière, les griffes de ses mains faisaient penser à celles des griffons et ses pieds n'avaient plus rien d'humain. On aurait dit des sabots. Sa taille était impressionnante, elle dépassait les limites du possible. L'Impur regarda une dernière fois l'adolescente, pour se tourner, se mettre à courir et s'envoler dans les airs. Il s'agissait surement ici de sa forme originelle démoniaque. Il était devenu un véritable monstre avec un seul désir : Tuer. La religieuse le trouvait répugnant.

Il était donc parti. Où ? Evangeline n'en avait aucune idée. Pour quoi faire ? Elle l'ignorait aussi. Mais il y avait bien une chose dont elle était certaine : Il allait revenir et elle l'attendait. Non il ne pouvait pas s'en aller comme ça et l'abandonner. Après tout c'est ce qu'il avait fait depuis le début, pourquoi changerait-il subitement ? Il était étrange. Il l'intriguait. Tous les démons qu'elle avait capturé jusque-là n'avait pas montré le quart de patiente dont Aleksandr avait fait preuve. Ils s'étaient tous précipités vers elle pour espérer la tuer croyant qu'elle était inoffensive. Ils s'étaient bien fait avoir. L'incube était différent. Mais pas moins dangereux. Il n'avait jamais essayé quoi que ce soit. Il ne lui voulait aucune mal. Du moins en apparence. Toujours se méfier. C'était plutôt elle, qui depuis le début cherchait à le piéger. La petite se saisit alors de sa robe et en arracha un bout pour le nouer autour de sa main gauche qui la faisait souffrir. Elle avait ressenti tant de sentiments durant cette soirée. La haine, la colère, le dégoût, l'incompréhension. En tout cas, rien de positif. Et cette ressemblance entre eux. L'évocation de la famille avait été son seul point faible. A cette heure-ci, la seule famille qu'elle possédait était l'Eglise. Les Inquisiteurs, les religieux et les fidèles. Tous réunis autour d'une même cause : La religion. Tous diriger par un même père : Dieu. Oui elle était fière de faire partie de cette famille. Et pour que cette humanité puisse continuer à vivre en paix, il fallait les détruire. Eux. Les Impurs. Lui. Aleksandr Dante Ezequiel. D'ailleurs que faisait-il ? Des cris retentirent. Il ne lui en fallut pas plus pour trouver une réponse à sa question. Tuer. Encore et toujours. Des battements d'ailes se firent entendre et le démon atterrit silencieusement dans la ruelle où se trouvait l'inquisitrice. Il avait repris sa forme enfantine. Après avoir subi toutes ces transformations, ses vêtements étaient en lambeaux. Il se roula alors en boule en reniflant. Faible. Il arracha ses cornes et un "Désolé… Evangeline" s'échappa de ses lèvres. Celle-ci soupira. Il avait beau être désolé et l'avoir aidé à plusieurs reprises. Il restait un démon. Elle repensa alors à sa réponse sur l'immortalité. Il avait tort. Parce que ce point de vue lui était personnel.

"Qu'est-ce que tu as encore fait ? Je n'accepte pas tes excuses. Je ne peux pas te pardonner." Murmura la demoiselle.

Alors qu'un silence pesant avait élu domicile dans la ruelle une personne fit son apparition. Toute de blanc vêtue, symbole de pureté. Il représentait le parfait envoyé de Dieu. Un ange ? Evangeline s'interrogeait et c'est seulement après avoir entendu les paroles du nouvel arrivant que ses doutes s'envolèrent. Oui il s'agissait bien d'un ange. Cette race pure et parfaite. La petite inquisitrice ne le lâchait pas du regard. Elle était émerveillée. Elle avait devant elle ce pour quoi elle priait tous les jours. Ceux pour qui elle éradiquait les Impurs de la surface de la planète. Elle était là, comme une admiratrice, sans ciller. A vrai dire elle avait tellement peur de faire quelque chose de mauvais qu'elle n'osait plus bouger. Ce n'était pas tous les jours qu'un ange se présentait devant vous. Elle se sentait privilégiée. Il était assez grand, du moins par rapport à la religieuse. Des cheveux blancs immaculés, des yeux d'un bleus profonds quoique peu commun et une peau d'une blancheur parfaite. Son visage était beau, des traits fins et magnifiques qui ne possédaient aucune imperfection. Cela semblait logique. La jeune fille était désormais en présence d'un ange. Le représentant de Dieu tout puissant. Il ne pouvait posséder un seul défaut. Il faut dire qu'elle était un peu stressée. Et son discours ! Elle adhérait totalement à ses propos sur le démon. Aleksandr était dangereux. Il avait tué des gens par simple envie de faire justice lui-même. Mais c'est lorsqu'elle entendit qu'elle avait également commis un pêché que le petit sourire qu'elle possédait sur les lèvres jusque-là s'effaça. Laissant place à l'incompréhension. Non elle n'avait pas sauvé l'être démoniaque. Elle l'avait entrainé jusqu'ici pour une bonne raison. L'expression de l'adolescente se dégrada. Elle fixait l'ange purificateur avec une mine triste. La demoiselle tenta de s'expliquer mais elle ne fit que bégayer des choses vides de sens. Elle n'avait pas la force de dire quoi que ce soit. A peine venait-elle de rencontrer un saint qu'elle le décevait. Il comprendrait par lui-même, elle en était convaincue. Celui-ci sortit une épée d'une brillance angélique et la pointa sur le démon.

"-Tuez-le." Dit-elle sans hésiter.

Cette fois elle réussit à prononcer sa phrase de manière claire. Ce n'était pas un ordre. Non loin de là, Evangeline n'aurait jamais osé faire une telle chose. C'était une affirmation. Elle voulait simplement lui montrer qu'elle approuvait totalement ses propos et qu'elle ne l'empêcherait en aucun cas de faire son devoir. Elle ne voulait pas protéger cet être. Elle le détestait. Il avait fait beaucoup trop de mal autour de lui. Les démons n'étaient doués qu'à ça. Répandre la terreur. La jeune fille se releva sans trop de difficultés avec ce que le démon lui avait insufflé. Lui en revanche paraissait plutôt affaibli. Quelle ironie. Cela s'expliquait aussi par ses multiples transformations et toutes leurs courses-poursuites. L'inquisitrice se dirigea vers l'ange et se plaça à sa droite pour lui montrer qu'elle le soutenait. Avec son aide, ils allaient surement en venir à bout. L'Inquisition n'allait pas tarder à arriver car oui elle les avait fait prévenir. C'était la deuxième chose qu'elle avait demandé au propriétaire du bar. Elle lui avait dit de leur faire parvenir ce simple message : "Cible trouvée". Ses collègues inquisiteurs savaient déjà dans quel quartier elle se trouvait. Ils avaient dû se mettre en route et commencer à interroger les passants pour trouver leur localisation exacte. Mais la religieuse avait choisi un lieu qu'ils connaissaient bien. Le salon de thé. Ils se réunissaient souvent ici et en amenant l'Impur à cet endroit elle espérait qu'ils la retrouvent plus vite. De plus, celui-ci n'avait pas dû passer inaperçu en volant dans les airs avec sa forme démoniaque. Ce n'était plus qu'une question de temps pour qu'ils arrivent. Ils allaient être en supériorité numérique. Et l'aide de l'ange rendrait la tâche beaucoup plus simple. Oui. Cette mission ne pouvait être qu'un succès. L'adolescente repensa à cette soirée. A ce démon pas comme les autres. Elle savait que l'Inquisition ne referait pas la même erreur. Cette fois, il n'allait pas perdre leur temps à le torturer. Non. Il serait tué presque immédiatement. Pourtant elle aurait voulu lui poser encore quelques questions.

Evangeline tourna la tête vers la porte du salon de thé. Elle se dirigea vers celle-ci et s'accroupit devant. La religieuse passa une main dans ses cheveux cherchant quelque chose et finit par en sortir une épingle qu'elle enfonça dans la serrure. Elle la tourna quelque peu et colla son oreille à la porte pour mieux entendre les cliquetis du rouage. Technique qu'elle avait développé durant son enfance dans la rue. Après plusieurs manipulations, la porte s'ouvrit dans un crissement. La demoiselle entra et referma légèrement derrière elle, laissant les deux ennemis tout seuls dehors. Elle marcha dans la pénombre. Un pas devant, trois sur la gauche, un autre devant et enfin quatre à droite. La jeune fille se mit alors à genoux et tâta le plancher en bois. Elle frappa doucement du poing sur celui-ci et finit par localiser l'endroit creux. A l'aide d'un couteau qu'elle alla chercher dans les placards de la boutique, elle souleva la planche de bois et la posa un peu plus loin. Dans ce petit trou se trouvait une bible, un chapelet, des bougies et de quoi les allumer. Elle les saisit, remit la planche et le couteau en place puis sortit de la boutique en claquant la porte. L'ange et le démon était toujours là. Elle ne savait pas s'ils avaient "discuté" pendant son absence. L'inquisitrice positionna des petites bougies tout autour du démon en formant un cercle assez grand et en prenant soin de les allumer afin de préparer l'entrée en scène de l'Inquisition et le sort d'immobilisation. Evangeline prit aussi soin de ramasser les cornes que le démon s'était arraché plus tôt, puis elle alla se replacer près de l'ange comme pour lui dire qu'il pouvait désormais faire ce qu'il désirait.


Dernière édition par Evangeline McDowell le Mar 27 Oct - 17:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Démon et la Religieuse~ [PV Aleksandr D. Ezequiel] FINISHED    Mar 21 Juil - 17:15



L'ambition, l'amour, l'avarice, la haine, tiennent comme un forçat son esprit à la chaîne. ▬ Nicolas Boileau ; << Satires >>



Quelqu’un était là. Il parla un instant avec Evangeline. Je ne faisais pas attention à leur discussion, je ne les écoutais pas. Je continuais de me passer en boucle la nuit où j’ai tué toute ma famille. Je continuais de me passer en boucle le cri de chacun, un par un. Mais je sentis quelque chose de malsain s’approcher de moi. Une chose que mon corps ne pouvait tolérer, et qui aurait pu faire vomir mon âme si elle le pouvait. Que faisait donc … Cette sensation de pureté ici ? Puis quelque chose vint s’appuyer contre moi.
Cette sensation. Cette plaie que je sentais ouverte mais qui n’était pas encore là. Pourquoi ? Pourquoi un ange ? Pourquoi ici ? Pourquoi maintenant ? Ce qu’il pointait contre moi … Une épée sainte … Bon sang, ce n’était pas véritablement le bon moment. Quoi que … Quelle importance cela pouvait-il avoir ? Je ne pouvais plus bouger. J’étais si faible. La sensation que me laissait cette horrible épée s’en trouvait multipliée. Il n’aura aucun mal à m’empaler sur place. De toute façon, je n’avais pas réellement envie de bouger.  Alors, même si j’en en avais eu la force, la volonté n’était pas présente.

   
 
▬ "Tuez-le."

C’était la voix d’Evangeline. Ha … Les enfants ne devaient pas tenir pareilles paroles. Mais elle avait raison. Qu’il me tue. Je serais enfin tranquille. Je pourrais retrouver mère. Enfin. Après tout ce temps.
Alors que je me voyais massacrer les miens, alors que j’écoutais leurs plaintes et leurs cris, je la cherchais du regard. Je la cherchais dans mon œuvre funeste. Je la cherchais parmi ces âmes qui me torturaient dans mes souvenirs. Et comme toutes ces fois où j’avais déjà essayé de l’entendre, de la voir parmi eux, ce fut sans succès. Elle n’était nulle part. Même père était là … Toujours avec le même regard. Pourquoi avez-vous fait de moi ce que je suis père ? Pourquoi m’avez-vous poussé à commettre un tel acte ? Répondez-moi … Fausto Iskandar Ezequiel … Pourquoi …
Je n’étais qu’un enfant noble comme les autres. J’avais mes caprices, mes désirs. J’avais des passions, des rêves. J’avais la joie de vivre. Vous m’avez tout prit. Et au nom de quoi ? Vous ne me l’avez jamais dit. Je ne vous en n’ai pas donné l’opportunité. Vous aviez perdu toute crédibilité à mon égard. Tout amour. Tout respect. Mais vous auriez quand même pu m’expliquer pourquoi vous m’aviez enfermé, pourquoi vous aviez arrêté de me nourrir, pourquoi les seules personnes que j’avais le droit de voir n’étaient que deux servantes parmi toutes celles que nous avions, pourquoi vous me frappiez, pourquoi vous m’aviez séparé de mère.

De la neige ? Non, elle n’était pas réelle. Encore un souvenir. Il faisait nuit, et une cloche sonnait au loin, très loin, au pied d’une montagne. Sur cette dernière se dressait un imposant château aux allures de la Sagrada Familia. C’était chez nous, en plein hiver. L’Aneto … Le château des Ezequiels. Des démons et démones, fils et filles de la couronne. Héritage du père et de la mère de notre lignée : Maximiliano Alcides Adam Ezequiel et Maria del Jesus Eve Ezequiel. Rien que prononcer leurs noms faisait monter en nous un sentiment de fierté. D’honneur. Nous étions unis. Une véritable famille que même le temps n’avait pas réussi à défaire. Même trois siècles après, je me souvenais parfaitement des noms de chacun. Je n’en n’avais pas oublié un seul … Leurs noms étaient gravés en moi, sur moi avec leur sang et leurs cris. Maximiliano. Maria. Abelia. Wenceslao. Angelica. Valentino. Adonis. Agnese. Alejandro. Stella. Edvige. Virgilio. Abel. Maddalena. Itzel. Elena. Magda. Hermenegildo. Anibal. Jazmin. Lucifer. La Reina. Maximiano. Llanos. Leonel. Valeska. Lucrecia. Videl. Vicente. Violante. Mia. Esteban. Eden. Kesara. Diogenes. Delmara. Gabriel. Odelia. Neftali. Helvecia. Belisario. Hela. Cristobal. Silvana. Malaquias. Vladimira. Abigail. Sidragasum. Rainelda. Caïn. Jeremias. Narcisa. Pacienca. Dramas. Ifigenia. Bartolomé. Aymara. Inocencio. Pantaleon. Maggid. Zaviera. Alvar. Zacanias. Ophionee. Oscar. Mary. Fuencisla. Baalberith. Maria del Carmen. Baalzephon. Orquidea. Caacrinolas. Timirah. Demostenes. Gandulfo. Ambrosia. Kimrah. Valdemaro. Batriel. Rosalyn. Anatnah. Marco. Anahita. Angra. Céfiro. Sahily. Absalon. Quiriaca. Belisama. Jonas. Belit-Seri. Leovigilda. Caenée. Pacifico. Iluminado … Et ces derniers n’étaient que les membres des six premières générations … Il en restait encore sept, toujours plus longues. Une longue liste de noms qui s’achevait sur celui de Fausto Iskandar Ezequiel, mon père … Celui de Camélia Catteleya Ezequiel, ma chère mère … Et moi … Aleksandr Dante Ezequiel.

Je pouvais entendre des cris de nouveau-né à l’intérieur du château … Les miens … Je me souvenais parfaitement de la date, et de l’heure. Peu après minuit, le 19 décembre 1515. Un jour maudit. Mon jour. Ma malédiction. Il neigeait tellement ce soir-là … J’avais beau être espagnol, avec un teint basané, j’appréciais énormément le froid et le supportais. Et la neige était un véritable bonheur à mes yeux du haut de notre montagne hérissée de glaciers.
Si mère était encore là, je lui demanderais certainement si elle ne regrettait pas de m’avoir mis au monde … La neige disparu. Le château et la montagne aussi. J’étais de nouveau entouré de ces innombrables cadavres figés dans la douleur et la terreur. La trahison. Mais pourquoi me juger ? Ce sont eux, les premiers à m’avoir trahi. La seule personne que je ne retrouvais pas parmi ces morts était la seule qui aurait pu me sauver si on ne l’en n’avait pas empêché … Camélia …
Une femme qui faisait très jeune. Une beauté inégalable. De petite taille. Ses cheveux étaient plus longs qu’elle-même … Une chevelure de feu … D’un rouge intense, et rare … Un regard orange … Qui scintillait comme des flammes qui jamais ne pourraient s’éteindre. Une peau aussi blanche que la neige. Une gentillesse et une bonté sans nom … Un ange parmi nous, les démons … Elle était mon ange. Si elle vivait toujours, on la prendrait probablement pour ma fille. Pourtant … Je n’avais rien d’elle.

J’étais allongé dans le vide. Puis ma tête reposait sur des cuisses et des cheveux rouges, et une main avenante et douce brossait, et caressait les miens, tandis qu’une voix plus douce que le miel m’offrait un concert personnel.
Oui. Je ne ressemblais pas à celle qui m’a donné la vie. J’étais grand. J’avais des cheveux sombres. J’étais finement bronzé. J’avais les yeux bleus. Le portrait craché de mon infâme de père. Le reflet de ce que je détestais le plus au monde, plus encore que les anges. Plus encore que l’Inquisition. Plus encore que moi-même. Je voulais ressembler à ma mère. A celle que j’aimais plus que tout au monde. Rien ne pouvait égaler l’amour que je ressentais pour elle. Rien. Ni personne.
Et on a détruit cet amour. Ce que je ressentais. On m’a détruit, de fond en comble. J’ai pris le corps et la vie de celle que j’aimais le plus, poussé dans le ravin sans fond de la folie, et de la bêtise, humaine, comme maléfique. On ne m’a pas demandé mon avis. On ne m’a demandé si je voulais être un démon, un incube. On ne m’a pas laissé le choix.

Cela sentait la cire … Des bougies ? Je me sentais encore moins capable de bouger. Un sort d’immobilisation ? Est-ce que je donnais seulement l’air d’être en état physique ou encore psychologique de faire quoi que ce soit ? A terre, aux pieds d’un ange, devant une humaine, je n’étais qu’un enfant qui pleurait et qui voulait sa mère. Je n’avais même pas la force de griffer le sol tant je me détestais, malgré mes petites griffes.

Encore une fois, je pu voir les cheveux ardents de ma mère. En trois siècles, je n’avais jamais réussi à la voir, à la sentir. Et là, au moment où j’étais le plus vulnérable, le plus en danger … Je l’apercevais pour la seconde fois … Elle devait sûrement m’attendre … Malgré ce que je lui avais fait … Elle m’attendait … Pourrait-elle seulement me pardonner … Moi pas … Je m’en voulais tellement …
Une petite main était tendue vers moi … Cette petite main dont j’adorais la présence dans ma chevelure, autour de la mienne … Que cet ange et cette Inquisitrice fassent ce qu’ils veulent de mon corps … Je n’allais pas attendre pour la rejoindre … Pour retrouver ma chair, et mon sang … Mon unique famille …
Alors que je venais prendre cette main dans la mienne, un air heureux et épanoui se dessina sur mon visage étalé au sol.

   
 
▬ « Te estaba esperando, madre. »

Mon corps était chaud, et mon esprit baignait dans une douce et chaleureuse lumière dans laquelle je pouvais distinguer ma belle et chère mère … Les flammes des bougies disposées tout autour de moi se mirent à danser, à s’intensifier, et de petites flammes fleurissaient par-dessus mon corps. Mère adorait le feu. Elle lui parlait. Elle ne le contrôlait pas, ne l’asservissait pas. Elle s’amusait avec, elle le traitait comme un être normal. Elle était l’amie des flammes.
J’eu la force de rouvrir les yeux : Des pieds. Certainement ceux de l’ange, c’était lui, le plus proche de moi. Malgré mon significatif manque de ressource, je vins un peu tourner la tête pour au moins voir son visage. Si jeune. Décidemment, c’était ma soirée. L’Inquisition qui venait me remettre des bâtons dans les roues depuis toutes ces années. Et maintenant un ange … Pourquoi un ange viendrait à Londres, après tout ce temps. Il ne faudrait pas qu’Angelica le croise en tout cas … Heureusement, Victoria lui a promis de la protéger, et de la cacher de sa race au nom de leur amitié.

L’Inquisitrice était derrière lui. Elle tenait une bible. Cela devait être elle qui a posé toutes ces bougies autour de moi. Même pas un merci : Sans moi elle n’en n’aurait même pas été capable. Mais je ne pouvais pas lui faire de reproches, lui en vouloir.
Je reposais mes yeux sur la bougie la plus proche de moi, et je regardais la flamme danser. C’était à se demander pourquoi. Alors que je fixais cette petite étincelle de feu, lentement, mes yeux virèrent aux oranges, de la même couleur que cette flamme, de la même couleur des prunelles de ma mère. Je laissais reposer ma tête sur le sol et fermais les yeux en prenant une longue mais fine inspiration. Mon cœur palpitait. Non loin de nous, je pouvais entendre et sentir les bruits de la dépravation. Un couple était en train de se faire plutôt plaisir. Ces bruits, cette odeur de luxure qui m’aida à reprendre ma forme adulte aux cheveux noirs. Quelle ironie. Pile quand j’avais abandonné.
Un énième sourire se dessina sur mes lèvres, puis, le vide, le noir total dans mon esprit.

Et alors que je ne voyais plus rien de ce qu’il se passait, et allait se passer, les flammes des bougies vinrent s’étendre tout comme les gerbes de flammes qui étaient apparues sur moi. La cire se mit à fondre soudainement jusqu’à ne plus rien laisser, tandis que les flammes échouaient sur ma chevelure d’ébène, embrasant mon corps en même temps que les petites flammes qui devinrent brusquement plus grandes pour m’envelopper. Je ne le sentais pas. J’étais bien. Comme lorsque j’étais avec mère. Cette chaleur m’envahissait comme lorsqu’elle m’enlaçait pendant des minutes qui paraissaient des heures.

Les flammes continuèrent de danser sur et tout autour de moi, tandis que des cheveux noirs commencèrent à en dépasser sous une croissance soudaine, et, se mêlant aux flammes, peu à peu, ils devinrent d’un rouge vif et pétant, impossible à rater.
Mon corps se releva et se souleva en entraînant ses flammes, le cercle magique d’Evangeline ne faisait plus effet. Je me tenais droit devant l’ange, les yeux, maintenant oranges, luisants parmi les flammes, tout en ayant, pendant quelques instants, une étrange silhouette, une silhouette de femme.

Puis les flammes disparurent, tandis que mon corps fit un grand bond en arrière pour s’élever et se déposer sur le rebord du toit du bâtiment derrière l’Inquisitrice, faisant danser dans les airs une chevelure rouge, et excessivement longues avec lui. Je rouvris lentement mes yeux, et je regardais plus bas. J’étais surpris. Que faisais-je là ? Pourquoi n’étais-je donc pas mort ? J’avais pourtant ressenti une telle chaleur que je m’étais dit que ça y est … C’était enfin finit … Quelque chose de rouge tomba par-dessus mon visage, je ne voyais plus rien. Je me mis à secouer mes mains pour enlever ce que c’était, mais c’était fixé à mon crâne … Jetant un regard à droite, puis à gauche, je pu constater que j’étais entouré d’une massive chevelure de rubis. Ces cheveux … Ils étaient si rouges … Si longs … Ils me recouvraient tellement … Ces cheveux … Et puis mes mains … Ma peau était … Blanche ..? Je secouais la tête, surpris en chaîne, et cette magnifique chevelure de feu se mit à bouger en même temps avec une fluidité sans nom. Ce qui me fit réaliser alors que je ne voyais plus rien … Cette couleur de peau … Ces cheveux resplendissants … Mère ..? J’amenais mes mains sur mes joues, remontant peu à peu sur mon visage. Des traits fins … Et légèrement efféminés … Même le toucher de mes mains sur ma propre peau me parut extrêmement doux … Comme lorsqu’elle me touchait …

Qu’est-ce que c’était que cette sensation toute à l’heure ? C’était bien elle … Je la sentais encore … Je me sentais … Comblé ...? Mieux ..? Alors que je me mis à caresser une mèche de ces cheveux, je me rendis compte que je n’entendais plus aucun cris … Que je n’avais aucune visions …
Mon regard se posa sur l’ange et l’Inquisitrice … J’avais eu la chance de m’en tirer … Je ne pouvais pas rester là … Je regardais une dernière fois ces mèches de cheveux qui recouvraient mon visage, avant d’hocher faiblement la tête, comme si je m’entretenais à quelqu’un, et je vins balancer cette chevelure immense derrière mes épaules … Si longs … Autant que moins … Si ce n’était pas plus … Je vins me laisser tomber du toit pour atterrir légèrement mais non pas rapidement à côté d’Evangeline et je vins faire un pas de côté pour lui passer devant avant de faire pareil à plusieurs reprises devant l’ange pour passer derrière lui, suivit par ces cheveux qui brillaient malgré le fait que nous étions en pleine nuit. Je me baissai pour ramasser mon chapeau et je continuai de filer droit devant moi, dans une silhouette svelte et efféminée, silhouette qui aurait pu donner à n’importe qui l’impression de voir une femme de dos, une femme avec plus de deux mètres de cheveux plus rouges que de la lave.

Mon chemin s’arrêta rapidement. Des hommes. Des sœurs. En grand nombre. Etaient-ils tous des inquisiteurs ? Des renforts ? Ils me regardèrent, et je pense qu’ils remarquèrent à quel point leur présence me dérangeait. Les premiers crièrent aux derniers de ne pas faire de quartier, quitte à me tuer. Je les regardai s’avancer, et se jeter vers moi, armés de bibles, de crucifix, de gourdes remplies d’eau bénite. Et parfois de lames recouvertes de la même eau, cela se sentait. Alors que le premier à m’atteindre arriva à ma hauteur, celui-ci armé d’une épée, tenta d’abattre son arme sur moi, je fis un rapide pas de côté, mes cheveux s’enroulant autour de moi. Mon regard se posa sur lui, et sur le sien. Il me méprisait. Sans réagir ou dire quoi que ce soit, je vins me saisir de son bras avant de tourner sur moi-même pour le soulever et le faire basculer par-dessus, puis derrière moi, le désarmant. Ils étaient nombreux … Mes yeux se posèrent sur son épée …

J’espérais juste qu’il s’était contenté de badigeonner la lame d’eau bénite. Sans hésiter un instant j’attrapai la garde de cette dernière pour la tendre rapidement devant moi pour parer un couteau qui filait à toute allure, et attrapant un autre bras à l’aide ma main libre, me contentant encore une fois de faire basculer ceux que je tenais et bloquais. Je pouvais le faire. Je fixais la lame que je tenais un instant. Elle avait un dos. Parfait. Les regardant qui chargeaient dans ma direction, je fis de même avant de bondir pour me jeter dans la mêlée. J’attrapais les bras qui approchaient des bibles et des crucifix de mon corps pour les faire basculer par terre, je parais précisément les armes qui cherchaient à m’atteindre, et avec le plat de la lame, je donnais des coups derrière la nuque de certain, me frayant un chemin petit à petit parmi eux. Depuis quand l’Inquisition envoyait autant d’hommes pour une seule capture ? L’Inquisition donnait beaucoup trop d’importance à la capture des démons. Ils employaient beaucoup trop de moyens pour que ça ne paraisse pas suspect. Pourquoi s’embêter à capturer des impurs immortels ? Pourquoi revenir vers moi maintenant ? L’Inquisition cachait quelque chose. Et puis cet ange qui apparaît. Etait-ce seulement une coïncidence ? Cela faisait longtemps que je n’en n’avais pas vu. C’est étrange.
Je fis une dernière prise à la dernière personne qui essaya de me bloquer la route, la plaquant au sol avant de l’hypnotiser de mon regard, et la faire perdre connaissance. D’où me venait cette soudaine … Force ? Ce n’était pas ce couple d’humains qui s’envoyait en l’air … Ce n’était pas possible. Des humains pourraient s’abandonner à une orgie comme des animaux, les entendre ne suffirait pas pour me donner autant de force … Comme un second souffle … Et puis … Je sentais toujours cette chaleur en moi … Cette … Présence … Je regardais derrière moi ; ils étaient tous à terre. Pas un mort. Pas un blessé. Ceux qui en étaient capables me regardèrent, mais pour une fois, le regard qu’ils me lançaient ne me disait rien. Etaient-ils surpris d’être toujours en vie ? Etaient-ils dégoûtés ? Se sentaient-ils déshonorés d’être en vie après avoir été seulement neutralisés ? Mis à terre ? Je ne comprenais pas ce que leurs yeux disaient. Par contre, ce que je savais, c’est que cet ange lui n’allait certainement pas me lâcher comme ça. Et au fond, je me disais que cette Inquisitrice non plus, même l’ange, lui, pouvait s’envoler et facilement me poursuivre contrairement à elle. Cependant je devais avouer qu’elle m’a surpris. Jusqu’à maintenant, je n’avais croisé personne de l’Inquisition qui était aussi … Têtu. Et investie.

Je laissai tomber l’épée que j’avais ramassé, heureusement, la garde ne m’avait rien fait, même si l’odeur de l’eau bénite me donnait quelques vertiges. Je tournais le dos à ces religieux, et je me remis à filer, regarder à peine devant moi, mais fixant plutôt le ciel, cherchant l’ange du regard, voir s’il n’était pas déjà là, prêt à fendre sur moi tel un aigle sur un rougeur en plein désert. Après tout, je devais bien être la seule personne avec une traînée de cheveux rouges sangs en train de courir dans les rues de Londres en pleine nuit. Et je connais les anges. Ils sont peut-être de beaux parleurs, et insupportables tant leur caractère est agaçant, mais je sais qu’il ne faut pas non plus les sous-estimer. Si j’ai pu fuir si facilement, c’est qu’il ne devait pas s’attendre à ce qu’il arrive ce qu’il s’est passé, et ce, tout autant que moi. J’ai eu de la chance. Mais la nuit était encore loin d’être finie. Et la chance, elle, elle pouvait encore tourner, et se retourner contre moi.



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MessageSujet: Re: Le Démon et la Religieuse~ [PV Aleksandr D. Ezequiel] FINISHED    Lun 27 Juil - 17:44




Le Démon et


la Religieuse...



Ainsi que l'Ange...








La jeune inquisitrice était en fait plus loyale à son serment que l'aurait cru l'ange. Plus hypocrite aussi, dans un certain sens. Mais on ne pouvait pas lui en vouloir, c'était les évènements qui l'avaient traînés dans cette situation, qui l'avait poussé à recevoir de l'aide - bien que sans l'avoir demandé - d'un démon. En suite elle avait fait preuve de miséricorde et de pitié envers la créature, bien que mal placé il en était ici une des qualités humaines ; la juger ne serait pas bien placé. C'est ainsi que notre Seigneur avait créé l'homme, il fallait dans la mesure de ses qualités, le respecter, lui et ses actions. Mais le punir n'était pas un manque de respect, au contraire, c'est cela qui parut renfrogner la jeune fille lorsque l'ange lui annonça son pensée. Bien qu'elle était en extase, en totale admiration devant la créature aux ailes blanches, son visage avait laissé entrevoir un air désappointé. Comme si l'ange n'avait pas bien compris ses actions. Enfin... Elle avait lâché un petit :

- Tuez le.

D'une manière bien neutre. Ce n'était pas un ordre. Pas une question non plus. Juste une manière de montrer sa totale adhérence aux actions de l'ange. Puis alors que Evan s'était approché du démon qui s'était roulé en boule - d'une manière bien risible - elle était partie. Il aurait été étonnant qu'elle était partie, vu ses paroles. Peut-être était-elle partie chercher de l'aide. Même si de l'aide aurait été bien inutile. Le démon paraissait exténué par ses actions, au bord du gouffre même. Evan aurait pu lui trancher la gorge tout de suite, réduire son corps en morceaux puis brûler chaque partie avec son feu divin, mais non. Depuis un certain temps, il était prit d'une certaine lassitude. Non pas qu'il était lasse de chasser les démon - il était fait pour cela. Non. C'était une lassitude envers les humains. Ils étaient trop répétitifs. Trop prévisibles et... Lassants.

Evan resta alors là un instant avec le démon. Observant son énergie se dissiper dans l'air. Sa puanteur de démon peu à peu disparaître. Il était en train de partir seul. Il avait perdu toute envie de continuer. Chose positive, Evan n'aurait pas à le combattre plus tard, quand il sera revenu des enfers par on ne sait quel moyen.

Et pendant sa réflexion, l'inquisitrice revint. Elle était chargée. Une bible, un chapelet, des bougies et de quoi les allumer. Un bien grand rituel qu'elle préparait, bien trop grand vu l'état du démon qui se tenait là. Celui là, Evan aurait pu le tuer rien qu'en lui faisait avaler son énergie si pur. Son corps n'aurait pas résister. Evan ne bougea pas. Alors l'inquisitrice installa les bougies autour de lui et du démon. Et puis alors qu'elle se retirait, ouvrant sa bible, l'Impur bougea. Il tourna sa tête. Vers Evan. Il l'aperçue. Et puis il ferma les yeux. A ce moment on eu cru que c'était son dernier mouvement qu'il venait de faire. Mais les flammes des bougies allèrent à la rencontre de son corps alors que celui ci reprenait sa forme d'homme - et plus d'enfant. Evan s'écarta en un saut. Il ne souhaitait pas se voir recouvert de flammes.

Et les flammes parurent comme redonner de l'élan à la créature des enfers. Elle se releva. Doucement, en chancelant. Puis ses cheveux s’allongèrent, sa silhouette changea quelque peu. Bizarrement, on aurait pu le confondre avec une femme. Après s'être allongés, ses cheveux passèrent du noir au rouge vif, de la même couleur que les flammes qui le recouvraient encore. Les flammes qui s’éteignirent sa transformation terminée, comme si il n'y avait plus de combustible, plus rien à brûler.

Evan n'agissait pas plus qu'il n'avait déjà fait. Il souhaitait voir se dérouler la suite. Et savoir de quelle nature était ce changement, pourquoi ne savais-t-il pas ce que c'était, lui l'ange, l'omniscient. De cette occasion, le démon sauta sur le toit d'une maison avoisinante, derrière l'inquisitrice. Il découvrit lui aussi les changements de son corps en ouvrant les yeux. Sa réaction était une surprise apparente, pas très différente de celle de l'ange. C'était donc un changement de forme involontaire. Etrange.

Puis il redescendu. Passa devant l'inquisitrice sans un regard et devant l'ange, le narguant du nombre de ses passages. Quand bien même, Evan ne bougeait pas, seul ses yeux suivaient la créature, listant chaque parties du corps changée. En rentrant, un rapport s'imposera. Un rapport pour les autorités divines. En attendant le démon partait. Mais il n'allait pas aller loin. Les religieux sont tellement indiscrets. Evan prit donc tout son temps pour suivre la trace du démon. Quand il arriva, ce dernier était en train de mettre à terre le dernier de ses opposants. Une épée dans la main, forgée par le clergé, sans doute recouverte d'eau bénite qui apparemment n'empêchait pas le démon de la tenir. Il n'était pas étonnant que le démon eu neutralisé tout les religieux, ce qui le fut plus, ce fut qu'il n'en tua pas un. Décidément son comportement était bien étrange.

Il se remit en cavale. Avait-il vu l'ange ? Aucune importance. Evan déploya ses ailes et s'envola. La donne avait changé. Pour lui le but n'était plus de tuer son adversaire, c'était de la capturer, de l'envoyer en colis au ciel en même temps que son rapport. Ils en feraient bon usage. Découvrant ses secrets. Alors il se posa discrètement sur le toit d'une petite maison de la rue assez longue où le démon courrait, cherchant l'ange du regard. Il devait être assez perturbé pour ne pas le repérer. Enfin...

Dès qu'il passa devant la maison où se tenait Evan, celui ci déploya ses chaînes. Les chaînes divines qui brulent les corps impurs. Il attrapa les deux jambes du fugitif, qui manqua se tomber si l'ange n'attrapa pas son bras avec le reste de la chaîne. Puis il descendu du toit en douceur. Il imaginait la douleur que devait ressentir le démon à ce contact et il était déjà en train de composer les questions qu'il allait lui poser dans sa tête. Pendant ce temps, les chaînes obéissant à la volonté de l'ange dessinèrent un cercle magique dans le peu d'espace qu'offrait la rue. Evan s'approcha donc du démon.

- Et bien, quel changement. N'est ce pas. Dis moi, qui es-tu ?




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MessageSujet: Re: Le Démon et la Religieuse~ [PV Aleksandr D. Ezequiel] FINISHED    Jeu 6 Aoû - 20:16

Le Démon et la Religieuse~ Sans oublier l'Ange !

Evangeline observait le démon avec un regard de dédain. Il semblait une nouvelle fois absent, perdu dans ses pensées et surtout incapable de faire quoi ce soit. Une phrase s’échappa alors de sa bouche dans une langue qui était complètement inconnue à la religieuse. En effet, elle n’avait jamais eu l’opportunité de recevoir une quelconque éducation. L’Inquisition faisait tout pour garder leurs fidèles marionnettes dans l’ignorance. Et cela nécessitait donc que leurs recrues manquent de connaissances afin qu’elles ne puissent pas réfléchir d’elles-mêmes et tenter d’imposer leur propre vision. Il fallait que l’Eglise soit unie et pour cela tout le monde devait penser pareil.
Après quelques minutes, le noble rouvrit les yeux et ceux-ci prirent une teinte orange. La demoiselle fronça les sourcils en s’interrogeant sur la provenance de ce changement et la suite des événements. Ses interrogations furent rapidement dissipées en voyant la tournure que cela prenait. Il reprit petit à petit sa forme initiale avec un sourire aux lèvres. Les flammes des bougies vinrent alors s’échouer sur sa chevelure devenant rouge vive. Le feu entourait le corps d’Aleksandr sans le blesser et semblait lui donner une nouvelle force. L’inquisitrice fit un pas en arrière et passa son bras devant son visage pour se protéger. L’être démoniaque se releva laissant apparaitre une silhouette devenue plus féminine. Une nouvelle apparence ? Une nouvelle transformation ? Les bougies finirent de fondre tandis que les flammes disparurent. Le démon fit un bond sur le bâtiment situé derrière la jeune fille qui se retourna pour l’apercevoir. Il passa ses mains sur ses joues afin de découvrir sa nouvelle enveloppe charnelle. Etrange… Etait-ce donc involontaire ? Il posa son regard sur les deux serviteurs de Dieu, vint atterrir près de l’adolescente, lui passer devant ainsi que devant l’ange pour partir en courant. Quel lâche.

Evangeline tourna lentement la tête vers l’ange pour reporter son attention sur lui. Elle attendait une réaction de sa part. Ou bien des directives. Un plan quoi. Elle se doutait bien qu’il n’allait pas rester là sans rien faire. Pourtant il n’était pas vraiment intervenu depuis son entrée en scène. Il devait surement attendre le bon moment. La religieuse contemplait les ailes du représentant de Dieu avec fascination. Tant de pureté. Voir cet être descendu des cieux était une sorte de privilège pour elle. Et sa présence était plus que la bienvenue dans cette chasse aux Impurs. Ils étaient si près du but.
Aleksandr était à leur merci, vide de toute énergie…  Prêt à rendre l’âme. Mais cet incube était décidément imprévisible et pleins de ressources. Cependant, il avait une faiblesse et il fallait juste découvrir laquelle. Il avait eu de la chance mais la chance était l’arme des faibles.
Il n’allait pas s’en sortir. Pas cette fois. Pas avec elle.  Pas avec son caractère. Pas avec son obstination. Son principal défaut était aussi un atout majeur pour la tache qu’elle devait accomplir. Jamais elle n’abandonnerait. Et même si cela lui coutait la vie, elle ne le regretterait pas. La soirée avait été pleine de surprises. Un démon, une humaine inquisitrice et un ange.
Le trio « parfait ». Enfin presque. L’incube devait mourir et ce par n’importe quel moyen. Il était voué à la mort. L’adolescente sortit de ses pensées lorsque l’ange se mit à la poursuite du démon. Il fallait qu’elle fasse de même. Elle plia alors légèrement ses jambes et s’élança à leur poursuite.

Evangeline suivait donc le représentant de Dieu. Il était beaucoup plus rapide avec ses ailes mais elle arrivait tout de même à ne pas trop se faire distancer. La demoiselle regardait sans cesse le ciel pour l’apercevoir. Connaissant la ville comme sa poche, elle prenait quelques raccourcis afin de le rattraper. Ses petites jambes tenaient malgré tout le rythme de part les nombreux entrainements effectués. L’ange tourna alors dans une rue et la demoiselle prit le même chemin à quelques secondes d’intervalle cependant. C’est là qu’elle se stoppa pour observer la scène.
Des inquisiteurs, hommes et femmes. Tous se trouvaient à terre. Pas de sang. Ils se relevaient petit à petit s’aidant les uns et les autres. Certains ne bougeaient pas, ils semblaient stupéfaits. La religieuse jeta un coup d’œil un peu plus loin. Elle l’avait perdu de vu. Il étai déjà parti. Tant pis. Elle allait donc en profiter pour aider ses semblables et se réapprovisionner en armes. La jeune fille se fraya un chemin entre les corps qui ne se relevaient pas encore, trop apeurés pour le faire. Elle se dirigea vers ceux qui semblaient blessés mais ils la repoussèrent tous gentiment. Ils n’avaient pas besoin d’aide. Ils n’avaient rien de particulier. Certains avaient juste une migraine, un bras tordu ou étaient tombés violemment sur le sol mais rien de bien méchant. Ils ne nécessitaient aucune intervention de la part de l’adolescente. Elle décida donc de les aider à se relever posant de multiples questions sur ce qui leur étaient arrivés.

C’était de la faute d’Aleksandr. Sans surprise. Ils étaient tombés nez à nez avec le démon. D’ailleurs celui-ci ne semblait pas s’être acharné cette fois-ci. Il avait juste passé son chemin selon ce que les religieux lui racontaient. Il n’avait pourtant eu aucune pitié durant toute la soirée. Les premiers hommes à être morts par sa faute n’avaient pas cherché à le tuer mais ils avaient simplement blasphémé sur sa fiancée. Ils en étaient malheureusement morts. Alors pourquoi épargner des inquisiteurs ? Eux qui lui vouaient une haine sans limite et qui étaient près à tout pour le voir disparaitre de la surface de la terre. Etrange. Peut-être cherchait-il simplement à fuir tout ça, toute cette agitation. En quelques heures, il s’était retrouvé pourchassé par une inquisitrice, un ange et une armée de religieux. Ils étaient cernés et en infériorité numérique. Il fallait mieux pour lui qu’il disparaisse sans laisser de traces dans la noirceur de la nuit. Mais l’ange ne voyait surement pas cela de cette manière et la religieuse non plus. S’il n’était pas capturé ce soir, il serait difficile de le retrouver par la suite car il allait tout entreprendre pour ne pas se faire repérer de si tôt. Du moins s’il était intelligent.

Evangeline chercha son supérieur du regard afin de lui remettre rapidement son rapport et connaitre la marche à suivre pour la suite des événements. Elle finit par le repérer un peu plus loin à l’écart des autres. Il parlait avec deux hommes dont le visage était caché par une capuche. La jeune fille se dirigea vers eux en interpelant son capitaine inquisiteur. Il tourna lentement les yeux vers elle et chuchota quelque chose aux deux hommes qui les fit s’éloigner dans la pénombre. La demoiselle arriva à sa hauteur et s’arrêta devant lui en le saluant. Il était grand, les cheveux blancs et surement la cinquantaine. L’inquisitrice ne connaissait pas son prénom et le surnommait simplement « capitaine ».  Il se tenait droit, le regard froid. Son charisme hors du commun la perturbait toujours autant. La religieuse se sentait mal à l’aise en sa présence ayant peur de le décevoir et ne sachant jamais ce qu’il pensait. Le silence régnait entre les deux individus et c’est Evangeline qui vint le briser.

"-Le démon a changé plusieurs fois de formes durant la soirée.. Ses capacités sont impressionnantes mais je pense sincèrement qu’il n’est pas si fort que ce qu’il laisse penser. A vrai dire, il a eu beaucoup de chance.. Des transformations de dernières minutes et plusieurs circonstances qui ont joué en sa faveur mais…
-Mais tu n’as pas été capable de le capturer, la coupa-t-il. Si ce que tu dis est vrai pourquoi n’est-il pas là avec toi ? Et pourquoi avons-nous du intervenir ? C’est la première fois que cela t’arrive. Crois-tu vraiment que tu mérites les éloges que tous tes compagnons font à ton égard ? Il nous a attaqué à cause de toi. Si nos hommes n’étaient pas aussi bien formés ils seraient sans doute tous blessés ! Ce démon est plus que dangereux, il n’a aucune pitié.
-Je suis désolée… Répondit-elle en baissant la tête.
-Mets-toi à sa poursuite. Nous te rejoindrons une fois que tout le monde aura reprit ses esprit. N’échoue-pas cette fois."

Evangeline le salua, lui tourna le dos et s’éloigna. Il avait sans doute raison. Elle avait complètement raté la mission et mit en danger plusieurs de ses camarades. La demoiselle prit une grande inspiration et se prépara à repartir. Elle prit un chapelet qu’elle mit cette fois autour du cou ainsi que plusieurs gourdes d’eau bénite qu’elle positionna autour de sa taille à l’aide d’une ceinture. La demoiselle siffla et un chien blanc arriva quelques secondes plus tard à ses pieds. Il se nommait Météore et était utilisé pour suivre la trace des démons. La religieuse était très attachée à lui. Après avoir été recueillie au couvent, les sœurs avaient ramené un petit chiot. Il avait été abandonné et très vite son éducation fut assurée par Evangeline. Elle était devenue sa maitresse. Désormais il s’agissait d’un chien adulte. Les Inquisiteurs avaient du le prendre avec eux pour retrouver la trace de la jeune fille. Celle-ci lui caressa rapidement la tête et lui fit sentir de sa robe. Elle devait empester l’odeur de l’incube. Météore remua la queue et commença à s’élancer dans une direction suivit de près par sa maitresse.
Mais , avant même qu’elle dépasse l’attroupement de religieux, une main vint attraper son poignet ce qui l’obligea à se stopper. Elle tourna alors la tête vers la personne et découvrit une jeune inquisitrice qui prit presque immédiatement la parole.

"-Il ne semblait pas si méchant. Il n’a blessé personne. Il cherchait juste à s’enfuir.
-Il ne mérite pas d’être défendu. Il a tué des gens, répondit la jeune fille en lui esquissant un sourire triste."

La fille baissa les yeux et ne répondit pas. Evangeline se prépara donc à reprendre sa course mais son interlocutrice défit sa cape blanche et lui passa sur les épaules. L’adolescente la mit convenablement et la remercie d’un signe de tête pour ensuite partir en courant. Météore semblait déjà avoir retrouvé la trace du démon. Alors qu’elle courait les cheveux au vent, de nombreuses images défilèrent dans son esprit. Elle revit ses parents. Baignant dans une mare de sang. Elle vit son meilleur ami s’effondrer sur le sol. Les Impurs étaient tous pareils. Ils n’accordaient aucune importance à la vie d’autrui. Dans un sens ce n’était pas étonnant. Après tout, ils étaient immortels alors pourquoi s’en préoccuper ? Et puis ils étaient mauvais. Leurs cœurs étaient encore plus noirs que les ailes d’un corbeau. Ils devaient mourir. Elle devait protéger sa nouvelle famille par peur de la perdre à nouveau. L’Eglise. La petite inquisitrice devait se montrer à la hauteur et leur prouver qu’elle méritait sa place auprès d’eux. Cela devait bien être la seule peur qu’elle possédait. La mort de ses parents représentait un traumatisme pour la jeune fille. Elle avait désormais peur d’être abandonnée de nouveau. La religion était une stabilité pour elle. Diverses pensées continuèrent de traverser son cerveau. Son capitaine avait définitivement raison. Elle avait été faible. Pourtant, c’était cette apparence d’enfant, cette apparence qui lui ressemblait tant qui la déstabilisait. La religieuse secoua la tête pour s’éclaircir les idées. Non. Elle ne pouvait pas penser comme ça. Il avait tué des gens. Il devait mourir en retour. L’Inquisition cherchait surement à vérifier son engagement.

Météore tourna dans une rue suivit de près par Evangeline. Il commença à aboyer. La jeune fille leva les yeux pour apercevoir le dos du démon et implora au chien de se taire. Il était maintenu par des chaines. Celles-ci formaient un cercle. Un cercle magique pour être plus précis. L’ange se trouvait un peu plus loin, en face d’elle et de l’Impur. L’inquisitrice ne perdit pas son temps et badigeonna ses mains d’eau bénite puis porta son pouce à sa bouche. Elle vint mordre dedans jusqu’à le faire saigner et traça une petite croix sur le sol avec le liquide rouge pour ensuite se placer dessus. La demoiselle joint ses mains et s’arrêta là dans la préparation de son sort. C’était juste par précaution. A vrai dire elle préférait ne rien faire pour le moment afin que l’incident des bougies ne se reproduise pas. Aleksandr était plein de ressources. Mais l’incantation qu’elle préparait était très puissante. Peu d’inquisiteurs la maitrisaient car elle demandait beaucoup de concentration et d’énergie. Evangeline s’était longtemps entrainée afin de la réussir parfaitement. Il s’agissait d’une formule de dernier secours et c’est pourquoi elle ne l’utilisait pas beaucoup. Elle faisait ressentir une pression insoutenable sur le cœur du démon, ce qui l’empêchait de se débattre ou de faire quoi que ce soit d’autre. Il était tout simplement paralysé. Et si l’incube réussissait à se dégager des chaines magiques, elle n’hésiterait pas à l’utiliser. La religieuse lança un regard vers l’ange pour lui adresser la parole.

"-Si vous avez besoin d’aide… Je suis là.."

Oui c’était ce qu’elle voulait lui dire. C’était ce qu’elle voulait qu’il sache. Pas qu’elle le pensait incapable de se débrouillait tout seul, non loin de là. Elle avait confiance en lui. Bien qu’il lui soit complètement inconnu et étranger, elle avait confiance en cet ange. Evangeline cherchait juste à être gentille et serviable comme elle avait l’habitude de l’être. C’est alors qu’elle entendit des pas dans son dos. La personne approchait lentement et prudemment. Les talons de ses chaussures claquaient contre le pavé de la rue. L’inquisitrice tourna la tête vers la provenance du bruit et écarquilla les yeux en voyant de qui il s’agissait. Une inquisitrice. Vêtue de blanc et tenant une lance dans sa main tremblante. L’adolescente resta perplexe pendant un moment. La nouvelle arrivante décida donc de s’exprimer.

"-Sœur Evangelle ? Je suis venue vous aider, déclara-t-elle avec enthousiasme."

Le Capitaine n’aurait jamais laissé personne partir. Non. Elle devait avoir décidé cela de son plein gré. Encore un problème. Evangeline soupira. Elle ne pouvait pas rester là.


Dernière édition par Evangeline McDowell le Mar 27 Oct - 17:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Démon et la Religieuse~ [PV Aleksandr D. Ezequiel] FINISHED    Dim 30 Aoû - 19:38



L'ambition, l'amour, l'avarice, la haine, tiennent comme un forçat son esprit à la chaîne. ▬ Nicolas Boileau ; << Satires >>



Je me prénomme William. William Connor. Depuis quelques mois, j’avais rejoint l’Inquisition et suivit moult formations afin d’être prêt lorsque je me retrouverais face à un impur. Et ce jour, ou plutôt cette nuit, était finalement arrivé. Avec tout un groupe et le capitaine, nous avions investis Londres à la poursuite d’un démon de la race des incubes qui répondait au nom d’Aleksandr Ezequiel, et qui avait une certaine réputation en sein de notre organisation, ayant déjà été capturé par le passé, bien qu’il ait réussi à s’échapper. Et cette nuit était le moment de le retrouver, et de le tuer pour de bon.
Les instructions étaient simples, nous devions porter notre soutien si nécessaire à l’une des nôtres, un Inquisitrice dont on faisait souvent l’éloge dans nos rangs ; jeune et pourtant pas moins compétente que quelqu’un comme moi, loin de là. Mais visiblement, la cible devait être relativement dangereuse pour que l’on envoie tout de même un groupe aider une Inquisitrice qualifiée, et un groupe assez conséquent, aussi bien dans les effectifs que les armes. Nous étions tous armés d’une épée bénite, ou d’une lance, d’une dague, tant que l’on avait une arme si jamais on venait à croiser le démon, et chacun s’était vu distribuer des gourdes d’eau bénite, en plus d’une bible et de crucifix et autres chapelets. Et on avait emporté avec nous plusieurs caisses de gourdes, d’armes, et quelques personnes parmi nous avaient des arbalètes et des carreaux bénits. Le dispositif était vraiment conséquent pour une cible isolée.

Tard dans la nuit, alors que nous nous engouffrions dans les rues de Londres, nous croisâmes la route d’un homme légèrement efféminé et à la chevelure de sang, et d’une longueur sans pareille, et ce dernier nous attaqua sans sommations. Sur le coup de la surprise certainement, ce dernier parvint à s’enfuir malgré notre nombre, mais rien qu’à voir sa manière de se mouvoir, on pouvait se douter que ce dernier ne pouvait pas être humain. Mais pas un seul de nos membres n’avait de blessures graves ou mortelles. Nous étions sonnés, ou simplement par terre, à nous demander si ce qui venait de se passer était bien vrai. D’ailleurs, alors que cette chose avait pris la fuite, une ombre fendit le ciel et la nuit dans la même direction, et même si je ne pus pas voir clairement ce que c’était, je crus distinguer les mouvements fluides et rapides d’ailes, comme un faucon qui traquait un mulot dans une plaine. Oubliant rapidement ce que je venais de voir, je me mis à aider mes camarades à se relever, et à suivre les directives de notre Capitaine ; d’après lui, la personne qui nous avait attaqué était notre cible. Je fus assigné dans la redistribution des armes avec quelques autres inquisiteurs et inquisitrices, d’ailleurs, je fus légèrement surpris lorsque je dus tendre des gourdes d’eau bénite à une jeune fille, à peine plus haute qu’un poney, et qui avait de longs cheveux blancs, me demandant ce qu’une enfant comme elle pouvait bien faire dans l’Inquisition et pourquoi.

Alors que nous nous préparions à reprendre le chemin pour retrouver notre contact et le démon et en finir avec cette mission qui ressemblait davantage à une battue -il ne manquait plus que les chiens et les chevaux- un désordre total et absolu s’empara de notre groupe sans crier égard, avec les hurlements de notre Capitaine en fond. Toutes les personnes qui avaient été en conflit direct avec le démon alors que nous l’avions croisé se mirent à courir juste après qu’un autre se mit à chanter sans raisons. Les hommes et les femmes commencèrent à vider leurs gourdes d’eau bénite, à jeter leur bible au pied de celui qui chantait, ainsi que les crucifix et chapelet, et les armes. D’autres extirpèrent de leur manteau des fioles au contenant rouge comme du sang et dessinèrent un cercle tout autour du tas que composaient nos fournitures de combat, d’autres y jetèrent les caisses et d’autres vidèrent d’autres fioles, ces dernières puant l’huile, puis, celui qui chantait, prit une allumette et la laissa tomber sur nos réserves et tout le reste tout en reculant avec les autres, certains se faisant bousculer par le Capitaine qui ne cessait de hurler, et d’autres se faisant secouer par nos camarades pour qu’ils reprennent leurs esprits, mais pas un seul ne répondait. Ils fixaient les flammes emporter notre nécessaire de combat, tout comme ceux qui étaient parfaitement conscients, dont moi, remarquant le dessin rouge qui ressemblait vaguement à un pentacle.
Le Capitaine était hors de lui et continuait de hurler, demandant qui a fomenté un tel acte de traîtrise, nous tuant presque tous du regard. Et à cette question, tous ceux qui avaient agis selon leur bon vouloir tournèrent leur tête vers lui, et étrangement, leurs yeux semblaient luire d’une lueur rouge, comme s’ils étaient tous possédés, et répondirent en cœur d’une voix tout aussi possédée.

« Je ne suis pas un animal que l’on met en cage quand on en a envie. Si je vous laisse la vie sauve, ce n’est pas pour que vous puissiez me poursuivre. Je  suis libre, et l’Inquisition ne me mettra plus jamais de fers aux poignets et aux chevilles. L’Inquisition m’a capturé il y a deux siècles car j’étais encore faible, et impuissant, ignorant des subtilités de notre monde, mais c’est du passé. Ne pensez pas pouvoir me mettre la main dessus juste parce que vous m’avez capturez une fois, ne me prenez pas de haut juste parce que vous êtes nombreux et moi seul ; je ne suis pas seul, car chaque personne parmi vous, chaque pion que vous êtes, sur l’échiquier, vous pouvez à tout moment changer de couleur un instant et faire un mouvement contre votre propre camp. Tant que vous serez nombreux, j’aurais de nombreux, possibles alliés. Qu’importe la force de votre foi, qu’importe votre amour pour Dieu, qu’importe votre haine pour les démons ; vos esprits, et vos cœurs sont comme des livres ouverts. La nuit ne fait que commencer, et ce n’est pas ce soir que vous m’attraperez. N’oubliez jamais ceci, je ne suis pas un animal, je ne suis pas un vulgaire brigand, et je ne suis pas un démon inférieur. Gardez bien en mémoire que je suis celui qui a jadis réussi à s’évader du Vatican … Je suis … »

҉҉


   
 
▬ "« Et bien, quel changement. N'est-ce pas. Dis-moi, qui es-tu ? »"

Ce fichu ange m’avait finalement rattrapé, et avait déployé des chaînes pour saisir mes jambes et mes mains et me bloquer, tandis que la fameuse chaîne prit la forme d’un cercle magique. Bien que je n’avais rien laissé entendre, le contact de cette chaîne était relativement douloureux à mes membres, et me brûlait là où elle me retenait. Je me contentais cependant de me mordre la lèvre inférieure, afin de prendre sur moi et de ne pas me focaliser sur la douleur, car je devais absolument rester concentré.
L’ange, s’étant rapproché, me demandait qui j’étais. Bizarre, sa présence ne serait-elle qu’une fichue coïncidence ? Je n’avais vraiment pas de chance pour tomber sur un ange de son rang à un moment pareil.
Alors que je réfléchissais, un chien se mit à aboyer derrière l’être de lumière, suivit d’Evangeline qui ne perdit pas son temps pour se mettre en position et préparer une incantation que je pouvais reconnaître de là où j’étais, tant je l’avais subi dans les cachots du Vatican il y 200 ans … Elle devait probablement en avoir assez de me courir après et de me voir m’enfuir de plus belle. Elle espérait en finir ici et maintenant. Puis une troisième personne arriva pour se joindre à nous : Une autre Inquisitrice, armée d’une lance. Elle tremblait un peu et souriait pourtant avec un certain enthousiasme tout en s’adressant à Evangeline -même si elle ne l’appela pas réellement Evangeline mais Evangelle-, lui disant qu’elle était là pour aider.

Ils comptaient tous arriver un par un ? Dans un profond soupir, mes yeux se relevèrent, et en cet instant, je pouvais alors distinguer quelque chose au loin, dans la direction où j’avais croisé ce groupe d’Inquisiteurs. De la fumée. Un fin sourire se dessina sur mes lèvres.
Alors que je les mettais à terre, je leurs avait tous lancé un charme mineur, dissimulant des fioles dans leur manteau, sauf à une personne à qui j’avais posé un sort plus puissant à retardement, et une allumette dans ses poches. Une dizaine de minutes après mon passage, il devait se mettre à chanter une chanson religieuse d’un homme nommé Georg Friedrich Haendel, ‘’Dixit dominus, Laudate pueri et Nisi dominus’’ et les autres, allaient y réagir dans une réaction en chaîne rapide. Le charme que j’avais laissé à ces derniers était davantage de l’ordre de l’hypnose, ils devaient réunir devant celui qui chantait tout leur matériel, ceux à qui j’avais donné une fiole de sang de démon devaient dessiner un cercle de magie noire tout autour et un pentacle, et les autres avaient des fioles d’huile à verser afin que celui qui chantait puisse mettre le feu à leur équipement. Et la fumée qui montait dans le ciel ne pouvait être que le fruit de ce magnifique feu de joie. Magnifique, et bienvenue. Le fait de bénir à nouveau leurs armes  et crucifix leurs prendra beaucoup de temps. Il ne restait sur l’échiquier plus qu’un pion et un cavalier pour l’Inquisition en jeu dans l’immédiat.
Je portais mon regard sur l’Inquisitrice armée d’une lance, puis sur Evangeline, puis l’ange. Un nouveau soupir s’échappa de ma gorge, alors que je bougeais légèrement mes mains, n’étant pas dans une position très confortable.

   
 
▬ « Huuu … Plutôt que de me demander mon nom, tu ne voudrais pas plutôt me gratter la paume de la main ? Ta chaîne divine me donne des démangeaisons. Avec ton épée par exemple … »

« S’il n’y a que ça pour te faire plaisir je peux m’en charger moi-même »

Mon regard se posa de nouveau sur l’Inquisitrice à la lance qui venait presque de me couper la parole, et qui rapidement, tendit le bras vers moi pour lancer son arme dans la direction de mes mains. Un bref sourire se dessina sur mes lèvres alors que je décalais ma main gauche et ouvrais grand ma main droite pour que la lance s’y plante, me soutirant un léger râle de douleur, cela restait une arme baignée dans l’eau bénite. Mais dans un grognement, et un regard luisant, je refermais ma main sur la lame, comme je le pensais, la chaîne avait légèrement desserré son emprise à cause de mon sang ; rapidement pour ne pas leurs laisser le temps de réagir, je vins briser la lance de la main gauche et en séparer la pointe du manche, pointe que je retirais de ma main tout en laissant brusquement l’aura de ma forme démoniaque émaner de mon corps pour forcer la chaîne à reculer davantage de mes manches, et sans hésitation, m’entailler de part et d’autre dans un mouvement de rotation pour faire gicler mon sang tout autour de moi et sur la chaîne qui, si elle en avait la possibilité, aurait hurlé de dégoût à être ainsi souillée.
Profitant du lest lâché par cette dernière, je fis un saut pour passer par-dessus l’ange, laissant mes membres entaillés faire pleuvoir du sang sur lui et ses ailes, puis, me laissant glisser sur le sol, je passais à côté d’Evangeline, passant ma main percée sur la croix qu’elle avait dessinée sur le sol avec son sang, la tachant du mien, puis, je m’arrêtais face à la jeune quelques instants avant de lui passer derrière et de lui donner un coup à la nuque suffisamment fort pour qu’elle en perde l’équilibre et tombe au sol. Avec un peu de chance, elle ne se sera pas cassé le nez en tombant. Je repris mon souffle, j’avais perdu beaucoup de sang avec ces futilités.

Je secouais ma tête et observais les deux chasseurs : Il ne restait plus que le cavalier de l’Inquisition et le fou de Dieu. Je me mis à mordre les lèvres soudainement jusqu’au sang afin de rester concentré sur la situation et sur les possibilités qui s’offraient à moi. Je ne pouvais pas laisser l’ange m’avoir, je préférais encore retourner dans les cachots de l’Inquisition, pour sûr.
Brièvement, je posais mon regard sur les alentours ; bêtement, dans ma course, j’avais foncé tête baissée dans une impasse. Pourquoi diable fallait-il que cela tombe sur moi. Il y avait un nombre assez conséquent de fenêtres sur les murs qui composaient l’impasse où nous nous trouvions, cela voulait donc dire qu’il y avait des humains à foisons.
Des cornes explosèrent mon crâne et se distinguèrent de ma chevelure rouge alors que je me laissais tomber sur les genoux, venant pousser un lourd crie pour déchirer le pseudo-calme qui régnait dans la ruelle. Assez vite, des voix s’élevaient derrière les murs, et des lumières s’allumaient derrière les fenêtres sous le coup de la stupeur et de la curiosité humaine, et c’était exactement ce qu’il me fallait. Le regard ancré sur l’ange et l’Inquisitrice, je me mis à grogner comme un animal enragé avant de devenir brusquement silencieux, et de faire exploser mon aura d’incube pour la mêler à l’atmosphère, l’alourdissant, et l’empreignant de luxure et de débauche ; acte qui vint me coûter ce qu’il me restait de mes forces maigres forces. J’étais toujours plus pâle et à bout de souffle, en plus de saigner sans cesse. Cependant, comme un effet domino, ma peau commençait à reprendre des couleurs et mon regard de la vivacité, tout comme ma respiration qui s’améliorait, avant que mes plaies ne commencent à se refermer avec lenteur. Le silence était lourd mais l’on pouvait aisément entendre ce qu’il se passait dans les bâtisses autour de nous. La débauche. Un ricanement s’échappa de ma gorge alors que je me sentais de mieux en mieux ; j’avais réussi à étaler ma présence suffisamment loin et avec suffisamment de force pour influencer sur les instincts primaires des humains qui vivaient aux alentours et qu’ils s’adonnent aux plaisirs de la chair, ils étaient suffisamment nombreux pour donner à l’air un arrière-goût d’orgie et tous ensemble, avoir presque le même sur mon organisme que si j’étais moi-même en train de me laisser aller dans une chambre, en délicieuse compagnie ; je sentais mes forces revenir et cela me faisait un bien fou. Je fis craquer ma nuque et me relevais sans trop de difficultés, me massant les poignets, là où la chaîne de l’ange m’avait agrippé, j’avais encore mal à cause de sa sainteté. L’ange était un véritable problème et était de trop.
Soudainement, le chien qui avait certainement guidé Evangeline jusqu’ici se mit à aboyer vers moi et vint se jeter dans ma direction pour me mordre la jambe gauche sans se retenir. J’avais une réelle préférence pour les chats. Je le fixais froidement du regard, cependant, je m’en contentais, silencieusement, de l’assassiner de mes prunelles orangées jusqu’à ce qu’il finisse par me lâcher et reculer, la queue entre les jambes tout en couinant. Brave bête. Je tournais la tête vers l’ange et Evangeline, me demandant comment j’allais me faire la belle. Mais du bruit vint m’obliger à me retourner, beaucoup de bruit, mais celui qui était le plus facile à distinguer était un lourd et puissant ‘’Chargez !’’
Ils étaient tous là, tout le régiment d’Inquisiteurs que j’avais croisé, et leur capitaine était tout au fond de la rue derrière eux, épée tendu dans ma direction. Un fin sourire amusé se dessina sur mes lèvres alors que je retournais dans sa direction, faisant face à tous ses hommes qui couraient en hurlant vers moi.

   
 
▬ « Je me demande de quoi tu as bien pu les menacer cette fois-ci pour que tes hommes t’obéissent ! Tu ne changeras jamais ! Toujours à courir après la gloire par tous les moyens ! »

Un premier inquisiteur arriva à ma hauteur, épée en main. Ils devaient probablement avoir des stocks dans des bâtiments et des cachettes dans toute la ville pour s’être réarmés aussi vite. Il ne fallut pas une seconde pour que mon bras et mon poing filent droit vers le visage de ce jeune homme, cependant, juste avant l’impact, je soupirais longuement et réduisais drastiquement ma force et mon élan pour ne lui mettre qu’une claque pour le déséquilibrer et le faire tomber. Ça ne valait pas la peine que d’essayer de les tuer. Je secouais ma tête de telle façon à lancer mon chapeau dans les airs et attrapais un autre jeune homme par les épaules pour le faire basculer au-dessus de moi, et les bras tendus vers mon chapeau qui retombait, j’en extirpais un manteau long et noir que je vins enfiler dans de grands mouvements pour expulser les Inquisiteurs et Inquisitrices qui se dressèrent devant moi, et je fis un premier pas en avant alors que je passais mes mains dans ma nuque pour soulever et faire jaillir mes longs cheveux rouges de l’intérieur du manteau, avec grâce et élégance. Leur Capitaine continuait de hurler, donnant les directives depuis l’arrière de leur formation. Un capitaine devrait toujours être au premier rang, à mon goût. Je n’aimais pas trop le voir caché derrière quatre de ses hommes et tout le reste de son unité. Son unité s’était justement arrêtée, il semblait y avoir de l’agitation parmi eux, puis, trois hommes armés de fusil prirent place en première ligne. Encore des balles ? Je commençais à en avoir assez de me faire tirer dessus. Ils firent tous feu, et avec précision, je vins frapper les deux premières balles pour les expulser dans les murs sur les côtés, tout en attirant de ma main droite mon couvre-chef que je venais placer devant la trajectoire du dernier tir, tir qui disparut à l’intérieur de ce dernier, chose qu’ils n’arrivaient d’ailleurs pas à s’expliquer tant cela les surprenaient.

Je soulevais mon chapeau haut au-dessus de moi alors qu’une crosse en tombe, laissant apparaître un long mousquet que je vins prendre en main après avoir lancé mon chapeau derrière moi. Je tendais le mousquet à bout de bras et dans un sourire je fis feu à mon tour, le tire filant droit dans le canon du fusil dont la balle avait disparu dans mon couvre-chef : Retour à l’envoyeur. Le canon du fusil de l’Inquisiteur se déchira et se détacha de la crosse de ce dernier, le rendant aussi efficace qu’un simple bâton.
Laissant tomber mon mousquet, je me jetais en avant alors qu’ils firent tous de même. Je poussais leurs bras et les faisais basculer. Je plongeais pour leurs attraper les pieds et les faire tomber. Je secouais mes cheveux devant moi pour les distraire et obstruer leur vue pour mieux leurs donner des coups visant à les déséquilibrer. Puis, me redressant, j’entendais le Capitaine hurler un puissant ‘’maintenant’’ avant de sentir devant et derrière moi une odeur que j’avais déjà senti dans la soirée. Encore des explosifs. Dans un énième soupir, je me mis à tourner sur moi-même en rejetant mes bras, expulsant de mes manches autant de cartes qu’il y avait de bombes incendiaires pour les exploser en plein vol, et je me remis à avancer dans la direction du chef d’orchestre qui était toujours bien à l’abri. Je continuais de repousser Inquisiteurs et Inquisitrices de mon chemin, jusqu’à finalement faire face aux quatre hommes qui se tenaient devant ce dernier, et ils me pointèrent de fusils, d’arbalètes, et d’arbalètes de poings. Je lançais alors un regard de dédain au Capitaine qui ricanait derrière son petit mur vivant.

   
 
▬ « C’est quoi ça ? Il y a tes hommes derrière moi. Si j’esquive, c’est eux qui prendront. Tu veux voir si je vais esquiver ou si au contraire je vais rester planter là pour qu’il n’y ait pas de blessés inutiles ? »

« Est-ce que j’ai l’air d’y apporter la moindre importance ? Les chanceux ne se feront pas touchés, et les malchanceux si. On se contentera de les achever après que j’en ai finis avec toi, l’Inquisition n’a pas besoin d’Hommes blessés ou estropiés, seulement d’Hommes forts, et de ta tête que je tendrais à mes supérieurs sur un plateau en argent. »

   
 
▬ « Mauvaise réponse … Tomas. »

« Ne prononce pas mon nom comme si nous étions amis, misérable ! Tirez ! »

A nouveau, mon aura s’échappa de mon corps et se mit à déferler dans la ruelle, mais une aura plus sombre et destructrice, au même moment que ses hommes firent feu sur moi. En quelques instants, leurs armes volèrent en éclats, des morceaux de balles s’échouèrent au sol, des carreaux firent de même, et d’immenses marques de griffes taillèrent la pierre des murs et au sol là où nous nous trouvions. Les quatre hommes reculèrent et tombèrent tous en arrière presque à l’unisson, me laissant face à leur précieux Capitaine qui grognait certainement sur l’incompétence de ses hommes. Quant à moi, j’avais les bras et les mains tendus vers l’avant, les griffes de ma forme de démon luisants de leur couleur sombre trônant au bout de mes doigts.

« Tu vas me tuer, fichu démon ? Ça y est ? Tu es redevenu toi-même ! »

   
 
▬ « Tais-toi Tomas, je ne vais pas te tuer, on va juste avoir une petite discussion plus loin, et dans ta tête. »

Ignorant soudainement tout son groupe et aussi vite que j’avais ignoré et oublié l’ange et Evangeline, je me jetais droit sur lui pour me projeter en sa compagnie et l’entraîner loin de cette rue, filant tout droit alors qu’il me maudissait et m’insultait, puis très vite, n’allant qu’en ligne droit, nous rencontrâmes un mur et je l’y plaquais non pas sans douceur mais sans trop grande brutalité. Et très vite, je vins placer l’un de mes bras contre sa gorge pour le maintenir contre le mur, et je le toisais du regard avec un certain mépris. Mépris qu’il remarqua aisément et qu’il me renvoya réciproquement, mais avec davantage de haine, et malgré le fait que je le tenais fermement, il arriva néanmoins à tendre une main avec un poignard en main, visant directement mon visage, mais heureusement, j’eu le temps d’esquiver le coup suffisamment vite pour ne finir qu’avec une marque ensanglanté parfaitement droite sous mes yeux passant par mon nez. Je me mis à rire, et lui à grogner, puis, plus un bruit pendant quelques instants. Mais je vins briser le silence entre nous deux avec un nouveau soupir, avant de prendre la parole.

   
 
▬ « Tu sais Tomas … Au début de ta carrière, je te respectais. Vraiment. Tu étais un bon chef, un excellent leader. Mais avec l’âge tu as laissé l’honneur et les titres te monter à la tête, délaissant tes compagnons d’armes que tu ne voyais plus que comme des objets. Juste avant tu as encore dit ‘’après que j’en ai finis avec toi’’ … Sauf que tu n’as rien fait. Si ce n’est donner des ordres, quitte à provoquer la mort de tes hommes … Je suis déçu, Tomas. »

« Arrête de m’appeler par mon nom démon je te l’ai déjà dit ! Et alors ? Tu vas me faire la morale si tu ne comptes pas me tuer c’est ça ? Essaye pour voir, je suis curieux de savoir si un démon comme toi en est capable ! »

Un long soupir se dégageait de mes lèvres ainsi qu’un deuxième ‘’mauvaise réponse’’ alors que je reculais mon bras pour tendre une de mes mains toujours griffues vers son visage, taillant du bout de mes griffes des symboles dans la chair de son front, chose qui le fit se mordre les lèvres et retenir un râle, alors qu’il m’assassinait toujours autant du regard. Mais je ne prêtais pas longtemps attention à son regard, mais davantage à l’un de ses yeux, que je vins lui arracher soudainement et écraser dans le creux de ma main, l’écoutant hurler et m’insulter davantage. Je lui mis alors une gifle comme une mère pouvait gifler son fils qui venait de mal lui parler, le forçant à plonger son regard dans le mien, dans mes yeux qui se mirent à luire et briller puissamment.

   
 
▬ « Tu as mal Tomas ? Tant mieux. Car par la douleur qui te dévore l’œil, je te condamne à expérimenter la douleur qu’auraient subie tes hommes si j’avais esquivé, et s’ils avaient été touchés. Tu m’entends Tomas ? Concentre-toi bien sur la douleur que tu ressens. Elle va bientôt changer et être celle qu’auraient vécue tes hommes. Alors prie Tomas. Prie pour que ta soif d’honneur, et tes titres t’aident à ne pas devenir complètement fou, ou pire, à ne pas mourir. Allez Tomas. Prie. Prie pour toi. Prie égoïstement. Tu le fais très bien depuis de nombreuses années. Moi, je vais prier pour que tu ne perdes pas la tête, afin que tu aies le bonheur de rentrer au Vatican. Afin que tu puisses expliquer, la queue entre les jambes, à tes supérieurs, ô combien tu as échoué dans ton rôle de Capitaine. Et que tu as été jugé, et punis par celui que tu étais venu capturer, parce qu’il n’a pas aimé la manière avec laquelle tu traites tes hommes comme des outils. »

Je le regardais et le fixais froidement alors qu’il perdit connaissance et s’écroula en hurlant de douleur avant de devenir mortellement silencieux. Le charme commençait à faire effet, et c’était tant mieux, car je n’avais véritablement pas apprécié sa manière de regarder, ordonner, et traiter ses hommes. Je fis un mouvement avec ma main droite après que mes griffes aient disparu et très vite, mon chapeau y fonça à vive allure, couvre-chef que je vins alors attraper au vol pour le déposer par-dessus ma chevelure. D’ailleurs, une mèche vint s’échouer par-dessus mon front et je la regardais alors, me rappelant combien j’adorais ces cheveux, combien j’adorais regarder les cheveux de ma mère quand ils me recouvraient alors qu’elle me serrait dans ses bras. Je tournais alors la tête dans la direction opposée. Je pouvais partir mais en même temps, je me demandais si l’ange et l’Inquisitrice m’avaient suivi … La curiosité n’était pas qu’un défaut humain. Mais de toute façon, en quoi étais-je différent des humains ? Oh, ne répondez surtout pas à cette question.

   
 
▬ « Welcome to the dark carnival. »



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MessageSujet: Re: Le Démon et la Religieuse~ [PV Aleksandr D. Ezequiel] FINISHED    Mar 27 Oct - 17:19

Le démon et la Religieuse~

Un sourire se dessina sur les lèvres du démon. Quelque chose se tramait. L'inquisitrice suivit le regard de l'Impur et put ainsi distinguer de la fumée noire au loin. Elle provenait vraisemblablement du groupe d'inquisiteurs croisé un peu plus tôt. Que se passait-il ? La demoiselle espérait seulement que personne n'était en danger. Evangeline reporta son attention sur le noble. Les chaines de l'Ange devaient surement le blesser. Aleksandr ouvrit la bouche pour provoquer chacun de ses ennemis. Il s'attendait évidement à ce que l'un d'eux réagisse sans réfléchir. Et c'est ce qui se produisit. Une lance passa à plusieurs centimètres du visage d'Evangeline. Elle n'avait rien pu faire pour l'en empêcher. Celle-ci soupira. La nouvelle arrivante s'était faite avoir. La lance transperçât la main droite de l'Impur en lui arrachant un râle de douleur mais qui lui permit tout de même de se détacher. Celui-ci glissa près de la jeune prodige et passa sa main ensanglantée sur la croix au sol, mélangeant ainsi leurs sangs. Evangeline grimaça de dégoût et se retourna lentement vers lui. Sa camarade se trouvait à plat ventre sur le sol. L'inquisitrice s'approcha d'elle et sans même lui lancer un regard, s'empara de sa manche pour la tirer vers le haut et l'aider à se relever.

Evangeline continuait de fixer le démon. Elle commençait à en avoir sérieusement marre de lui. N'en avait-il pas assez de fuir ? Ne pouvait-il donc pas se battre contre elle ? Ne la considérait-il que comme une gamine fragile ? Un autre soupire s'échappa de ses lèvres. Quel idiot. Elle méritait qu'on la prenne au sérieux. Il était à bout de souffle et en manque considérable de sang. De plus il se trouvait dans une impasse. Double idiot. Un cri retentit. Celui de l'Impur. Il se transformait. Encore. N'était-il pas fatigué ? D'étranges bruits se firent entendre. Ils venaient de l'immeuble auquel Aleksandr faisait face. C'était répugnant. La jeune fille passa une main sur son front. Elle ne se sentait pas très bien mais tant pis. Un ricanement sortit de la bouche démoniaque du noble. Ne pouvait-il donc pas arrêter de se sentir toujours si puissant ? Il était vraiment insupportable. Météore vint alors mordre la jambe de cet énergumène. La demoiselle fit rapidement un pas en avant. Un soupçon d'inquiétude la prit alors mais Aleksandr le repoussa seulement du regard. Le chien vient alors se cacher derrière les jambes de sa maitresse et celle-ci se baissa pour lui caresser la tête et le rassurer. Il n'avait peur de rien ni personne d'habitude. C'est alors qu'un petit groupe d'inquisiteurs débarqua avec le capitaine. Le sentiment que ressentait Evangeline était indescriptible. Du soulagement ou bien le contraire ? Le capitaine l'assassinait du regard et la jeune demoiselle baissa la tête.

Aleksandr esquiva toutes les attaques sans difficulté ce qui avait le don d'énerver de plus en plus le capitaine. Lorsqu'il arriva près de lui et ces hommes, ils s'échangèrent quelques paroles. Evangeline fut dans un premier temps surprise par les propos de son capitaine. Puis elle y réfléchit. Et il avait raison sur un point. Il ne pouvait montrer aucun sentiment, aucune amitié. Il se devait de faire abstraction de ses camarades. La règle d'or, c'était de ne montre aucune faiblesse à un démon car il pouvait alors s'en servir. Il ne fallait pas avoir peur. Les inquisiteurs ne devaient pas être un poids pour l'Eglise. Ils savaient tous ce qu'ils risquaient. Ils savaient tous que la mort était à la porte. Et ils savaient tous pourquoi ils avaient décidé de s'engager. C'était le prix à payer pour libérer le monde de la noirceur. Le démon prononça alors le nom du capitaine. Tomas. Evangeline écarquilla les yeux. Ils s'étaient donc déjà rencontrés. Quelle étrange situation. Tout se passa très rapidement, et le capitaine se trouva alors comme menacé par l'être impur. L'expression de l'inquisitrice se renfrogna. Elle jeta un bref coup d'œil à l'Ange qui semblait passif dans cette histoire et l'instant d'après, l'incube et son capitaine avaient disparu. La panique la prit alors.

Evangeline passa ses mains dans ses cheveux dans un geste nerveux. Les autres inquisiteurs s'agitaient. Certains hurlaient et gesticulaient dans tous les sens. L'un d'eux commença à s'impatienter et s'octroya le droit de donner des ordres. Ce qui n'était bien évidemment pas au goût de tout le monde. La tension était à son apogée dans la ruelle. Chacun savait ce qu'il risquait si le capitaine se faisait blesser durant la mission. La jeune fille releva la tête pour observer la situation. Il fallait des directives et vite. Elle s'approcha alors lentement des inquisiteurs se trouvant à terre et les aida à se remettre sur pieds. Ils étaient tous un peu déboussolés comme s'ils avaient perdu leurs repères. Et c'était pour cette raison qu'Evangeline était appréciée de ses supérieurs. Elle n'avait besoin de personne pour faire le travail demandé. L'adolescente se plaça au milieu du troupeau pour prendre la parole.

"-Il faut retourner au couvent."

Des voix s'élevèrent alors. Ils n'étaient pas contents.

"-Comment peux-tu dire ça alors que notre capitaine est entre les mains de cet être maléfique ?
-Je vais le chercher.
-Qui es-tu gamine pour croire ainsi pouvoir nous diriger ?

Un inquisiteur vint passer sa main sur l'épaule de son camarde qui se plaignait et lui chuchota à l'oreille. Celui-ci se raidit alors et détailla l'inquisitrice de la tête aux pieds.

"-Comment ? Elle ? Sœur Evangelle ? Impossible ne dis pas de sottises !"

Evangeline grimaça.

"-Et pourquoi pas ? Je suis bien Evangeline McDowell, n'en doute pas !
-L'Inquisition ne recruterait jamais quelqu'un d'aussi jeune ! Tu mens !"

La demoiselle qui jusque-là semblait avoir envie de s'énerver, se calma. Elle reprit d'une voix posée et délicate.

"-Ne te fies pas aux apparences camarade. Tu pourras vérifier mon identité plus tard si tu le souhaites, une fois que tout cela sera terminé. Je n'ai rien à gagner à te mentir. Au lieu de bavarder ainsi, il faudrait se dépêcher d'agir. Regroupe tous les inquisiteurs envoyés sur le terrain. On rentre. Je vais pendant ce temps retrouver notre capitaine.
-Et que fais-tu du démon ?
-J'en fais mon affaire."

Il réfléchit un instant encore. Il devait être méfiant. Ce qui était compréhensible. Elle les avait fait venir pour ensuite les faire repartir. Mais cela lui semblait être la meilleure solution. Plus de monde il y avait, plus le démon se sentait pourchassé, plus il utilisait sa force et ses pouvoirs pour s'en sortir. Plus il était dangereux. Non, il fallait qu'elle s'en occupe seule. Comme elle en avait l'habitude afin d'avoir plus de chance. De plus diriger une troupe de personnes n'était pas une mince à faire. C'était presque encombrant dans une telle situation. L'inquisiteur finit par acquiescer. Et tout se passa très vite. Tout le monde savait alors ce qu'il devait faire. Plus personne ne doutait. Ils avaient de nouveau des directives. Ils retrouvaient leurs repères. Chacun se prépara dans le silence et l'efficacité telle une fourmilière. L'adolescente demanda à l'un de ses compagnons ce qu'il s'était passé à l'endroit où se trouvait la fumée noire. Elle apprit qu'un sortilège avait rendu fous certains inquisiteurs qui avaient été en contact avec le démon. Cet être satanique était décidemment redoutable. Evangeline siffla. Météore la rejoignit. Il savait ce qu'il avait à faire. Elle s'élança alors à sa poursuite, suivant son flair infaillible sans regarder derrière elle. Sans lancer un regard à ses camardes ou même à l'Ange. D'ailleurs elle ne savait même pas ce qu'il était advenu de l'être divin. Tant pis, peut-être le reverrait-elle un jour. Elle l'espérait en tout cas.

Météore s'arrêta quelques ruelles plus loin. "Welcome to the dark carnival". Cette phrase résonna jusqu'aux oreilles d'Evangeline. Deux silhouettes se distinguaient dans la pénombre. Ils étaient là, devant elle. L'inquisitrice était à la fois soulagée et inquiète pour son capitaine. Dans quel état était-il ? Elle s'approcha prudemment des deux corps sans aucun bruit. Arrivée à leur hauteur elle resta muette et se baissa au niveau de son capitaine. Il semblait presque mort. Elle passa alors ses doigts tremblant sur son cou. Il respirait toujours. Son pouls était faible mais bien là. Evangeline releva un peu la tête vers le visage de son capitaine. Et là ce fut la stupeur. C'était comme si il lui manquait un globe oculaire. L'adolescente regarda de plus près. C'était effectivement le cas. Elle détourna rapidement le regard pour le poser sur l'incube.

C'était un regard noir, plein de haine. Sa respiration se faisait courte. Elle se leva rapidement et se jeta sur le démon. Tapant son torse avec toute la force qu'elle pouvait avoir. Ses mains étant encore imbibées d'eau bénite. Elle continua de le frapper tout en le faisant reculer. Jusqu'à le taper assez fort pour le déséquilibrer et le faire tomber. Ses mains tremblaient. Elle reprit sa respiration petit à petit. Des larmes de colère avait coulé sur ses joues. Evangeline s'assit brutalement en tailleur serrant sa tête entre ses mains. Il fallait qu'elle s'occupe du capitaine. Il devait recevoir des soins le plus rapidement possible. Elle releva la tête vers Aleksandr comme pour trouver une réponse. Elle le dévisagea. Qu'est ce qui était le plus important ? La survie de son capitaine ou la capture du démon ? Elle connaissait déjà la réponse de l'Inquisition. L'Impur. Mais elle savait aussi que si elle laissait le capitaine là, cela lui retomberait dessus. Il valait mieux s'occuper de lui. L'inquisitrice ne faisait pas cela en pensant aux conséquences. Non, elle pensait juste à la survie d'un homme. Comme si à ce moment même, il n'y avait plus d'Inquisition et de démons. Comme s'ils étaient devenus des humains ordinaires. Elle se releva doucement et fixa le démon.

"-Nobody wants to be welcome in your world."

Evangeline détacha le corps de son capitaine du mur et le tira un peu vers elle. Comment faire pour le porter ? Il était beaucoup trop haut de taille pour elle. Un soupir s'échappa de sa bouche. Elle n'avait pas le choix, elle devait le faire. La demoiselle essaya alors plusieurs techniques. Un bras autour de ses épaules. Sur le dos. Ou encore en le tirant par les bras. La meilleure solution semblait être de le tirer sur son dos. Les jambes de son capitaine trainaient sur le sol, mais tant pis. Elle avança ainsi sans se retourner vers le démon. Elle s'était résignée. Elle avait manqué à son devoir. Elle avait échoué. Elle le savait. C'était de sa faute. L'inquisitrice s'arrêta un instant pour pouvoir dire une dernière chose à l'incube.

"-Profite du peu de liberté qu'il te reste. Je te retrouverai. Ce n'est qu'une question de temps."

Puis elle disparut dans la pénombre. Après une bonne demi-heure de marche, les portes du couvent se dessinèrent dans la brume. C'était le soulagement, elle était à bout de force. A peine était-elle rentrée dans l'enceinte que toutes les bonnes sœurs vinrent à sa rencontre. On débarrassa Evangeline de son capitaine et celui-ci fut pris en charge immédiatement. Toutes les nonnes la rassurèrent. Il était entre de bonnes mains. L'inquisitrice esquissa un sourire faible. On s'occupa d'elle à son tour. Ses mains étaient baignées de sang. Elle prit une bonne douche pour faire disparaitre tout ça. Le liquide rouge qui coulait dans la baignoire lui donnait des frissons. Une fois propre, les bonnes sœurs finirent de soigner ses quelques égratignures tout en la rassurant. Elle avait fait ce qu'il fallait selon elles. Elle avait pris la bonne décision. Evangeline n'en était pas certaine. La culpabilité la rongeait. La mission était un chaos total. Et elle savait pourquoi. Enfin pas vraiment justement. Pour la première fois, elle avait négligé l'importance de la mission. Elle n'avait pas agi comme d'habitude. Pourquoi ? Pas de réponse..

Une semaine plus tard et après un bon repos, elle fut convoquée par le conseil des inquisiteurs de Londres. Son capitaine s'y trouvait. Il était presque complètement remis. Un bandage blanc faisait le tour de sa tête et cachait le trou qu'il avait désormais. Evangeline resta debout pendant toute la séance. Ils parlaient comme s'il elle n'existait pas. Certains haussaient la voix. Ils étaient tous en colère. Elle avait à peine osé regarder son capitaine lorsqu'elle était entrée dans la pièce et maintenant elle gardait la tête baissée. Certains tout de même plaidaient l'innocence de la jeune fille.

La sentence tomba. "Retirée de ses fonctions pour une durée indéterminée".


//FIN DU RP POUR EVANGELINE//
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